7 Qui donc en effet te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? |
Ces mots inestimables de l'apôtre contraignent à se ressaisir tout d’un coup, ils servent d’antidote contre l’exaltation et la condamnation des autres gens. Si seulement on pouvait se rappeler de cela toujours! Mon existence est en elle-même un don, et combien ai-je de beau en plus du fait de mon être! J'ai un cœur, la raison, les sentiments, la volonté, le corps, l'amour des parents et d'autres gens - pour rien! Juste parce que je suis qui je suis! J'ai la fidélité des amis et l'amour des animaux, j'ai des connaissances, la maison, les choses et beaucoup d’autre... J'ai le soleil et les étoiles, les nuages et les arbres, j'ai le ciel et la terre, j'ai Dieu! Tout ce que j’ai, - m’a été donné et tout a été créé par Dieu pour moi! En comparaison avec cela, se glorifier devant les autres, et surtout s’honorer, s’exalter et condamner - est tout simplement stupide. S’il faut vraiment se vanter - alors seulement Dieu, Qui m'a tout donné!
La compréhension du fait que tout ce que je possède, - m’a été donné, aide non seulement à ne pas s’exalter, mais libère (puisque lorsque je m'approprie de quelque chose – peu importe des qualités spirituelles ou un objet matériel, je ne suis plus libre : ce qui est approprié «se serre dans la main», et de ce fait je «perds mes mains», au dire du métropolite Antoine de Souroge), donne une véritable paix – et l’humilité est la source de gratitude envers celui-là, par qui j’ai tout reçu - Dieu et les gens.
7 Qui donc en effet te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? |
Ces paroles de l'apôtre nous obligent aussitôt à nous ressaisir; elles servent d'antidote à l'orgueil et au jugement des autres. Si seulement nous pouvions toujours nous en souvenir!
Mon existence même est un don, et combien de choses belles ai-je en plus du seul fait de vivre! J'ai un cœur, une intelligence, des sentiments, une volonté, un corps, l'amour de mes parents et d'autres personnes, pour rien! Simplement parce que je suis moi! J'ai la fidélité des amis et l'amour des animaux, j'ai des connaissances, une maison, des choses et beaucoup d'autres biens... J'ai le soleil et les étoiles, les nuages et les arbres, j'ai le ciel et la terre, j'ai Dieu! Tout ce que j'ai m'a été donné, et tout cela a été créé par Dieu pour moi!
Sur ce fond, se vanter devant les autres, et plus encore s'enorgueillir, se hausser au-dessus d'eux et les juger, est tout simplement stupide. S'il faut se vanter, que ce soit seulement de Dieu, qui m'a tout donné! Prendre conscience que tout ce que je possède a été reçu gratuitement aide non seulement à ne pas s'enorgueillir, mais libère réellement. Car lorsque j'essaie de m'approprier quelque chose, peu importe qu'il s'agisse de qualités spirituelles ou d'un objet matériel, je deviens non libre: ce qui est approprié est « serré dans la main », et par là même je « perds ma main », selon les paroles du métropolite Antoine de Sourozh. Vivre avec une telle conscience donne la vraie paix, l'humilité, et fait naître la gratitude envers ceux par qui j'ai reçu tout cela: envers Dieu et envers les hommes.
7 Qui donc en effet te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? |
L'apôtre Paul dit aujourd'hui que personne n'a le droit de s'attribuer les dons de Dieu. Y a-t-il en nous quelque chose de bon qui ne vienne pas de Dieu ? Par définition, non, car tout bien descend de Lui seul. Cela signifie que tous nos dons, capacités et talents sont Son don. On peut bien sûr se vanter d'un cadeau... mais quel sens y a-t-il à affirmer que ce n'est pas du tout un cadeau, mais « mon invention personnelle » ? En oubliant Celui qui donne tout bien, nous nous croyons en droit de ne pas tenir compte de Sa volonté. C'est précisément contre cela que l'apôtre Paul nous met en garde.
1 Qu’on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu. |
2 Or, ce qu’en fin de compte on demande à des intendants, c’est que chacun soit trouvé fidèle. |
3 Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas moi-même. |
4 Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n’en suis pas justifié pour autant ; mon juge, c’est le Seigneur. |
5 Ainsi donc, ne portez pas de jugement prématuré. Laissez venir le Seigneur ; c’est lui qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les desseins des cœurs. Et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient. |
6 En tout cela, frères, je me suis pris comme exemple avec Apollos à cause de vous, pour que vous appreniez, en nos personnes, à ne pas (le « ne pas » est écrit au-dessus du texte) vous enfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre. |
7 Qui donc en effet te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? |
8 Déjà, vous êtes rassasiés ! déjà vous vous êtes enrichis ! sans nous, vous êtes devenus rois ! Ah ! que ne l’êtes-vous donc, rois, pour que nous partagions, nous aussi, votre royauté ! |
9 Car Dieu, ce me semble, nous a, nous les apôtres, exhibés au dernier rang, comme des condamnés à mort ; oui, nous avons été livrés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. |
10 Nous sommes fous, nous, à cause du Christ, mais vous, vous êtes prudents dans le Christ ; nous sommes faibles, mais vous, vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, mais nous dans le mépris. |
11 Jusqu’à l’heure présente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errants ; |
12 nous nous épuisons à travailler de nos mains. On nous insulte et nous bénissons ; on nous persécute et nous l’endurons ; |
13 on nous calomnie et nous consolons. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, jusqu’à présent l’universel rebut. |
14 Ce n’est pas pour vous confondre que j’écris cela ; c’est pour vous avertir comme mes enfants bien-aimés. |
15 Auriez-vous en effet des milliers de pédagogues dans le Christ, que vous n’avez pas plusieurs pères ; car c’est moi qui, par l’Évangile, vous ai engendrés dans le Christ Jésus. |
16 Je vous en prie donc, montrez-vous mes imitateurs. |
17 C’est pour cela même que je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur ; il vous rappellera mes règles de conduite dans le Christ Jésus, telles que je les enseigne partout dans toutes les Églises. |
18 Dans la pensée que je ne viendrais pas chez vous, certains se sont gonflés d’orgueil. |
19 Mais je viendrai bientôt chez vous, s’il plaît au Seigneur, et je jugerai alors non des paroles de ces gonflés d’orgueil, mais de leur puissance ; |
20 car le Royaume de Dieu ne consiste pas en parole, mais en puissance. |
21 Que préférez-vous ? Que je vienne chez vous avec des verges, ou bien avec charité et en esprit de douceur ? |
Ce dont parle l’apôtre Paul est l’une des choses les plus difficiles et en même temps les plus nécessaires du christianisme. Du point de vue du monde, le chemin que le Seigneur Lui-même parcourt et auquel Il appelle Ses disciples est un chemin d’échec, un chemin d’humiliation. « Nous sommes devenus un spectacle pour le monde »—le texte grec emploie le mot θέατρον, théâtre, spectacle : ceux que l’on regarde avec dérision. Jésus, accueilli comme le Messie—frappé au fouet et crucifié sur le bois. Paul, le plus savant des Juifs—faible et toujours persécuté, constamment insulté par ses propres enfants. Pierre, chef de la nouvelle communauté religieuse—crucifié la tête en bas... Un tel chemin n’est-il pas folie ? La place du chrétien est dans cette compagnie. C’est difficile, parce que nous désirons tant les honneurs, la reconnaissance de nos mérites et, enfin, le bien-être. L’expérience de Paul est importante pour nous parce que, avec ses destinataires, nous pouvons voir Celui pour qui il accepte tout cela. Et alors, en réponse à notre consentement à devenir rebut et objet de risée pour le monde, nous entendrons les paroles du Créateur : « Tu comptes beaucoup à Mes yeux » (Is 43:4).
1 Qu’on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu. |
2 Or, ce qu’en fin de compte on demande à des intendants, c’est que chacun soit trouvé fidèle. |
3 Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas moi-même. |
4 Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n’en suis pas justifié pour autant ; mon juge, c’est le Seigneur. |
5 Ainsi donc, ne portez pas de jugement prématuré. Laissez venir le Seigneur ; c’est lui qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les desseins des cœurs. Et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient. |
6 En tout cela, frères, je me suis pris comme exemple avec Apollos à cause de vous, pour que vous appreniez, en nos personnes, à ne pas (le « ne pas » est écrit au-dessus du texte) vous enfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre. |
7 Qui donc en effet te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? |
Poursuivant son propos sur le service, Paul aborde un autre thème très important pour le serviteur et pour tout chercheur du Royaume : le jugement et l'évaluation de la personne comme de son activité. Les réflexions de l'apôtre font sans aucun doute écho aux paroles du Sauveur : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés » ; pour Paul, elles expriment l'un des principes les plus importants de la vie et des relations entre les personnes dans le Royaume. La clé de la compréhension que l'apôtre a du problème du jugement et de l'évaluation se trouve dans sa remarque : non seulement les appréciations d'autrui sur son activité lui importent peu, mais lui-même ne s'évalue en aucune manière (v. 3-4). Le jugement appartient à Dieu ; il aura lieu à la fin des temps. Il ne vaut donc pas la peine de devancer les événements par des évaluations hâtives (v. 5). Ce n'est qu'ainsi que l'on peut éviter l'exaltation mutuelle de soi (v. 6-7) et devenir des serviteurs et des témoins fidèles du Christ et du Royaume (v. 1-2).
Cette approche n'est pas fortuite si l'on se souvient que, dans le Royaume, chacun reçoit précisément sa propre récompense. Le Royaume suppose non pas le collectivisme, mais une vie communautaire. Le collectif est un phénomène purement humain ; c'est pourquoi les critères d'évaluation de chacun y seront inévitablement purement humains et donc universels. Il y a là une uniformisation inévitable, et une évaluation définitive de tout ce qu'a fait un membre du collectif, ainsi qu'un jugement sur la personne elle-même, deviennent tout à fait possibles : selon les mesures terrestres, la personne n'est, selon l'expression des sociologues, qu'un « produit du milieu » ; par elle-même, elle ne signifie rien, et tout ce qu'elle fait n'a de valeur que dans la mesure où c'est utile « à la société », plus exactement au collectif concret auquel elle appartient. Dans le Royaume, seul Dieu peut évaluer la personne elle-même et tout ce qu'elle a fait.
Bien sûr, dans la communauté aussi, les relations de la personne avec Dieu comme avec les proches sont d'une importance extrême ; mais ici la personne n'est pas dérivée de la communauté comme, dans notre monde encore non transfiguré, elle est souvent dérivée de la société, du collectif. Dès lors, il devient évident que ni la communauté dans son ensemble, ni aucun de ses membres pris séparément, ne peuvent ni ne doivent « juger » une personne, c'est-à-dire porter une évaluation définitive sur elle et sur son activité. Certes, si tel ou tel acte contredit la Torah et que celui qui l'a commis ne se repent de rien et ne regrette rien, la situation devient tout à fait univoque ; mais alors on peut dire du transgresseur qu'il attire lui-même sur lui le jugement de Dieu. Dans tous les autres cas, il vaut mieux s'abstenir d'évaluer jusqu'à la fin des temps, lorsque Celui-là seul à qui appartient la parole décisive au dernier Jugement dira sa parole.
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