5 alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ — c’est par grâce que vous êtes sauvés ! —, |
Les mots sur la grâce salvatrice sont devenus un lieu commun du vocabulaire chrétien. Aujourd’hui, nous réfléchissons peu à leur sens. Qu’est-ce donc que cette grâce salvatrice? Comment et de quoi nous sauve-t-elle? La réponse théologique correcte est connue: du péché, devenu conséquence de la chute et se manifestant dans notre vie.
Le péché fait obstacle à notre salut; par nos propres forces nous ne pouvons le vaincre complètement, et pour une telle victoire nous avons besoin de la grâce du Christ, qui nous sauve du péché et de la perdition éternelle. Mais que signifient ces mots? Si on les comprend dans le contexte de tout ce que la Bible dit de la relation de l’homme avec Dieu, il faut reconnaître qu’ils décrivent une certaine dynamique spirituelle. Un processus. Un processus dans lequel l’homme est inclus par ses relations avec Jésus. Et ces relations elles-mêmes sont à leur tour un élément du processus.
Ce sont précisément ces relations qu’il faudrait appeler grâce. La grâce n’est pas simplement une énergie divine répandue dans le monde, ni une force qui émane du Christ dans toutes les directions. Elle est l’unité du Christ avec Son Père, unité dans laquelle s’inclut l’homme qui s’est confié au Christ. C’est cette inclusion dans les relations du Christ avec le Père que l’homme vit comme grâce. Grâce à cette inclusion et en lien avec elle, le chrétien participe à la vie du Royaume.
Et cette participation se produit malgré la condition pécheresse qui, par définition, appartient à l’homme déchu. À travers le dépassement de cette condition pécheresse. À travers la résistance de l’homme à son péché, avec le soutien de cette force de Dieu et de ce souffle du Royaume qui entrent en l’homme grâce à son inclusion dans ce même processus spirituel. Ainsi Dieu, par le Christ et dans le Christ, change l’homme. Il le transfigure.
Il transforme ainsi sa nature afin qu’il n’y ait plus de place pour le péché. Et Il fait de plus en plus de l’homme sauvé du péché un habitant du Royaume. De ce Royaume où l’homme découvre toute la plénitude de la grâce. Toute la plénitude de la vie: non pas une vie séparée, mais la vie au sein des relations qui unissent le Roi de ce Royaume à Son Père céleste. En fin de compte, ce sont leurs relations qui forment le fondement du Royaume. Toute la plénitude de la grâce est là, entre le Père et le Fils. Et tous les autres y participent à mesure qu’ils s’insèrent dans Leurs relations. Et dans la vie du Royaume, où le péché n’a plus de place.
5 alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ — c’est par grâce que vous êtes sauvés ! —, |
Les paroles sur la grâce qui sauve sont devenues un lieu commun dans le vocabulaire chrétien. Aujourd'hui, nous réfléchissons déjà peu à leur sens. Qu'est-ce donc que cette grâce qui sauve ? Comment et de quoi nous sauve-t-elle ? La réponse théologique correcte est connue : du péché, devenu conséquence de la chute et manifesté dans notre vie.
Le péché fait obstacle à notre salut, nous ne pouvons pas le vaincre entièrement par nos propres forces, et pour une telle victoire il nous faut la grâce du Christ, qui nous sauve du péché et de la perdition éternelle. Mais que se cache-t-il derrière ces mots ? Si l'on les comprend dans le contexte de tout ce que la Bible dit des relations de l'homme avec Dieu, il faut reconnaître qu'ils décrivent une certaine dynamique spirituelle. Un processus. Un processus dans lequel l'homme est inclus par ses relations avec Jésus. Et ces relations elles-mêmes sont à leur tour un élément du processus.
Ce sont précisément ces relations qu'il faudrait appeler grâce. La grâce n'est pas simplement une certaine énergie divine répandue dans le monde, ni une force émanant du Christ dans toutes les directions. Elle est l'unité du Christ avec Son Père, dans laquelle entre l'homme qui s'est confié au Christ. C'est cette inclusion dans les relations du Christ avec le Père que l'homme vit comme grâce. Grâce à cette inclusion et en lien avec elle, le chrétien participe à la vie du Royaume.
Et cette participation se fait malgré la condition pécheresse qui, par définition, caractérise l'homme déchu. Par le dépassement de cette condition. Par la résistance de l'homme à son péché avec le soutien de la force de Dieu et du souffle du Royaume qui entrent en lui grâce à son inclusion dans ce même processus spirituel. Ainsi Dieu, par le Christ et dans le Christ, change l'homme. Il le transfigure.
Il change ainsi sa nature, afin que le péché n'y ait plus de place. Et Il fait de plus en plus de l'homme sauvé du péché un habitant du Royaume. Ce Royaume où s'ouvre à l'homme toute la plénitude de la grâce. Toute la plénitude de la vie, non pas d'une vie séparée, mais de la vie à l'intérieur des relations qui unissent le Roi de ce Royaume à Son Père céleste. Car, en fin de compte, ce sont leurs relations qui forment le fondement du Royaume. Toute la plénitude de la grâce est là, entre le Père et le Fils. Et tous les autres y participent à mesure qu'ils entrent dans Leurs relations. Et dans la vie du Royaume, où le péché n'a plus de place.
1 Et vous qui étiez morts par suite des fautes et des péchés |
2 dans lesquels vous avez vécu jadis, selon le cours de ce monde, selon le Prince de l’empire de l’air, cet Esprit qui poursuit son œuvre en ceux qui résistent... |
3 Nous tous d’ailleurs, nous fûmes jadis de ceux-là, vivant selon nos convoitises charnelles, servant les caprices de la chair et des pensées coupables, si bien que nous étions par nature voués à la colère tout comme les autres... |
4 Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, |
5 alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ — c’est par grâce que vous êtes sauvés ! —, |
6 avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus. |
7 Il a voulu par là démontrer dans les siècles à venir l’extraordinaire richesse de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. |
8 Car c’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu ; |
9 il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier. |
10 Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. |
Lorsqu’il parle de la vie chrétienne, Paul pense aussi au chemin de justice suivi par ceux qui cherchaient la plénitude de la vie de Dieu avant même la venue du Christ. Ceux qui suivaient ce chemin voyaient déjà clairement que la justice était impossible sans une transformation radicale de la nature humaine elle-même, frappée par le péché. Mais il était impossible de la transformer complètement par les seuls efforts humains, même avec l’aide de Dieu. Le milieu même dans lequel s’accomplissait ce travail spirituel était destructeur : le monde déchu est plongé dans le mal, et ce qui était accompli se trouvait en grande partie réduit à néant par l’agressivité spirituelle de ce milieu.
Pour une transformation complète et qualitative de la nature humaine, pour sa transfiguration, il fallait un autre milieu, que personne ne pouvait créer sur terre. La seule présence de Dieu s’avérait insuffisante : le mal s’opposait de l’extérieur, agissant depuis un monde qui vivait selon les lois du péché, et depuis l’intérieur même de l’homme, dont le cœur était lui aussi infecté par le péché.
Dans de telles conditions, tous les changements demeuraient partiels et temporaires. L’homme ne pouvait pas changer véritablement ; toutes les améliorations restaient instables et, lorsque l’action directe de Dieu cessait, il retombait rapidement dans son état antérieur. Il n’y avait aucune dynamique spirituelle : l’homme piétinait sur place et n’obtenait ainsi que d’empêcher le mal et le péché de prendre sur lui un pouvoir définitif et sans partage. Pour un travail spirituel véritable, il fallait un autre milieu, que l’on pourrait appeler un milieu d’amour si l’on comprend l’amour au sens évangélique.
Dans la Bible, l’amour suppose avant tout une attitude qui vise le bien spirituel de celui vers qui elle est dirigée. L’amour est une intention qui favorise la formation et le développement spirituels de l’homme, qui affermit ses relations avec Dieu et avec son prochain—des relations conscientes, sans lesquelles une vie spirituelle véritable est impossible. Mais dans le monde déchu, le milieu où existent toutes les relations demeure naturel, psychique. Pour le désigner, l’apôtre emploie un mot grec généralement traduit par « air », alors qu’à l’origine il désignait un milieu naturel particulier où, entre autres, habitaient les dieux de l’Olympe.
Le Christ vient créer un nouveau milieu, un milieu d’amour, où le travail spirituel se fera beaucoup plus simplement et plus rapidement et pourra devenir progressif, de sorte que l’homme cessera de piétiner comme il le faisait habituellement auparavant. Le Royaume lui-même existe comme relation d’amour entre le Père et le Fils. Dans un tel milieu, le pouvoir du péché n’est possible que dans la mesure où l’homme lui-même lui accorde ce pouvoir sur lui : l’agressivité de l’environnement est exclue dans le Royaume. Les conditions du travail spirituel deviennent idéales, l’impossible devient possible, et les conséquences mêmes des péchés commis changent si l’homme renonce au péché en tant que tel.
Ces conséquences ne pèsent plus sur l’homme comme elles pesaient auparavant, avant la venue du Christ. Bien sûr, les changements ne se produisent pas d’eux-mêmes : dans le Royaume aussi, un travail spirituel actif est exigé de l’homme, mais il a là beaucoup plus de chances d’être fécond que dans le monde non transfiguré. Les chances de salut augmentent donc fortement, bien que personne ne puisse évidemment donner de garanties à qui que ce soit : l’homme est libre, et Dieu ne lui retire pas sa liberté. Même dans le Royaume.
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