10 Mais à qui vous pardonnez, je pardonne aussi; car, si j'ai pardonné - pour autant que j'ai eu à pardonner - c'est à cause de vous, en présence du Christ. |
11 Il ne s'agit pas d'être dupes de Satan, car nous n'ignorons pas ses desseins. |
Sur le pardon, au cours de deux mille ans d'histoire chrétienne, on a beaucoup dit et écrit. Et dans les temps préchrétiens eux-mêmes, même dans le monde païen, la capacité et la disposition à pardonner étaient un signe de justice. Il en va de même, et plus encore, de la justice telle que la comprenaient les auteurs des livres bibliques : sans pardon, elle est impensable, et le peuple de Dieu le savait longtemps avant la venue du Christ.
Mais il y a tout de même dans les paroles de l'apôtre quelque chose qui, aux temps préchrétiens, était encore impensable, impensable au point qu'il n'y avait même pas lieu de parler de quoi que ce soit de semblable. « Celui à qui j'ai pardonné, je pardonne à cause de vous devant la face du Christ ». Bien sûr, avant la venue du Christ, une telle chose n'était pas possible. Et il ne s'agit pas seulement, bien entendu, du fait que le Christ ressuscité Lui-même devient témoin de chaque acte de pardon comme moment du rétablissement des relations sans lesquelles la vie du Royaume est impossible.
Les paroles de l'apôtre supposent quelque chose de beaucoup plus grand : il s'agit de l'Église, du corps du Christ, de son unité et de son intégrité. En effet, l'unité et l'intégrité du corps du Christ ne peuvent être conservées ni assurées par aucun moyen extérieur. Les lois du monde non transfiguré permettent l'existence de communautés humaines dont les membres sont unis par des vues ou des intérêts communs sans former pour autant une unité spirituelle.
Mais dans le Royaume, des communautés de ce genre sont impossibles, et à plus forte raison l'Église, le corps du Christ, ne peut exister sous une telle forme. Ici, c'est précisément la composante spirituelle de toute relation qui passe au premier plan. Et si quelqu'un a quelque chose contre l'un de ses prochains, rien de ce qui peut lier ces deux personnes dans le cadre du monde non transfiguré n'entrera dans le Royaume.
Quelles que soient leurs relations dans le monde non transfiguré, aussi profondes et fécondes qu'elles puissent paraître, sans suppression de ce qui empêche ces personnes de s'unir au niveau spirituel, au niveau d'une relation personnelle non conditionnée par quoi que ce soit de terrestre, elles ne deviendront pas partie du Royaume. Et au niveau de la relation personnelle, le problème ne se résout que dans l'acte de pardon. C'est sans doute pourquoi Paul parle des ruses de Satan, qui sont détruites par le pardon : car c'est précisément le non-pardon mutuel qui sépare les hommes du Royaume. Et l'apôtre le rappelle aux destinataires de son épître. Il le rappelle afin qu'ils n'oublient pas l'essentiel dans l'agitation quotidienne. Et qu'ils ne perdent pas le Royaume.
10 Mais à qui vous pardonnez, je pardonne aussi; car, si j'ai pardonné - pour autant que j'ai eu à pardonner - c'est à cause de vous, en présence du Christ. |
11 Il ne s'agit pas d'être dupes de Satan, car nous n'ignorons pas ses desseins. |
La disponibilité à pardonner était propre à ceux qui cherchaient une vie juste même avant le christianisme. Alors, la nécessité du pardon s'expliquait par les traits du chemin de la justice lui-même. Il ne s'agissait en effet de rien d'autre que de l'attitude envers le prochain, et la condition principale de la justice, l'amour de Dieu et l'amour du prochain comme de soi-même, était connue avant la venue du Sauveur.
Et bien sûr, il ne s'agissait pas seulement du prochain, mais aussi de soi-même: on ne pouvait garder son intégrité spirituelle intérieure en nourrissant de la haine envers un autre être humain. Une telle haine, par elle-même, rongeait lentement mais sûrement le noyau spirituel sur lequel tient toute la vie de l'homme, intérieure comme extérieure. Désormais, après la venue du Christ, la disponibilité à pardonner est devenue encore plus importante.
Auparavant, il était question de la vie d'un homme particulier et de son chemin spirituel; maintenant, il est question de la vie du Royaume. On dirait que la vie du Royaume dépend peu de l'état spirituel d'une personne particulière. Mais cela n'est vrai que si cette personne n'a aucun rapport avec le Royaume. S'il s'agit de chrétiens, qui sont par définition des habitants du Royaume, la situation est tout autre.
Pour le Royaume, l'état spirituel de chacun de ses habitants est d'une importance absolue. Car le Royaume, ce sont des relations; ce sont justement les relations qui en constituent la structure. Les relations des hommes avec Dieu et avec le Christ, leurs relations entre eux, enfin la relation du Christ Lui-même avec Son Père céleste comme relation principale du Royaume: toutes font du Royaume ce qu'il est devant Dieu et devant les hommes.
Et ici, bien sûr, l'état spirituel de chacun devient absolument important et significatif. Le refus de pardonner détruit tout simplement le Royaume. Bien sûr, cela ne veut pas dire que chaque refus de pardonner signifie la fin du Royaume. Mais chaque refus de ce genre signifie aussi un «non» au Sauveur Lui-même, de même que tout pardon signifie la disponibilité à se tenir auprès de Lui. C'est pourquoi un tel refus sépare celui qui refuse de la plénitude de la vie du Royaume de Dieu. Et il devient une perte. Une perte qui ne détruit pas le Royaume, mais qui se révèle pour lui aussi absolument significative que l'est pour lui tout être sauvé.
10 Mais à qui vous pardonnez, je pardonne aussi; car, si j'ai pardonné - pour autant que j'ai eu à pardonner - c'est à cause de vous, en présence du Christ. |
11 Il ne s'agit pas d'être dupes de Satan, car nous n'ignorons pas ses desseins. |
Pendant deux mille années de l'histoire chrétienne beaucoup ont été dits et écrits sur le pardon. Et dans les temps préchrétiens, même dans le monde païen, la capacité et la volonté de pardonner étaient un signe de justice. La même chose, encore a un degré plus élevé, concerne la justice comme la comprenaient les auteurs des livres bibliques: sans pardon elle est inconcevable, et on connaissait cela dans le peuple de Dieu longtemps avant l'arrivée du Christ. Mais il y a quand même dans les mots de l'apôtre quelque chose qu'aux temps préchrétiens était encore inconcevable, tellement inconcevable qu’il n’arrivait même de parler de rien de la sorte.
«Si j’ai pardonné – pour autant que j’ai eu à pardonner – c’est à cause de vous, en présence du Christ». Bien sûr, avant l'arrivée du Christ une telle chose ne pouvait pas être. Et il ne s’agit bien sûr pas seulement du fait que le Christ ressuscité devient le témoin de tout acte de pardon, comme du moment de la restauration de ces relations, sans lesquelles la vie du Royaume est impossible. Les mots de l'apôtre supposent quelque chose de beaucoup plus grand: il s'agit de l'Église, du corps du Christ, de sa complétude et intégrité. En effet, on ne peut retenir et assurer l'unité et l'intégrité du corps du Christ par n’importe quels moyens extérieurs.
Les lois du monde non transformé admettent l'existence des communautés humaines, dont les membres sont liés par des opinions ou des intérêts communs, ne formant pas en plus une unité spirituelle. Cependant dans le Royaume, de telles sortes de communautés sont impossibles, et surtout l'Église, le corps du Christ ne peut pas exister sous une telle forme. Ici c’est notamment la composante spirituelle de toute relation qui sort au premier plan. Et si quelqu'un a quelque chose contre l’un de ses prochains, quelque chose qui peut lier ces deux dans le cadre du monde non transformé, il n'entrera pas dans le Royaume.
Quelles que soient leurs relations dans le monde non transformé, peu importe la profondeur et la fécondité qu’elles soient, sans élimination de ce qui empêche ces gens au niveau spirituel, au niveau des relations personnelles, qui n’est conditionné par quoi que ce soit de terrestre, ils ne deviendront pas une partie du Royaume. Et au niveau des relations personnelles le problème se résout seulement dans l'acte du pardon. C'est probablement pourquoi Paul parle des intrigues de satan, qui se détruisent par le pardon: en effet, c’est notamment le non pardon mutuel qui sépare les gens du Royaume. Et l'apôtre rappelle cela aux destinataires de son message. Rappelle pour que dans la vanité journalière ils n'oublient pas l'essentiel. Ne perdent pas le Royaume.
1 Je décidai donc en moi-même de ne pas revenir chez vous dans la tristesse. |
2 Car si c'est moi qui vous attriste, qui peut alors me donner de la joie sinon celui que j'aurai attristé? |
3 Et si j'ai écrit ce que vous savez, c'était pour ne pas éprouver de tristesse, en venant, du fait de ceux qui devraient me donner de la joie, persuadé à l'égard de vous tous que ma joie est aussi la vôtre, à vous tous. |
4 Oui, c'est dans une grande tribulation et angoisse de cœur que je vous ai écrit, parmi bien des larmes, non pour que vous soyez attristés, mais pour que vous sachiez l'extrême affection que je vous porte. |
5 Que si quelqu'un a causé de la tristesse, ce n'est pas à moi qu'il en a causé ; c'est, dans une certaine mesure n'exagérons rien , à vous tous. |
6 C'est assez pour cet homme-là du châtiment infligé par la majorité, |
7 en sorte qu'il vaut mieux au contraire lui pardonner et l'encourager, de peur que cet homme-là ne vienne à sombrer dans une tristesse excessive. |
8 C'est pourquoi je vous exhorte à faire prévaloir envers lui la charité. |
9 Aussi bien, en écrivant, je ne me proposais que de vous mettre à l'épreuve et de voir si vous êtes en tous points obéissants. |
10 Mais à qui vous pardonnez, je pardonne aussi; car, si j'ai pardonné - pour autant que j'ai eu à pardonner - c'est à cause de vous, en présence du Christ. |
11 Il ne s'agit pas d'être dupes de Satan, car nous n'ignorons pas ses desseins. |
12 J'arrivai donc à Troas pour l'Évangile du Christ, et, bien qu'une porte me fût ouverte dans le Seigneur, |
13 mon esprit n'eut point de repos, parce que je ne trouvai pas Tite, mon frère. Je pris donc congé d'eux et partis pour la Macédoine. |
14 Grâces soient à Dieu qui, dans le Christ, nous emmène sans cesse dans son triomphe et qui, par nous, répand en tous lieux le parfum de sa connaissance. |
15 Car nous sommes bien, pour Dieu, la bonne odeur du Christ parmi ceux qui se sauvent et parmi ceux qui se perdent; |
16 pour les uns, une odeur qui de la mort conduit à la mort; pour les autres, une odeur qui de la vie conduit à la vie. Et de cela qui est capable? |
17 Nous ne sommes pas, en effet, comme la plupart, qui frelatent la parole de Dieu ; non, c'est en toute pureté, c'est en envoyés de Dieu que, devant Dieu, nous parlons dans le Christ. |
Imaginons que nous ayons appris qu’il se passe dans une Église quelque chose de semblable à ce que Paul découvre dans la communauté de Corinthe. Que ressentiriez-vous ? Peut-être ne peut-on plus les appeler chrétiens, et vaudrait-il mieux ne plus avoir aucun rapport avec eux ? Comme nous le voyons, Paul ne cachait pas son indignation ; pourtant, il écrit ses épîtres, parfois très sévères, « dans une grande affliction... et avec beaucoup de larmes », afin qu’ils connaissent son amour.
Par son péché, le pécheur a attristé non seulement Dieu et non seulement Paul, qui avait rassemblé cette communauté, mais toute l’Église de Corinthe (5). Paul craint toutefois que la peine imposée par la communauté n’entraîne un mal encore plus grand : tension dans les relations, éloignement, départ de l’Église. Afin que la personne repentante « ne soit pas accablée par une tristesse excessive », il faut lui pardonner et la consoler. Autrement, où serait notre pardon chrétien ? D’un autre côté, si nous « abaissons la barre » et ne faisons que consoler ceux qui pèchent, cela ne conduira-t-il pas à des conséquences encore plus terribles dans la communauté des croyants ? Comment ne tomber dans aucun des deux extrêmes : ni dans l’indulgence envers le péché présentée comme un pardon chrétien, ni dans la cruauté et l’orgueil présentés comme rigueur et intransigeance envers le mal ? Le verset 10 est très important, car il parle de pardonner « au nom » de quelqu’un. Bien plus, Paul parle de pardonner au pécheur « au nom du Christ », au nom de toute l’Église.
À la fin du passage, Paul compare la marche de l’armée du Christ au retour à Rome d’une armée conduite par un général victorieux. Sur son passage, on brûlait des substances aromatiques, et les ennemis capturés, auxquels les puissances des ténèbres sont vraisemblablement comparées, étaient exécutés. N’oublions pas Qui est au centre de cette procession et à Qui sont destinés les parfums.
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