13 À ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné de son Esprit. |
14 Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. |
15 Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. |
16 Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. |
17 En ceci consiste la perfection de l’amour en nous : que nous ayons pleine assurance au jour du Jugement, car tel est celui-là, tels aussi nous sommes en ce monde. |
18 Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parvenu à la perfection de l’amour. |
19 Quant à nous, aimons, puisque lui nous a aimés le premier. |
20 Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. |
21 Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. |
1 Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui a engendré aime celui qui est né de lui. |
2 Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements. |
3 Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pesants |
4 puisque tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi. |
5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? |
Pourquoi «il n’y a pas de crainte dans l’amour»? Pourquoi le fait que la crainte comporte un tourment fait-il de la crainte un obstacle sur le chemin de l’amour? Après tout, il semblerait que nous souffrions souvent en aimant. Si l’on y réfléchit, non, pas souvent.
Nous souffrons si la personne ne répond pas à notre amour, c’est-à-dire lorsque nous craignons de ne pas être assez aimés en retour, de ne pas être appréciés à notre juste valeur. Alors ce n’est pas l’amour, mais le désir de l’autre et l’amour-propre blessé; l’amour parfait souhaiterait simplement le bonheur de l’autre, sans regret pour soi-même. Nous souffrons par peur pour celui que nous aimons... mais une telle peur est d’abord un doute envers la personne aimée, s’il s’agit d’un adulte, et une défiance envers Dieu, s’il s’agit d’un enfant.
La responsabilité envers un enfant, qui oblige à le protéger du danger, fait partie de l’amour parental; mais la panique à l’idée qu’il arrive quelque chose à l’enfant n’est pas du tout le signe de sentiments maternels ou paternels plus grands.
Dans les relations, on rencontre souvent la peur: peur de blesser ou d’être blessé, peur de ne pas donner assez d’amour ou de manifester trop d’ardeur, peur d’être soi-même, peur de ne pas être accueilli... Les peurs sont très nombreuses, et elles ont toutes ceci en commun: la peur crée un obstacle, comme une petite cloison; elle augmente automatiquement la distance entre les personnes et la rend difficile à traverser pour le courant chaud du véritable amour, celui qui est Dieu, celui qui crée la rencontre de l’homme avec l’homme et de l’homme avec Dieu.
18 Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parvenu à la perfection de l’amour. |
Pourquoi la crainte et l'amour sont-ils incompatibles? Dieu a-t-Il peur de quelque chose? Certes, non! Eh bien, c’est ainsi parce qu'Il est omnipotent... Et nous? Voici Jean le Théologien parle de cela: Dieu Lui-même demeure en celui qui aime, parce que Dieu est amour. Et on ne doit donc rien craindre. Mais si jamais il y a la crainte en nous (cela s’identifie par le «châtiment»), alors il est évident que l'amour, la présence de Dieu en nous est imparfaite, insuffisante.
Il y a encore un important moment ici. L'apôtre Jean écrit que l'amour se manifeste dans l'exécution des commandements. Le motif principal pour l'exécution des commandements dans l'Ancien testament était la crainte, et cette crainte paralysait l’homme. Car, les commandements indiquaient ce qu’on ne devrait pas faire, et en aspirant à les exécuter, l’homme craignait faire ce qu’il ne faut pas faire. Le nouveau commandement, dont écrit Jean est formulé autrement : faites, aimez vous les uns les autres. L'aspiration à exécuter ce commandement libère l’homme, manifeste en lui l'activité, l'initiative.
19 Quant à nous, aimons, puisque lui nous a aimés le premier. |
20 Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. |
21 Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. |
Peu d'entre nous peuvent se vanter de bonnes relations avec leurs proches. Dans l'examen quotidien de conscience, nous remarquons forcément la colère, la susceptibilité, l'irritabilité... Mais au moins, Dieu, nous L'aimons ! L'aimons-nous ? Or l'apôtre Jean dit que si nous n'aimons pas nos proches, cela signifie que nous n'aimons pas Dieu non plus ! Tout est simple. Dieu, nous ne L'avons pas vu, ce qui signifie que, d'une manière ou d'une autre, nous nous représentons une certaine image ; et aimer cette image, bien sûr, n'est pas difficile. Mais c'est dans nos relations avec les personnes proches que se vérifie la capacité même d'aimer. Même si l'image de Dieu que nous nous sommes faite est proche de la réalité, L'aimer n'est pas si difficile : Il est bon et miséricordieux, Il ne nous crée aucun problème ! Aimer un homme, qui est peut-être querelleur, capricieux, exigeant et pas très intelligent, est beaucoup plus difficile. Mais si, dans cette situation difficile, notre amour ne se manifeste pas, cela signifie que quelque chose ne va pas avec lui, avec cet amour. Cela signifie qu'il n'est déjà plus désintéressé, mais orienté vers la commodité. Et donc... ce n'est déjà plus de l'amour.
20 Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. |
21 Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. |
Ici Jean unit l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Un tel lien était enraciné dans la Torah, et il était parfaitement connu de la tradition rabbinique des temps évangéliques. Mais Jean l'envisage dans le contexte de la révélation nouvelle, chrétienne. Pour lui, l'amour n'est pas seulement une relation entre les hommes, comme c'était le cas aux temps préchrétiens; pour lui, il est inséparable de la nature même du Royaume.
Auparavant, l'amour, comme la haine qui lui est opposée, était avant tout une relation reliant les hommes entre eux, de même que la haine était une relation les séparant. Le milieu dans lequel ces relations se construisaient restait naturel, principalement psychique. Et c'était la nature du monde déchu, dont le fondement était une énergie naturelle qui ne révélait pas tant Dieu à l'homme qu'elle Le lui cachait. L'amour, comme phénomène spirituel, ne pouvait pas ne pas entrer en contradiction avec une telle nature qui cache Dieu; c'est pourquoi l'amour, dans le monde déchu, ne pouvait se déployer dans toute sa plénitude. Là où il ne pouvait pénétrer, il restait place à la nature déchue avec toutes ses manifestations, y compris les peurs propres à la psyché de l'homme déchu, pas toujours conscientes, mais toujours réelles et empêchant toujours l'homme de vivre une vie spirituelle pleine.
Il en va autrement du Royaume. Ici, l'énergie naturelle est remplacée par l'énergie de l'amour de Dieu. Elle ressemble à l'énergie naturelle en ce qu'elle donne la possibilité d'être à toutes les formes et manifestations existantes de la vie naturelle. Mais, à la différence de l'énergie naturelle du monde déchu, l'énergie de l'amour de Dieu ne cache pas Dieu; au contraire, elle Le révèle, ainsi que sa volonté et sa présence.
Un tel milieu correspond pleinement aux relations d'amour entre les hommes: l'esprit et la nature se trouvent en parfaite harmonie. L'amour peut désormais se révéler dans toute sa plénitude: dans le Royaume, à la différence du monde non transfiguré, rien ne lui fait obstacle. C'est pourquoi la libération complète de la peur y est possible: l'ancienne nature psychique cède la place à une nouvelle, entièrement obéissante à la volonté de l'homme. L'amour se manifeste dans sa plénitude, et il ne reste pas de place pour les peurs dans l'âme humaine. Voilà cette vie chrétienne dont Jean, comme les autres apôtres, a témoigné.
1 Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui a engendré aime celui qui est né de lui. |
2 Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements. |
3 Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pesants |
4 puisque tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi. |
5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? |
6 C’est lui qui est venu par eau et par sang : Jésus Christ, non avec l’eau seulement mais avec l’eau et avec le sang. Et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la Vérité. |
7 Il y en a ainsi trois à témoigner : |
8 l’Esprit, l’eau, le sang, et ces trois tendent au même but. |
9 Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand. Car c’est le témoignage de Dieu, le témoignage que Dieu a rendu à son Fils. |
La lecture d’aujourd’hui m’a rappelé de manière assez désagréable les années d’école... La maîtresse affirme avec assurance : « Mais le problème est très facile ! » tandis que l’élève fixe sombrement son pupitre, sachant qu’il ne comprend rien... L’apôtre Jean nous dit : « Ses commandements ne sont pas pesants. » Une voix intérieure répond : « Oui, tu es saint, tu es apôtre, c’est facile à dire pour toi. » Qu’est-ce qui ne va pas dans cette comparaison ? Bien sûr, c’est la phrase « c’est facile à dire pour toi ». L’apôtre Jean ne parle pas comme un maître, mais comme l’un de nous. Est-il saint ? Oui, mais non parce qu’il aurait eu des « aptitudes particulières pour la sainteté ». Nous n’avons pas le droit de dire que cela lui était facile et que nous n’en avons pas reçu le don. Chacun des saints était simplement un être humain, comme nous. Les commandements du Seigneur ne sont objectivement pas pesants ; il suffit de vouloir les accomplir. Tout dépend de notre choix, de notre libre volonté, et le Seigneur donne Sa grâce en abondance.
5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? |
6 C’est lui qui est venu par eau et par sang : Jésus Christ, non avec l’eau seulement mais avec l’eau et avec le sang. Et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la Vérité. |
7 Il y en a ainsi trois à témoigner : |
8 l’Esprit, l’eau, le sang, et ces trois tendent au même but. |
9 Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand. Car c’est le témoignage de Dieu, le témoignage que Dieu a rendu à son Fils. |
10 Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui. Celui qui ne croit pas en Dieu fait de lui un menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. |
11 Et voici ce témoignage : c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est dans son Fils. |
12 Qui a le Fils a la vie ; qui n’a pas le Fils n’a pas la vie. |
13 Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle. |
Les rapports du chrétien avec le monde ne peuvent pas être simples. Le monde a ses schémas et ses normes habituels, et nous, qui avons grandi dans des familles ordinaires, même croyantes mais non saintes, vivons à l’intérieur de ces normes. Le désir du confort, du confort psychologique, est tout simplement inscrit en nous : être comme tout le monde tout en se sentant particulier, chercher à plaire à ceux qui nous entourent...
Mais pour cela, il faut faire partie de ce monde. Alors nous devenons esclaves, car le monde rejette ceux qui ne se conforment pas à ses normes et à ses prescriptions. Qui s’intéresse à la raison pour laquelle tu ne rentres pas dans le schéma commun ? Personne. Et si tu te contentes de dire : « Moi, je ne suis pas comme vous », tu te retrouves facilement au pouvoir du prince de ce monde, qui te prend dans les filets de l’orgueil...
Une seule chose vainc le monde et déchire les filets qui nous retiennent : la foi en Jésus Christ. Lorsque nous agissons non pour nous-mêmes, mais en son nom, il nous accorde la liberté, la liberté à l’égard du pouvoir du péché et de ce monde.
11 Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. |
12 Dieu, personne ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. |
13 À ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné de son Esprit. |
14 Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. |
15 Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. |
16 Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. |
17 En ceci consiste la perfection de l’amour en nous : que nous ayons pleine assurance au jour du Jugement, car tel est celui-là, tels aussi nous sommes en ce monde. |
18 Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parvenu à la perfection de l’amour. |
L'assurance au jour du jugement... De quoi parle l'apôtre Jean ? L'assurance, c'est à la fois l'audace et la confiance. Mais représentez-vous Son jugement. Les yeux dans les yeux avec le seul Juste... Est-il donc possible, à ce jugement, de garder le calme et la confiance ? L'apôtre Jean dit que le Seigneur nous a donné une capacité suffisante d'aimer, et que l'amour peut atteindre en nous une telle perfection que nous agirons comme Lui, et que, par conséquent, nous ne craindrons pas Son jugement... Simple ? Pas du tout simple, car ce n'est qu'une capacité, une possibilité. C'est ce qu'Il a donné ; Son don est sans limites, Son don est donné en plénitude. Mais dans quelle mesure nous accueillons Son don, voilà la question. Et cela ne dépend de personne ni de rien d'autre que de nous-mêmes.
7 Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. |
8 Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est Amour. |
9 En ceci s’est manifesté l’amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. |
10 En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. |
11 Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. |
12 Dieu, personne ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. |
13 À ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné de son Esprit. |
14 Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. |
15 Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. |
16 Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. |
Dieu a aimé les hommes non parce qu’ils se conduisaient toujours bien, non parce qu’ils étaient particulièrement sympathiques, non parce qu’ils L’aimaient... Il nous a aimés gratuitement. Et lorsque nous disons : « Pourquoi aimerais-je Vassia Ivanov ? Lui ne m’aime pas », nous faisons passer la conversation du domaine de l’amour à celui des comptes réciproques et autres échanges de troc. L’amour existe gratuitement ; l’amour consiste en ce que quelqu’un aime, tout simplement — non pas « en réponse à l’amour », mais simplement...
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