13 Voici une seconde chose que vous faites : vous couvrez de larmes l’autel de Yahvé, avec lamentations et gémissements, parce qu’il se refuse à se pencher sur l’offrande et à l’agréer de vos mains. |
14 Et vous dites : Pourquoi ? — C’est que Yahvé est témoin entre toi et la femme de ta jeunesse que tu as trahie, bien qu’elle fût ta compagne et la femme de ton alliance. |
15 N’a-t-il pas fait un seul être, qui a chair et souffle de vie ? Et cet être unique, que cherche-t-il ? Une postérité donnée par Dieu ! Respectez donc votre vie ! Et la femme de sa jeunesse, qu’on ne la trahisse pas ! |
16 Car répudier par haine (dit Yahvé le Dieu d’Israël), c’est étendre la violence sur son vêtement, dit Yahvé Sabaot. Respectez donc votre vie et ne commettez pas cette trahison ! |
17 Vous fatiguez Yahvé avec vos discours ! — Vous dites : En quoi le fatiguons-nous ? — C’est quand vous dites : Quiconque fait le mal est bon aux yeux de Yahvé, en ces gens-là il met sa complaisance ; ou encore : Où donc est le Dieu de la justice ? |
15 j) Texte difficile. « N’a-t-il pas » halo’ conj. ; « Il n’a pas » welo’ hébr. — « chair et souffle » she’er werûah conj. ; « un reste de souffle » she’ar rûah hébr. — « la femme de sa jeunesse » litt. « la femme de ta jeunesse ».
16 k) « par haine » sone’ conj. « il hait » sane’ hébr. — c’est étendre » kekasseh conj. ; « il étend » wekissah hébr. — « dit Yahvé, le Dieu d’Israël » est probablement une addition.
17 l) Sur le scandale que donnait la prospérité des méchants, dans la perspective de la rétribution terrestre, voir Job, les Ps 37 et 73, et l’Introduction aux livres sapientiaux.
Le livre dit de « Malachie » était probablement anonyme, car ce nom signifie « mon messager » et paraît être tiré de 3.1. Il se compose de six morceaux bâtis sur le même type : Yahvé, ou son prophète, lance une affirmation, qui est discutée par le peuple ou par les prêtres et qui est développée dans un discours où voisinent menaces et promesses de salut. Il y a deux grands thèmes : les fautes cultuelles des prêtres et aussi des fidèles, 1.6–2.9 et 3.6-12, le scandale des mariages mixtes et des divorces, 2.10-16. Le prophète annonce le Jour de Yahvé, qui purifiera les membres du sacerdoce, dévorera les méchants et assurera le triomphe des justes, 3.1-5, 13-21. Le passage 3.22-24 est ajouté, peut-être aussi 2 11-13.
Le contenu du livre permet de déterminer sa date : il est postérieur au rétablissement du culte dans le Temple rebâti, 515, et antérieur à l’interdiction des mariages mixtes sous Néhémie, 445, probablement assez proche de cette dernière date. L’élan qu’Aggée et Zacharie avaient donné est brisé et la communauté se laisse aller. En s’inspirant du Deutéronome, et aussi d’Ézéchiel, le prophète affirme qu’on ne se moque pas de Dieu, qui exige de son peuple religion intérieure et pureté. Il attend la venue de l’Ange de l’Alliance, préparée par un mystérieux envoyé, 3.1, dans lequel Mt 11.10, cf. Lc 7.27 et Mc 1.2, a reconnu Jean-Baptiste, le Précurseur. Cette ère messianique verra le rétablissement de l’ordre moral, 3.5, et de l’ordre cultuel, 3.4, culminant dans le sacrifice parfait offert à Dieu par toutes les nations, 1.11.