À proprement parler, la notion de péchés mortels (et, par conséquent, de péchés non mortels) a très peu de fondements bibliques. La Bible, en règle générale, fait la distinction entre le péché...
À proprement parler, la notion de péchés mortels (et, par conséquent, de péchés non mortels) a très peu de fondements bibliques. La Bible, en règle générale, fait la distinction entre le péché, qui entraîne toujours la séparation d'avec Dieu, c'est-à-dire la mort, et la justice, par laquelle l'homme reçoit de Dieu le don de la vie. Ce n'est qu'à un seul endroit, dans la première épître de l'apôtre Jean, qu'il est fait mention de la différence entre un péché mortel, à la suite duquel l'homme devient complètement fermé à Dieu, et un « péché qui ne mène pas à la mort », où l'homme ne s'est pas complètement éloigné de la foi et de l'amour pour Dieu. La distinction entre le péché mortel et le péché non mortel que fait l'apôtre Jean repose sur la conscience et, pour ainsi dire, sur la finalité. Si une personne s'oppose consciemment à Dieu, c'est un péché qui mène à la mort, aussi petit soit-il. Si, en revanche, une personne pèche par incapacité à résister à sa nature corrompue par le péché, mais que sa volonté s'y oppose tout de même (ou si la personne n'a simplement pas conscience de la nature peccamineuse de ses actes), dans ce cas, la possibilité de la repentance ne lui est pas fermée.
Le christianisme des origines considérait comme des péchés mortels (séparant complètement l'homme de Dieu) le meurtre, l'adultère et le reniement de la foi. C'est sur ce terreau qu'est née, au début du Moyen Âge, la théorie des 7 péchés capitaux, parmi lesquels on compte l'orgueil, l'avarice, la luxure, la colère, la gourmandise, l'envie et la paresse (l'acédie). Dans la vie chrétienne moderne, cette liste est considérée comme trop scolastique ; la plupart des chrétiens évitent de la citer.