Cette phrase est prononcée par Jésus comme une partie de sa prophétie sur les calamités et les persécutions à venir, et c'est précisément dans ce contexte qu'il faut l'examiner. Il ne s'agit pas de la patience de n'importe quelles personnes dans n'importe quelles situations difficiles, mais précisément des chrétiens pendant les persécutions. Il ne faut pas comprendre ici que nous devons regarder avec une sérénité olympienne les injustices ou les violences qui se produisent près de nous: Jésus lui-même intervenait, et assez rapidement, dans de tels cas.
Mais lorsque les persécutions se « déploient » contre nous, alors il nous appelle à ne pas être impatients. Il donne pour fondement à cela la confiance que Dieu tient notre vie entre ses mains; nous pouvons donc ne pas nous hâter avec notre propre réaction et lui permettre d'agir.
Quelqu'un a dit que, dans une situation critique, nous avons deux possibilités: la réaction et la réponse. La réaction est ce qui surgit aussitôt, elle vient de nous-mêmes, « de la chair ». La réponse est ce lieu où nous avons arrêté notre première réaction, l'avons supportée, et avons donné à Dieu, qui n'agit jamais sans notre permission, la possibilité d'entrer en action. Ce n'est pas par hasard que Jésus dit, dans les phrases précédentes, que nous ne devons pas préparer ni entraîner notre réaction à l'avance, mais faire confiance au fait que Dieu lui-même donnera sa réponse. Lorsque, par une telle patience, nous nous arrêtons nous-mêmes, Dieu entre dans notre vie, et c'est lui qui accomplit notre salut.
