Que peut signifier « le baptême dans l'Esprit Saint » ? Nous sommes aujourd'hui si habitués à cette expression que nous en avons déjà, semble-t-il, un peu oublié le sens initial. Peut-être la faute en revient-elle au mot même de « baptême », chargé d'un sens propre, purement chrétien, qui obscurcit quelque peu le sens de son équivalent grec (et araméen) : l'ablution purificatrice qui accompagnait le rituel purificateur juif traditionnel, composé précisément de cette ablution et d'un sacrifice purificateur particulier, pendant lequel, comme lors de l'ablution, celui qui se purifiait confessait publiquement, à haute voix, son péché. La confession du péché et le repentir ne suffisaient pas à eux seuls ; l'ablution, comme le sacrifice purificateur, devait délivrer le pécheur des conséquences du péché qu'il avait commis, conséquences tout à fait réelles qui, si aucune mesure n'était prise, pèseraient toute la vie restante sur celui qui avait péché comme un lourd fardeau spirituel, entravant ses relations avec Dieu et lui fermant la route du Royaume.
Mais l'eau et le sang sacrificiel ne purifiaient que des conséquences d'un péché concret, et encore seulement s'il avait été commis involontairement, par ignorance ou par faiblesse. Or, pour entrer dans le Royaume, il fallait être libéré entièrement du péché. Et ici, seul Dieu lui-même, par son souffle, pouvait purifier l'homme. Aucun être humain n'en a la force. Seul le Messie envoyé par Dieu peut ouvrir à ceux qui cherchent le Royaume le chemin vers le but qu'ils cherchent.
