L'humilité et la simplicité sont souvent mentionnées dans la Bible comme des qualités distinctives du juste. Mais de quelle simplicité s'agit-il? Est-ce la position sociale, l'éducation, ou...
L'humilité et la simplicité sont souvent mentionnées dans la Bible comme des qualités distinctives du juste. Mais de quelle simplicité s'agit-il? Est-ce la position sociale, l'éducation, ou encore autre chose? Sans doute, si la pauvreté garantissait la justice, la lutte des classes contre les propriétaires et les exploiteurs jusqu'à la victoire finale serait l'unique moyen possible de construire le Royaume de Dieu. Mais aucun des prophètes, qui estimaient hautement la justice sociale, n'a posé la question ainsi.
Que faut-il donc considérer comme la simplicité? Peut-être le refus de l'éducation, d'un savoir excessif? Bien sûr, l'analphabétisme n'est pas un péché, pas plus que la bêtise, même si l'un et l'autre créent parfois beaucoup de problèmes. Cependant, l'analphabétisme et le manque d'instruction ne rapprochent par eux-mêmes personne de la justice ni du Royaume.
De quoi s'agit-il alors? Dans le texte hébreu de la Bible, les notions de « simplicité » et de « droiture, intégrité » sont souvent désignées par le même mot. Peut-être est-ce là que se cache la réponse? En effet, la vie spirituelle devient simple et naturelle lorsque celui qui la vit acquiert l'intégrité intérieure, avant tout l'intégrité de la volonté, qui suppose à la fois le recueillement, la résolution et la disponibilité à aller jusqu'au bout sur le chemin choisi une fois pour toutes.
Dieu aide celui qui marche, mais seulement lorsqu'il est prêt à se soumettre à Dieu entièrement et sans réserve. Une telle disponibilité est l'humilité, la véritable humilité, qui n'est liée à aucune parole, à aucun geste et encore moins à une forme de vêtement. Ainsi comprises, l'humilité et la simplicité aident réellement le juste à suivre Dieu. Et à entrer dans le Royaume.
D’après le titre de son livre, Sophonie a prophétisé sous Josias, 640-609. Ses attaques contre les modes étrangères, 1.8, et les cultes des faux dieux, 1.4-5, ses reproches aux ministres, 1.8, et son silence sur le roi indiquent qu’il prêcha avant la réforme religieuse et pendant la minorité de Josias, entre 640 et 630, donc juste avant que ne commence le ministère de Jérémie. Juda, amputé par Sennachérib d’une partie de son territoire, a vécu sous la domination assyrienne, et les règnes impies de Manassé et d’Amon ont favorisé le désordre religieux. Mais l’affaiblissement de l’Assyrie suscite maintenant l’espoir d’une restauration nationale, qui s’accompagnera d’une réforme religieuse.
Le livre se divise en quatre courtes sections : le Jour de Yahvé, 1.2 – 2.3 ; contre les nations, 2.4-15 ; contre Jérusalem, 3.1-8 ; promesses, 3.9-20. Sans raison suffisante, on a voulu retrancher certains oracles contre les nations et toutes les promesses de la dernière section ; comme tous les recueils prophétiques, celui de Sophonie a reçu des retouches et des additions, mais elles sont peu nombreuses : en particulier, les annonces de la conversion des païens, 2.11 et 3.9-10, étrangères au contexte, s’inspirent du Second Isaïe, l’authenticité des petits psaumes 3.14-15 et 16-18a est très discutée et l’on s’accorde à dater du temps de l’Exil les derniers versets, 3.18-20.
Le message de Sophonie se résume en une annonce du Jour de Yahvé (voir Amos), une catastrophe qui atteindra les nations aussi bien que Juda. Celui-ci est condamné pour ses fautes religieuses et morales, qui sont inspirées par l’orgueil et la révolte, 3.1, 11. Sophonie a du péché une notion profonde, qui annonce celle de Jérémie : c’est une atteinte personnelle au Dieu vivant. Le châtiment des nations est un avertissement, 3.7, qui devrait ramener le peuple à l’obéissance et à l’humilité, 2.3, et le salut n’est promis qu’à un « reste » humble et modeste, 3.12-13. Le messianisme de Sophonie se réduit à cet horizon, qui est sans doute limité mais qui découvre le contenu spirituel des promesses.
Le petit livre de Sophonie a eu une influence restreinte et il n’est utilisé qu’une fois dans le Nouveau Testament, Mt 13.41. Mais la description du Jour de Yahvé, 1.14-18, a inspiré celle de Joël et a fourni au Moyen Âge le début du Dies irae.