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RÉFLEXIONS pour Gn 18:12

12 Donc, Sara rit en elle-même, se disant : Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard !
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Dans l'antiquité les enfants étaient considérés comme bénédiction des dieux chez tous les peuples. Beaucoup d’enfants signifiaient une grande bénédiction; la stérilité était une punition et malédiction, avant tout pour la femme, mais pas seulement : si la continuation de la famille s’interrompait, cela (ce qui n'est pas étonnant) était considéré comme signe de colère d'en haut, qui est tombé sur tous.

Et quoi, si Dieu promet les enfants lorsqu’il n’y a plus d’espoir depuis longtemps, juste parce que tous les délais possibles de leur naissance sont déjà passés ? Que signifie dans une telle situation le rire de la femme sans enfants, dont le mari avait été promis que ses descendants grandiront en un peuple, et quand viendra son temps, il créera son État sur la terre, où il est allé ? Le rire de celle qui devait accoucher l'héritier promis ? C’est quoi ici: la joie ou l'amertume ? Ou alors ni l’un, ni l'autre ? Probablement, traversant tout ce qui est décrit en quelques décennies (et peut-être, quelques années) plus tôt, la réaction de Sarah aurait été la colère, l'indignation, ou la joie, dépendamment du fait s’il lui aurait suffi les forces de croire au dit.

Mais, visiblement, Sarah a ri ce rire, dont on rit, lorsqu’il n'y a plus de force pour quoi que ce soit, le rire, qui devient maintenant la seule réaction à tout ce qui se passe dans la vie de l’homme, et sur la vie elle-même aussi. Quand il n'y a plus de force ni pour pleurer, ni pour se réjouir, la vie devient ridicule, tout comme est ridicule à l’homme n'importe quel non-sens, n'importe quelle absurdité, s'il devient la seule réalité, à laquelle tous les proches se rapportent absolument sérieusement.

Et alors arrive le moment de l'intervention de Dieu dans la situation. C’est Lui qui met fin à l'absurde. Et cette fin est perçue, comme un miracle. Puisque le miracle suppose toujours la rupture d’une réalité originale dans notre monde, qui après la chute n’est pas réellement original. Et l'histoire du peuple de Dieu ne pouvait commencer que dans un vrai monde. Commencer par un miracle. Miracle, loin d’être dernier dans cette histoire.

Autres réflexions

 
Pour Gn 18:1-33
Yahvé lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour.
Ayant levé les yeux, voilà qu'il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre.
Il dit : Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter.
Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre.
Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! Ils répondirent : Fais donc comme tu as dit.
Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes.
Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer.
Il prit du caillé, du lait, le veau qu'il avait apprêté et plaça le tout devant eux; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, et ils mangèrent.
Ils lui demandèrent : Où est Sara, ta femme ? Il répondit : Elle est dans la tente.
10 L'hôte dit : Je reviendrai vers toi l'an prochain; alors, ta femme Sara aura un fils. Sara écoutait, à l'entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui.
11 Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes.
12 Donc, Sara rit en elle-même, se disant : Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard !
13 Mais Yahvé dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille ?
14 Y a-t-il rien de trop merveilleux pour Yahvé ? A la même saison l'an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils.
15 Sara démentit : Je n'ai pas ri, dit-elle, car elle avait peur, mais il répliqua : Si, tu as ri.
16 S'étant levés, les hommes partirent de là et arrivèrent en vue de Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire.
17 Yahvé s'était dit : Vais-je cacher à Abraham ce que je vais faire,
18 alors qu'Abraham deviendra une nation grande et puissante et que par lui se béniront toutes les nations de la terre?
19 Car je l'ai distingué, pour qu'il prescrive à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de Yahvé en accomplissant la justice et le droit; de la sorte, Yahvé réalisera pour Abraham ce qu'il lui a promis.
20 Donc, Yahvé dit : Le cri contre Sodome et Gomorrhe est bien grand ! Leur péché est bien grave !
21 Je veux descendre et voir s'ils ont fait ou non tout ce qu'indique le cri qui, contre eux, est monté vers moi; alors je saurai.
22 Les hommes partirent de là et allèrent à Sodome. Yahvé se tenait encore devant Abraham.
23 Celui-ci s'approcha et dit : Vas-tu vraiment supprimer le juste avec le pécheur ?
24 Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les supprimer et ne pardonneras-tu pas à la cité pour les cinquante justes qui sont dans son sein?
25 Loin de toi de faire cette chose-là ! de faire mourir le juste avec le pécheur, en sorte que le juste soit traité comme le pécheur. Loin de toi ! Est-ce que le juge de toute la terre ne rendra pas justice ?
26  Yahvé répondit : Si je trouve à Sodome cinquante justes dans la ville, je pardonnerai à toute la cité à cause d'eux.
27 Abraham reprit : Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre.
28 Mais peut-être, des cinquante justes en manquera-t-il cinq : feras-tu, pour cinq, périr toute la ville ? Il répondit : Non, si j'y trouve quarante-cinq justes.
29 Abraham reprit encore la parole et dit : Peut-être n'y en aura-t-il que quarante, et il répondit : Je ne le ferai pas, à cause des quarante.
30 Abraham dit : Que mon Seigneur ne s'irrite pas et que je puisse parler : peut-être s'en trouvera-t-il trente, et il répondit : Je ne le ferai pas, si j'en trouve trente.
31 Il dit : Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur : peut-être s'en trouvera-t-il vingt, et il répondit : Je ne détruirai pas, à cause des vingt.
32 Il dit : Que mon Seigneur ne s'irrite pas et je parlerai une dernière fois : peut-être s'en trouvera-t-il dix, et il répondit : Je ne détruirai pas, à cause des dix.
33 Yahvé, ayant achevé de parler à Abraham, s'en alla, et Abraham retourna chez lui.
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La lecture d’aujourd’hui se compose de deux passages très importants. Le premier – les trois Visiteurs chez Abraham. C’est l’un des...  Lire la suite

La lecture d’aujourd’hui se compose de deux passages très importants. Le premier – les trois Visiteurs chez Abraham. C’est l’un des textes les plus importants de l’Ancien Testament, illustrant le dogme de la Très Sainte Trinité. Tout y est étrange: ils sont trois, mais un seul parle; en parlant avec eux, Abraham parle avec Dieu. C’est précisément ce texte qui est devenu la base de la "Trinité" de Roublev, que beaucoup reconnaissent comme l’un des commentaires les plus convaincants du texte.

Le second passage - est l’une des toutes premières prophéties messianiques cachées. Malgré le fait que, dans le monde ancien comme aujourd’hui, la notion de responsabilité collective pour le mal soit très forte, Abraham pose la question sacramentelle de savoir si le juste périra pour les péchés des impies. Le mal de Sodome et de Gomorrhe est indubitable, il est évident aussi pour Abraham; mais dans sa conversation avec Dieu, il ne demande pas quel sera le châtiment, mais s’il existe une possibilité de salut. Comme il nous manque souvent la vivacité d’Abraham dans nos prières. Il marchande avec Dieu jusqu’au bout, jusqu’à ce que Dieu, en partant, lui révèle la plus grande vérité. Elle affirme que Dieu – est miséricordieux. Il est prêt à révéler à Abraham la profondeur de Sa miséricorde et à nous indiquer directement le chemin par lequel cette miséricorde se manifestera: il y aura un Juste par Qui toute la ville sera sauvée.

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Pour Gn 18:1-33
Yahvé lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour.
Ayant levé les yeux, voilà qu'il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre.
Il dit : Monseigneur, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter.
Qu'on apporte un peu d'eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l'arbre.
Que j'aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d'aller plus loin; c'est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur ! Ils répondirent : Fais donc comme tu as dit.
Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes.
Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer.
Il prit du caillé, du lait, le veau qu'il avait apprêté et plaça le tout devant eux; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, et ils mangèrent.
Ils lui demandèrent : Où est Sara, ta femme ? Il répondit : Elle est dans la tente.
10 L'hôte dit : Je reviendrai vers toi l'an prochain; alors, ta femme Sara aura un fils. Sara écoutait, à l'entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui.
11 Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes.
12 Donc, Sara rit en elle-même, se disant : Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard !
13 Mais Yahvé dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille ?
14 Y a-t-il rien de trop merveilleux pour Yahvé ? A la même saison l'an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils.
15 Sara démentit : Je n'ai pas ri, dit-elle, car elle avait peur, mais il répliqua : Si, tu as ri.
16 S'étant levés, les hommes partirent de là et arrivèrent en vue de Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire.
17 Yahvé s'était dit : Vais-je cacher à Abraham ce que je vais faire,
18 alors qu'Abraham deviendra une nation grande et puissante et que par lui se béniront toutes les nations de la terre?
19 Car je l'ai distingué, pour qu'il prescrive à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de Yahvé en accomplissant la justice et le droit; de la sorte, Yahvé réalisera pour Abraham ce qu'il lui a promis.
20 Donc, Yahvé dit : Le cri contre Sodome et Gomorrhe est bien grand ! Leur péché est bien grave !
21 Je veux descendre et voir s'ils ont fait ou non tout ce qu'indique le cri qui, contre eux, est monté vers moi; alors je saurai.
22 Les hommes partirent de là et allèrent à Sodome. Yahvé se tenait encore devant Abraham.
23 Celui-ci s'approcha et dit : Vas-tu vraiment supprimer le juste avec le pécheur ?
24 Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les supprimer et ne pardonneras-tu pas à la cité pour les cinquante justes qui sont dans son sein?
25 Loin de toi de faire cette chose-là ! de faire mourir le juste avec le pécheur, en sorte que le juste soit traité comme le pécheur. Loin de toi ! Est-ce que le juge de toute la terre ne rendra pas justice ?
26  Yahvé répondit : Si je trouve à Sodome cinquante justes dans la ville, je pardonnerai à toute la cité à cause d'eux.
27 Abraham reprit : Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre.
28 Mais peut-être, des cinquante justes en manquera-t-il cinq : feras-tu, pour cinq, périr toute la ville ? Il répondit : Non, si j'y trouve quarante-cinq justes.
29 Abraham reprit encore la parole et dit : Peut-être n'y en aura-t-il que quarante, et il répondit : Je ne le ferai pas, à cause des quarante.
30 Abraham dit : Que mon Seigneur ne s'irrite pas et que je puisse parler : peut-être s'en trouvera-t-il trente, et il répondit : Je ne le ferai pas, si j'en trouve trente.
31 Il dit : Je suis bien hardi de parler à mon Seigneur : peut-être s'en trouvera-t-il vingt, et il répondit : Je ne détruirai pas, à cause des vingt.
32 Il dit : Que mon Seigneur ne s'irrite pas et je parlerai une dernière fois : peut-être s'en trouvera-t-il dix, et il répondit : Je ne détruirai pas, à cause des dix.
33 Yahvé, ayant achevé de parler à Abraham, s'en alla, et Abraham retourna chez lui.
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La rencontre d'Abraham avec les anges a toujours soulevé de nombreuses questions, dont les réponses ont engendré quantité de commentaires très divers, et pas seulement littéraires: il suffit de rappeler la «Trinité» d'Andreï Roublev, qui est elle aussi une sorte de commentaire du récit de cette rencontre, seulement non littéraire, mais iconographique...  Lire la suite

La rencontre d'Abraham avec les anges a toujours soulevé de nombreuses questions, dont les réponses ont engendré quantité de commentaires très divers, et pas seulement littéraires: il suffit de rappeler la «Trinité» d'Andreï Roublev, qui est elle aussi une sorte de commentaire du récit de cette rencontre, seulement non littéraire, mais iconographique. Il faut remarquer ici que la Bible parle assez souvent, en général, de rencontres avec des anges, même si l'on ne peut en aucune manière appeler une telle rencontre un événement ordinaire.

Malgré tout le caractère inhabituel des événements décrits dans le récit, une chose est évidente: quelque chose de tel ou de semblable ne pouvait se produire que dans un monde non abîmé par la chute, non pas même parce qu'un tel monde est sans péché, mais parce qu'il est un, non morcelé en petits mondes séparés, sans lien les uns avec les autres et séparés de Dieu. Ce qu'il y a de plus remarquable dans l'histoire de la visite angélique, c'est que le récit en est totalement étranger à toute mystique. Il n'y a ici aucune mention d'extases, d'illuminations, de pratiques spirituelles ou ascétiques particulières. Il n'y en a pas parce que tout cela est nécessaire pour regarder d'un monde dans un autre. Or Dieu n'a pas du tout créé le monde de telle sorte qu'il faille regarder d'une de ses parties dans une autre comme par un trou de serrure. Il a créé le monde un et entier, et ce monde fut traversé par la lumière dès le premier jour de la création, la lumière de la présence de Dieu. Toutes les divisions sont venues ensuite; elles sont toutes devenues la conséquence de l'action, dans le monde, de volontés opposées à Dieu. Leur action divise le monde, détruisant sa plénitude, et c'est alors seulement que, dans un monde ainsi déchiré, il faut chercher des moyens de regarder dans l'une de ses parties depuis une autre.

Une rencontre semblable à celle décrite dans le Livre de la Genèse n'était possible que là et alors où et quand, fût-ce localement et pour peu de temps, l'intégrité de l'univers avait été rétablie. Le monde était redevenu un, et dans ce monde un, les hommes et les anges se remirent à marcher sur les mêmes routes. Le monde était redevenu le Royaume de Dieu, ne fût-ce qu'en un seul point et pour très peu de temps, mais il l'était tout de même devenu. Un jour, il redeviendra le Royaume, tout entier. Quand viendra le temps du Messie.

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Lectures du  20 janvier 2019

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