Les dernières paroles de la célèbre parabole du prophète Isaïe sur la vigne, le Seigneur les répétera peu avant la Passion. Pour nous, il importe avant tout d’entendre le sens direct de cette parabole. Car ce qui concerne l’Israël de l’Ancien Testament n’est pas moins actuel pour le nouvel Israël, l’Église, le peuple chrétien. Plus encore, dès le début de la Bible, le monde entier apparaît devant nous comme le jardin de Dieu. C’est pourquoi la parabole de la vigne, comme le récit de la chute d’Adam, est une généralisation qui concerne toute l’humanité.
Le Seigneur dit que Son peuple est une vigne plantée par Lui pour qu’elle porte du fruit. Non pas comme un musée d’une beauté surnaturelle, non pas comme un piédestal d’honneur, non pas comme une auberge pour voyageurs fatigués, mais comme un jardin qui doit porter du fruit. Le prophète Isaïe parle du fruit spirituel que nous pouvons tous porter dans la vie réelle et pratique. Il ne s’agit pas d’illuminations mystiques ni d’exploits dans le domaine cultuel. Ce que le Seigneur attend principalement de nous, c’est la justice, la droiture envers nos prochains. L’apôtre Paul, dans l’Épître aux Galates, propose une explication plus large de ce qu’est le fruit attendu par Dieu : « Le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi ». Voilà la justice que le Seigneur attend de nous. Et si nous ne portons pas ce fruit, notre choix conduira à ce dont le Christ a parlé aux Juifs : « Voici, votre maison vous est laissée déserte ».
Mais le prophète, comme le Seigneur, ne parle pas pour nous prédire des malheurs. Dieu veut toujours notre repentir et notre conversion. C’est pourquoi il est important pour nous de ne pas craindre d’entendre cette dénonciation et de mettre notre espérance dans la promesse de Dieu selon laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Église.
