29 Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui. |
1 Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes ! Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. |
2 Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. |
3 Quiconque a cette espérance en lui se rend pur comme celui-là est pur. |
4 Quiconque commet le péché commet aussi l’iniquité, car le péché est l’iniquité. |
5 Or vous savez que celui-là s’est manifesté pour ôter les péchés et qu’il n’y a pas de péché en lui. |
6 Quiconque demeure en lui ne pèche pas. Quiconque pèche ne l’a vu ni connu. |
En parlant de la vie spirituelle du chrétien, Jean la décrit comme une croissance dans le Christ et, en même temps, comme un affermissement dans la Torah, la Loi. Jésus est le seul en qui il n'y ait pas de péché (1 Jn 3, 5). Par là, il a révélé au monde l'unique exemple, dans l'histoire, de ce qu'on appelait alors la Torah vivante : devenir Torah vivante signifiait précisément manifester en soi l'incarnation vivante de l'idéal exigé par la Torah. Par conséquent, un tel homme devait être parfaitement libre de tout péché, car le péché et la Torah, le péché et le commandement de Dieu, sont des réalités incompatibles. C'est pourquoi, avant la venue du Christ, l'idéal de la Torah vivante demeurait seulement un idéal auquel beaucoup aspiraient, mais que personne ne parvenait à atteindre.
Suivre la Torah purifie du péché : la Torah intérieure, comme l'appelaient les Juifs croyants de l'époque évangélique, était cet impératif spirituel sans lequel le chemin de la justice était impossible. La Torah intérieure était l'axe spirituel sur lequel reposait toute la vie de l'homme qui cherchait la justice et aspirait à devenir Torah vivante. Tout péché détruisait cet axe ; c'est pourquoi l'apôtre parle du péché comme d'une iniquité, d'un éloignement de la Torah intérieure (1 Jn 3, 4).
Mais pour l'homme déchu, le péché est une triste fatalité ; c'est pourquoi l'idéal de la Torah vivante demeurait inaccessible. La seule espérance est dans le Sauveur, qui non seulement a révélé cet idéal au monde, mais est aussi prêt à aider quiconque cherche la justice à se libérer de la captivité du péché (1 Jn 3, 5). Pour cela, une seule chose est nécessaire : se remettre soi-même et remettre sa vie entre ses mains ; alors il en fera une part de la vie du Royaume qu'il a apporté au monde.
Dans le Royaume, il n'y a pas de place pour le péché ; c'est pourquoi celui qui vit d'une même vie avec le Christ ne pèche pas. Le péché n'a de place que dans une vie humaine séparée de la vie du Christ et du Royaume (1 Jn 3, 6). Nous vivons à l'époque du Royaume qui vient, mais qui ne s'est pas encore révélé dans toute sa plénitude ; jusqu'à la fin de cette époque, jusqu'à la pleine transfiguration de l'homme et de toute la création, notre vie chrétienne garde la dualité dont parle l'apôtre.
Mais à la fin des temps, après le retour du Sauveur dans la gloire et la pleine transfiguration de notre nature humaine, cette dualité disparaîtra : alors seulement nous deviendrons ce que nous devons être selon le dessein de Dieu sur nous (1 Jn 3, 2). Pour l'instant, nous sommes purs dans la mesure où nous vivons avec Jésus d'une même vie, la vie du Royaume qu'il a apporté au monde (1 Jn 3, 3). Et pas seulement nous, les chrétiens : quiconque pratique la justice a rapport à lui (1 Jn 2, 29 ; dans la traduction synodale, « celui qui fait la justice »). Rien d'étonnant à cela : il est le seul juste au monde sans aucune réserve. Le seul qui ait révélé au monde le modèle de la Torah vivante.
1 Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes ! Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. |
2 Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. |
3 Quiconque a cette espérance en lui se rend pur comme celui-là est pur. |
Le jour de la Toussaint, rien d'étonnant à trouver les Béatitudes et un passage de l'Apocalypse parmi les lectures. Mais les trois versets de la première lettre de Jean paraissent surprenants, et donc très importants. Que trouvons-nous immédiatement, à première vue, dans le Sermon sur la montagne et dans l'Apocalypse en rapport avec cette fête ? Bien sûr, que la sainteté est le partage des élus et qu'elle se caractérise par des qualités inaccessibles à une personne ordinaire, quels que soient ses efforts. C'est peut-être la seule occasion où l'homme est prêt à se reconnaître ordinaire et bon à rien. Mais voici que nous rencontrons ces mots : « quiconque a cette espérance en Lui se purifie, comme Lui est pur ». Jusqu'à la pureté de la sainteté, donc, comme Dieu est saint. Et il existe une espérance capable de purifier chacun jusqu'à cet état inconcevable. Cette espérance, ou même cette connaissance, comme le dit le verset précédent, consiste en ceci : « lorsqu'Il se manifestera, nous Lui serons semblables, parce que nous Le verrons tel qu'Il est ». D'un côté, il s'agit simplement de savoir que nous Lui serons semblables lorsque nous Le verrons. Il est difficile de douter d'une telle transformation : quelque chose se produit nécessairement lorsque l'homme voit Dieu tel qu'Il est. De l'autre, il est très difficile d'imaginer qu'un homme vivant de haine, de guerre, de méchanceté, de cupidité ou de choses semblables agisse raisonnablement en se disant : « je sais bien que je Le verrai, et tout ira bien ». Il manque manifestement quelque chose. Apparemment, ce que les Béatitudes disent à chacun personnellement, dès maintenant : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. »
2 Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. |
L’apôtre Jean établit une analogie très claire avec notre petite enfance humaine. Lorsque nous naissons, nous sommes déjà des « petits d’homme », bien que nous ne sachions presque rien faire de ce qu’un être humain sait faire. Rien n’est encore clair à notre sujet : qui serons-nous, comment serons-nous ? Tout cela se développe et se révèle peu à peu. Mais il est très important qu’au cours de notre croissance et de notre maturation nous rencontrions d’autres personnes et communiquions avec elles : c’est ainsi que nous apprenons ce que signifie être humain. Si cela ne se produit pas, notre « ressemblance humaine » ne se réalise pas non plus, comme l’attestent toutes les histoires réelles, et non imaginaires, d’« enfants Mowgli ».
Il en va exactement de même dans notre vie chrétienne. Dans le baptême, nous sommes morts et nés de nouveau comme enfants de Dieu, et nous vivons déjà, même si nous sommes encore des nourrissons. Nous ne comprenons pas encore très bien ce que nous deviendrons en grandissant, mais, confiants dans la bonté de Dieu, nous voulons Lui ressembler. Pour cela, nous Le rencontrons et communiquons avec Lui, pour l’instant « comme dans un miroir, d’une manière obscure », mais nous savons que viendra le moment d’une rencontre « face à face ». Et si nous marchons avec constance vers cette rencontre, nous parviendrons « à la mesure de la stature parfaite du Christ ».
2 Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. |
Il est étonnant de comprendre que seule l’espérance en Dieu nous purifie du péché et de l’iniquité. Il semble pourtant que l’espérance soit si peu de chose, si facile, tandis qu’aimer et croire sont beaucoup plus difficiles...
L’espérance, c’est la conscience que Dieu peut rendre le monde et nous-mêmes entièrement nouveaux, tout transformer, à l’extérieur comme à l’intérieur; l’espérance, c’est le refus de s’appuyer sur l’expérience selon laquelle quelque chose serait impossible, quelque chose «n’existerait pas», car pour Dieu tout est possible, Il est le «Maître de l’impossible».
Une telle espérance purifie, parce que la compréhension que Dieu nous transformera au point que nous «Le verrons tel qu’Il est» et que nous «serons semblables à Lui» conduit à la crainte du Seigneur et au tremblement, au désir de devenir l’enfant obéissant d’un Père aimant, d’éviter le péché et d’attendre la Rencontre.
29 Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui. |
Il s'est ainsi historiquement formé qu'une plus large majorité voit aujourd'hui le christianisme comme une des religions mondiales.
Mais est ce que tel est réellement le cas? Certes, si Jésus Lui-même avait fondé une quelconque nouvelle religion, le christianisme aurait notamment été une des religions, et ne pouvait être rien d’autre. Mais Il n’a rien fait de pareil. Il a laissé sur la terre non pas une communauté religieuse, mais une communauté des gens vivant dans le Royaume.
Et l'église est cette communauté des gens vivant dans le Royaume. Mais après autour de cette communauté et à sa base se sont formées de diverses religions chrétiennes : l'orthodoxie, le catholicisme, le protestantisme et autres, plus moindre et c'est pourquoi moins connues. La vie du Royaume en elle-même ne dépend pas de la religiosité de l’homme, et ne la définit pas.
Mais en effet, on peut en dire de même de la justice! La justice dans toutes les époques et dans tous les livres bibliques se liait non pas tant avec la tradition religieuse et les canons religieux, qu'avec l'observance des commandements, qui est inconcevable sans une constante opposition quotidienne au péché pénétrant le monde déchu.
Et une justice complète est possible seulement dans le Royaume, dans le monde transfiguré par le souffle de Dieu, où il n'y a plus place au péché. Mais si c’est ainsi, alors chaque juste a une relation plus directe et immédiate au Royaume. Et donc, il a une relation directe et immédiate avec le Christ, Qui a apporté ce Royaume dans monde.
1 Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes ! Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. |
2 Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. |
3 Quiconque a cette espérance en lui se rend pur comme celui-là est pur. |
4 Quiconque commet le péché commet aussi l’iniquité, car le péché est l’iniquité. |
5 Or vous savez que celui-là s’est manifesté pour ôter les péchés et qu’il n’y a pas de péché en lui. |
6 Quiconque demeure en lui ne pèche pas. Quiconque pèche ne l’a vu ni connu. |
7 Petits enfants, que personne ne vous égare. Celui qui pratique la justice est juste comme celui-là est juste. |
8 Celui qui commet le péché est du diable, car le diable est pécheur dès l’origine. C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu. |
9 Quiconque est né de Dieu ne commet pas le péché parce que sa semence demeure en lui ; il ne peut pécher, étant né de Dieu. |
10 À ceci sont reconnaissables les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, ni celui qui n’aime pas son frère. |
Revenant à la vie spirituelle du chrétien, Jean répète sans cesse que la vie chrétienne et le péché sont incompatibles. Il développe une idée déjà exprimée au tout début de sa lettre : le chemin de la justice suppose de renoncer au péché conscient, aux intentions et aux actes pécheurs. Seul est juste celui qui agit avec justice, à l'image du Christ Lui-même. Mais l'apôtre souligne tout particulièrement le rôle du Christ. À vrai dire, c'est seulement grâce à Lui que l'on peut envisager la victoire définitive sur le péché. Lui seul est exempt de péché, et Lui seul est capable d'emporter aussi nos péchés.
Le Sauveur n'est pas simplement un exemple de « Torah vivante » : Il est Celui qui peut aider à devenir « Torah vivante » quiconque se donne à Lui et partage Sa vie, la vie du Royaume qu'Il a apporté au monde. Bien entendu, cela ne signifie pas que celui qui cherche le Royaume et suit le Christ n'a plus rien à faire lui-même. Ce travail spirituel ordinaire, connu dès avant la venue du Christ et que Jean rappelle aux destinataires de sa lettre, demeure absolument nécessaire.
Quiconque suit le Christ doit se soucier de sa purification, et d'une purification complète, afin de ne pas différer à cet égard de son Maître. Tout péché est absence de loi, transgression de la Torah. Et cette absence de loi doit ici se comprendre littéralement : non comme la violation de la loi, mais comme son absence. C'est à peu près dans le même sens qu'un autre apôtre, Jacques, dit dans sa lettre que celui qui transgresse un seul point de la Torah la transgresse tout entière. Affirmation étrange, semble-t-il : le péché est quelque chose de précis, tout comme la transgression de la loi.
Mais lorsqu'il s'agit de la Torah intérieure, il en va exactement ainsi : tout péché la détruit, engendrant l'absence totale de la Loi — de la Torah — dans le cœur et dans la vie de l'homme. Jean place la barre au plus haut, et cela se comprend, puisqu'il est question du Royaume. En même temps, l'apôtre indique Celui qui peut aider à entrer dans ce Royaume, si l'on Lui fait confiance et si l'on marche avec Lui plutôt que seul. La vie chrétienne devient une vie avec le Christ dans Son Royaume, et son but devient l'enracinement dans le Royaume et la croissance du chrétien en tant que « Torah vivante », à l'image de son Maître.
1 Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes ! Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. |
2 Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. |
3 Quiconque a cette espérance en lui se rend pur comme celui-là est pur. |
4 Quiconque commet le péché commet aussi l’iniquité, car le péché est l’iniquité. |
5 Or vous savez que celui-là s’est manifesté pour ôter les péchés et qu’il n’y a pas de péché en lui. |
6 Quiconque demeure en lui ne pèche pas. Quiconque pèche ne l’a vu ni connu. |
7 Petits enfants, que personne ne vous égare. Celui qui pratique la justice est juste comme celui-là est juste. |
8 Celui qui commet le péché est du diable, car le diable est pécheur dès l’origine. C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu. |
9 Quiconque est né de Dieu ne commet pas le péché parce que sa semence demeure en lui ; il ne peut pécher, étant né de Dieu. |
10 À ceci sont reconnaissables les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, ni celui qui n’aime pas son frère. |
La nécessité de se purifier en s’approchant de Dieu était déjà reconnue, mais nous rencontrons ici une motivation entièrement nouvelle de la purification : nous sommes appelés à être semblables à Dieu, et Lui est pur. Une grande vocation nous a été donnée, qui ne s’est pas encore révélée dans toute sa plénitude; mais même le peu que nous pourrions déjà accueillir suffit pour construire autrement notre vie quotidienne et nos relations avec ceux qui nous entourent. Que personne ne s’inquiète de ce que, sur le fond de Sa pureté absolue, notre pureté relative se distingue inévitablement par son imperfection. Le Seigneur a le pouvoir d’achever les efforts que nous avons commencés, de telle sorte que « nul foulon sur la terre ne peut blanchir ainsi » (Mc 9:3).
Le péché est identifié par l’apôtre à l’iniquité. Pour ceux qui sont habitués à la pensée biblique, cette idée est familière et naturelle; mais ceux qui, comme il est d’usage dans notre culture, ont l’habitude de distinguer l’approche juridique de l’approche morale peuvent objecter que tous les péchés ne constituent pas des violations des lois de l’État. C’est vrai, mais il existe aussi d’autres lois, inscrites par le Créateur dans l’univers et dans le cœur humain. Leur transgression, à la différence des règles élaborées par les hommes, ne conduit pas à une peine humaine, mais à l’autodestruction spirituelle de l’homme sans loi qui se détourne de Dieu et de Son amour.
18 Petits enfants, voici venue la dernière heure. Vous avez ouï dire que l’Antichrist doit venir ; et déjà maintenant beaucoup d’antichrists sont survenus : à quoi nous reconnaissons que la dernière heure est là. |
19 Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres. S’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais il fallait que fût démontré que tous n’étaient pas des nôtres. |
20 Quant à vous, vous avez reçu l’onction venant du Saint, et tous vous possédez la science. |
21 Je vous ai écrit, non que vous ignoriez la vérité, mais parce que vous la connaissez et qu’aucun mensonge ne provient de la vérité. |
22 Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. |
23 Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père. Qui confesse le Fils possède aussi le Père. |
24 Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le début demeure en vous. Si en vous demeure ce que vous avez entendu dès le début, vous aussi, vous demeurerez dans le Fils et dans le Père. |
25 Or telle est la promesse que lui-même vous a faite : la vie éternelle. |
26 Voilà ce que j’ai tenu à vous écrire au sujet de ceux qui cherchent à vous égarer. |
27 Quant à vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne. Mais puisque son onction vous instruit de tout, qu’elle est véridique, non mensongère, comme elle vous a instruits, demeurez en lui. |
28 Oui, maintenant, demeurez en lui, petits enfants, pour que, s’il venait à paraître, nous ayons pleine assurance, et non point la honte de nous trouver loin de lui à son Avènement. |
29 Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui. |
De nos jours, une fois encore, comme cela s'est déjà produit à maintes reprises, l'attente anxieuse de la venue de l'Antichrist s'est intensifiée chez de nombreux chrétiens. Nous n'avons aucune raison de rejeter les prophéties annonçant la venue, à la fin des temps, du fils de perdition qui s'oppose à Dieu, ne serait-ce que parce que cette opposition, tantôt plus forte, tantôt plus faible, se manifeste tout au long de l'histoire. Mais la peur de l'Antichrist ne doit pas nous paralyser au point de nous faire oublier que le Christ est plus fort et que, dans la perspective de la fin des temps, l'Antichrist a déjà été vaincu. Pourtant, à la lecture de certaines brochures populaires sur la fin imminente du monde, où la peur des ténèbres qui approchent l'emporte sur l'espérance du salut, il est difficile de se défaire de l'impression que les forces du mal s'efforcent de persuader les chrétiens qu'elles sont invincibles. D'ailleurs, au fil des siècles, qui n'a-t-on pas pris pour l'Antichrist !
Or, sans connaître le moment où viendra l'Antichrist principal et définitif, nous pouvons reconnaître à temps les nombreux « petits antichrists » ; et si nous ne savons pas les reconnaître, nous n'apprendrons certainement pas à reconnaître le principal. Jean indique ici leurs signes distinctifs. À ce propos, nous avons l'habitude de traduire le grec anti par contre, mais ce mot a un autre sens : à la place de. L'Antichrist ne s'oppose pas seulement au Christ : il veut aussi L'évincer de la conscience des croyants pour se substituer à Lui. Nous pourrions citer une multitude de faux prophètes contemporains qui prétendent à ce rôle et qui ont réussi à tromper, et souvent à perdre, un très grand nombre de personnes.
Les paroles de l'apôtre, selon lesquelles « quiconque nie le Fils n'a pas non plus le Père », font écho à celles du Christ : « ...nul ne vient au Père que par Moi » (Jn 14:6). Aujourd'hui encore, beaucoup ont du mal à l'accepter, et les paroles de l'apôtre pourraient paraître excessivement sévères si elles ne reflétaient pas la réalité : on peut tendre vers le Père, on peut même avoir une certaine idée de Lui sans connaître le Fils, mais la vie en union avec Dieu n'est possible que dans le Christ.
18 Petits enfants, voici venue la dernière heure. Vous avez ouï dire que l’Antichrist doit venir ; et déjà maintenant beaucoup d’antichrists sont survenus : à quoi nous reconnaissons que la dernière heure est là. |
19 Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres. S’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais il fallait que fût démontré que tous n’étaient pas des nôtres. |
20 Quant à vous, vous avez reçu l’onction venant du Saint, et tous vous possédez la science. |
21 Je vous ai écrit, non que vous ignoriez la vérité, mais parce que vous la connaissez et qu’aucun mensonge ne provient de la vérité. |
22 Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. |
23 Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père. Qui confesse le Fils possède aussi le Père. |
24 Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le début demeure en vous. Si en vous demeure ce que vous avez entendu dès le début, vous aussi, vous demeurerez dans le Fils et dans le Père. |
25 Or telle est la promesse que lui-même vous a faite : la vie éternelle. |
26 Voilà ce que j’ai tenu à vous écrire au sujet de ceux qui cherchent à vous égarer. |
27 Quant à vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne. Mais puisque son onction vous instruit de tout, qu’elle est véridique, non mensongère, comme elle vous a instruits, demeurez en lui. |
28 Oui, maintenant, demeurez en lui, petits enfants, pour que, s’il venait à paraître, nous ayons pleine assurance, et non point la honte de nous trouver loin de lui à son Avènement. |
29 Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui. |
Les paroles de l'apôtre Jean dans le passage d'aujourd'hui de sa Première Épître catholique prolongent largement la pensée et les paroles de Dieu transmises par les prophètes de l'Ancien Testament. Beaucoup d'entre eux disaient que l'ignorance de Dieu était la cause principale du péché et de l'iniquité chez les hommes. Non pas l'absence d'informations sur les normes de la loi, mais l'absence de connaissance de Dieu. Et maintenant, après tous les événements de la vie terrestre, de la mort et de la résurrection du Christ, l'apôtre dit que la vérité sur Dieu nous est désormais révélée. Et cette vérité est telle qu'elle nous donne la possibilité de demeurer dans le Père et le Fils. Que signifie donc cela ? Comment comprendre ces paroles sur le fait de demeurer en Dieu ?
L'apôtre lui-même l'explique par ces paroles célèbres : « Voyez quel amour le Père nous a donné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu et que nous le soyons. » Revenant encore une fois à l'un des thèmes principaux de l'Épître, il parle des traits distinctifs des enfants de Dieu : pratiquer la justice et aimer ses frères.
Bien que, dans ce passage, l'apôtre ne parle que du Père et du Fils, sa révélation conserve néanmoins un caractère trinitaire. Car le ton d'une étonnante pureté, de tendresse et de lumière témoigne clairement qu'il écrit sous l'inspiration de l'Esprit.
18 Petits enfants, voici venue la dernière heure. Vous avez ouï dire que l’Antichrist doit venir ; et déjà maintenant beaucoup d’antichrists sont survenus : à quoi nous reconnaissons que la dernière heure est là. |
19 Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres. S’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais il fallait que fût démontré que tous n’étaient pas des nôtres. |
20 Quant à vous, vous avez reçu l’onction venant du Saint, et tous vous possédez la science. |
21 Je vous ai écrit, non que vous ignoriez la vérité, mais parce que vous la connaissez et qu’aucun mensonge ne provient de la vérité. |
22 Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. |
23 Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père. Qui confesse le Fils possède aussi le Père. |
24 Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le début demeure en vous. Si en vous demeure ce que vous avez entendu dès le début, vous aussi, vous demeurerez dans le Fils et dans le Père. |
25 Or telle est la promesse que lui-même vous a faite : la vie éternelle. |
26 Voilà ce que j’ai tenu à vous écrire au sujet de ceux qui cherchent à vous égarer. |
27 Quant à vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne. Mais puisque son onction vous instruit de tout, qu’elle est véridique, non mensongère, comme elle vous a instruits, demeurez en lui. |
28 Oui, maintenant, demeurez en lui, petits enfants, pour que, s’il venait à paraître, nous ayons pleine assurance, et non point la honte de nous trouver loin de lui à son Avènement. |
29 Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui. |
Qui l'apôtre désigne-t-il lorsqu'il parle des « antichrists » ? Notre usage actuel associe la figure de l'antichrist à quelque chose d'infernal : pour nous, l'antichrist est nécessairement une créature de l'enfer. Or Jean emploie manifestement ce mot dans son sens premier : l'antichrist est celui qui s'oppose au Christ, au Messie. Un adversaire du Messie. Et l'apôtre propose ce qui semble être l'une des premières professions de foi chrétienne de l'histoire de l'Église, qui tient en une phrase : celui qui n'accepte pas Jésus comme Christ, comme Messie, n'est pas chrétien. En refusant cette reconnaissance, l'homme perd aussi le Père, et la communion même avec Dieu lui devient impossible. Une telle affirmation peut paraître trop rigoureuse.
Elle semble aussi contredire l'expérience de la vie spirituelle : il est difficile aujourd'hui de douter que l'expérience de la communion avec Dieu soit possible dans d'autres traditions que la tradition chrétienne. Mais Jean apporte une précision essentielle. Il dit des antichrists qu'il mentionne qu'ils « sont sortis de chez nous », du milieu chrétien, de l'Église. Ils ont ainsi prouvé qu'ils « n'avaient jamais été des nôtres ». Il s'agit manifestement non de simples non-chrétiens, mais de chrétiens apostats. De ceux qui étaient déjà entrés dans l'Église et qui l'ont ensuite quittée de leur propre volonté.
Non de ceux qui cherchent leur chemin spirituel ou l'ont trouvé hors de l'Église, mais de ceux qui se sont détournés de leur chemin ou y ont renoncé complètement. Un tel renoncement risque toujours d'entraîner de graves conséquences spirituelles, jusqu'à la perte de la possibilité d'une communion consciente avec Dieu. Cela ne concerne pas seulement les chrétiens, même si leur responsabilité est évidemment particulière. Tout abandon de son chemin spirituel, quel qu'il soit, conduit à des conséquences analogues. Simplement parce que chaque pas sur un chemin spirituel change l'homme, objectivement et irréversiblement.
En quittant l'Église, l'homme ne revient pas à l'état où il se trouvait avant sa conversion et son baptême. Après le baptême, il est tout simplement impossible d'y revenir. On peut devenir incroyant et étranger à la vie de l'Église, mais on ne peut redevenir « non baptisé ». Une vie spirituelle qui n'est pas vécue jusqu'au bout est une chose pénible : elle finit toujours par se venger. Les possibilités données à l'homme peuvent détruire sa vie s'il refuse de les utiliser. Et cela est plus vrai encore des possibilités spirituelles que de toutes les autres.
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