Bible-Centre

La réflexion principale pour le 5 juin 2026

En disant qu'on veut le tuer, Jésus n'a pas en vue seulement la situation concrète qui se déroulait alors sous les yeux de ceux qui l'écoutaient. Il est ici question de son ministère dans son ensemble et de l'attitude à son égard, non seulement de ceux qui l'entendaient à ce moment précis, mais aussi de tous ceux qui se considéraient comme des zélateurs de l'orthodoxie. Bien sûr, le jour même où il prononçait ces paroles, personne n'avait réellement l'intention de le tuer. Mais Jésus comprend ceci: ce qu'il fait, on peut soit l'accueillir, soit le rejeter; il n'y a pas de milieu. Mais si l'on rejette, on ne peut rejeter qu'avec lui, ce qui signifie que ceux qui rejettent devront tenter de se débarrasser de lui, de le tuer.

Ils n'ont pas d'autre issue: le refus de ses paroles et de lui-même doit être mené jusqu'au bout, tout comme l'accueil de l'un et de l'autre. Car il ne s'agit pas ici d'un enseignement nouveau, ni même d'une nouvelle religion; il s'agit de la réalité nouvelle qu'il a apportée dans le monde. On peut ne pas accepter une religion et ignorer ses adeptes; on peut ne pas partager un enseignement et ne pas prêter attention à ses disciples. Mais ne pas prêter attention à la réalité du Royaume, l'ignorer complètement, est impossible. Ou plutôt, cela serait possible seulement si l'on parvenait à se débarrasser d'une manière ou d'une autre de cette réalité. Et la première chose qui vient à l'esprit est de se débarrasser de Celui qui a apporté cette réalité nouvelle dans le monde, puisqu'il surgit un conflit impossible à résoudre autrement.

Jésus décrit le problème avec une grande précision en comparant la guérison le jour du shabbat avec la circoncision ce même jour. La première est inadmissible, la seconde l'est tout à fait, bien que la circoncision ne soit qu'un signe de l'alliance conclue avec Dieu, une tradition qui ne porte pas en elle-même de composante spirituelle, mais qui ne fait que l'indiquer, comme tout signe.

Mais ici la religion, ce signe et son acceptation, sont devenus une prescription rituelle. Et les interdits du shabbat se sont eux aussi transformés avec le temps en prescriptions rituelles, perdant leur sens initial: donner à l'homme la possibilité de passer ce jour dans le repos, afin qu'au silence extérieur s'ajoute le silence intérieur. Dans ce cas, deux rites s'affrontent, et le conflit se révèle parfaitement soluble. Mais la guérison le jour du shabbat, c'est le retour aux fondements spirituels, au sens initial du shabbat, qui consiste précisément à passer la journée avec Dieu. Et voici qu'une guérison s'accomplit, manifestation de la puissance de Dieu et de son Royaume; et c'est elle qui, pour les zélateurs de l'orthodoxie, devient une violation de la norme religieuse.

Ce conflit-là est réellement insoluble. Ici il faut choisir: soit le rite religieux, soit le Royaume. Et si l'on choisit le rite, il faut alors se débarrasser du Royaume, comme de Celui qui l'a apporté dans le monde. Voilà pourquoi on veut le tuer, parfois même sans s'en rendre compte. Et lui le sait, mais tel est son chemin terrestre.

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