D'après le contexte, Onésime, dont Paul mentionne le nom au début de la lettre, était l'esclave de Philémon, sans doute converti au Christ avec son maître. Plus tard, il devint compagnon et aide de Paul...
D'après le contexte, Onésime, dont Paul mentionne le nom au début de la lettre, était l'esclave de Philémon, sans doute converti au Christ avec son maître. Plus tard, il devint compagnon et aide de Paul, et maintenant, alors qu'il est emprisonné dans une prison romaine, Paul renvoie Onésime à Philémon, selon ses propres paroles, non plus comme un esclave, mais comme un frère dans le Christ.
On peut penser que la formation spirituelle du nouveau converti Onésime s'est déroulée sous l'influence directe de l'apôtre ; il ne pouvait guère en être autrement si Onésime a réellement accompagné Paul pendant assez longtemps. Et lorsque sa formation spirituelle dans le Christ fut achevée, il cesse d'être esclave, sinon juridiquement, car la situation formelle d'Onésime n'est pas claire, on ne sait pas si Philémon l'a affranchi ou non, du moins effectivement.
La maison de Philémon, après le baptême du maître lui-même et de toute sa maisonnée, devenait de fait un espace de l'Église, où il ne pouvait y avoir d'esclaves au sens traditionnel du monde gréco-romain, et où il ne pouvait absolument pas y avoir d'esclaves chrétiens, quel que soit le statut juridique des personnes qui y vivaient. Ainsi le Royaume entrait dans le monde, le transfigurant d'abord au niveau des relations, qui constituent la base spirituelle du Royaume.
Mais cesser d'être esclave de fait signifiait parcourir le chemin qui fait de l'homme un habitant du Royaume. Donc un homme intérieurement absolument libre et pleinement responsable. Un homme pour qui il n'existe plus de relations forcées ou inconscientes avec qui que ce soit. Et qui, par conséquent, ne peut plus être l'esclave de personne, mais peut être l'aide de quiconque Dieu lui confie d'aider. Indépendamment du statut, qui devient désormais une affaire parfois importante, mais secondaire, ne déterminant ni la vie spirituelle de l'ancien esclave ni ses relations avec ses anciens maîtres.
L’authenticité de l’épître à Philémon n’a pas été mise en doute. On la rapproche généralement de Col et Ep parce que Paul est alors prisonnier 1, 9s, 13, 23 ; Col 4.3, 10 ; Ep 3.1 ; 4.1 ; 6.20, et parce que les noms de ses compagnes, 1.12, 23-24, apparaissent en Col 4.10-14. En conséquence, on les date des années 61-63. Mais les études récentes se refusent à donner une valeur décisive à ces indications et considèrent que l’emprisonnement de Paul à Éphèse (à un moment donné durant les années 52-54) serait un contexte plus approprié, particulièrement si l’on pense à la proximité entre Éphèse et Colosses, qui est la résidence supposée de Philémon, 22, cf. Col 4.9. Cette courte lettre annonce, à un chrétien de Colosses, converti par Paul, v. 19, le retour de son esclave fugitif Onésime, lui aussi gagné au Christ par l’Apôtre, v. 10. Ce billet autographe, v. 19, jette un jour précieux sur le cœur délicat de Paul ; il a aussi l’intérêt de nous confirmer sa solution du problème de l’esclavage, Rm 6.15 : même s’ils gardent leurs relations sociales d’antan, le maître et l’esclave chrétiens doivent vivre désormais comme deux frères au service du même Maître, v. 16, cf. Col 3.22–4.1.