3 Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? |
4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. |
5 Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; |
6 comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l’impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d’être asservis au péché. |
7 Car celui qui est mort est affranchi du péché. |
8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, |
9 sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n’exerce plus de pouvoir sur lui. |
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes ; mais sa vie est une vie à Dieu. |
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. |
1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. |
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. |
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige. |
4 À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts. |
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. |
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, |
7 et vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » Voilà, je vous l’ai dit. » |
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
« Il arrive qu’une personne meure après une longue et douloureuse maladie ; son cercueil est placé dans l’église et, en le regardant, nous sommes saisis d’un tel sentiment de paix et de joie : les jours de tourment sont passés, la souffrance est passée, l’effroi devant la mort est passé, de même que l’éloignement progressif des proches, lorsque, heure après heure, la personne sent qu’elle s’en va et que ceux qu’elle aime restent derrière elle sur la terre. <...> Il arrive que nous nous tenions au chevet d’une personne qui vient de mourir, et l’on sent dans la chambre comme si une paix qui n’est déjà plus terrestre y régnait — la paix éternelle, cette paix dont le Christ a dit qu’Il nous laisse Sa paix, une paix que la terre ne donne pas... Ainsi nous nous tenons auprès du tombeau du Seigneur. Les terribles jours et les heures de la Passion sont passés ; le Christ repose maintenant dans la chair par laquelle Il a souffert ; par Son âme rayonnante de la gloire de la Divinité, Il est descendu aux enfers et en a dissipé les ténèbres, mettant fin à ce terrible abandon de Dieu que représentait la mort avant Sa descente en ses profondeurs. Nous nous trouvons véritablement dans le silence du samedi très béni, lorsque le Seigneur S’est reposé de Ses œuvres. <...> Voilà pourquoi la liturgie de ce Grand Samedi est si silencieuse... » (métropolite Antoine de Souroge)
3 Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? |
4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. |
5 Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; |
6 comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l’impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d’être asservis au péché. |
7 Car celui qui est mort est affranchi du péché. |
8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, |
9 sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n’exerce plus de pouvoir sur lui. |
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes ; mais sa vie est une vie à Dieu. |
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. |
Le jour le plus terrible et le plus vide est le Grand Samedi, lorsque le Sauveur du monde repose au tombeau et que notre maison nous est laissée vide. Mais voici ce que dit en ce jour notre office: «Le grand Moïse a mystérieusement préfiguré le jour présent en disant: "Et Dieu bénit le septième jour"; car c'est le Samedi béni, c'est le jour du repos, où le Fils unique de Dieu s'est reposé de toutes ses œuvres, gardant le sabbat dans la chair par l'économie de sa mort; et, revenu de nouveau à l'existence par la Résurrection, il nous a accordé la vie éternelle, lui le seul Bon et Ami des hommes».
«Que toute chair humaine fasse silence, qu'elle se tienne avec crainte et tremblement, sans rien méditer de terrestre; car le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs vient pour être immolé et se donner en nourriture aux fidèles. Devant lui avancent les chœurs des anges avec toutes les principautés et les puissances, les chérubins aux yeux nombreux et les séraphins aux six ailes, se couvrant le visage et chantant le cantique: Alléluia, Alléluia, Alléluia».
3 Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? |
4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. |
5 Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; |
6 comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l’impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d’être asservis au péché. |
7 Car celui qui est mort est affranchi du péché. |
8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, |
9 sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n’exerce plus de pouvoir sur lui. |
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes ; mais sa vie est une vie à Dieu. |
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. |
Le Samedi saint est le seul jour de l’année pour lequel il n’y a aucun office à l’église. Comme nous nous en souvenons, le sacrement de l’Eucharistie n’a pas été célébré hier, mais il y a eu l’office de la Passion du Seigneur. Aujourd’hui, il n’y a tout simplement aucun office. Le tabernacle est ouvert. Dieu est mort ; Il n’y est pas. Le Samedi saint est un jour de silence.
Mais le soir commencera la liturgie pascale. Toutes les lectures indiquées pour aujourd’hui sont déjà des lectures de Pâques. Le Samedi saint est ce temps mystérieux où s’accomplit la victoire sur la mort, le moment du passage de la mort à la vie. Comme le dit une ancienne homélie pour le Samedi saint : « Un grand silence couvre la terre, un grand silence et un grand vide. Grand silence, car le Roi s’est endormi. La terre a eu peur et s’est tue, car Dieu s’est endormi dans un corps humain afin de réveiller ceux qui dormaient depuis les siècles. Dieu est mort dans Son corps et a détruit les enfers. Le sommeil de Ma mort te fait sortir du sommeil des enfers. Lève-toi, partons d’ici ! Autrefois Satan t’a fait sortir de la terre du paradis ; aujourd’hui, Je ne te fais pas entrer au paradis, mais Je te conduis jusqu’au trône céleste. Tu n’as pas accès à l’arbre de vie, mais Moi, la Vie même, Je Me donne à toi »... En mourant avec le Christ, nous recevons Sa vie.
3 Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? |
Parlant de la vie spirituelle des chrétiens, Paul dit : nous tous qui avons été lavés (« baptisés ») en Jésus-Christ, nous avons été lavés dans Sa mort. Que veut-il dire ? Si le christianisme n'était qu'une nouvelle religion, il ne serait pas difficile de comprendre les paroles de l'apôtre : car dans l'histoire de nombreux mouvements, y compris religieux, il est arrivé que la mort du fondateur donne au mouvement pour lequel il avait donné sa vie une impulsion puissante, suivie d'une croissance explosive. Mais le christianisme n'est pas une nouvelle religion : il est une vie nouvelle, la vie dans ce Royaume que le Sauveur a apporté au monde. Et en entrant dans l'Église, nous sommes lavés non seulement par l'eau, mais aussi par le souffle de ce Royaume, par le souffle de cet amour de Dieu sans lequel il ne peut être question d'aucune vie nouvelle.
Comment donc la mort du Sauveur sur la croix est-elle liée au lavage qui nous introduit dans la vie nouvelle ? La réponse la plus simple est celle-ci : Jésus a accepté la mort volontairement afin que le Royaume entre dans le monde jusqu'au bout et en plénitude. S'Il avait renoncé à Sa mission, s'Il ne l'avait pas menée jusqu'au bout, ce qui était en principe possible, car Jésus, pendant Son ministère terrestre, était aussi libre que chacun de nous, et libre encore infiniment davantage, puisque le péché n'a pas de pouvoir sur Lui, le Royaume n'aurait pas été dans notre monde, il ne se serait jamais approché de nous. Son chemin terrestre, qu'Il a parcouru jusqu'au bout, jusqu'à la croix, est cette porte qui nous ouvre le Royaume.
Mais il y a autre chose : notre propre vie dans le Royaume. La vie que nous partageons avec Lui et avec Son Père céleste, qui par Lui est aussi le nôtre, si nous sommes réellement chrétiens. Et cette vie, tout comme la vie du Christ Lui-même, doit appartenir entièrement au Royaume. Alors il nous faudra inévitablement devenir étrangers aux forces de ce mal dans lequel, selon la parole de l'Évangile, le monde gît. À la limite, la vie du Royaume est la mort de ce mal dans lequel le monde gît. Et pour le monde, cela signifie la mort de celui qui vit de la vie du Royaume. La mort, parce que le monde qui gît dans le mal suit le mal dans lequel il gît. Et il cherche à tuer, à détruire les porteurs du Royaume. De même qu'il a cherché à détruire le Messie qui a apporté le Royaume au monde.
5 Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; |
6 comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l’impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d’être asservis au péché. |
Paul nous dit : l'action de la grâce de Dieu est particulièrement visible sur le fond du péché humain. Alors quoi, faut-il mettre en évidence en soi sa pécheresse le plus possible, laisser le péché se manifester dans toute sa plénitude afin que l'action de la grâce augmente aussi ? Bien sûr que non. L'apôtre comprend parfaitement que ce n'est pas le chemin. Le chemin chrétien est autre, et il est lié à la dynamique de la vie spirituelle de l'homme qui naît lorsque la puissance de Dieu et l'amour de Dieu rencontrent le péché humain.
Le péché et la grâce de Dieu sont incompatibles. Mais jusqu'à la transformation complète, jusqu'au changement qualitatif complet de la nature humaine, ils coexisteront inévitablement dans une seule et même personne. Pourtant ils ne peuvent s'unir, pas plus qu'ils ne peuvent coexister dans un seul et même espace spirituel. Là où est le Royaume, là où est la grâce, là où sont la puissance de Dieu et l'amour de Dieu, il n'y a pas de place pour le péché ; et là où est le péché, il n'y a pas de place pour Dieu.
Même aux temps préchrétiens, le chemin de la justice était une vie en présence de Dieu malgré sa propre pécheresse. Mais alors la présence de Dieu n'avait pas encore été manifestée au monde dans cette plénitude ne laissant aucune place au péché, propre au Royaume. Maintenant, la justice du Royaume et le péché sont absolument incompatibles. C'est l'un ou l'autre. Jésus devait inévitablement mourir parce que le monde, dans son état présent, ne peut contenir le Royaume qu'il a apporté dans toute sa plénitude. Et l'existence du péché dans le monde est devenue pour lui la mort précisément parce que sa vie et le péché sont incompatibles. Mais on peut en dire autant de tout chrétien, pourvu qu'il soit vraiment chrétien, et donc habitant du Royaume. Quiconque reçoit le baptême consent à un tel chemin et à une telle vie.
Ce n'est pas par hasard que l'apôtre dit que, baptisé, le chrétien dans ce monde s'unit au Christ « par la ressemblance de sa mort » : car la vie du Royaume, jusqu'à la transformation complète du monde, restera encore étrangère à ce monde, et le chrétien ne peut donc vivre dans ce monde qu'en mourant, en mourant au monde qui gît dans le mal, en renonçant de plus en plus à sa vie. Et, corrélativement, en participant de plus en plus à une autre vie, la vie de ce Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. La vie du Royaume doit chasser chez le chrétien la vie du monde déchu. L'une doit, dans le processus de son existence propre, remplacer l'autre. Pour ce monde, un tel remplacement signifie la mort : le monde cesse de voir les personnes transfigurées ; elles disparaissent de lui et cessent d'exister pour lui. Ce n'est pas étonnant : pour le monde déchu, le Christ aussi a cessé d'exister aussitôt après sa mort sur la Croix. Le monde déchu ne croit pas en sa résurrection ; pour lui, la résurrection n'existe pas. Telle est aussi la vie de chaque chrétien, disparaissant de plus en plus pour ce monde et se manifestant toujours plus pleinement et plus clairement dans le Royaume.
8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, |
Selon la pensée de l'apôtre Paul, notre union avec le Christ ne se produit pas dans la vie, mais dans la mort. Car ce que nous appelons vie est, du point de vue de Dieu, une entrée dans la mort. Et le Christ, qui par Sa nature divine n'a pas part à la mort, entre volontairement dans notre mourir pour nous rencontrer "sur notre territoire".
C'est un abaissement du Fils de Dieu absolument inimaginable pour nous, la "kénose" en grec, un immense chemin parcouru de Dieu jusqu'à nous. Mais pour la rencontre, notre mouvement en sens inverse est également nécessaire. Il se produit lorsque nous faisons un tout petit pas, en acceptant que le Christ ne soit pas mort sans raison, mais par amour pour nous et pour nous, que dans notre baptême nous vivons Sa mort comme un fait de notre biographie personnelle, qui change radicalement la direction de notre mouvement, parce que le mourir prend fin là. Ainsi rencontrés avec le Christ dans la mort, nous ne sommes plus séparés de Lui dans la résurrection.
Le mot très juste ici est "nous croyons" : ce n'est pas une connaissance scientifique, mais la confiance en Dieu, l'espérance en Sa force d'amour qui nous sauve.
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. |
Un mort est celui qui ne répond pas lorsqu'on s'adresse à lui. Mais chacune de nos réponses est un acte derrière lequel se tient la volonté humaine. C'est sur cette idée que s'appuie l'apôtre Paul en nous proposant cette manière de vivre. « Il est impossible qu'il n'arrive pas de scandales », a dit un jour le Seigneur. Nous vivons dans des conditions telles que les pensées pécheresses, les tentations, les désirs toucheront nécessairement notre cœur. Mais on peut ne pas leur répondre, comme un mort ne répond à rien.
Il est remarquablement important, en même temps, de ne pas oublier la seconde moitié de la phrase de l'apôtre : « regardez-vous comme... vivants pour Dieu ». Car si, en ne répondant pas au péché, tu restes néanmoins ouvert à la communion avec Dieu, les impulsions pécheresses ne parviendront pas jusqu'à ta conscience, parce que tu n'auras pas le temps d'y penser. Au fond, toute l'ascèse chrétienne, c'est-à-dire la tactique et la stratégie de résistance au péché, se construit précisément sur cette opposition simple.
1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. |
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. |
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige. |
4 À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts. |
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. |
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, |
7 et vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » Voilà, je vous l’ai dit. » |
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
Les quatre évangélistes commencent leurs récits de la Résurrection par le témoignage du tombeau vide. Le tombeau vide doit à la fois préparer les femmes qui ont apporté les aromates à comprendre la victoire du Christ et en exprimer l'essence même: le tombeau est vide, et il n'y a plus de mort.
Comme, pour les anges, la Résurrection de Jésus paraît beaucoup plus naturelle que sa mort, ils disent aux femmes étonnées: « Il est vivant, il est la vie même. Pourquoi cherchez-vous la source de la vie dans un tombeau sombre? Il ne pouvait pas vous quitter longtemps: vous le rencontrerez bientôt ».
Et elles le rencontrent réellement. Il continue d'estimer leur liberté: on peut en effet douter, ou l'on peut croire, précisément croire même en le voyant face à face, prendre part à l'accomplissement par lui de la volonté du Père, le salut du monde, et entendre les dernières paroles de l'Évangile selon Matthieu, qui sont déjà en elles-mêmes la Bonne Nouvelle.
1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. |
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. |
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige. |
4 À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts. |
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. |
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, |
7 et vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » Voilà, je vous l’ai dit. » |
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
Le trait principal de la Résurrection fut sans doute son caractère inattendu, absolument pour tous, pour les amis comme pour les ennemis du Ressuscité. Les femmes allèrent au tombeau afin d’achever le rite funéraire inachevé ; la rencontre avec Jésus ressuscité fut pour elles une surprise totale. Quant aux apôtres, même après avoir entendu parler de la Résurrection, ils ne crurent pas : à ce qu’on voit, ils décidèrent que les femmes avaient simplement eu une apparition dans l’obscurité.
Une question naturelle se pose : pourquoi ? Pour les ennemis du Ressuscité, tout est clair : Sa Résurrection fut sans doute la conclusion la plus cauchemardesque possible de cette histoire. Mais à la lecture des récits évangéliques de la Résurrection, on commence parfois à penser que, aussi paradoxal que cela paraisse, même aux disciples de Jésus Sa Résurrection parut étrange et même superflue. Ils refusent de croire ; il leur semble que tous les récits de la Résurrection ne font que troubler les gens. Certes, ils n’attendaient réellement rien de tel. Mais il y avait peut-être autre chose : les disciples de Jésus ne pouvaient pas encore se détacher de leurs représentations traditionnelles et très humaines du Messie et du messianisme.
Après la terrible nuit de Gethsémani, ils ne comprirent qu’une chose : tout était perdu, Il n’était pas Celui pour qui ils L’avaient pris, il n’y aurait pas de guerre messianique, il fallait se séparer du rêve. Et en même temps, il restait la mémoire sacrée du Maître, qu’on ne pouvait déjà plus oublier, avec qui, malgré l’échec, tant de choses étaient liées qu’il était impossible de renier Son souvenir. C’est là aussi une vision du monde tout à fait constituée, même tragique, que l’on peut porter toute sa vie et avec laquelle on peut vivre cette vie. Et soudain il apparaît que tout n’est pas encore fini, qu’après le cauchemar et l’horreur des jours pascals vécus, cela n’a pas suffi, que l’histoire n’est pas encore terminée ; on dit qu’on L’a de nouveau vu vivant ! Quoi encore ? Qu’est-ce donc cette fois ? Quelles nouvelles espérances donnera-t-Il pour les détruire ensuite ? Ou bien n’est-ce pas Lui du tout ? Peut-être les femmes sont-elles simplement devenues folles de chagrin ? Il ne manquerait plus que des exaltées insensées ternissent la mémoire du Maître !
Il n’est pas étonnant que Jésus doive, après Sa Résurrection, convaincre à plusieurs reprises Ses disciples qu’Il est bien Lui, qu’Il est réellement vivant, que le plus terrible est vraiment passé, et que devant eux s’ouvre toute une vie avec Lui dans Son Royaume. Et que c’est seulement là, dans le Royaume qui « s’est approché », que l’histoire s’achèvera. Et que commencera la vie. La vie dans toute sa plénitude.
1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. |
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. |
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige. |
4 À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts. |
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. |
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, |
7 et vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » Voilà, je vous l’ai dit. » |
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
L'ange qui annonça la Résurrection s'adresse aux femmes venues au tombeau, mais non aux gardes qui se trouvent tout près. Sans doute parce qu'il ne convient pas d'imposer une connaissance factuelle à ceux qui ne sont pas encore prêts à l'assimiler. Car accueillir le message évangélique ne signifie pas apprendre par coeur le contenu d'un texte; cela signifie commencer une vie nouvelle. Les gardes sont donc libres de décider comment ils doivent se rapporter au miracle survenu. L'ange s'adresse en revanche à ceux qui ont accueilli Jésus et qui L'aiment; c'est à eux que l'ange confie d'annoncer aux disciples la nouvelle de la Résurrection.
Sur la route vers les apôtres, elles rencontrèrent le Ressuscité Lui-même. Eh bien, la rencontre avec Lui peut justement se produire lorsque, accomplissant notre devoir, nous allons vers nos frères. Et comme le témoignage de Matthieu sur la fidélité de ces femmes est important!
Le comportement des grands prêtres peut paraître étrange. Sont-ils donc aveuglés à ce point qu'ils sont incapables d'accueillir cette apparition miraculeuse comme un témoignage que Jésus est réellement le Fils de Dieu?
Oui, précisément à ce point. Le niveau d'enseignement qu'ils ont assimilé est pour eux la plénitude de la vérité, et ce qui sort de cadres rigides leur est difficile à percevoir. Quant à reconnaître qu'ils se sont trompés, qu'ils ont envoyé à la mort un innocent, l'orgueil et les «considérations politiques» les en empêchent. La Vérité ne leur est pas nécessaire. Mais Elle est néanmoins ressuscitée.
1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. |
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. |
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige. |
4 À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts. |
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. |
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, |
7 et vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » Voilà, je vous l’ai dit. » |
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
Déjà pendant Son ministère terrestre, Jésus a dit qu'Il était venu apporter non pas la paix, mais l'épée, entendant par là la division que provoquerait Son témoignage au Royaume. Il en fut ainsi avant Sa résurrection, et la séparation entre ceux qui acceptent et ceux qui rejettent devint encore plus visible après cet événement. Il semblerait que tenter de passer sous silence un événement aussi important, même pour les non-croyants, soit d'emblée voué à l'échec ; pourtant, on tente de le faire dès le commencement, dès le premier jour où le Ressuscité apparut à ceux qui n'espéraient déjà plus Le voir vivant.
Par la suite, ceux qui niaient le christianisme n'ont presque jamais essayé d'expliquer ce que les apôtres et les autres témoins avaient vu et attesté ; toute leur argumentation se ramenait généralement à dire que tous les témoignages étaient une tromperie, volontaire ou involontaire (dans le second cas, on parle d'ordinaire de l'erreur sincère de témoins ayant pris leurs hallucinations ou le fruit de leur imagination échauffée pour la réalité).
Pourquoi donc, au cours des siècles et des millénaires de l'histoire chrétienne, les adversaires du christianisme n'ont-ils inventé aucune autre explication plus convaincante ? Chacun devrait pourtant comprendre qu'un mouvement fondé sur la tromperie, ou même sur une erreur sincère, ne peut pas exister pendant des millénaires ! La réponse à cette question est plus simple qu'on ne pourrait le penser, et elle se trouve dans l'Évangile même.
Même au temps du ministère terrestre du Sauveur, beaucoup accueillaient Ses paroles avec hostilité non parce que ceux qui les niaient avaient des arguments logiques ou d'un autre genre, mais parce que le Royaume et Celui qui l'avait apporté dans le monde leur étaient inacceptables par principe, en tout cas tels qu'ils se présentaient devant eux. Accueillir le Royaume dont le Christ témoigne, et ses lois, signifie pour chacun cesser d'être ce qu'il est, changer radicalement, et donc se séparer de son ancien moi, même si celui qui l'accueille se plaît parfois à lui-même. Si l'homme ne le veut pas et n'y est pas prêt, il dit au Christ et au Royaume un « non » qui, pour lui-même, n'a déjà plus besoin d'explication.
Et pour l'entourage, le plus simple est d'expliquer son refus en déclarant toute l'histoire mensonge, erreur, invention des adeptes, en un mot, quelque chose qui exclurait d'avance toute discussion ultérieure. Il en fut ainsi au jour de la résurrection du Sauveur, il en fut ainsi des siècles plus tard, et la situation reste la même aujourd'hui. Bien sûr, chacun a le droit de faire son propre choix quand il s'agit de son salut. L'essentiel est de ne pas se tromper soi-même sur les motifs de ce choix. Ni les autres non plus.
1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. |
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. |
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige. |
4 À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts. |
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. |
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, |
7 et vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » Voilà, je vous l’ai dit. » |
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
Comparé aux autres évangiles, le récit de la Résurrection dans l’Évangile selon Matthieu est assez bref, et l’élément le plus remarquable de la description de l’évangéliste est qu’ici encore il parle du mensonge dont on tenta d’entourer Jésus même après Sa résurrection (v. 11–15). L’épisode de la corruption des gardes ne se trouve que chez Matthieu ; les autres évangélistes ne mentionnent pas ce fait. Chez Matthieu, il se trouve au centre du récit et s’oppose à un autre épisode qui décrit l’apparition des anges aux femmes venues au tombeau (v. 1–8). Les deux épisodes sont séparés par une brève insertion sur la rencontre avec le Ressuscité (v. 9–10), et le récit de la Résurrection s’achève par un bref épilogue (v. 16–20).
Cette structure du passage souligne encore plus nettement l’opposition des deux épisodes, qui constitue le fondement de l’intrigue du récit de la Résurrection dans l’Évangile selon Matthieu. Ce n’est évidemment pas un hasard : l’évangéliste attire de nouveau l’attention de ses lecteurs sur l’affrontement entre le Royaume et ceux qui le rejettent. Et cet affrontement, semble-t-il, ne s’est pas arrêté même après la résurrection de Jésus. On pourrait croire la victoire remportée et une nouvelle époque commencée, celle du Royaume qui approche. Mais ceux qui rejettent le Royaume semblent ne pas remarquer le changement. Il est d’ailleurs fort probable qu’ils ne le remarquent réellement pas, car on ne peut voir le Royaume que lorsqu’on le veut.
Il ne s’agit pas ici d’un jeu de l’imagination, mais du fait qu’on ne peut voir le Royaume sans accueillir Celui qui l’a apporté dans le monde, et il faut vouloir L’accueillir. Il en était de même pendant le ministère terrestre du Sauveur : Il n’imposait à personne ni Sa personne, ni Sa messianité, ni le Royaume. Il ne Se révélait et n’ouvrait le chemin du Royaume qu’à ceux qui le voulaient. Aujourd’hui, rien n’a changé : le chemin est ouvert à chacun, mais imposé à personne. C’est pourquoi ceux qui ne veulent pas du Royaume ne le voient pas. En Jésus, ils ne voient ni le Messie-Christ ni le Fils de Dieu, mais, au mieux, un maître de morale et, au pire, un imposteur qui Se faisait passer pour le Messie. Cette dernière manière de voir, bien que plus offensante, est au moins plus honnête : Jésus Lui-même n’a jamais essayé de Se faire passer pour un quelconque maître de morale. Il parlait de telle manière qu’on pouvait soit L’accueillir tel qu’Il est, soit Le rejeter avec indignation, comme beaucoup de pharisiens Le rejetèrent.
Le compromis du « maître de morale » ne tiendra pas : tôt ou tard, chaque lecteur de l’Évangile devra tout de même choisir l’une des deux explications proposées par l’évangéliste. Ce choix se présentait à tous ceux qui rencontraient Jésus pendant Son ministère terrestre, et il demeure le même aujourd’hui.
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. |
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige. |
4 À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts. |
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : « Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. |
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, |
7 et vite allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. » Voilà, je vous l’ai dit. » |
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
Un Vendredi saint, un Vendredi saint qui n'est pas loin de nous mais plus proche que jamais, même si nous n'étions pas encore de ce monde, le métropolite Antoine de Souroge prononçait en chaire ces paroles : « <...> La Mère se tenait près de la Croix ; Son Fils, trahi, outragé, rejeté, battu, déchiré, torturé, mourait sur la Croix. Et Elle mourait avec Lui… Beaucoup, sans doute, regardaient le Christ ; beaucoup, sans doute, eurent honte et peur et ne regardèrent pas Sa Mère en face. Et voici que nous nous tournons vers Elle en disant : Mère, je suis coupable — parmi d'autres, certes — de la mort de Ton Fils ; je suis coupable : intercède pour moi. Sauve-nous par Ta prière, par Ta protection, car si Tu pardonnes, personne ne nous condamnera ni ne nous perdra… Mais si Tu ne pardonnes pas, Ta parole sera plus forte que toute parole prononcée pour notre défense… <...> Tenons-nous donc devant le jugement de notre conscience, éveillée par Sa douleur, et apportons un cœur repentant et contrit ; adressons au Christ la prière de nous donner la force de nous réveiller, de reprendre nos esprits, de revivre, de devenir humains, de rendre notre vie profonde, vaste, capable d'accueillir l'amour et la présence du Seigneur. Et avec cet amour, allons dans la vie pour créer la vie, pour façonner et bâtir un monde profond et spacieux, qui serait comme un vêtement enveloppant la présence du Seigneur, qui rayonnerait de toute la lumière et de toute la joie du paradis. C'est notre vocation ; c'est ce que nous devons accomplir en nous brisant nous-mêmes, en nous donnant, en mourant s'il le faut — et il le faut ! —, car aimer, c'est mourir à soi-même, c'est ne plus s'estimer soi-même, mais estimer l'autre, qu'il soit Dieu ou un être humain ; c'est vivre pour l'autre en laissant de côté le souci de soi. Mourons autant que nous le pouvons, mettons toutes nos forces à mourir pour vivre d'amour et vivre pour Dieu et pour les autres. » Ce vendredi où le métropolite prononçait ces paroles nous est si proche, comme tous les Vendredis saints passés et à venir. « Je suis coupable. » Je n'étais pas encore de ce monde, mais je suis coupable. On ne peut voir dans ce jour une commémoration symbolique d'événements survenus autrefois. Non. Car le Corps et le Sang auxquels nous communions ne sont pas un symbole, mais le Corps Lui-même et le Sang Lui-même. Me voici, et je suis coupable ici et maintenant. Il est effrayant de voir des gens commencer à se souhaiter de joyeuses Pâques à l'avance — cela arrive vraiment, et souvent ! Aujourd'hui, je ne sais rien de Pâques ; je sais seulement une chose : femme ou homme, je suis coupable, car Il est mort, et je n'ai rien fait pour l'empêcher.
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
Regardons les femmes qui vinrent au tombeau pour embaumer le corps de Jésus. Comme il est écrit au début du chapitre 28 de l’Évangile selon Matthieu, il se produisit « un grand tremblement de terre », et les deux Marie, les femmes myrophores, virent un ange du Seigneur qui leur annonça la Résurrection du Seigneur. Il me semble évident qu’elles furent effrayées. Pourtant, l’Évangéliste parle encore de la crainte et du tremblement qui saisissent le cœur des myrophores, nous aidant à voir ce qu’elles éprouvent (voir Mt 28:8). Les femmes sont effrayées par le tremblement de terre, puis par le messager de Dieu. Mais que leur dit-il ? Il exprime l’attente de leurs cœurs affligés et permet à la pousse de l’espérance de parvenir à la lumière, de devenir une joie manifeste et une certitude. Leur joie est déjà grande, et elles courent la partager avec les disciples. Et ensuite ? Celui qui est Lui-même cette Joie désire ardemment les en combler ! Il vient à leur rencontre, heureux qu’elles aient cru à la merveilleuse nouvelle de Sa Résurrection, et leur adresse ces paroles que l’on entend si souvent de la bouche de Dieu : « N’ayez pas peur. » La place qu’occupait la peur dans leur cœur est alors submergée d’allégresse. Ce passage nous aide à discerner l’un des chemins qui permettent de « recevoir la joie parfaite » : comme les myrophores, nous devons venir au Seigneur et croire en Lui et en Sa Résurrection. Alors Il viendra nous apaiser par ces mots : « N’aie pas peur », et nous aidera à ouvrir tout notre cœur à Sa joie.
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. |
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : « Je vous salue », dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. |
10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. » |
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. |
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, |
13 avec cette consigne : « Vous direz ceci : « Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. » |
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. » |
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour. |
En apprenant la nouvelle de la Résurrection, les femmes se réjouirent — mais elles eurent aussi peur. Le mot « peur » comporte de nombreuses nuances. Bien sûr, ce que ressentent les femmes myrrhophores peut être appelé une sainte crainte. Mais Jésus, qui voit les cœurs, leur dit : « Ne craignez pas. » Il y avait donc dans leur peur quelque chose qui empoisonnait leur joie. Il me semble que c’était de la méfiance, une infime, toute petite nuance de méfiance, qui disparaît lorsque Jésus dit : « Ne craignez pas. » La méfiance n’est pas l’incrédulité ; elle est précisément l’incertitude quant à ce que cette situation signifie pour moi et à la manière dont je dois y agir. Les femmes myrrhophores savaient l’essentiel : il fallait aller trouver les disciples et leur raconter. Elles y vont et elles se réjouissent. Pourtant, quelque chose demeure encore qui les gêne. Pour Jésus, il était apparemment très important que leur joie soit véritablement parfaite, sans être assombrie par la peur. Le plus remarquable est la manière dont elles sont guéries de la peur. Rien n’était demandé aux femmes. Il a simplement dit : « Ne craignez pas », et la peur s’en est allée, elle a fondu.
16 Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. |
17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent ; d’aucuns cependant doutèrent. |
18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. |
19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, |
20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge. » |
Matthieu ne raconte pas en détail les rencontres du Ressuscité avec les apôtres, mais il expose brièvement l’essentiel de leur communion.
Le fait que le Christ ait rassemblé les apôtres sur une montagne rappelle le Sermon sur la montagne, la montée sur le mont de la Transfiguration et bien d’autres montagnes où le Seigneur a proclamé Sa volonté. Matthieu ne cache pas que tous ceux qui virent le Maître ne crurent pas immédiatement que c’était bien Lui. Mais le Christ ne rejeta aucun des disciples. Il S’approcha d’eux, et ce rapprochement n’est pas seulement physique : Il Se rend proche du cœur de ceux qui L’ont accueilli.
À présent, Il révèle clairement aux disciples Sa nature divine, car nul autre que Dieu ne possède la plénitude du pouvoir au ciel et sur la terre. C’est précisément pourquoi l’heure est venue de porter l’enseignement au-delà du peuple juif et de l’annoncer au monde entier.
L’appel à baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit est un témoignage clair de la Trinité de Dieu. Il est étrange d’entendre les jugements de ceux qui assurent que la Sainte Écriture ne fait aucune mention de la Trinité.
Enfin, le Christ a attesté qu’Il est avec nous jusqu’à la fin du monde. Remarquons qu’Il n’a pas dit : « Je serai avec vous. » Ce qu’Il a dit aux apôtres, Il nous le dit aussi, ici et maintenant.
1 Que dire alors ? Qu’il nous faut rester dans le péché, pour que la grâce se multiplie ? Certes non ! |
2 Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui ? |
3 Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? |
4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. |
5 Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; |
6 comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l’impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d’être asservis au péché. |
7 Car celui qui est mort est affranchi du péché. |
8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, |
9 sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n’exerce plus de pouvoir sur lui. |
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes ; mais sa vie est une vie à Dieu. |
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. |
12 Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises. |
13 Ne faites plus de vos membres des armes d’injustice au service du péché ; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu. |
14 Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce. |
Nous comparons souvent notre propre baptême et notre conversion à Dieu au commencement d'une vie nouvelle. L'apôtre Paul nous dit qu'en réalité, en devenant ceux du Christ, nous acceptons d'abord la mort, et c'est précisément en elle que nous sommes unis au Christ. Il nous dit que notre consentement à entrer dans Sa grâce est avant tout notre consentement à partager la souffrance du Christ dans ce monde, à prendre sur nous ne serait-ce que la plus petite part de Ses blessures. C'est avant tout de cette ressemblance que parle Paul.
Car sans prendre congé du péché, de ce « vieil homme » qui est en nous, nous ne pourrons pas revivre avec le Christ pour la vie éternelle. L'ensevelissement dont parle l'apôtre est avant tout la mort de nos passions et de notre amour-propre : notre désir de faire à notre manière quoi qu'il arrive, notre haine ou simplement notre indifférence envers notre prochain. Nous devons nous séparer de tout cela pour ressusciter, renouvelés par Sa grâce et Son pardon, afin que ce ne soit plus notre péché qui vive en nous, mais le Christ.
1 Que dire alors ? Qu’il nous faut rester dans le péché, pour que la grâce se multiplie ? Certes non ! |
2 Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui ? |
3 Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? |
4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. |
5 Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; |
6 comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l’impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d’être asservis au péché. |
7 Car celui qui est mort est affranchi du péché. |
8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, |
9 sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n’exerce plus de pouvoir sur lui. |
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes ; mais sa vie est une vie à Dieu. |
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. |
12 Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises. |
13 Ne faites plus de vos membres des armes d’injustice au service du péché ; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu. |
14 Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce. |
Poursuivant ses réflexions sur le Royaume et la justice, l’apôtre pose une question rhétorique : si l’action de la grâce de Dieu devient particulièrement visible sur le fond du péché où demeure l’humanité déchue, cela signifie-t-il que même les péchés commis par les chrétiens sont utiles à Dieu (v. 1) ? Si l’histoire de la Torah et du Royaume est telle que le Royaume entre dans le monde lorsque le monde manifeste pleinement son péché, peut-être la biographie spirituelle d’une personne particulière ou d’une communauté chrétienne particulière doit-elle aussi comprendre, pour ainsi dire, une étape de « mise en évidence du péché », afin de laisser place à l’action de la grâce de Dieu ? Mais Paul rejette aussitôt cette possibilité, en indiquant que maintenant que le Royaume est entré dans le monde, la situation est devenue autre, et qu’il ne vaut pas la peine de reproduire l’histoire du salut à l’exemple de sa propre vie. Il parle d’autres processus spirituels, inséparables de l’essentiel qui a commencé avec la venue de Jésus-Christ dans le monde. Il rappelle que le lavement (le baptême) par lequel est lavé chacun de ceux qui entrent dans l’Église, au nom de Jésus-Christ, n’est rien d’autre qu’une participation à la mort dont le Christ est mort sur la croix (v. 3).
Cela peut paraître quelque peu étrange, car la mort du Sauveur sur la croix n’était qu’une étape de Son chemin, qui s’achève pourtant non par la mort, mais par la résurrection. Mais les développements suivants de Paul éclairent ce qu’il voulait dire en parlant du « baptême dans la mort ». Il parle d’une ressemblance avec la mort sur la croix, qui unit le chrétien à Jésus dans Sa résurrection (v. 5). La logique de l’apôtre est simple : le péché ne tient l’homme captif que tant qu’il vit (v. 7). La mort le libère, de sorte que le péché n’a plus de pouvoir sur lui (v. 6). Mais la mort peut être soit un départ vers le shéol, comme elle le fut pour d’innombrables générations ayant vécu avant la venue du Sauveur dans le monde, soit un pas vers une vie nouvelle, la vie du Royaume, que les fidèles peuvent partager avec Jésus ressuscité (v. 8-9). Pour Paul, à ce qu’on voit, la vie et la mort ne sont pas des états de l’existence humaine qui se succèdent, mais des formes de relation avec Dieu, ayant des degrés différents de plénitude, depuis le Royaume, où la plénitude est absolue, jusqu’au shéol, où les relations elles-mêmes sont presque totalement absentes. Et la justice et le péché sont deux chemins : l’un mène à l’affermissement et à l’approfondissement de la relation avec Dieu, pour s’achever dans le Royaume ; l’autre mène à sa destruction, pour s’achever dans le shéol. Jésus a parcouru Son chemin terrestre, le chemin du juste qui a vaincu la mort (v. 10). Mais le Royaume n’est pas encore entré dans le monde dans toute sa plénitude, et le chrétien qui cherche le Royaume doit comprendre que chacun de ses péchés devient désormais un obstacle non seulement sur son propre chemin vers le Royaume, mais aussi sur le chemin du Royaume dans le monde (v. 11-13). Avant la venue du Messie, la question du péché humain était, en un certain sens, une question privée.
Certes, le péché a toujours séparé l’homme de Dieu. Mais auparavant, la question était seulement celle de la pureté ou de l’impureté, celle de savoir si l’homme était prêt ou non pour cette rencontre avec Dieu qui avait lieu auprès de l’autel. Désormais, la question du péché humain est devenue une question globale, la question du Royaume : l’homme entrera-t-il dans le Royaume ou non ? Et portera-t-il le Royaume dans le monde, ou restera-t-il à l’écart ? L’histoire de la Torah et de la justice s’est achevée avec la venue du Sauveur. L’histoire du Royaume conquérant le monde a commencé. Et, comme dans toute guerre, chaque pas ici peut être un pas qui mène à la mort. Ou un pas qui mène à la vie.
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