29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
Pourquoi les pharisiens demandent-ils à Jésus de faire taire Ses disciples, alors que ceux-ci Le glorifiaient comme Messie ? Était-ce seulement par peur de possibles conséquences politiques ? Certes, ils pouvaient craindre des débordements, voire une insurrection directe, bien que, en un certain sens, le moment en fût déjà passé. Mais on pouvait tout attendre de la foule de Jérusalem, et les Romains, qui ne toléraient aucun désordre dans la ville, étaient toujours prêts à intervenir, et leur intervention se terminait toujours par un bain de sang. Pourtant, il ne s’agissait sans doute pas seulement de ces craintes. Il s’agissait aussi du fait que Jésus était, aux yeux des pharisiens, un Messie « incorrect », ne correspondant absolument pas à leurs représentations et à leurs concepts. Ils attendaient certes le Messie, mais pas celui-là. Celui-ci faisait tout autrement qu’ils ne l’attendaient. D’abord Il refusa de leur fournir les preuves de Sa messianité qu’ils attendaient, puis Il évita la possibilité de prendre la tête d’un grand mouvement populaire, bien qu’une telle possibilité se soit présentée à Lui plusieurs fois. Et maintenant, Le voilà qui semble parler directement de Sa messianité, mais de nouveau pas comme aurait dû le faire le « vrai » Messie. En effet, le vrai Messie ne peut tout de même pas entrer dans la ville monté sur un âne ! Ce n’est même plus une parabole, c’est une véritable profanation de l’entrée solennelle dans la ville du Messie vainqueur, du Messie qui chasse les Romains, du Messie qui établit Son Royaume, du Messie qui gouvernera d’une main forte au nom de Dieu… Et soudain, au lieu du triomphe attendu, une procession à moitié solennelle, à moitié bouffonne, rappelant l’entrée en ville du « roi » des esclaves pendant les Saturnales romaines… Il y avait de quoi être troublé. Il n’est pas étonnant que les pharisiens, en hommes profondément religieux, se soient mis à demander à Jésus de mettre fin à ce qui leur paraissait être une comédie déplacée et indigne. Et Jésus leur répondit que tout était sérieux. Sérieux au point qu’il leur était même difficile de l’imaginer. Seulement les événements ne se développeraient pas comme ils l’attendaient.
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après avoir mangé la Pâque avec les disciples. Et de nouveau, c'est du mont des Oliviers que commence la glorification du Christ - comme Sauveur du Monde.
Et au cours du repas pascal, le Christ explique aux apôtres ce qu'Il accomplissait Lui-même et ce qui s'accomplit. Il est Celui qui sert, auprès duquel se trouvaient des hommes qui avaient déjà changé dans leur coeur. À qui Il promet le repas dans le Royaume des Cieux. Et à qui Il lègue, comme témoins de Ses oeuvres, la Communion à Son Corps et à Son Sang. La communion à Sa mort et à Sa Résurrection prochaine. La communion à la gloire du Christ, par laquelle tous les chrétiens sont fortifiés et sauvés depuis ces jours-là.
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
Aujourd’hui, nous lisons un immense passage de l’Évangile selon saint Luc, qui comprend le récit de l’Entrée du Seigneur à Jérusalem et celui de la Cène et du dernier entretien du Christ avec Ses disciples. Il s’agit au fond du récit de la conclusion de la Nouvelle Alliance, qui sera définitivement scellée par le Sang du Christ versé sur la Croix.
C’est pour conclure la Nouvelle Alliance que le Seigneur va à la Croix. Nous lisons aujourd’hui qu’aucun pas du Christ sur Son dernier chemin n’est facile. Comme un rasoir, l’action salvatrice de Dieu sépare les hommes. Quelques disciples acceptent ce que le Christ fait et dit, mais autour de Lui s’élève sans cesse la voix de Ses adversaires, qui s’indignent contre Jésus. Finalement, seuls les douze disciples restent auprès de Lui, et même parmi eux l’un se révèle traître. Au pied de Sa croix, au milieu de la foule qui se moque de Lui, nous ne voyons que Sa Très Pure Mère avec le disciple bien-aimé, quelques femmes et le centurion Longin stupéfait, qui proclame, à sa propre surprise, cette vérité : cet homme était le Fils de Dieu.
Mais malgré l’opposition qui ne cesse de se renforcer, le Fils de l’homme poursuit Son chemin comme il est écrit de Lui. La lecture d’un passage aussi long fait sentir l’accélération continue des événements. Ce n’est pas une procession lente et solennelle. Le récit de l’évangéliste donne plutôt l’impression d’une marche rapide dont le but ultime est la conclusion de la Nouvelle Alliance, cette Alliance à laquelle nous participons en communiant au Corps et au Sang du Christ selon Son commandement.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
Le jour est venu dont les prophètes d’Israël parlaient avec crainte: Dieu a visité Son peuple. Depuis la haute Antiquité, les hommes attendaient cette venue de Dieu, mettaient en elle toutes leurs espérances. Non seulement Israël, mais beaucoup d’autres peuples au début du Ier siècle de notre ère attendaient la manifestation de quelqu’un qui leur apporterait la paix et ouvrirait le chemin de la vie. Dans une certaine mesure, même nous, deux millénaires plus tard, avons hérité de cette attente et de cette espérance de la visite de Dieu. Les prophètes annonçaient que le soleil s’obscurcirait en ce jour-là, que toute créature serait changée, que le péché cesserait et que les hommes seraient rachetés de la mort. «Ah! si Tu déchirais les cieux et descendais!», s’écriait l’auteur de la seconde partie du livre d’Isaïe. «La voix de mon bien-aimé! le voici qui vient, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines», comme une heureuse rencontre d’amoureux, le Cantique des Cantiques présente ce jour.
Et voici qu’Il vient. Une multitude de disciples, peut-être plusieurs centaines de personnes, glorifient les grandes œuvres de Dieu et bénissent Sa venue. Mais aussitôt, au milieu de la foule incrédule, se trouvent ceux qui jugent nécessaire de Lui reprocher seulement Son manque de retenue: «Défends à Tes disciples de glorifier Dieu et Toi!». Et presque personne ne pense à ce qu’Il a maintes fois appelé par les prophètes: «Corrigez vos mauvaises voies, afin de ne pas périr en ce jour-là». Seules Sa Mère très pure et Ses proches disciples reçoivent de sentir Sa tristesse. Il vient, et nous, même en ce jour, nous ne savons pas que pour Le rencontrer il faut cesser de faire le mal et apprendre à faire le bien. Comment Le rencontrer, par quoi mériter Sa bienveillance? Que faire pour qu’Il nous bénisse et nous aide? «Cherchez le bien, et non le mal, afin de vivre», disait-Il par Ses envoyés. Et nous pensons qu’il faut accomplir certains rites et organiser de somptueuses célébrations. Comme si cela devait nous servir à la paix, nous donner la paix dans cette rencontre avec Jésus.
S’Il n’entre pas aujourd’hui à Jérusalem, nous ne pourrons pas devenir participants de Son Corps et de Son Sang. S’Il ne Se livre pas pour nous, nous resterons prisonniers de la mort. Mais Ses élus ne reconnaissent pas le temps de la visite; ils ne reconnaissent pas que le jour attendu et annoncé est arrivé. Et c’est pourquoi Jésus pleure. Récemment, le Seigneur disait dans l’un des passages de quoi Ses disciples devaient se réjouir. Aujourd’hui nous comprenons ce que nous devons craindre: ne pas reconnaître le temps de la visite.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Les habitants de Judée accueillent Jésus entrant à Jérusalem comme le Roi qui vient au nom du Seigneur. C’est vrai, mais nullement au sens que ceux qui L’acclament donnent à ces paroles : le Royaume qu’Il vient établir ne ressemble à aucun royaume terrestre. Pour le moment, Jésus exerce une influence comparable à l’autorité des chefs du peuple. Il peut remettre de l’ordre dans le Temple, et nul ne peut L’en empêcher, car le peuple L’écoute sans relâche. Hélas, tous ne L’entendent pas, même en L’écoutant. Voilà pourquoi Il a les larmes aux yeux au plus fort de la fête : même ceux qui placent en Lui leur espérance cherchent un salut tout différent de celui que le Christ veut donner, et beaucoup d’entre eux se détourneront donc très bientôt de Lui.
Et nous, aujourd’hui, qu’attendons-nous et que voulons-nous de Lui ? Ce qu’Il veut nous apporter, ou bien ce que nous projetons sur Son image, désireux de voir en Lui l’interprète de nos propres états d’âme et de nos caprices ? Et Le désirons-nous, Lui-même ?..
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
L'évangéliste réunit dans un même récit l'entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte, lorsque la louange et la joie ne peuvent être contenues par aucune force, au point que même les pierres sont prêtes à chanter la gloire du Roi qui vient, et les pleurs douloureux de Jésus sur Jérusalem. La ville de la promesse apparaît ici comme l'image collective de tous ceux qui attendent le Christ, qui ne peuvent vivre sans Lui, mais qui ne Le reconnaissent pas, qui ne peuvent croire que leur espérance s'accomplit en Jésus de Nazareth. Sous nos yeux se déroulent à la fois un triomphe et une catastrophe, parce qu'à la ville, au peuple, à des personnes concrètes est donnée la possibilité tant attendue de voir, de reconnaître, de rencontrer leur rêve, mais ils « ne reconnaissent pas le temps de leur visite ».
Au fond de nous, nous voudrions sans doute que ce temps soit manifeste, évident pour tous, ou du moins qu'il ne soit pas obligatoire, qu'il ne concerne pas tout le monde. Mais un tel temps arrive et, chose la plus terrible, on peut le manquer, ne pas reconnaître Dieu quand Il passe tout près...
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
En entrant à Jérusalem, Jésus pleure sur son destin. Il prévoit manifestement le triste sort de la ville : en l'an 70, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes et la guerre qui s'ensuivit, Jérusalem sera entièrement détruite par l'armée romaine envoyée pour réprimer l'insurrection. Au Moyen Âge, et en partie aussi à l'époque moderne, il existait parmi les chrétiens une opinion répandue et populaire selon laquelle cette catastrophe fut le châtiment du rejet, par le peuple juif, du Messie qui lui avait été envoyé. Pourtant Jésus Lui-même regarde la situation autrement. Pour Lui, c'est d'abord une tragédie, une catastrophe nationale. Il ne la considère nullement comme une juste rétribution. Pour Lui, c'est plutôt une possibilité rejetée, et donc manquée.
Dans la vie des individus comme dans celle des peuples entiers, il existe de tels carrefours où se détermine et se fixe le vecteur du mouvement spirituel ultérieur pour des années (s'il s'agit d'une personne) ou pour des siècles (s'il s'agit d'un peuple). Il n'y a là rien de prédéterminé, aucun programme écrit d'avance, aucun destin ni fatalité. Au contraire, un tel carrefour est toujours un moment de liberté suprême. Le moment du choix où c'est précisément l'homme lui-même, ou le peuple lui-même, qui choisit et détermine ce qui, par la suite, lui paraîtra peut-être fatalité ou destin. Pour le peuple juif, le jour de l'entrée du Sauveur à Jérusalem devint un tel moment.
On peut certes dire que l'enthousiasme avec lequel la foule L'accueillait dans les rues de Jérusalem ne valait pas grand-chose : les enthousiasmes de foule ne durent jamais longtemps. Mais le peuple avait la possibilité de choisir, un choix sérieux, déterminant l'histoire ultérieure pour des siècles, et Jésus le comprend parfaitement. De même qu'Il comprend autre chose : comme tous les choix semblables, celui-ci se ramène en essence à ceci : suivre Dieu ou suivre ses propres opinions, traditions, habitudes. Et la seconde option est toujours catastrophique. La seule question est de savoir dans combien de temps cette catastrophe surviendra. Quant au fait qu'elle surviendra, il n'y a pas à en douter : les possibilités manquées se vengent toujours, et plus la possibilité est grande, plus la catastrophe sera terrible si l'on manque cette possibilité.
C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem. Lui plus que quiconque comprend ce qui a été donné et ce qui a été manqué. Et Il comprend aussi quelles en seront les conséquences.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Dans la lecture d'aujourd'hui, il y a l'allégresse des disciples et la tristesse du Seigneur Jésus. En effet, la foi véritable, authentique, est toujours joyeuse. Cela ne signifie pas que le chrétien doive toujours être d'humeur exaltée, mais même au milieu des épreuves et du péché, nos ténèbres ne doivent pas étouffer la lumière. Si la joie nous paraît incompatible avec la crainte révérencielle de Dieu, avec le sérieux de la prière et les larmes du repentir, alors nous ressemblons aux pharisiens « du milieu de la foule », auxquels le Seigneur a dit que, si nous ne nous réjouissions pas, les pierres devraient le faire à notre place !
Et le second aspect de cette rencontre entre Dieu et l'homme est la tristesse de Jésus pour Jérusalem, qui n'a pas reconnu Sa venue. Cette tristesse est l'une des expressions de Son amour pour les hommes pécheurs. Le Seigneur ne s'emporte pas, ne maudit pas la ville, ne la châtie pas : Il pleure seulement. Il nous a apporté la vie, et nous nous sommes détournés de Son don.
Souvent, le souvenir de ces larmes nous retient du péché bien plus fortement que la crainte du châtiment ou de la colère de Dieu. Nous rencontrons Dieu — dans la prière, la lecture de l'Écriture, la célébration liturgique — presque chaque jour. Souvenons-nous donc de l'allégresse et des larmes du chapitre d'aujourd'hui.
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