L'artefact principal du sanctuaire qui se trouve dans la Tente est ce qu'on appelle l'arche de l'Alliance. L'arche n'est qu'un coffret ou un petit coffre, fait ici de bois léger et doré à l'extérieur comme à l'intérieur...
L'artefact principal du sanctuaire qui se trouve dans la Tente est ce qu'on appelle l'arche de l'Alliance. L'arche n'est qu'un coffret ou un petit coffre, fait ici de bois léger et doré à l'extérieur comme à l'intérieur. Dans cette arche devaient être gardées les tables, de petites plaques de calcaire portant le texte gravé des Dix Commandements. Tel était le principal sanctuaire de la Tente. Il ne ressemblait pas du tout aux objets sacrés conservés dans les sanctuaires païens. Ces objets sacrés, pensait-on, possèdent une force particulière, ou plutôt en sont les conducteurs, la force de la divinité ou de l'esprit auxquels ils appartiennent. Les toucher signifiait entrer en contact avec la force, pour son bonheur ou pour son malheur. Ici, dans la Tente, tout était différent.
Car Dieu se révèle à l'homme non comme une force impersonnelle, même si, pour ceux qui ne Le connaissent pas, Il peut aussi apparaître ainsi. Mais à ceux qui Le connaissent, Il se présente d'ordinaire non comme une force, mais comme une volonté, et une volonté bonne, une volonté qui porte l'amour. Ici, il n'y a pas besoin d'artefacts, ni de sanctuaires au sens païen. Ils n'auraient même pas été nécessaires, et il n'y aurait eu besoin ni de Tente ni de Temple, si chacun dans le peuple de Dieu avait su, avait osé communiquer avec Dieu face à face, comme Moïse, comme Aaron, comme Abraham ou Jacob avant eux, ou comme les grands prophètes d'Israël après eux.
En réalité, les choses se passèrent autrement : le peuple avait besoin d'un sanctuaire pour ne pas rencontrer Dieu simplement, comme Il l'aurait voulu, et alors Dieu indiqua à Moïse comment organiser une sorte de ces sanctuaires païens auxquels le peuple était habitué. Seulement, le principal sanctuaire de ce lieu n'était pas constitué d'objets sources de force, mais du Décalogue. Il ne s'agit évidemment pas ici de la force surnaturelle des plaques sur lesquelles les lettres étaient gravées, ni des lettres elles-mêmes.
Il s'agit du fait que c'est précisément le Décalogue qui décrit le chemin spirituel du croyant yahviste, le chemin vers Dieu et le chemin à la suite de Dieu. Les tables portant le texte des dix commandements n'étaient qu'un rappel de l'essentiel, et cet essentiel lui-même devait se produire entre l'homme et Dieu, dans cet espace de relation où seule peut se dérouler une vie spirituelle digne de ce nom. Tous, bien sûr, ne comprenaient pas ce qui était dit, mais le chemin était ouvert. Ensuite, chacun décidait lui-même de l'emprunter ou non.