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Lectionnaire catholique pour le 29 décembre 2025

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Jean, Chapitre 2,  vers 3-11

I. Marcher dans la lumière> 3 Deuxième condition : observer les commandements, principalement celui de la charité.
3 À ceci nous savons que nous le connaissons :
si nous gardons ses commandements.
4 Qui dit : « Je le connais »,
alors qu’il ne garde pas ses commandements
est un menteur,
et la vérité n’est pas en lui.
5 Mais celui qui garde sa parole,
c’est en lui vraiment que l’amour de Dieu
est accompli.
À cela nous savons que nous sommes en lui.
6 Celui qui prétend demeurer en lui doit se conduire à son tour
comme celui-là s’est conduit.
7 Bien-aimés,
ce n’est pas un commandement nouveau que je vous écris,
c’est un commandement ancien,
que vous avez reçu dès le début.
Ce commandement ancien
est la parole que vous avez entendue.
8 Et néanmoins, encore une fois, c’est un commandement nouveau
que je vous écris
— ce qui est vrai pour vous comme pour lui —
puisque les ténèbres s’en vont
et que la véritable lumière brille déjà.
9 Celui qui prétend être dans la lumière
tout en haïssant son frère
est encore dans les ténèbres.
10 Celui qui aime son frère demeure dans la lumière
et il n’y a en lui aucune occasion de chute.
11 Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres,
il marche dans les ténèbres,
il ne sait où il va,
parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.
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3 g) Cette connaissance, Os 2.22, est la foi, Jn 3.12, engageant toute la conduite, 3.23 ; 5.1, de telle sorte que la conduite est le critère qui fait reconnaître la vie dans le Christ, v. 5 ; 3.10 ; 4.13 ; 5.2.


4 h) Add. « de Dieu ».


5 i) Il s’agit de l’amour de Dieu pour nous, plutôt que de l’amour que nous avons pour Dieu.


6 j) « Être dans », « demeurer en » expressions johanniques, voir Jn 6.56.


6 k) Jésus, désigné de même en 3.3, 5, 7, 16 ; 4.17, cf. Jn 19.35.


8 l) Bien qu’il soit préparé par la Loi ancienne, Lv 19.18, et connu des chrétiens dès leur initiation, v. 7 ; 3.11, ce commandement a reçu la marque de Jésus Christ, Jn 13.34.


En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.

1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).

Réduire

Luc, Chapitre 2,  vers 22-35

I. Naissance et vie cachée de Jean-Baptiste et de Jésus> 21 Circoncision de Jésus., 22 Présentation de Jésus au Temple., 29 Le cantique de Syméon., 33 Prophétie de Syméon.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur,
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes.
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui.
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard,
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit :
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole,
laisser ton serviteur s’en aller en paix ;
30 car mes yeux ont vu ton salut,
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples,
32 lumière pour éclairer les nations
et gloire de ton peuple Israël. »
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui.
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, —
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! ­ afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. »
Lire la suite:Luc, Chapitre 2
Notes:
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22 u) La purification ne s’imposait qu’à la mère ; mais l’enfant devait être racheté. Luc note avec soin que les parents de Jésus, comme ceux de Jean, accomplissent toutes les observances de la Loi. La présentation de l’enfant au sanctuaire n’était pas prescrite, mais elle était possible, Nb 18.15, et devait paraître convenable aux gens pieux, cf. 1 S 1.24-28. Luc centre son récit sur ce premier acte cultuel de Jésus, dans la Ville sainte à laquelle il attache grande importance comme lieu de l’événement pascal et point de départ de la mission chrétienne. Cf. 2.38 ; Ac 1.14.


24 v) C’était l’offrande des pauvres.


26 w) « Le Christ du Seigneur » est celui que le Seigneur a oint, cf. Ex 30.22, c’est-à-dire consacré pour une mission de salut ainsi le roi d’Israël, un prince choisi par Yahvé ; enfin, à titre éminent, le Messie qui instaurera le règne de Dieu.


29 x) À la différence des cantiques précédents, ce cantique semble avoir été composé par Luc lui-même, en particulier à l’aide de textes d’Isaïe. Après un premier tristique qui concerne Syméon et sa mort prochaine, un deuxième définit le salut universel apporté par le Messie Jésus une illumination du monde païen qui, partie du peuple élu, tournera à sa gloire.


34 y) La mission de lumière dans le monde païen s’accompagnera pour Jésus d’hostilité et de persécution de la part de son propre peuple. Cf. Mt 2.1.


35 z) Vraie Fille de Sion, Marie portera en sa propre vie la destinée douloureuse de son peuple. Avec son Fils, elle sera au centre de cette contradiction où les cœurs devront se découvrir, pour ou contre Jésus. Le symbole de l’épée peut s’inspirer d’Ez 14.17, ou selon d’autres de Za 12.10.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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