RÉFLEXIONS pour Лк 19:29-40 — le 20 février 2017

RÉFLEXIONS pour Лк 19:29-40

Pourquoi les pharisiens demandent-ils à Jésus de faire taire Ses disciples, alors que ceux-ci Le glorifiaient comme Messie ? Était-ce seulement par peur de possibles conséquences politiques ? Certes, ils pouvaient craindre des débordements, voire une insurrection directe, bien que, en un certain sens, le moment en fût déjà passé. Mais on pouvait tout attendre de la foule de Jérusalem, et les Romains, qui ne toléraient aucun désordre dans la ville, étaient toujours prêts à intervenir, et leur intervention se terminait toujours par un bain de sang. Pourtant, il ne s’agissait sans doute pas seulement de ces craintes. Il s’agissait aussi du fait que Jésus était, aux yeux des pharisiens, un Messie « incorrect », ne correspondant absolument pas à leurs représentations et à leurs concepts. Ils attendaient certes le Messie, mais pas celui-là. Celui-ci faisait tout autrement qu’ils ne l’attendaient. D’abord Il refusa de leur fournir les preuves de Sa messianité qu’ils attendaient, puis Il évita la possibilité de prendre la tête d’un grand mouvement populaire, bien qu’une telle possibilité se soit présentée à Lui plusieurs fois. Et maintenant, Le voilà qui semble parler directement de Sa messianité, mais de nouveau pas comme aurait dû le faire le « vrai » Messie. En effet, le vrai Messie ne peut tout de même pas entrer dans la ville monté sur un âne ! Ce n’est même plus une parabole, c’est une véritable profanation de l’entrée solennelle dans la ville du Messie vainqueur, du Messie qui chasse les Romains, du Messie qui établit Son Royaume, du Messie qui gouvernera d’une main forte au nom de Dieu… Et soudain, au lieu du triomphe attendu, une procession à moitié solennelle, à moitié bouffonne, rappelant l’entrée en ville du « roi » des esclaves pendant les Saturnales romaines… Il y avait de quoi être troublé. Il n’est pas étonnant que les pharisiens, en hommes profondément religieux, se soient mis à demander à Jésus de mettre fin à ce qui leur paraissait être une comédie déplacée et indigne. Et Jésus leur répondit que tout était sérieux. Sérieux au point qu’il leur était même difficile de l’imaginer. Seulement les événements ne se développeraient pas comme ils l’attendaient.