En parlant du Royaume, Jésus ne donne aucune date et n'indique aucun lieu. Il dit: le Royaume est au-dedans de vous. L'expression grecque correspondante permet aussi de traduire...
En parlant du Royaume, Jésus ne donne aucune date et n'indique aucun lieu. Il dit: le Royaume est au-dedans de vous. L'expression grecque correspondante permet aussi de traduire «au milieu de vous», mais cela ne change pas radicalement les choses: de toute façon, Il ne promet pas aux pharisiens qui interrogeaient le Sauveur le Royaume qu'ils espéraient voir.
Alors quoi: le Royaume n'existera pas? Tout serait seulement au-dedans de nous, dans nos coeurs? Ou au milieu de nous, dans nos assemblées? Non, bien sûr. Les livres du Nouveau Testament en disent assez pour obliger à regarder le Royaume comme une réalité de dimension universelle. Mais les pharisiens demandaient autre chose. Ils espéraient voir un Royaume terrestre. Peut-être pas tout à fait terrestre. Peut-être un Royaume où un peu de céleste s'ajouterait au terrestre, juste assez pour que le Royaume se révèle à tous et à chacun précisément comme celui de Dieu, comme un Royaume auquel il est impossible de résister parce que non seulement les forces humaines, mais aussi les forces surhumaines fidèles à Dieu sont de son côté.
Mais ce Royaume se manifestera tout de même au monde comme quelque chose de parfaitement objectif. Comme quelque chose dont l'évidence ne dépend pas d'une personne particulière. Et il ne restera à l'homme qu'à accepter cette évidence, ou à s'opposer au Royaume et périr. On attendait le Royaume d'abord comme une manifestation de la puissance de Dieu. De telle sorte qu'il ne reste à l'homme qu'à se soumettre à cette puissance: car il est impossible de lui résister.
Jésus parle d'un autre Royaume. De celui qui ne peut entrer dans le monde qu'à travers l'homme. De celui qui rend fort celui par qui il entre. Et qui, par son souffle, transforme le monde en agissant de l'intérieur, à travers les porteurs vivants du Royaume. D'abord les coeurs des hommes, puis les assemblées des fidèles, et au terme du chemin et à la fin des temps, le Royaume dans toute sa plénitude universelle. Un Royaume qui ne se contente pas de vaincre les hommes par sa puissance, mais qui les transforme aussi par son souffle. Le souffle de l'amour de Dieu.