33 Lorsque Jacob eut achevé de donner ses instructions à ses fils, il ramena ses pieds sur le lit, il expira et fut réuni aux siens. |
Voici qu’un nouveau Carême touche à sa fin. La lecture du livre de la Genèse fixée par l’Église pour cette période s’achève elle aussi avec son dernier chapitre, le récit de la mort paisible de deux grands hommes, Jacob et son fils Joseph. Dans cet endormissement ordonné, rien ne laisse encore présager une autre mort, celle que nous revivrons la semaine prochaine, pendant la Semaine sainte. Si ces événements sont maintenant si proches l’un de l’autre pour nous, c’est peut-être l’effet de la providence de l’Église, ou peut-être simplement un signe adressé à chacun. Il aurait pu arriver que le Seigneur ne vienne pas à nous dans le Christ. Il en aurait alors été pour nous comme pour les hommes des religions abrahamiques qui nous sont apparentées : rien qui dépasse la raison, seulement la mort paisible de grands maîtres et de grands pères, leur sépulture et leurs tombeaux. Pourtant, voici devant nous la différence entre ces morts — celles de Jacob et de Joseph — et la mort du Christ. Remarquons qu’il est dit que les corps de Jacob et de Joseph furent embaumés. Bien sûr, il s’agit simplement du respect d’une coutume égyptienne. Mais cette conservation du corps forme une antithèse particulièrement visible au tombeau vide du Christ. Pourtant, celui-ci est encore si loin.
1 Alors Joseph se jeta sur le visage de son père, le couvrit de larmes et de baisers. |
2 Puis Joseph donna aux médecins qui étaient à son service l’ordre d’embaumer son père, et les médecins embaumèrent Israël. |
3 Cela dura quarante jours, car telle est la durée de l’embaumement.Les Égyptiens le pleurèrent soixante-dix jours. |
4 Quand fut écoulé le temps des pleurs, Joseph parla ainsi au palais de Pharaon : « Si vous avez de l’amitié pour moi, veuillez rapporter ceci aux oreilles de Pharaon : |
5 mon père m’a fait prêter ce serment : « Je vais mourir, m’a-t-il dit, j’ai un tombeau que je me suis creusé au pays de Canaan, c’est là que tu m’enterreras. » Qu’on me laisse donc monter pour enterrer mon père, et je reviendrai. » |
6 Pharaon répondit : « Monte et enterre ton père, comme il te l’a fait jurer. » |
7 Joseph monta enterrer son père, et montèrent avec lui tous les officiers de Pharaon, les dignitaires de son palais et tous les dignitaires du pays d’Égypte, |
8 ainsi que toute la famille de Joseph, ses frères et la famille de son père. Ils ne laissèrent en terre de Goshèn que les invalides, le petit et le gros bétail. |
9 Avec lui montèrent aussi des chars et des charriers : c’était un cortège très imposant. |
10 Étant parvenus jusqu’à Gorèn-ha-Atad, — c’est au-delà du Jourdain, — ils y firent une grande et solennelle lamentation, et Joseph célébra pour son père un deuil de sept jours. |
11 Les habitants du pays, les Cananéens, virent le deuil à Gorèn-ha-Atad : « Voilà un grand deuil pour les Égyptiens » ; et c’est pourquoi on a appelé ce lieu Abel-Miçrayim — c’est au-delà du Jourdain. |
12 Ses fils agirent à son égard comme il leur avait ordonné |
13 et ils le transportèrent au pays de Canaan et l’ensevelirent dans la grotte du champ de Makpéla, — ce champ qu’Abraham avait acquis d’Éphrôn le Hittite comme possession funéraire, en face de Mambré. |
14 Après avoir enterré son père, Joseph revint alors en Égypte, lui, avec ses frères et tous ceux qui étaient montés avec lui pour enterrer son père. |
15 Voyant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent : « Si Joseph allait nous traiter en ennemis et nous rendre tout le mal que nous lui avons fait ? » |
16 Aussi envoyèrent-ils dire à Joseph : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette volonté : |
17 « Vous parlerez ainsi à Joseph : Ah ! pardonne à tes frères leur crime et leur péché, tout le mal qu’ils t’ont fait ! » Et maintenant, veuille pardonner le crime des serviteurs du Dieu de ton père ! » Et Joseph pleura aux paroles qu’ils lui adressaient. |
18 Ses frères eux-mêmes vinrent et, se jetant à ses pieds, dirent : « Nous voici pour toi comme des esclaves ! » |
19 Mais Joseph leur répondit : « Ne craignez point ! Vais-je me substituer à Dieu ? |
20 Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux. |
21 Maintenant, ne craignez point : c’est moi qui vous entretiendrai, ainsi que les personnes à votre charge. » Il les consola et leur parla affectueusement. |
22 Ainsi Joseph et la famille de son père demeurèrent en Égypte, et Joseph vécut cent dix ans. |
23 Joseph vit les arrière-petits-enfants qu’il eut d’Éphraïm, de même les enfants de Makir, fils de Manassé, naquirent sur les genoux de Joseph. |
24 Enfin Joseph dit à ses frères : « Je vais mourir, mais Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays dans le pays qu’il a promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob. » |
25 Et Joseph fit prêter ce serment aux fils d’Israël : « Quand Dieu vous visitera, vous emporterez d’ici mes ossements. » |
26 Joseph mourut à l’âge de cent dix ans, on l’embauma et on le mit dans un cercueil en Égypte. |
Les frères de Joseph se révélèrent coriaces, du moins en ce qui concerne leur propre perception du monde. En son temps, Joseph avait beaucoup fait pour les faire sortir de leur petit monde, limité par leur propre arbitraire, vers le grand monde de Dieu. Il leur avait même expliqué directement, sans détour, qu’il ne s’agissait pas de leur désir de se débarrasser de lui, Joseph, comme d’un rival, mais des desseins de Dieu et de la volonté de Dieu : c’est Dieu qui avait conduit Joseph en Égypte pour les sauver eux-mêmes de la famine. Les frères, malgré tout, attendent la vengeance. Surtout maintenant, après la mort du père, qui aurait pu intervenir et arrêter Joseph. C’est pourquoi ils lui demandent de leur pardonner. Non parce qu’ils se repentent pleinement et jusqu’au bout, mais par peur ; tel est, du moins, le sens du récit biblique. Joseph, lui, leur donne encore une leçon : il pardonne à ses frères.
Il pardonne simplement, librement, de toute la plénitude de son âme. Pas du tout comme il était d’usage en ces temps-là : le monde ancien était assez dur et peu enclin au pardon. Même une erreur y était souvent assimilée à un crime, et obtenir le pardon pour un véritable coupable était très difficile. De plus, il fallait précisément demander le pardon, l’implorer comme une grâce, et il n’était pas rare qu’on le jette à celui qui était pardonné comme un os à un chien. Joseph n’est pas ainsi : il n’a pas de peine à pardonner à ses frères, il n’attend ni n’exige de compensations pour la faute qu’il leur remet. Seul peut pardonner ainsi, presque évangéliquement, un homme qui sait ce qu’est le grand monde de Dieu, et donc qui connaît le Royaume.
Le Royaume n’était pas encore aussi proche qu’aujourd’hui, après la venue du Christ ; mais pour Dieu, le monde a toujours été Son Royaume, en tout temps, même lorsque les hommes étaient certains d’avoir chassé Dieu du monde, qui leur appartenait désormais sans partage. Certains voyaient précisément le monde comme le Royaume, même lorsque d’autres n’y parvenaient pas. Ils le voyaient parce qu’ils savaient s’ouvrir à Dieu, à l’action de Sa volonté, et pouvaient Le laisser entrer dans leur vie. Bien sûr, avant la venue du Christ, le monde était encore loin de devenir le Royaume ; mais on a toujours pu le voir tel que Dieu le voit.
Si donc l’homme voit le monde ainsi, il vivra et agira en conséquence. Il verra alors la volonté de Dieu là où d’autres ne verront qu’un heureux ou malheureux concours de circonstances. Et il pardonnera lui aussi facilement et simplement, car il n’a pas besoin de compensations de la part de ceux qu’il pardonne, comme celui qui a vu l’océan ne se disputera pas avec son prochain pour une goutte d’eau. C’est ainsi que Joseph pardonne à ses frères, et c’est ainsi que se termine le récit qui lui est consacré dans le Livre de la Genèse. Et le Livre de la Genèse lui-même s’achève aussi, s’achève par un exemple de pardon qui n’a pas son égal dans ce livre.
1 Alors Joseph se jeta sur le visage de son père, le couvrit de larmes et de baisers. |
2 Puis Joseph donna aux médecins qui étaient à son service l’ordre d’embaumer son père, et les médecins embaumèrent Israël. |
3 Cela dura quarante jours, car telle est la durée de l’embaumement.Les Égyptiens le pleurèrent soixante-dix jours. |
4 Quand fut écoulé le temps des pleurs, Joseph parla ainsi au palais de Pharaon : « Si vous avez de l’amitié pour moi, veuillez rapporter ceci aux oreilles de Pharaon : |
5 mon père m’a fait prêter ce serment : « Je vais mourir, m’a-t-il dit, j’ai un tombeau que je me suis creusé au pays de Canaan, c’est là que tu m’enterreras. » Qu’on me laisse donc monter pour enterrer mon père, et je reviendrai. » |
6 Pharaon répondit : « Monte et enterre ton père, comme il te l’a fait jurer. » |
7 Joseph monta enterrer son père, et montèrent avec lui tous les officiers de Pharaon, les dignitaires de son palais et tous les dignitaires du pays d’Égypte, |
8 ainsi que toute la famille de Joseph, ses frères et la famille de son père. Ils ne laissèrent en terre de Goshèn que les invalides, le petit et le gros bétail. |
9 Avec lui montèrent aussi des chars et des charriers : c’était un cortège très imposant. |
10 Étant parvenus jusqu’à Gorèn-ha-Atad, — c’est au-delà du Jourdain, — ils y firent une grande et solennelle lamentation, et Joseph célébra pour son père un deuil de sept jours. |
11 Les habitants du pays, les Cananéens, virent le deuil à Gorèn-ha-Atad : « Voilà un grand deuil pour les Égyptiens » ; et c’est pourquoi on a appelé ce lieu Abel-Miçrayim — c’est au-delà du Jourdain. |
12 Ses fils agirent à son égard comme il leur avait ordonné |
13 et ils le transportèrent au pays de Canaan et l’ensevelirent dans la grotte du champ de Makpéla, — ce champ qu’Abraham avait acquis d’Éphrôn le Hittite comme possession funéraire, en face de Mambré. |
14 Après avoir enterré son père, Joseph revint alors en Égypte, lui, avec ses frères et tous ceux qui étaient montés avec lui pour enterrer son père. |
15 Voyant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent : « Si Joseph allait nous traiter en ennemis et nous rendre tout le mal que nous lui avons fait ? » |
16 Aussi envoyèrent-ils dire à Joseph : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette volonté : |
17 « Vous parlerez ainsi à Joseph : Ah ! pardonne à tes frères leur crime et leur péché, tout le mal qu’ils t’ont fait ! » Et maintenant, veuille pardonner le crime des serviteurs du Dieu de ton père ! » Et Joseph pleura aux paroles qu’ils lui adressaient. |
18 Ses frères eux-mêmes vinrent et, se jetant à ses pieds, dirent : « Nous voici pour toi comme des esclaves ! » |
19 Mais Joseph leur répondit : « Ne craignez point ! Vais-je me substituer à Dieu ? |
20 Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux. |
21 Maintenant, ne craignez point : c’est moi qui vous entretiendrai, ainsi que les personnes à votre charge. » Il les consola et leur parla affectueusement. |
22 Ainsi Joseph et la famille de son père demeurèrent en Égypte, et Joseph vécut cent dix ans. |
23 Joseph vit les arrière-petits-enfants qu’il eut d’Éphraïm, de même les enfants de Makir, fils de Manassé, naquirent sur les genoux de Joseph. |
24 Enfin Joseph dit à ses frères : « Je vais mourir, mais Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays dans le pays qu’il a promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob. » |
25 Et Joseph fit prêter ce serment aux fils d’Israël : « Quand Dieu vous visitera, vous emporterez d’ici mes ossements. » |
26 Joseph mourut à l’âge de cent dix ans, on l’embauma et on le mit dans un cercueil en Égypte. |
Comme on le voit, les frères de Joseph ne peuvent absolument pas croire qu'il leur a vraiment pardonné. Certes, en principe, il n'y a rien d'étrange à cela : en ce temps-là, on pardonnait en général rarement et à contrecœur, et à plus forte raison pour ce que les frères de Joseph lui avaient fait. Et maintenant ils craignaient la vengeance : car leur père était mort, et il n'y avait plus personne pour retenir Joseph.
Mais Joseph lui-même ne compte pas se venger ; il dit à ses frères des paroles qu'ils ne comprennent pas tout à fait, semble-t-il : ce n'est pas vous qui m'avez vendu comme esclave, c'est Dieu qui m'a conduit en Égypte afin de vous sauver tous de la mort par la faim.
Qu'est-ce donc : une excuse pour rassurer ses frères ? Guère : Joseph était assez franc avec ses frères. Il considère manifestement que, que ses frères l'aient voulu ou non, Dieu a agi par leurs mains. Bien sûr, cela ne justifie en rien les frères eux-mêmes : car en se débarrassant de Joseph, ils pensaient moins que tout à l'avenir de leurs parents. Tout a tourné au bien uniquement par la volonté de Dieu, non grâce à leurs efforts, mais malgré eux. Joseph, lui, porte son attention précisément sur la volonté de Dieu ; il laisse de côté les intentions de ses frères.
Certes, une telle décision a été précédée d'un certain processus, pour parler dans un langage moderne, éducatif, au cours duquel Joseph a fait comprendre et ressentir à ses frères ce que signifie être coupable sans faute. Il a visiblement tout fait pour les conduire au repentir. Mais, à en juger par la peur qui continuait de les tourmenter, ils n'ont jamais vécu un véritable repentir. C'est peut-être précisément pourquoi il leur est si difficile de croire au pardon.
Et Joseph leur pardonne en ayant précisément en vue la volonté de Dieu : car on ne peut pardonner sérieusement à quelqu'un que de cette manière, seulement en regardant la situation, pour ainsi dire, avec les yeux de Dieu. Joseph y est parvenu. Mais pour ses frères, la perspective de la providence de Dieu est hélas demeurée cachée.
1 Alors Joseph se jeta sur le visage de son père, le couvrit de larmes et de baisers. |
2 Puis Joseph donna aux médecins qui étaient à son service l’ordre d’embaumer son père, et les médecins embaumèrent Israël. |
3 Cela dura quarante jours, car telle est la durée de l’embaumement.Les Égyptiens le pleurèrent soixante-dix jours. |
4 Quand fut écoulé le temps des pleurs, Joseph parla ainsi au palais de Pharaon : « Si vous avez de l’amitié pour moi, veuillez rapporter ceci aux oreilles de Pharaon : |
5 mon père m’a fait prêter ce serment : « Je vais mourir, m’a-t-il dit, j’ai un tombeau que je me suis creusé au pays de Canaan, c’est là que tu m’enterreras. » Qu’on me laisse donc monter pour enterrer mon père, et je reviendrai. » |
6 Pharaon répondit : « Monte et enterre ton père, comme il te l’a fait jurer. » |
7 Joseph monta enterrer son père, et montèrent avec lui tous les officiers de Pharaon, les dignitaires de son palais et tous les dignitaires du pays d’Égypte, |
8 ainsi que toute la famille de Joseph, ses frères et la famille de son père. Ils ne laissèrent en terre de Goshèn que les invalides, le petit et le gros bétail. |
9 Avec lui montèrent aussi des chars et des charriers : c’était un cortège très imposant. |
10 Étant parvenus jusqu’à Gorèn-ha-Atad, — c’est au-delà du Jourdain, — ils y firent une grande et solennelle lamentation, et Joseph célébra pour son père un deuil de sept jours. |
11 Les habitants du pays, les Cananéens, virent le deuil à Gorèn-ha-Atad : « Voilà un grand deuil pour les Égyptiens » ; et c’est pourquoi on a appelé ce lieu Abel-Miçrayim — c’est au-delà du Jourdain. |
12 Ses fils agirent à son égard comme il leur avait ordonné |
13 et ils le transportèrent au pays de Canaan et l’ensevelirent dans la grotte du champ de Makpéla, — ce champ qu’Abraham avait acquis d’Éphrôn le Hittite comme possession funéraire, en face de Mambré. |
14 Après avoir enterré son père, Joseph revint alors en Égypte, lui, avec ses frères et tous ceux qui étaient montés avec lui pour enterrer son père. |
15 Voyant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent : « Si Joseph allait nous traiter en ennemis et nous rendre tout le mal que nous lui avons fait ? » |
16 Aussi envoyèrent-ils dire à Joseph : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette volonté : |
17 « Vous parlerez ainsi à Joseph : Ah ! pardonne à tes frères leur crime et leur péché, tout le mal qu’ils t’ont fait ! » Et maintenant, veuille pardonner le crime des serviteurs du Dieu de ton père ! » Et Joseph pleura aux paroles qu’ils lui adressaient. |
18 Ses frères eux-mêmes vinrent et, se jetant à ses pieds, dirent : « Nous voici pour toi comme des esclaves ! » |
19 Mais Joseph leur répondit : « Ne craignez point ! Vais-je me substituer à Dieu ? |
20 Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux. |
21 Maintenant, ne craignez point : c’est moi qui vous entretiendrai, ainsi que les personnes à votre charge. » Il les consola et leur parla affectueusement. |
22 Ainsi Joseph et la famille de son père demeurèrent en Égypte, et Joseph vécut cent dix ans. |
23 Joseph vit les arrière-petits-enfants qu’il eut d’Éphraïm, de même les enfants de Makir, fils de Manassé, naquirent sur les genoux de Joseph. |
24 Enfin Joseph dit à ses frères : « Je vais mourir, mais Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays dans le pays qu’il a promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob. » |
25 Et Joseph fit prêter ce serment aux fils d’Israël : « Quand Dieu vous visitera, vous emporterez d’ici mes ossements. » |
26 Joseph mourut à l’âge de cent dix ans, on l’embauma et on le mit dans un cercueil en Égypte. |
Le dernier chapitre du livre de la Genèse nous parle des funérailles de Jacob et de l'achèvement de la première étape dans la vie du peuple de Dieu par le pardon accordé par Joseph à ses frères. Joseph fait quelque chose de tout à fait inattendu : il pardonne à ses frères, il pardonne de manière pleinement chrétienne, du fond du coeur, et non comme pardonnaient parfois les vainqueurs aux vaincus, après les avoir d'abord forcés à ramper devant eux à genoux et en leur jetant la grâce comme on jette un os à un chien. Seul peut pardonner ainsi celui qui connaît vraiment Dieu et sait ce qu'est l'homme devant Dieu. Chez un tel homme, aucune idée de sa propre grandeur ne surgira vraiment dans la tête, pas plus que celui qui a vu l'océan ne verra de grandeur dans une goutte d'eau.
1 Jacob appela ses fils et dit : « Réunissez-vous, que je vous annonce ce qui vous arrivera dans la suite des temps. |
2 « Rassemblez-vous, écoutez, fils de Jacob, écoutez Israël, votre père. |
3 Ruben, tu es mon premier-né, ma vigueur, les prémices de ma virilité, comble de fierté et comble de force, |
4 un débordement comme les eaux : tu ne seras pas comblé, car tu es monté sur le lit de ton père, alors tu as profané ma couche ! |
5 Siméon et Lévi sont frères, leurs traités sont des instruments de violence. |
6 Que mon âme n’entre pas en leur conseil, que mon cœur ne s’unisse pas à leur groupe, car dans leur colère ils ont tué des hommes, dans leur dérèglement, mutilé des taureaux. |
7 Maudite leur colère pour sa rigueur, maudite leur fureur pour sa dureté. Je les diviserai dans Jacob, je les disperserai dans Israël. |
8 Juda, toi, tes frères te loueront, ta main est sur la nuque de tes ennemis et les fils de ton père s’inclineront devant toi. |
9 Juda est un jeune lion ; de la proie, mon fils, tu es remonté ; il s’est accroupi, s’est couché comme un lion, comme une lionne : qui le ferait lever ? |
10 Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton de chef d’entre ses pieds, jusqu’à ce que le tribut lui soit apporté et que les peuples lui obéissent. |
11 Il lie à la vigne son ânon, au cep le petit de son ânesse, il lave son vêtement dans le vin, son habit dans le sang des raisins, |
12 ses yeux sont troubles de vin, ses dents sont blanches de lait. |
13 Zabulon réside au bord de la mer, il est matelot sur les navires, il a Sidon à son côté. |
14 Issachar est un âne robuste, couché entre un double muret. |
15 Il a vu que le repos était bon, que le pays était agréable, il a tendu son échine au fardeau, il est devenu esclave à la corvée. |
16 Dan juge son peuple, comme chaque tribu d’Israël. |
17 Que Dan soit un serpent sur le chemin, un céraste sur le sentier, qui mord le cheval au jarret et son cavalier tombe à la renverse ! |
18 En ton salut j’espère, ô Yahvé ! |
19 Gad, des détrousseurs le détroussent et lui, détrousse et les talonne. |
20 Asher, son pain est gras, il fournit des mets de roi. |
21 Nephtali est une biche rapide, qui donne de beaux faons. |
22 Joseph est un plant fécond, un plant fécond près de la source, dont les tiges franchissent le mur. |
23 Les archers l’ont exaspéré, ils ont tiré et l’ont pris à partie. |
24 Mais son arc est demeuré ferme, et les muscles de ses mains, agiles, grâce aux mains du Puissant de Jacob, grâce au nom du Pasteur, la Pierre d’Israël, |
25 grâce au Dieu de ton père, qu’il te secoure et à El Shaddai , qu’il te bénisse ! Bénédictions des cieux en haut, bénédictions de l’abîme couché en bas, bénédictions des mamelles et du sein, |
26 Les bénédictions de ton père l’ont emporté sur les bénédictions des montagnes antiques, sur les aspirations des collines éternelles : qu’elles viennent sur la tête de Joseph, sur le front du consacré d’entre ses frères ! |
27 Benjamin est un loup rapace, le matin il dévore une proie, jusqu’au soir il partage le butin. » |
28 Tous ceux-là forment les tribus d’Israël, au nombre de douze, et voilà ce que leur a dit leur père. Il les a bénis, chacun selon la bénédiction qui lui convenait. |
29 Puis il leur donna cet ordre : « Je vais être réuni aux miens. Enterrez-moi près de mes pères, dans la grotte qui est dans le champ d’Éphrôn le Hittite, |
30 dans la grotte du champ de Makpéla, en face de Mambré, au pays de Canaan, — le champ qu’Abraham a acquis d’Éphrôn le Hittite comme possession funéraire. |
31 Là furent ensevelis Abraham et sa femme Sara, là furent ensevelis Isaac et sa femme Rébecca, là j’ai enseveli Léa. |
32 C’est le champ et la grotte y comprise, qui furent acquis des fils de Hèt. » |
33 Lorsque Jacob eut achevé de donner ses instructions à ses fils, il ramena ses pieds sur le lit, il expira et fut réuni aux siens. |
La prophétie de Jacob, insérée dans le récit que les biblistes appellent la nouvelle de Joseph, est apparue après sa rédaction, lors de la révision finale du texte du Pentateuque. Était-ce par hasard? Difficilement: la révision était faite par un auteur qui avait sa propre vision de tous les textes avec lesquels il travaillait, et un dessein clair pour l'ensemble de la composition. S'il insère dans le texte du récit une ancienne prophétie, il ne le fait pas par hasard. Elle est un mot d'adieu au peuple de Dieu qui ne fait encore que naître, le mot d'adieu du fondateur de l'union des douze tribus, achevant son chemin terrestre.
Un mot d'adieu où se trouve aussi la prévision du destin de chacun. D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement ici de cette prévision que l'on rencontre parfois chez des personnes percevant des images de la réalité future. Ici, chaque fois, le lien apparaît clairement entre telles ou telles qualités ou inclinations de l'un des enfants de Jacob et le destin de leurs descendants. Car la Bible ne connaît pas la notion de destin, de fatalité, de fatum. Il n'y a pas de place pour le fatalisme chez Dieu. L'avenir de l'homme et de ses descendants est déterminé par le choix que fait cet homme ici et maintenant.
Le choix et les actes forment les habitudes, les habitudes fixent tels ou tels traits fondamentaux du caractère, et le caractère détermine le chemin de vie non seulement de l'homme lui-même: beaucoup de traits de caractère et de particularités psychologiques qui leur sont liés se transmettent même par héritage, si bien que les descendants devront aussi affronter les résultats des décisions prises par les ancêtres et les fruits de leurs actes. Dans le peuple de Dieu, il y a encore un autre facteur: l'intervention directe de Dieu dans les événements.
Dieu, bien sûr, peut intervenir en eux où et quand Il veut, mais l'histoire du peuple de Dieu est une histoire particulière; elle est dirigée par Dieu à un degré plus grand que l'histoire de tout autre peuple. C'est ainsi que se détermine le chemin historique du peuple de Dieu: par l'oeuvre de Dieu avec des personnes concrètes et avec des communautés entières, avec toutes leurs particularités, avec toutes les conséquences de tout ce qui a été fait, décidé ou laissé sans décision autrefois. Pour l'homme qui ne connaît pas Dieu, tout cela ressemble au destin, inévitable et implacable. À chacun le sien: pour les uns le destin, pour les autres la volonté de Dieu.
1 Jacob appela ses fils et dit : « Réunissez-vous, que je vous annonce ce qui vous arrivera dans la suite des temps. |
2 « Rassemblez-vous, écoutez, fils de Jacob, écoutez Israël, votre père. |
3 Ruben, tu es mon premier-né, ma vigueur, les prémices de ma virilité, comble de fierté et comble de force, |
4 un débordement comme les eaux : tu ne seras pas comblé, car tu es monté sur le lit de ton père, alors tu as profané ma couche ! |
5 Siméon et Lévi sont frères, leurs traités sont des instruments de violence. |
6 Que mon âme n’entre pas en leur conseil, que mon cœur ne s’unisse pas à leur groupe, car dans leur colère ils ont tué des hommes, dans leur dérèglement, mutilé des taureaux. |
7 Maudite leur colère pour sa rigueur, maudite leur fureur pour sa dureté. Je les diviserai dans Jacob, je les disperserai dans Israël. |
8 Juda, toi, tes frères te loueront, ta main est sur la nuque de tes ennemis et les fils de ton père s’inclineront devant toi. |
9 Juda est un jeune lion ; de la proie, mon fils, tu es remonté ; il s’est accroupi, s’est couché comme un lion, comme une lionne : qui le ferait lever ? |
10 Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton de chef d’entre ses pieds, jusqu’à ce que le tribut lui soit apporté et que les peuples lui obéissent. |
11 Il lie à la vigne son ânon, au cep le petit de son ânesse, il lave son vêtement dans le vin, son habit dans le sang des raisins, |
12 ses yeux sont troubles de vin, ses dents sont blanches de lait. |
13 Zabulon réside au bord de la mer, il est matelot sur les navires, il a Sidon à son côté. |
14 Issachar est un âne robuste, couché entre un double muret. |
15 Il a vu que le repos était bon, que le pays était agréable, il a tendu son échine au fardeau, il est devenu esclave à la corvée. |
16 Dan juge son peuple, comme chaque tribu d’Israël. |
17 Que Dan soit un serpent sur le chemin, un céraste sur le sentier, qui mord le cheval au jarret et son cavalier tombe à la renverse ! |
18 En ton salut j’espère, ô Yahvé ! |
19 Gad, des détrousseurs le détroussent et lui, détrousse et les talonne. |
20 Asher, son pain est gras, il fournit des mets de roi. |
21 Nephtali est une biche rapide, qui donne de beaux faons. |
22 Joseph est un plant fécond, un plant fécond près de la source, dont les tiges franchissent le mur. |
23 Les archers l’ont exaspéré, ils ont tiré et l’ont pris à partie. |
24 Mais son arc est demeuré ferme, et les muscles de ses mains, agiles, grâce aux mains du Puissant de Jacob, grâce au nom du Pasteur, la Pierre d’Israël, |
25 grâce au Dieu de ton père, qu’il te secoure et à El Shaddai , qu’il te bénisse ! Bénédictions des cieux en haut, bénédictions de l’abîme couché en bas, bénédictions des mamelles et du sein, |
26 Les bénédictions de ton père l’ont emporté sur les bénédictions des montagnes antiques, sur les aspirations des collines éternelles : qu’elles viennent sur la tête de Joseph, sur le front du consacré d’entre ses frères ! |
27 Benjamin est un loup rapace, le matin il dévore une proie, jusqu’au soir il partage le butin. » |
28 Tous ceux-là forment les tribus d’Israël, au nombre de douze, et voilà ce que leur a dit leur père. Il les a bénis, chacun selon la bénédiction qui lui convenait. |
29 Puis il leur donna cet ordre : « Je vais être réuni aux miens. Enterrez-moi près de mes pères, dans la grotte qui est dans le champ d’Éphrôn le Hittite, |
30 dans la grotte du champ de Makpéla, en face de Mambré, au pays de Canaan, — le champ qu’Abraham a acquis d’Éphrôn le Hittite comme possession funéraire. |
31 Là furent ensevelis Abraham et sa femme Sara, là furent ensevelis Isaac et sa femme Rébecca, là j’ai enseveli Léa. |
32 C’est le champ et la grotte y comprise, qui furent acquis des fils de Hèt. » |
33 Lorsque Jacob eut achevé de donner ses instructions à ses fils, il ramena ses pieds sur le lit, il expira et fut réuni aux siens. |
La lecture d'aujourd'hui n'est rien d'autre qu'une ancienne prophétie prononcée par un prophète inconnu à l'adresse de chacune des douze tribus juives et que la tradition a placée dans la bouche de Jacob lui-même. Bien sûr, on ne peut pas exclure en principe que cette prophétie ait réellement été prononcée par Jacob lui-même. Il faut toutefois remarquer que la Bible nous présente Jacob plutôt comme un homme doté du don des songes prophétiques que comme un prophète au sens traditionnel de ce mot à cette époque, auquel Jacob ressemblait tout de même assez peu. Du reste, le don prophétique se manifestait parfois chez des gens dont personne ne l'attendait. Quoi qu'il en soit, une chose est évidente : le destin historique de chacune des douze tribus juives est annoncé ici comme quelque chose d'inéluctable et de prévu d'avance par Dieu. Une question se pose alors : dans quelle mesure tous les événements et tournants de l'histoire sont-ils prévus d'avance ? Et quel est alors le rôle de l'homme dans l'histoire ? La question n'est pas vaine : car la mesure de la liberté, ici comme ailleurs, détermine la mesure de la responsabilité. On ne peut pas exiger de l'homme qu'il réponde de ce qui n'est pas en son pouvoir. Or même la prophétie que nous trouvons dans le passage d'aujourd'hui, qui concerne évidemment non pas toute l'humanité mais seulement le peuple de Dieu, oblige déjà à penser que la prédestination n'est pas une réalité aussi simple. Certes, le rôle de chacune des douze tribus y est décrit de manière assez stricte. Mais nous y voyons aussi souvent des indications sur les particularités tribales qui conditionnent le choix, par Dieu, de telle ou telle place dans la vie et l'histoire du peuple de Dieu pour la tribu concernée. On ne peut pas mettre à la tête du peuple celui qui n'est pas capable de contenir sa fureur (v. 5-6) ; il ne vaut pas la peine de laisser le pouvoir à celui qui ne se maîtrise pas et ne peut observer les normes morales élémentaires (v. 3-4). Certaines particularités et inclinations tribales sont aussi prises en compte : à l'un revient la mer en partage (v. 13), à un autre les terres fertiles (v. 20), et un autre devra beaucoup combattre (v. 19). À chacun son lot, et il est peu vraisemblable que les uns aient voulu, dans ce cas, échanger leur place et leurs occupations avec les autres. Mais s'il en est ainsi, le rôle et la place de chaque tribu ne sont pas déterminés par la seule décision de Dieu ; cette décision, on le voit, est prise en tenant compte de ce que telle ou telle tribu est devenue aux yeux de Dieu. Et cela, naturellement, dépend déjà non seulement de Dieu, mais aussi de l'homme.
1 Jacob appela ses fils et dit : « Réunissez-vous, que je vous annonce ce qui vous arrivera dans la suite des temps. |
2 « Rassemblez-vous, écoutez, fils de Jacob, écoutez Israël, votre père. |
3 Ruben, tu es mon premier-né, ma vigueur, les prémices de ma virilité, comble de fierté et comble de force, |
4 un débordement comme les eaux : tu ne seras pas comblé, car tu es monté sur le lit de ton père, alors tu as profané ma couche ! |
5 Siméon et Lévi sont frères, leurs traités sont des instruments de violence. |
6 Que mon âme n’entre pas en leur conseil, que mon cœur ne s’unisse pas à leur groupe, car dans leur colère ils ont tué des hommes, dans leur dérèglement, mutilé des taureaux. |
7 Maudite leur colère pour sa rigueur, maudite leur fureur pour sa dureté. Je les diviserai dans Jacob, je les disperserai dans Israël. |
8 Juda, toi, tes frères te loueront, ta main est sur la nuque de tes ennemis et les fils de ton père s’inclineront devant toi. |
9 Juda est un jeune lion ; de la proie, mon fils, tu es remonté ; il s’est accroupi, s’est couché comme un lion, comme une lionne : qui le ferait lever ? |
10 Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton de chef d’entre ses pieds, jusqu’à ce que le tribut lui soit apporté et que les peuples lui obéissent. |
11 Il lie à la vigne son ânon, au cep le petit de son ânesse, il lave son vêtement dans le vin, son habit dans le sang des raisins, |
12 ses yeux sont troubles de vin, ses dents sont blanches de lait. |
13 Zabulon réside au bord de la mer, il est matelot sur les navires, il a Sidon à son côté. |
14 Issachar est un âne robuste, couché entre un double muret. |
15 Il a vu que le repos était bon, que le pays était agréable, il a tendu son échine au fardeau, il est devenu esclave à la corvée. |
16 Dan juge son peuple, comme chaque tribu d’Israël. |
17 Que Dan soit un serpent sur le chemin, un céraste sur le sentier, qui mord le cheval au jarret et son cavalier tombe à la renverse ! |
18 En ton salut j’espère, ô Yahvé ! |
19 Gad, des détrousseurs le détroussent et lui, détrousse et les talonne. |
20 Asher, son pain est gras, il fournit des mets de roi. |
21 Nephtali est une biche rapide, qui donne de beaux faons. |
22 Joseph est un plant fécond, un plant fécond près de la source, dont les tiges franchissent le mur. |
23 Les archers l’ont exaspéré, ils ont tiré et l’ont pris à partie. |
24 Mais son arc est demeuré ferme, et les muscles de ses mains, agiles, grâce aux mains du Puissant de Jacob, grâce au nom du Pasteur, la Pierre d’Israël, |
25 grâce au Dieu de ton père, qu’il te secoure et à El Shaddai , qu’il te bénisse ! Bénédictions des cieux en haut, bénédictions de l’abîme couché en bas, bénédictions des mamelles et du sein, |
26 Les bénédictions de ton père l’ont emporté sur les bénédictions des montagnes antiques, sur les aspirations des collines éternelles : qu’elles viennent sur la tête de Joseph, sur le front du consacré d’entre ses frères ! |
27 Benjamin est un loup rapace, le matin il dévore une proie, jusqu’au soir il partage le butin. » |
28 Tous ceux-là forment les tribus d’Israël, au nombre de douze, et voilà ce que leur a dit leur père. Il les a bénis, chacun selon la bénédiction qui lui convenait. |
29 Puis il leur donna cet ordre : « Je vais être réuni aux miens. Enterrez-moi près de mes pères, dans la grotte qui est dans le champ d’Éphrôn le Hittite, |
30 dans la grotte du champ de Makpéla, en face de Mambré, au pays de Canaan, — le champ qu’Abraham a acquis d’Éphrôn le Hittite comme possession funéraire. |
31 Là furent ensevelis Abraham et sa femme Sara, là furent ensevelis Isaac et sa femme Rébecca, là j’ai enseveli Léa. |
32 C’est le champ et la grotte y comprise, qui furent acquis des fils de Hèt. » |
33 Lorsque Jacob eut achevé de donner ses instructions à ses fils, il ramena ses pieds sur le lit, il expira et fut réuni aux siens. |
Il est difficile que nous parvenions à comprendre le sens de toutes ces prophéties, car nous savons très peu de choses sur l'avenir de toutes les tribus; dans les récits bibliques, il sera surtout question des principales tribus: Juda, Éphraïm, Manassé, Benjamin.
Mais nous pouvons voir que Dieu, qui voit le présent et l'avenir de chaque homme et de chaque peuple, révèle son dessein, unique en raison de l'unité de ce monde, et varié en raison de la multiplicité des personnages qui participent à ce dessein. Devant son regard se trouve l'histoire de chacun de nous, tout comme celle de chacun des fils de Jacob, tendue, semblable à une flèche, vers l'avenir encore non accompli, vers le temps de la rencontre avec le Créateur et le principal Acteur de cette histoire, lorsque viendra Celui en qui les nations espèrent...
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