19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole. |
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l'autorité et au pouvoir du gouverneur. |
21 Ils l'interrogèrent donc en disant : " Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu. |
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? " |
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit: |
24 " Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ? " Ils dirent : " De César ". |
25 Alors il leur dit : " Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. " |
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence. |
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : " Maître, tu as bien parlé. " |
40 Car ils n'osaient plus l'interroger sur rien. |
41 Il leur dit : " Comment peut-on dire que le Christ est fils de David ? |
42 C'est David lui-même en effet qui dit, au livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
43 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
44 David donc l'appelle Seigneur ; comment alors est-il son fils ? " |
45 Comme tout le peuple écoutait, il dit aux disciples: |
46 " Méfiez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, qui aiment les salutations sur les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
47 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère ! " |
Aujourd'hui, même lorsque nous ne cherchons nullement à « prendre Jésus au piège » dans Ses paroles et que nous Lui posons simplement, en toute honnêteté, les questions qui nous tourmentent, nous les formulons encore souvent de manière « incorrecte », en termes tranchés, selon un « ou bien... ou bien ». La simple question de payer ou non les impôts devient ainsi (pas pour tous, bien sûr, mais pour certains) un dilemme : « Faut-il aimer l'État de toute son âme ou le haïr de toute son âme ? »... Et la réponse simple, selon laquelle l'État ne peut revendiquer que notre argent et nullement notre âme, devient la tâche extrêmement difficile de « rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ». De même, nous sommes prêts à échafauder les conjectures les plus étonnantes sur « la vie après la mort » et « l'état des défunts », mais nous ne parvenons pas à comprendre que, pour Dieu, la mort n'existe pas et qu'il n'y a donc aucune division entre les morts et les vivants. Pourquoi tout nous est-il si difficile ? Peut-être nous manque-t-il simplement l'expérience de la vie de Dieu et la capacité de regarder le monde avec Ses yeux.
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole. |
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l'autorité et au pouvoir du gouverneur. |
21 Ils l'interrogèrent donc en disant : " Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu. |
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? " |
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit: |
24 " Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ? " Ils dirent : " De César ". |
25 Alors il leur dit : " Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. " |
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence. |
Pour les Juifs du début du Ier siècle de notre ère, l'impôt à César était un signe humiliant de dépendance envers les Romains. Si le Seigneur avait dit qu'il fallait le payer, on aurait pu L'accuser de manque de patriotisme (alors les grands prêtres seraient soudain devenus patriotes). S'Il avait dit qu'il ne fallait pas le payer, on aurait pu L'accuser d'incitation à la révolte (dans ce cas, les grands prêtres auraient dû se montrer des collaborateurs constructifs des Romains, ce qu'en fin de compte ils firent). La réponse du Christ est frappante d'abord parce qu'Il distingue clairement le domaine de l'organisation terrestre de la vie, auquel appartiennent toutes les formes de pouvoir national et supranational, et le domaine de la vie de l'esprit. Le Seigneur ne rejette pas l'État et n'appelle pas à une réorganisation religieuse de l'administration de l'État. Sa réponse place la vie de l'esprit et le pouvoir séculier sur des plans différents.
D'un côté, cela nous donne la possibilité de voir l'utilité réelle du pouvoir pour assurer la vie normale de la société, comme les apôtres l'écriront en détail. De l'autre côté, la réponse du Christ rend Ses disciples libres de la divinisation du pouvoir et rejette les prétentions des pouvoirs terrestres sur la vie spirituelle des hommes. Pour cette époque, c'était précisément une révélation inouïe, et c'est précisément pour cela que l'État romain persécuta les chrétiens.
Mais le plus important dans les paroles du Christ est l'appel à rendre à Dieu ce qui est à Dieu, à nous soucier de l'accomplissement de nos devoirs envers le Créateur du monde non moins qu'envers ses maîtres temporaires. Et c'est cela le plus difficile.
25 Alors il leur dit : " Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. " |
Une réponse très logique, n’est ce pas? Mais est ce que nous ne pouvons pas dire que nous avons un seul Roi, que tout ce que nous possédons est à Dieu? Ainsi nous ne devons alors rien donner à César (plus précisément à l’Etat)?
Si tout pour nous était vraiment à Dieu…, toute pensée, tout acte…, non seulement les nôtres, mais aussi pour tous ceux qui nous entourent; s’aurait réellement été le Royaume de Dieu, le Royaume d’amour; il n’y aurait pas eu de biens, d’argent (rappelez-vous des premiers jours de l’Eglise), il n’y aurait pas eu de violences, des crimes et en général des mauvaises actions – et on n’aurait pas eu besoin de la police, de l’armée, des fonctionnaires, le gouvernement en tout. Alors tout serait divin et appartenant à Dieu.
Mais tel n’est pas le cas en pratique. Regardons honnêtement combien de nos actes sont motivés par l’amour, et combien par quelque chose d’autre. Et si personne de nous n’est capable de vivre selon la volonté de Dieu, alors sont nécessaires ne serait ce que certaines institutions humaines maintenant l’ordre dans le monde, et ne lui permettant pas de tomber dans le chaos. C’est l’argent, le gouvernement, «César». Malheureusement toutes ces institutions commencent toujours par prétendre que le maintient de l’ordre dans la société en ce qui concerne la conscience, la foi, la liberté spirituelle de l’homme n’entre pas dans leur compétence. Et ici, avec toute précision devrait être appliquée la règle de Jésus: «à Dieu ce qui est à Dieu».
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : " Maître, tu as bien parlé. " |
40 Car ils n'osaient plus l'interroger sur rien. |
41 Il leur dit : " Comment peut-on dire que le Christ est fils de David ? |
42 C'est David lui-même en effet qui dit, au livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
43 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
44 David donc l'appelle Seigneur ; comment alors est-il son fils ? " |
Les adversaires de Jésus Lui faisaient parfois passer une sorte d'examen sur Sa connaissance de la théologie juive de leur temps. La question de la femme qui avait été mariée plusieurs fois dans sa vie était utilisée par les adversaires de la foi en la résurrection universelle (il s'agissait surtout de représentants du sacerdoce) comme argument dans la discussion: en effet, de qui serait-elle l'épouse si elle rencontrait tous ses maris vivants? C'était l'une de ces questions «difficiles» classiques que les sadducéens posaient aux pharisiens et auxquelles il existait des réponses «élégantes». On voulait, comme il est facile de le deviner, vérifier si Jésus connaissait de telles réponses.
Lui parle de tout autre chose: de la vie du Royaume, qui ne ressemble absolument pas à la vie du monde non transfiguré avec ses lois. Il veut montrer à ceux qui l'interrogent que tenter d'appliquer à la vie du Royaume le système de coordonnées du monde non transfiguré est une voie sans issue dès le départ. Dans le Royaume, il n'y a pas de mariage terrestre, non parce que les différences entre hommes et femmes y disparaissent, mais parce que la qualité même de la vie y change, parce que l'humanité elle-même y est transformée, et cela dans ses deux hypostases, masculine comme féminine.
Le problème dont parlent à Jésus ceux qui doutent de la résurrection ne pourrait surgir que dans le cas tout à fait invraisemblable où la résurrection ne serait pas le triomphe du Royaume avec sa vie nouvelle, mais seulement un retour de tous les morts à l'ancienne vie non transfigurée. Dans ce monde où le temps et les relations de cause à effet sont une réalité absolue, où aucun effet ne peut être sa propre cause et où le temps est irréversible, il n'y a réellement pas d'issue à la situation décrite par les théologiens sadducéens. Dans le monde non transfiguré, elle ne peut même pas se produire: ses lois ne le permettent pas.
Le monde où elle est possible est organisé autrement; d'autres lois y agissent, il n'y a pas ce temps linéaire qui nous est si familier, et la situation peut donc se résoudre de la manière la plus inattendue. Jésus donne deux exemples à titre d'illustration: Dieu, pour qui il n'y a pas de morts, de sorte que pour Lui Abraham, Isaac et les autres grands guides spirituels, morts depuis longtemps pour nous, sont vivants; et David, qui appelle son «seigneur» Celui qui, dans notre monde non transfiguré, n'est pas encore né.
Il n'est pas étonnant que les adversaires de Jésus se taisent: ce qu'Il dit ne rentre dans aucun cadre d'aucun schéma théologique. De même que n'y rentre pas le Royaume qu'Il a apporté dans le monde.
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : " Maître, tu as bien parlé. " |
40 Car ils n'osaient plus l'interroger sur rien. |
41 Il leur dit : " Comment peut-on dire que le Christ est fils de David ? |
42 C'est David lui-même en effet qui dit, au livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
43 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
44 David donc l'appelle Seigneur ; comment alors est-il son fils ? " |
Le bref récit de Luc sur les discussions du Christ avec les sadducéens contient plusieurs enseignements très importants que le Seigneur nous révèle à tous. Il dit tout d’abord que la résurrection des morts est un mystère qui ne peut être compris par les seuls moyens de la raison. Ensuite, en rappelant que Dieu Lui-même Se nomme le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu des vivants, le Seigneur souligne ainsi que le fait même de notre salut dépend de la nature de Dieu et de Sa volonté. Il l’avait également dit par la bouche du Deutéro-Isaïe, qui insistait sur le fait que Dieu sauve Son peuple à cause de Lui-même, et non en raison des mérites humains. Cela est important, car le salut et la résurrection nous apparaissent alors comme une participation à la vie divine, et non comme la simple perpétuation d’une existence humaine fragile. Puis le Seigneur rappelle à Ses auditeurs, non sans raison, le mystère de la divino-humanité du Christ qui, bien que voilé, est néanmoins profondément attesté par les prophètes de l’Ancien Testament. Ainsi, toute la conversation se révèle consacrée à la déification, phénomène d’une importance capitale pour la théologie patristique : la réunion de l’être humain avec la vie du Créateur qui le dépasse infiniment.
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : " Maître, tu as bien parlé. " |
40 Car ils n'osaient plus l'interroger sur rien. |
Des hommes viennent à Jésus, qui niaient la résurrection, estimant que toute la vie de l’homme s’épuise dans cette existence terrestre. Leur attachement à l’existence terrestre se manifeste dans la question même qu’ils Lui posent. C’est une question qui contient des détails et des particularités véritablement terrestres. Le Christ ne donne pas de réponse directe, mais propose un angle de vue entièrement nouveau à partir duquel on peut examiner ce problème. Il appelle Ses auditeurs à se placer dans une position hors du temps, la position de l’éternité. C’est précisément de ce point que l’on peut voir l’essentiel, qui se révèle non pas être l’éclaircissement des relations de parenté dans la vie éternelle, mais le fait que «Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants».
Parfois nous posons au Seigneur des questions et ne recevons pas de réponse directe; nos difficultés ne se résolvent pas par nos prières, et les circonstances de la vie ne changent pas d’année en année. Mais malgré cela, nous pouvons sentir la paix et la présence de Dieu au milieu de toute cette impossibilité de résoudre et de cette complexité, si nous apprenons ne serait-ce qu’un peu à voir notre vie dans la dimension divine.
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : " Maître, tu as bien parlé. " |
40 Car ils n'osaient plus l'interroger sur rien. |
Les sadducéens proposent d’examiner une situation qu’ils tiennent d’avance pour invraisemblable afin de se moquer du Christ, condamné d’avance à perdre à leurs yeux. Ils ont « raison à leur manière » si l’on part de leurs propres conceptions, qui ne tiennent pas compte de la réalité que Jésus révèle. Au fond, nous risquons tous de ressembler aux sadducéens lorsque nous nous enfermons dans nos représentations habituelles et cessons de faire confiance au Seigneur, qui ouvre sans cesse devant nous le monde dans son incommensurable richesse et sa diversité.
La vie après la résurrection n’est pas celle que les sadducéens, ces rationalistes de l’Antiquité, se représentent de manière parodique, et leurs constructions ont donc été balayées. Les paroles clés sont ici : pour Lui, tous sont vivants. Oui, la vie avec Dieu ne ressemble pas à la vie terrestre telle que nous la connaissons, mais notre incapacité à l’imaginer n’annule pas le fait que la mort ne régnera pas éternellement. La Résurrection nous attend précisément parce que le Seigneur est le Donateur de la vie.
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : " Maître, tu as bien parlé. " |
40 Car ils n'osaient plus l'interroger sur rien. |
Même les personnes qui croient depuis longtemps trouvent souvent étrange de lire que nous ressusciterons. Nous ne pouvons pas ne pas mourir, puisque nous péchons, et le péché ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ; mais nous ne pouvons pas ne pas vivre éternellement si nous sommes enfants de Dieu, car Dieu est immortel. Cela signifie que, comme Dieu, nous sommes immortels : nous sommes vivants. Les vivants sont ceux qui peuvent aimer, ceux qui sont libres.
Que d’espérance pour nous dans ces paroles : « Car tous sont vivants pour Lui » ! Si, pour Dieu, nous sommes pareillement vivants que nous vivions ou que nous soyons morts, alors peut-être pourrons-nous, même après la mort et avec l’aide de Dieu, changer quelque chose dans notre vie et nous repentir. Ce qui importe, c’est le vecteur, la direction de notre vie ici-bas. Nous ne savons rien de ce qui nous arrivera après la mort, mais si, dans cette vie, nous avons sans cesse tendu vers le mal, il nous sera probablement difficile de changer là-bas la direction de notre marche… En revanche, le désir d’être avec Dieu tout au long de notre vie nous conduira certainement après la mort dans le Royaume, auprès de Celui vers qui nous avons tendu toute notre vie. Notre liberté importe à Dieu ; Il attend que nous dirigions nous-mêmes nos pas vers Lui, que nous nous tournions nous-mêmes vers Lui. Seul un tel amour—un amour libre—peut être appelé amour.
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
La résurrection des morts a toujours suscité une immense quantité de questions, et beaucoup d’entre elles étaient liées à cette compréhension de la réalité propre au regard limité de l’homme déchu vivant dans un monde déchu. Le principal problème devient ici celui de l’imagination humaine et de l’habitude d’extrapoler les processus et les modèles du monde déchu là où les processus se déroulent autrement et où les modèles ne conviennent pas par définition.
Il arrive, par exemple, que la nécessité de conquérir d’autres planètes soit « justifiée » théologiquement par l’inévitabilité même de la résurrection universelle : en effet, affirment les partisans de cette théorie assez originale, si toutes les générations qui ont vécu un jour sur la Terre ressuscitent, elles n’auront tout simplement pas assez de place sur la planète ; pour les installer, il leur faudra donc nécessairement recourir à la colonisation d’autres planètes, et la préparation à la résurrection universelle suppose par conséquent les voyages interplanétaires et la colonisation de planètes habitables. Pour l’instant, au stade actuel de son développement technique, l’humanité, affirment les partisans d’un tel point de vue, n’est pas encore prête pour la résurrection universelle. Cette théorie très particulière peut sembler amusante, mais les arguments avancés par ses partisans ne diffèrent pas beaucoup, au fond, de ceux que les sadducéens, qui ne croyaient pas à la résurrection, proposent à Jésus. On y dessine en effet un tableau qui se réduit au même pseudo-problème que le « problème » de la « surpopulation » de la Terre par les ressuscités : les sadducéens qui le dessinent partent de l’idée que la résurrection suppose le retour de l’homme à cette vie du monde déchu qu’il mène maintenant. La résurrection y est pensée non comme un mouvement en avant, mais comme un mouvement en arrière.
Jésus, lui, compare les ressuscités aux anges, non pas au sens où les hommes, en ressuscitant, se transformeraient en anges (selon une telle logique, il faudrait supposer qu’en mourant ils se transforment en démons), mais au sens où l’état spirituel et naturel de l’homme ressuscité diffère de l’état spirituel et naturel de l’homme déchu tout autant que l’état et la vie de ce même homme déchu diffèrent de l’état et de la vie d’un ange. Le Sauveur ne parle pas en détail de cette vie nouvelle, probablement parce que, nous qui sommes des hommes déchus, ses descriptions ne nous expliqueraient de toute façon presque rien ; mais Il rejette tout à fait clairement la possibilité même de transposer la logique et les modèles du monde déchu au Royaume, c’est-à-dire qu’Il rejette précisément ce à quoi nous sommes si portés dans nos conversations et réflexions sur le Royaume.
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
Parfois, le caractère aphoristique des paroles de Jésus est si éclatant qu'il éclaire d'une manière nouvelle quelque chose que nous pensions déjà comprendre sans ambiguïté. Sans doute est-ce parce que nous regardons de notre point de vue humain, tandis que Jésus — du point de vue du Père céleste.
Il en va ainsi dans ce cas : les hommes ont toujours considéré la mort comme presque l'événement principal de la vie, ils ont eu peur de cet événement, ils ont essayé de comprendre ce qui s'y passe... Et aujourd'hui encore, les chrétiens continuent de discuter sérieusement pour savoir s'il est possible de prier pour les morts, si le repentir après la mort est possible, etc., donnant ainsi à la mort une importance énorme, presque fatale.
Mais Jésus, d'une seule phrase, remet tout à sa place. Du point de vue de Dieu, et c'est le seul point de vue juste, tout cela est notre agitation, car pour Dieu il n'y a pas de morts, tous vivent pour Lui. Cela signifie que notre mort physique ne change rien à l'essentiel : nos relations avec Dieu. Quant à ce qui se passe alors, et comment, c'est secondaire.
27 S'approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu'il y ait une résurrection - l'interrogèrent |
28 en disant : " Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu'un a un frère marié qui meurt sans avoir d'enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. |
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. |
30 Le second aussi, |
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d'enfant après eux. |
32 Finalement, la femme aussi mourut. |
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d'entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l'auront eue pour femme. " |
34 Et Jésus leur dit : " Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari; |
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d'avoir part à ce monde-là et à la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari; |
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. |
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l'a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. |
38 Or il n'est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. " |
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : " Maître, tu as bien parlé. " |
40 Car ils n'osaient plus l'interroger sur rien. |
41 Il leur dit : " Comment peut-on dire que le Christ est fils de David ? |
42 C'est David lui-même en effet qui dit, au livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, |
43 jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds. |
44 David donc l'appelle Seigneur ; comment alors est-il son fils ? " |
45 Comme tout le peuple écoutait, il dit aux disciples: |
46 " Méfiez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, qui aiment les salutations sur les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
47 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère ! " |
1 Levant les yeux, il vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. |
2 Il vit aussi une veuve indigente qui y mettait deux piécettes, |
3 et il dit : " Vraiment, je vous le dis, cette veuve qui est pauvre a mis plus qu'eux tous. |
4 Car tous ceux-là ont mis de leur superflu dans les offrandes, mais elle, de son dénuement, a mis tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
Le Seigneur indique aux sadducéens et aux scribes le fondement de la foi en la résurrection dans le livre de l'Exode : Dieu, en Se révélant à Moïse, ne parle pas simplement de la « continuité de la tradition » depuis Abraham, Isaac et Jacob, mais du fait que la foi, le lien de l'homme avec Dieu, devient le gage de sa vie éternelle. (L'Écriture ignore l'idée d'une existence éternelle de l'âme dans le monde spirituel : la continuation de la vie après la mort signifie la résurrection corporelle d'entre les morts.) Cela signifie que sont vivants tous ceux qui ont jamais acquis la foi en Dieu, car Il n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants.
Cela nous concerne pleinement nous aussi. Avons-nous conscience que la vie éternelle a déjà commencé, qu'il n'y aura pas d'autre vie, et que par conséquent tout ce que nous faisons maintenant, nous le faisons dans la vie éternelle ? Il est très important de commencer à vivre « pour de vrai » non pas outre-tombe, mais ici, dès aujourd'hui ! C'est précisément cela que le Seigneur appelait du mot « repentir » : changer son rapport à la vie, au monde, à soi-même, à Dieu. La vie commence dans le contexte de l'éternité...
1 Et il advint, un jour qu'il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens, |
2 et lui parlèrent en ces termes : " Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t'a donné cette autorité ? " |
3 Il leur répondit : " Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc : |
4 le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ? " |
5 Mais ils firent par-devers eux ce calcul : " Si nous disons : "Du Ciel", il dira : "Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui ?" |
6 Et si nous disons : "Des hommes", tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète. " |
7 Et ils répondirent ne pas savoir d'où il était. |
8 Et Jésus leur dit : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
9 Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : " Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long. |
10 " Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu'ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l'avoir battu. |
11 Il recommença, envoyant un autre serviteur; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d'outrages et le renvoyèrent les mains vides. |
12 Il recommença, envoyant un troisième; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors. |
13 Le maître de la vigne se dit alors : "Que faire ? je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. " |
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : "Celui-ci est l'héritier ; tuons-le, pour que l'héritage soit à nous. " |
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent. " Que leur fera donc le maître de la vigne ? |
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d'autres. " A ces mots, ils dirent : " A Dieu ne plaise ! " |
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : " Que signifie donc ceci qui est écrit : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte ? |
18 Quiconque tombera sur cette pierre s'y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera. " |
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole. |
20 Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l'autorité et au pouvoir du gouverneur. |
21 Ils l'interrogèrent donc en disant : " Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu. |
22 Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ? " |
23 Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit: |
24 " Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ? " Ils dirent : " De César ". |
25 Alors il leur dit : " Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. " |
26 Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence. |
Tel est le destin difficile de la révélation chrétienne : tous ceux qui pouvaient en tirer quelque chose pour eux-mêmes ont sans cesse tenté de l'utiliser à leurs propres fins. Mais sa véritable divinité tient précisément à ce que ces tentatives n'ont jamais réussi jusqu'au bout et que, tôt ou tard, elles ont échoué.
Tel est aussi le destin de ceux qui essaient de présenter la Bonne Nouvelle chrétienne comme un manuel de révolution, et le Christ comme le principal révolutionnaire de tous les temps et de tous les peuples. De telles tentatives ont été entreprises plus d'une fois dans l'histoire de la culture européenne. Pourtant, c'est précisément à elles que l'on peut opposer les paroles de la lecture évangélique d'aujourd'hui : « rendez à César ce qui est à César ». C'est sans doute de ces paroles que s'inspiraient les apôtres Paul et Pierre lorsqu'ils disaient au peuple de Dieu les paroles suivantes. « Soyez donc soumis, à cause du Seigneur, à toute institution humaine, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs » (1 P 2:13). « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été établies par Dieu » (Rm 13:1).
Dans un seul cas la soumission aux autorités est impossible : lorsque le pouvoir s'attribue des prérogatives divines ; ce qui est à Dieu ne peut être donné qu'à Dieu. C'est précisément pourquoi les premiers chrétiens sont allés, d'un côté, contre les paroles de Pierre et de Paul ; mais, d'un autre côté, si l'on regarde plus profondément les trois citations mentionnées ici, on comprend qu'ils suivaient le seul chemin juste.
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