La lecture d'aujourd'hui, en racontant encore un miracle accompli par Jésus, poursuit le thème commencé par le récit de la multiplication des pains. Le lien entre les deux récits est indiqué par l'évangéliste lui-même, qui remarque que le miracle de la multiplication des pains n'avait pas suffi pour que les apôtres comprennent quelque chose de très important au sujet de la personne de Jésus et de son ministère (v. 51-52). Dans le passage d'aujourd'hui, il est question d'un événement survenu pendant une tempête qui s'était levée lorsque les disciples de Jésus, laissant le Maître sur la rive orientale du lac de Génésareth, étaient partis vers l'autre rive, voulant gagner Bethsaïde (v. 45-48). Les tempêtes sur le lac de Génésareth peuvent être assez fortes pour mettre en danger des barques de pêche relativement petites, et les apôtres, surpris sur le lac par une telle tempête, se trouvèrent dans une situation difficile et dangereuse.
Et la situation est de nouveau entièrement changée par Jésus lui-même, cette fois par sa seule apparition (v. 51). Ici, comme dans le récit du miracle de la multiplication des pains, il n'y a pas non plus de détails ni de précisions : Jésus apparaît simplement, et le vent tombe aussitôt, comme s'il portait en lui un autre monde, nouveau, avec d'autres lois qui agissent aussi dans ce monde et le soumettent à elles.
L'évangéliste, en décrivant ce qui se passe, souligne en quelque sorte que Jésus n'a rien besoin de faire pour que le miracle se produise ; il lui suffit simplement d'être présent là où son intervention est nécessaire, et cela suffit, car Jésus porte en lui le Royaume de Dieu dont il parle constamment à quiconque est prêt à l'entendre, et non seulement il en parle, mais il montre aussi à quiconque est prêt à voir ce qu'est ce Royaume, où cinq pains suffisent à nourrir plusieurs milliers de personnes et où l'on peut marcher sur l'eau comme sur la terre ferme.
