À proprement parler, la notion de péchés mortels (et, par conséquent, de péchés non mortels) a très peu de fondements bibliques. La Bible, en règle générale, fait la distinction entre le péché...
À proprement parler, la notion de péchés mortels (et, par conséquent, de péchés non mortels) a très peu de fondements bibliques. La Bible, en règle générale, fait la distinction entre le péché, qui entraîne toujours la séparation d'avec Dieu, c'est-à-dire la mort, et la justice, par laquelle l'homme reçoit de Dieu le don de la vie. Ce n'est qu'à un seul endroit, dans la première épître de l'apôtre Jean, qu'il est fait mention de la différence entre un péché mortel, à la suite duquel l'homme devient complètement fermé à Dieu, et un « péché qui ne mène pas à la mort », où l'homme ne s'est pas complètement éloigné de la foi et de l'amour pour Dieu. La distinction entre le péché mortel et le péché non mortel que fait l'apôtre Jean repose sur la conscience et, pour ainsi dire, sur la finalité. Si une personne s'oppose consciemment à Dieu, c'est un péché qui mène à la mort, aussi petit soit-il. Si, en revanche, une personne pèche par incapacité à résister à sa nature corrompue par le péché, mais que sa volonté s'y oppose tout de même (ou si la personne n'a simplement pas conscience de la nature peccamineuse de ses actes), dans ce cas, la possibilité de la repentance ne lui est pas fermée.
Le christianisme des origines considérait comme des péchés mortels (séparant complètement l'homme de Dieu) le meurtre, l'adultère et le reniement de la foi. C'est sur ce terreau qu'est née, au début du Moyen Âge, la théorie des 7 péchés capitaux, parmi lesquels on compte l'orgueil, l'avarice, la luxure, la colère, la gourmandise, l'envie et la paresse (l'acédie). Dans la vie chrétienne moderne, cette liste est considérée comme trop scolastique ; la plupart des chrétiens évitent de la citer.
6 t) L’eau et le sang qui coulèrent du côté de Jésus, lorsqu’il fut ouvert par la lance.
7 u) Le texte des vv. 7-8 est surchargé dans la Vulg. par une incise (ci-dessous entre parenthèses) absente des mss grecs anciens, des vieilles versions et des meilleurs mss de la Vulg., et qui semble être une glose marginale introduite plus tard dans le texte « Car il y en a trois qui témoignent (dans le ciel le Père, le Verbe et l’Esprit Saint, et ces trois sont un ; et il y en a trois qui témoignent sur terre) l’Esprit, l’eau et le sang, et ces trois sont un. »
8 v) Les trois témoignages convergent. Le sang et l’eau se joignent à l’Esprit, 2.20, 27 ; Jn 3.5 ; 4.1, pour témoigner, cf. Jn 3.11, en faveur de la mission du Fils qui donne la vie, v. 11 ; Jn 3.15.
14 w) Comme dans l’évangile, cf. Jn 21, la conclusion, qui devrait terminer l’écrit, est suivie d’une note additionnelle.
16 x) Sur ce péché d’une gravité exceptionnelle les destinataires de l’épître étaient sans doute renseignés. Ce peut être le péché contre l’Esprit, contre la vérité, cf. Mt 12.31, ou l’apostasie des antichrists, 2.18-29 ; He 6.4-8, etc.
17 y) « qui ne conduit pas à la mort »; var. (Vulg.) « qui conduit à la mort ».
18 z) Trois phrases commençant par « Nous savons » récapitulent les grandes certitudes et espérances chrétiennes développées dans l’épître.
18 a) Jésus, cf. Jn 1.13, 18. — Var. (Vulg.) « la génération ».
20 b) Dieu, le seul vrai, Jn 17.3, cf. Jn 8.31 ; 1 Th 1.9 ; Ap 3.14, et le seul véritablement connu pour ce qu’il est Vie et Amour.
21 c) Dernière adjuration provoquée par le rappel du seul Véritable. — Les « idoles », sans doute au sens métaphorique, peuvent désigner le paganisme, ou encore les « idoles du cœur » (Qumrân) qui détournent l’homme de la foi et de l’amour. — Vulg. ajoute « Amen ».
En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.
1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).