14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
Ces mots de l'apôtre Paul sont à la base des conceptions des chrétiens par rapport à quels moyens de la vie spirituelle il faudrait appliquer et comment s’y prendre à elle. La religion qui révèle Dieu se distingue en pratique de l'idolâtrie en premier lieu par ce que ses moyens ne deviennent pas le but.
Pour la question à savoir ce qu'il faut faire pour hériter la vie éternelle, l'apôtre dit deux fois «revêtez-vous» (endyo signifie habiller quelque chose sur soi ou s’adonner entièrement à quelque chose) : revêtez-vous les armes de la lumière et du Seigneur Jésus-Christ. Ne «rapportez pas la chair à l'aspect nécessaire» (par le régime végétarien ou par d’autres moyens), mais revêtez-vous des armes de la lumière. La nature matérielle de l’homme demande un souci connu, il faut soutenir ses forces et il faut aussi la dompter pour qu'elle ne devienne pas l'essentiel, mais: ne transformez pas les soucis de la chair en convoitises.
À la différence des stoïciens et les épicuriens, l'apôtre affirme qu'une bonne vie et un souci sage (pronoia, sagesse, prudence, soin) de la chair ne nous amènent pas automatiquement au but. Strictement parlant, ce texte ne complimente ni l'absence de contrôle de la partie charnelle de l’homme, ni la macération comme le sens principal de la vie. D'ailleurs, de nos jours, comme au temps de l'apôtre, le premier danger est considérablement plus actuel, que le deuxième. Que signifie vraiment en pratique l'appel de l'apôtre «revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ» ?
L'apôtre Paul parle de cela dans le contexte de la conversation sur la loi, les règles et modes de conduite des chrétiens. Sa principale conclusion consiste en ce que «La charité est la Loi dans sa plénitude». C’est effectivement ce que sous-entend l’apôtre au fond, parlant de la nécessité de se revêtir du Christ. Le Dieu a ordonné aux disciples de s'aimer les uns les autres, comme Il nous a aimés. L'exécution de ce commandement sera l'exécution de la loi; et on peut aussi l’appeler "se revêtir" du Seigneur Jésus-Christ.
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes: |
3 que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange; Dieu l'a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
La lecture d’aujourd’hui de l’épître aux Romains — est l’un des passages les plus importants de l’Écriture, s’il peut y avoir parmi eux des passages plus ou moins importants. Elle doit être à la base des représentations des chrétiens sur les moyens de la vie spirituelle à employer et sur la manière de s’y rapporter. Dans la pratique, la religion révélée par Dieu se distingue de l’idolâtrie avant tout par le fait que les moyens n’y deviennent pas le but. À la question de ce qu’il faut faire pour hériter la vie éternelle, l’apôtre dit deux fois « revêtez » (ένδύω, endyo signifie mettre quelque chose sur soi ou se donner entièrement à quelque chose) : revêtez les armes de la lumière et le Seigneur Jésus-Christ. Non pas « mettez la chair dans l’état voulu » (par un régime végétarien ou par d’autres moyens), mais revêtez les armes de la lumière. La nature matérielle de l’homme exige un certain soin ; ses forces doivent être soutenues et elle-même doit être maîtrisée pour ne pas devenir l’essentiel, mais : ne transformez pas le souci de la chair en convoitises. À la différence des stoïciens et des épicuriens, l’apôtre affirme qu’une vie bonne et un sage soin (πρόνοια, pronoia, sagesse, prudence, souci) de la chair ne nous conduisent pas automatiquement au but. À strictement parler, ce texte n’approuve ni l’absence de contrôle du côté charnel de l’homme, ni la mortification de la chair comme sens principal de la vie. D’ailleurs, à notre époque comme au temps de l’apôtre, le premier danger est plus actuel que le second.
La seconde chose, non moins importante, dans le passage d’aujourd’hui : accueillez celui qui est faible dans la foi, sans discussions sur les opinions. L’apôtre affirme que nous ne devons pas discuter des moyens de la vie spirituelle (il s’agit concrètement du jeûne). Nous en rendons compte devant Dieu, et non les uns devant les autres. Au passage, on ne peut manquer de remarquer que, tout au long de notre histoire comme aujourd’hui encore, accomplir ces paroles est, pour beaucoup d’entre nous, une tâche au-dessus de nos forces. D’un autre côté, cette liberté est étendue par l’apôtre au domaine des moyens de la vie spirituelle, mais nullement au contenu de la foi, comme certains essaient parfois de le présenter.
Enfin, il n’est pas inutile d’entendre le mot original : au premier verset du chapitre 14, l’apôtre dit : « Celui qui est faible dans la foi... ». Άσθενής τή πίστει, astenis ti pistei, asthénique dans la foi. Ainsi surgit devant les yeux, comme dans un miroir, un personnage maigre et asthénique, au visage exsangue et aux bras mollement pendants. En russe, nous appelons cela une pâle infirmité. Voilà comment nous croyons. Et voilà pourquoi nous nous concentrons sur nous-mêmes, sur notre propre faiblesse spirituelle et sur les manifestations extérieures de la piété. Cela ne se surmonte, comme on le sait, que par le Sang de Jésus-Christ.
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes: |
3 que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange; Dieu l'a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
« Car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru ». Depuis notre conversion au Christ, nous regardons le monde avec d'autres yeux. Pour chacun de nous, quelque chose change dans la vie. Et, en recevant la Communion, nous devenons plus proches du Christ: nous le recevons, lui, ainsi que le chemin du salut qu'il nous propose. Et chacun de nous « sera relevé, car Dieu a le pouvoir de le relever ».
Nous tombons et nous nous relevons sur notre chemin à la suite du Christ. Il nous est préparé de tomber aux yeux de ce monde comme chemin de salut. Nous verrons nous-mêmes la profondeur de notre chute dans le repentir, mais lui nous relèvera selon sa miséricorde, il nous relèvera au jour de la Résurrection des morts pour la vie éternelle.
11 D'autant que vous savez en quel moment nous vivons. C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru. |
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
Les textes du premier dimanche de l'Avent nous appellent avant tout à la vigilance. Non seulement parce que nous ne pouvons pas déterminer à quel moment commencera la venue au monde d'un enfant. Mais aussi parce que maintenant notre attente de voir Jésus doit être semblable à celle des parents qui attendent déjà depuis huit mois la naissance d'un enfant. Il n'y a déjà plus de patience: quand enfin pourra-t-on le voir, savoir qui c'est, comment il est? La vie doit changer d'une minute à l'autre, et ces minutes sont trop nombreuses.
Les changements que Jésus donne à notre vie sont infiniment plus grands. Il viendra à nous comme un nouveau-né, qui ne peut pas parler, qui n'ira nulle part si nous ne Le portons pas. Dans le temps qui nous reste jusqu'à Sa naissance, il faut nous habituer à l'idée que, comme tout petit enfant, Jésus signifie des soins, des inquiétudes constantes, une vigilance à toute heure du jour et de la nuit.
Est-Il bien avec nous, a-t-Il chaud, Lui apprendrons-nous à sourire? Et désapprendrons-nous à faire la guerre avec Son apparition dans notre vie?
8 N'ayez de dettes envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. |
9 En effet, le précepte : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
10 La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude. |
11 D'autant que vous savez en quel moment nous vivons. C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru. |
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
Nous avons l'habitude de percevoir les désordres dans les relations humaines comme une donnée, et si nous en souffrons, c'est souvent simplement parce qu'ils nous font perdre notre équilibre. Or, chez l'apôtre, nos disputes et nos sentiments sombres envers le prochain qui a un peu mieux réussi que nous sont du même ordre que les festins, l'ivresse et la débauche. Précisément parce que l'ivresse comme les querelles sont le résultat de notre volonté propre, le résultat du fait que nos soucis pour nous-mêmes, dans le corporel comme dans le psychique, soumettent à eux notre aspiration au bien.
Paul ne répète pas par hasard, un peu plus haut, les paroles du Christ sur le commandement principal qui embrasse tous les autres: aimer son prochain comme soi-même. Les querelles et l'envie, c'est-à-dire les péchés contre le prochain, ont pour source notre manque d'amour envers le prochain, ce qui est assez évident, mais aussi envers nous-mêmes, ce qui n'est pas moins important. Cette seconde partie du commandement n'est pas toujours pleinement comprise. Or l'amour est accueil, et son fondement est l'accueil de soi-même, une représentation juste de ses possibilités et de leurs limites. Pour s'accueillir soi-même, il est très important de comprendre que nous ne sommes pas des surhommes et que nous ne le serons jamais, que nos possibilités ne sont pas sans limites, que souvent nous prenons parfois trop sur nous et que, de fatigue, nous commençons à blesser nos proches. Beaucoup de querelles peuvent être évitées en reconnaissant simplement sa fatigue et en comprenant qu'il vaut mieux remettre une conversation constructive à plus tard. Notre chair éprouve souvent de nombreux besoins qui demandent satisfaction. Mais pour que la nourriture ne se transforme pas en gourmandise, il est important de bien se comprendre soi-même et ses besoins, de comprendre qu'en réalité une nourriture simple nous suffit. C'est ce dont parle Paul: «ne transformez pas les soins de la chair en convoitises».
Et si nous nous aimons tels que nous sommes, si nous accueillons et reconnaissons nos péchés sans transformer le repentir en autoflagellation, il deviendra beaucoup plus facile d'aimer le prochain. Car eux aussi sont exactement comme nous, tout aussi imparfaits. Et Dieu ne nous donne qu'un seul moyen de faire face à notre limitation humaine: l'amour.
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