Bible-Centre

Lectionnaire catholique pour le 22 juin 2023

King James Version (en)

2 Corinthians, Chapter 11,  verses 1-11

1 Out of his jealousy over the Corinthians, who seemed to make more account of the false apostles than of him, he entereth into a forced commendation of himself, 5 of his equality with the chief apostles, 7 of his preaching the gospel to them freely, and without any their charge
1 Would to God ye could bear with me a little in my folly: and indeed bear with me.
2 For I am jealous over you with godly jealousy: for I have espoused you to one husband, that I may present you as a chaste virgin to Christ.
3 But I fear, lest by any means, as the serpent beguiled Eve through his subtilty, so your minds should be corrupted from the simplicity that is in Christ.
4 For if he that cometh preacheth another Jesus, whom we have not preached, or if ye receive another spirit, which ye have not received, or another gospel, which ye have not accepted, ye might well bear with him.
5 For I suppose I was not a whit behind the very chiefest apostles.
6 But though I be rude in speech, yet not in knowledge; but we have been throughly made manifest among you in all things.
7 Have I committed an offence in abasing myself that ye might be exalted, because I have preached to you the gospel of God freely?
8 I robbed other churches, taking wages of them, to do you service.
9 And when I was present with you, and wanted, I was chargeable to no man: for that which was lacking to me the brethren which came from Macedonia supplied: and in all things I have kept myself from being burdensome unto you, and so will I keep myself.
10 As the truth of Christ is in me, no man shall stop me of this boasting in the regions of Achaia.
11 Wherefore? because I love you not? God knoweth.
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11 


11:1 I wish ye would bear - So does he pave the way for what might otherwise have given offence. With my folly - Of commending myself; which to many may appear folly; and really would be so, were it not on this occasion absolutely necessary.


11:2 For - The cause of his seeming folly is expressed in this and the following verse; the cause why they should bear with him, Co2 11:4.


11:3 But I fear - Love is full of these fears. Lest as the serpent - A most apposite comparison. Deceived Eve - Simple, ignorant of evil. By his subtilty - Which is in the highest degree dangerous to such a disposition. So your minds - We might therefore be tempted, even if there were no sin in us. Might be corrupted - Losing their virginal purity. From the simplicity that is in Christ - That simplicity which is lovingly intent on him alone, seeking no other person or thing.


11:4 If indeed - Any could show you another Saviour, a more powerful Spirit, a better gospel. Ye might well bear with him - But this is impossible.


11:6 If I am unskilful in speech - If I speak in a plain, unadorned way, like an unlearned person. So the Greek word properly signifies.


11:7 Have I committed an offence - Will any turn this into an objection? In humbling myself - To work at my trade. That ye might be exalted - To be children of God.


11:8 I spoiled other churches - I, as it were, took the spoils of them: it is a military term. Taking wages (or pay, another military word) of them - When I came to you at first.And when I was present with you, and wanted - My work not quite supplying my necessities. I was chargeable to no man - Of Corinth.


11:9 For - I choose to receive help from the poor Macedonians, rather than the rich Corinthians! Were the poor in all ages more generous than the rich?


11:10 This my boasting shall not be stopped - For I will receive nothing from you.


11:11 Do I refuse to receive anything of you, because I love you not? God knoweth that is not the case.


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1 e) Ou peut-être « Eh bien ! oui, supportez-moi. » Sur cette folie de Paul, cf. 2 Co 5.13 ; 11.17 ; 12.11.


2 f) Paul, ami de l’époux, lui présente sa fiancée. Depuis Osée 2, l’amour de Yahvé pour son peuple était représenté par l’amour de l’époux et de l’épouse Jr 2.1-7 ; 3 ; 31.22 ; 51.5 ; Isa 49.14-21 ; 50.1 ; 54.1-10 ; 62.4-5 ; Ez 16 ; 23. Le NT a repris l’image Mt 22.2s ; 25.1s ; Jn 3.28-29 ; Ep 5.25-33 ; Ap 19.7 ; 21.2.


3 g) Add. « et la pureté ».


4 h) Le nom de « Jésus » employé seul connote pour Paul l’existence terrestre du Christ, mais comporte aussi la nuance spécifique d’humiliation et de souffrance, qui culminent dans la croix. Paul l’utilise pour contrecarrer la propagande de ceux que le dégoût d’un Christ crucifié avait amenés à inventer « un autre Jésus ».


5 i) Terme repris en 2 Co 12.11. Ce sont des « faux apôtres », 2 Co 11.14. Il ne s’agit certainement pas des Douze dont Paul reconnaît l’autorité, Ga 1.18 ; 2.9. Mais le cercle des apôtres est plus large que celui des Douze, cf. 1 Co 15.7, et il a pu y avoir d’autres Judas parmi eux. À moins qu’il ne s’agisse de personnes qui usurpaient ce titre.


6 j) Ou « en tout et de toute manière ».


Tandis qu’il écrivait les épîtres aux Thessaloniciens, Paul évangélisait Corinthe durant plus de dix-huit mois, Ac 18.1-18, du printemps 50 à la fin de l’été 51. Selon sa coutume d’agir dans les grands centres, il voulait implanter la foi au Christ dans ce port fameux très peuplé, d’où elle rayonnerait dans toute l’Achaïe, 2 Co 1.1 ; 9.2. De fait, il réussit à y établir, surtout dans les couches modestes de la population, 1 Co 1.26-28, une forte communauté. Mais cette grande ville était un foyer de culture grecque, où s’affrontaient des courants de pensée et de religion fort divers. Le contact de la jeune foi chrétienne avec cette capitale du paganisme devait poser pour les néophytes bien des problèmes délicats. C’est à les résoudre que s’emploie l’Apôtre dans les deux lettres qu’il leur écrit.

La genèse de ces deux épîtres est assez claire, en dépit de quelques points douteux. Une première lettre « précanonique », 1 Co 5.9-13, de date incertaine, n’a pas été conservée. Plus tard, durant le séjour qu’il fit à Éphèse au cours du troisième voyage, durant juste un peu plus de deux ans (52-54), Ac 19.1 ; 20.1, des questions apportées par une délégation de Corinthiens, 1 Co 16.17, auxquelles s’ajoutaient des informations reçues par le moyen d’Apollos, Ac 18.27s ; 1 Co 16.12, et des « gens de Chloé », 1 Co 1.11, poussèrent Paul à écrire une nouvelle lettre, qui est notre 1 Co, aux environs de Pâques 54 (1 Co 5.7s ; 16.5-9). Peu après, une crise dut se produire à Corinthe, où Timothée joua probablement un rôle, (1 Co 4.17 ; 16.10-11) et qui l’obligea à y faire une visite rapide et pénible, 2 Co 1.23–2.1, au cours de laquelle il promit de revenir bientôt, 2 Co 1.15-16. En fait, il ne revint pas et remplaça cette visite par une lettre sévère et écrite « parmi bien des larmes », 2 Co 2.3s, 9, qui produisit un effet salutaire, 2 Co 7.8-13. C’est en Macédoine, après avoir quitté Éphèse à la suite de crises très graves mal connues de nous, 1 Co 15.32 ; 2 Co 1.8-10 ; Ac 19.23-40, que Paul apprit de Tite cet heureux résultat, 2 Co 1.12s ; 7.5-16 ; et c’est alors qu’il écrivit les deux parties de 2 Co, pendant le printemps et l’été de 55. Il devait ensuite repasser par Corinthe, Ac 20.1s, cf. 2 Co 9.5 ; 12.14 ; 13.1, 10, pour de là remonter à Jérusalem et y être fait prisonnier.

Selon certains, 2 Co serait une compilation de plusieurs lettres – jusqu’à cinq – envoyées par Paul à Corinthe en différentes occasions. D’autres, moins impressionnés par les transitions difficiles que cette théorie cherche à expliquer, admettent cependant que les chap. 10-13 ne peuvent être la suite de 1-9. Il est psychologiquement impossible que Paul passe brutalement de la célébration de la réconciliation des chap. 1-9 à l’admonestation amère et aux justifications sarcastiques des chap. 10-13. On a suggéré que les chap. 10-13 pourraient être l’épître écrite dans les larmes, à cause de leur ton sévère, mais cela ne convient guère au contexte. L’épître écrite dans les larmes a été provoquée par la conduite d’un individu, 2 Co :2.5-8, or il n’y est même pas fait allusion dans les chap. 10-13, qui parlent du tort fait aux communautés par les faux apôtres. Il est donc plus probable que ces chapitres ont été déterminés par une détérioration de la situation à Corinthe après l’envoi des chap. 1-9.

Si ces épîtres apportent sur l’âme de Paul et sur ses relations avec ses convertis des lumières d’un extrême intérêt, leur importance doctrinale n’est pas moindre. Nous y trouvons, surtout dans 1 Co, des informations et des décisions sur bien des problèmes cruciaux du christianisme primitif, aussi bien dans sa vie intérieure : pureté des mœurs, 1 Co :5.1-13 ; 6.12-20, mariage et virginité, 1 Co 7.1-40, tenue des assemblées religieuses et célébration de l’eucharistie, 11-12, usage des charismes, 1 Co 12.1–14.40, – que dans ses rapports avec le monde païen : appel aux tribunaux, 1 Co 6.1-11, viandes offertes aux idoles 8-10. Ce qui aurait pu n’être que cas de conscience ou règlements de liturgie devient, grâce au génie de Paul, occasion de vues profondes sur la vraie liberté de la vie chrétienne, la sanctification du corps, le primat de la charité, l’union au Christ. La défense de son apostolat, 2 Co 10-13, lui inspire des pages splendides sur la grandeur du ministère apostolique, 2 Co 2.12 – 6.10 ; et le sujet très concret de la collecte, 2 Co 8-9, est illuminé par l’idéal de l’union entre les Églises. L’horizon eschatologique est toujours présent et sous-tend tout l’exposé sur la résurrection de la chair, 1 Co 15. Mais les descriptions apocalyptiques de 1 Th et 2 Th font place à une discussion plus rationnelle qui justifie cette espérance difficile pour des esprits grecs. Cette adaptation de l’Évangile au monde nouveau où il pénètre se manifeste surtout dans l’opposition de la folie de la Croix à la sagesse hellénique. Aux Corinthiens qui se divisent en s’opposant leurs différents maîtres et leurs talents humains, Paul rappelle qu’il n’y a qu’un seul maître, le Christ, un seul message, le salut par sa croix, et que là est la seule et vraie Sagesse, 1 Co 1.10 – 4.13. Ainsi, par la force des choses et sans renier les perspectives eschatologiques, il est amené à insister davantage sur la vie chrétienne présente, comme union au Christ dans la vraie connaissance qui est celle de la foi. Cette vie que donne la foi, il va l’approfondir encore, et, cette fois, par rapport au judaïsme, à la suite de la crise galate.

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Matthew, Chapter 6,  verses 7-15

5 prayer, 14 forgiving our brethren
7 But when ye pray, use not vain repetitions, as the heathen do: for they think that they shall be heard for their much speaking.
8 Be not ye therefore like unto them: for your Father knoweth what things ye have need of, before ye ask him.
9 After this manner therefore pray ye: Our Father which art in heaven, Hallowed be thy name.
10 Thy kingdom come. Thy will be done in earth, as it is in heaven.
11 Give us this day our daily bread.
12 And forgive us our debts, as we forgive our debtors.
13 And lead us not into temptation, but deliver us from evil: For thine is the kingdom, and the power, and the glory, for ever. Amen.
14 For if ye forgive men their trespasses, your heavenly Father will also forgive you:
15 But if ye forgive not men their trespasses, neither will your Father forgive your trespasses.
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6 


6:7 Use not vain repetitions - To repeat any words without meaning them, is certainly a vain repetition. Therefore we should be extremely careful in all our prayers to mean what we say; and to say only what we mean from the bottom of our hearts. The vain and heathenish repetitions which we are here warned against, are most dangerous, and yet very common; which is a principal cause why so many, who still profess religion, are a disgrace to it.Indeed all the words in the world are not equivalent to one holy desire. And the very best prayers are but vain repetitions, if they are not the language of the heart.


6:8 Your Father knoweth what things ye have need of - We do not pray to inform God of our wants. Omniscient as he is, he cannot be informed of any thing which he knew not before: and he is always willing to relieve them. The chief thing wanting is, a fit disposition on our part to receive his grace and blessing.Consequently, one great office of prayer is, to produce such a disposition in us: to exercise our dependence on God; to increase our desire of the things we ask for; to us so sensible of our wants, that we may never cease wrestling till we have prevailed for the blessing.


6:9 Thus therefore pray ye - He who best knew what we ought to pray for, and how we ought to pray, what matter of desire, what manner of address would most please himself, would best become us, has here dictated to us a most perfect and universal form of prayer, comprehending all our real wants, expressing all our lawful desires; a complete directory and full exercise of all our devotions. Thus - For these things; sometimes in these words, at least inthis manner, short, close, full. This prayer consists of three parts, the preface, the petitions,and the conclusion. The preface, Our Father, who art in heaven, lays a general foundation for prayer, comprising what we must first know of God, before we can pray in confidence of being heard. It likewise points out to us our that faith, humility, love, of God and man, with which we are to approach God in prayer.Our Father - Who art good and gracious to all, our Creator, our Preserver; the Father of our Lord, and of us in him, thy children by adoption and grace: not my Father only, who now cry unto thee, but the Father of the universe, of angels and men: who art in heaven - Beholding all things, both in heaven and earth; knowing every creature, and all the works of every creature, and every possible event from everlasting to everlasting: the almighty Lord and Ruler of all, superintending and disposing all things; in heaven - Eminently there, but not there alone, seeing thou fillest heaven and earth.Hallowed be thy name - Mayest thou, O Father, he truly known by all intelligent beings, and with affections suitable to that knowledge: mayest thou be duly honoured, loved, feared, by all in heaven and in earth, by all angels and all men.


6:10 Thy kingdom come - May thy kingdom of grace come quickly, and swallow up all the kingdoms of the earth: may all mankind, receiving thee, O Christ, for their king, truly believing in thy name, be filled with righteousness, and peace, and joy; with holiness and happiness, till they are removed hence into thy kingdom of glory, to reign with thee for ever and ever.Thy will be done on earth, as it is in heaven - May all the inhabitants of the earth do thy will as willingly as the holy angels: may these do it continually even as they, without any interruption of their willing service; yea, and perfectly as they: mayest thou, O Spirit of grace, through the blood of the everlasting covenant, make them perfect in every good work to do thy will, and work in them all that is well pleasing in thy sight.


6:11 Give us - O Father (for we claim nothing of right, but only of thy free mercy) this day - (for we take no thought for the morrow) our daily bread - All things needful for our souls and bodies: not only the meat that perisheth, but the sacramental bread, and thy grace, the food which endureth to everlasting life.


6:12 And forgive us our debts, as we also forgive our debtors - Give us, O Lord, redemption in thy blood, even the forgiveness of sins: as thou enablest us freely and fully to forgive every man, so do thou forgive all our trespasses.


6:13 And lead us not into temptation, but deliver us from evil - Whenever we are tempted, O thou that helpest our infirmities,suffer us not to enter into temptation; to be overcome or suffer loss thereby; but make a way for us to escape, so that we may be more than conquerors, through thy love, over sin and all the consequences of it. Now the principal desire of a Christian's heart being the glory of God, Mat 6:9-10 and all he wants for himself or his brethren being the daily bread of soul and body, (or the support of life, animal and spiritual,) pardon of sin, and deliverance from the power of it and of the devil, Mat 6:11-13 there is nothing beside that a Christian can wish for; therefore this prayer comprehends all his desires. Eternal life is the certain consequence, or rather completion of holiness.For thine is the kingdom - The sovereign right of all things that are or ever were created: The power - the executive power, whereby thou governest all things in thy everlasting kingdom: And the glory - The praise due from every creature, for thy power, and all thy wondrous works, and the mightiness of thy kingdom, which endureth through all ages, even for ever and ever. It is observable, that though the doxology, as well as the petitions of this prayer, is threefold, and is directed to the Father, Son, and Holy Ghost distinctly, yet is the whole fully applicable both to every person, and to the ever - blessed and undivided trinity. Luk 11:2.


6:14  Mar 11:25.


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9 v) Dans la rédaction de Mt, le Pater contient sept demandes. Ce chiffre est cher à deux fois sept générations dans la Généalogie, 1.17 ; sept béatitudes, 5.3 ; sept paraboles, 13.3 ; pardonner non sept fois mais soixante-dix-sept fois, 18.22 ; sept malédictions des Pharisiens, 23.13. C’est peut-être pour obtenir ce chiffre de sept que a ajouté au texte de base (Lc 11.2-4) les troisième, cf. 7.21 ; 21.31 ; 26.42, et septième demandes, cf. le « Mauvais » 13.19, 38.


11 w) Traduction traditionnelle et probable d’un mot difficile. On a pu proposer aussi « nécessaire à la subsistance » et « de demain ». De toute façon la pensée est qu’il faut demander à Dieu le soutien indispensable de la vie matérielle, mais rien que cela, non la richesse ni l’opulence. — Les Pères ont appliqué ce texte à la nourriture de la foi, le pain de la parole de Dieu et le pain eucharistique : cf. Jn 6.22.


13 x) « ne nous laisse pas entrer » (litt. « ne nous fais pas entrer ») le sens permissif du verbe araméen, utilisé par Jésus, n’a pas été rendu par le grec ni par la Vulgate, d’où la traduction usuelle « ne nous soumets pas ». Mais dès les premiers siècles, beaucoup des mss. latins remplaçaient Ne nos inducas par Ne nos patiaris induci.


13 y) Ou « du mal ». — Add. « Car à toi appartiennent le Royaume et la puissance et la gloire pour les siècles. Amen. » Glose liturgique inspirée de 1 Ch 29.11-12, qui fait revenir la prière à son thème central, le Royaume de Dieu, v. 10. Absente des grands mss du NT, elle se trouve déjà dans le Didachè (2e s.) et dans des mss byzantins.


Les grandes lignes de la vie de Jésus que nous rencontrons chez saint Marc se retrouvent dans l’évangile de saint Matthieu, mais l’accent est mis de façon différente. Le plan d’abord est autre. Récits et discours alternent : 1-4, récit : enfance et début du ministère ; 5-7, discours : sermon sur la montagne (béatitudes, entrée dans le Royaume) ; 8-9, récit : dix miracles montrant l’autorité de Jésus, invitation aux disciples ; 10 : discours missionnaire ; 11-12, récit : Jésus rejeté par « cette génération »; 13, discours : sept paraboles sur le Royaume ; 14-17, récit : Jésus reconnu par les disciples ; 18, discours : la vie communautaire dans l’Église ; 9-22, récit : autorité de Jésus, dernière invitation ; 23-25, discours apocalyptique : malheurs, venue du Royaume ; 26-28, récit : mort et résurrection. On remarquera la correspondance des récits (nativité et vie nouvelle, autorité et invitation, refus et reconnaissance), et le rapport entre le premier et le cinquième discours, et entre le deuxième et le quatrième ; le troisième discours forme le centre de la composition. Comme par ailleurs Matthieu reproduit beaucoup plus complètement que Marc l’enseignement de Jésus (qu’il a en grande partie en commun avec Luc) et insiste sur le thème du « Royaume des Cieux », 3.2 ; 4.17, on peut caractériser son évangile comme une instruction narrative sur la venue du Royaume des Cieux.

Ce Royaume de Dieu (= des Cieux), qui doit rétablir parmi les hommes l’autorité souveraine de Dieu comme Roi enfin reconnu, servi et aimé, avait été préparé et annoncé par l’Ancienne Alliance. Aussi Matthieu, écrivant pour une communauté de chrétiens venus du judaïsme et sans doute discutant avec les rabbins, s’attache-t-il particulièrement à montrer dans la personne et l’œuvre de Jésus l’accomplissement des Écritures. À chaque tournant de son œuvre, il se réfère à l’AT pour prouver comment la Loi et les Prophètes sont « accomplis », c’est-à-dire non seulement réalisés dans leur attente, mais encore menés à une perfection qui les couronne et les dépasse. Il le fait pour la personne de Jésus, confirmant de textes scripturaires sa race davidique, 1.1-17, sa naissance d’une vierge, 1.23, à Bethléem, 2.6, son séjour en Égypte, son établissement à Capharnaüm, 4.14-16, son entrée messianique à Jérusalem, 21.5, 16 ; il le fait pour son œuvre, de guérisons miraculeuses, 11.4-5, d’enseignement qui « accomplit » la Loi, 5.17, en lui donnant une interprétation nouvelle et plus intérieure, 5.21-48 ; 19.3-9, 16-21. Et il ne souligne pas moins fortement comment l’humilité de cette personne et l’échec apparent de cette œuvre se trouvent aussi accomplir les Écritures : le massacre des Innocents, 2.17s, l’enfance cachée de Nazareth, 2.23, la mansuétude compatissante du « Serviteur », 12.17-21 ; cf. 8.17 ; 11.29 ; 12.7, l’abandon des disciples, 26.31, le prix dérisoire de la trahison, 27.9-10, l’arrestation, 26.54, l’ensevelissement durant trois jours, 12.40, tout cela était le dessein de Dieu annoncé par l’Écriture. Et de même l’incrédulité des foules, 13.13-15, et surtout des disciples des pharisiens, attachés à leurs traditions humaines, 15.7-9 et auxquels ne peut être donné qu’un enseignement mystérieux en paraboles, 13.14-15, 35, ceci encore était annoncé par les Écritures. Sans doute les autres synoptiques utilisent-ils aussi cet argument scripturaire, mais Matthieu le renforce notablement, au point d’en faire un trait marquant de son évangile. Ceci, joint à la construction systématique de son exposé, fait de son ouvrage la charte de l’économie nouvelle qui accomplit les desseins de Dieu dans le Christ.

Pour Matthieu Jésus est le Fils de Dieu et Emmanuel, Dieu avec nous dès le début. À la fin de l’évangile, Jésus en tant que Fils de l’homme est doté de toute autorité divine sur le Royaume de Dieu, aux cieux comme sur la terre. Le titre Fils de Dieu revient aux moments décisifs du récit : le baptême, 3.17 ; la confession de Pierre, 16.16 ; la transfiguration, 17.5 ; le procès de Jésus et sa crucifixion, 26.63 ; 27.40, 43, 54. Lié à ce titre-là, on trouve celui de Fils de David (dix fois, ainsi 9.27), en vertu duquel Jésus est le nouveau Salomon, guérisseur et sage. En effet Jésus parle comme la Sagesse incarnée, 11.25-30 et 23.37-39. Le titre Fils de l’homme, qui parcourt l’évangile, culminant à la dernière scène majestueuse, 28.18-20, vient de Dn 7.13-14, où il se trouve en rapport étroit avec le thème du Royaume.

L’annonce de la venue du Royaume entraîne une conduite humaine qui dans Matthieu s’exprime surtout par la poursuite de la justice et l’obéissance à la Loi. La justice, thème préféré de Matthieu (3.15 ; 5.6, 10, 20 ; 6.1, 33 ; 21.32), est ici la réponse humaine d’obéissance à la volonté du Père, plutôt que le don divin du pardon qu’elle est pour saint Paul. La validité de la Loi (Torah) mosaïque est affirmée, 5.17-20, mais son développement par les pharisiens est rejeté en faveur de son interprétation par Jésus, qui insiste surtout sur les préceptes éthiques, sur le Décalogue et sur les grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, et qui parle d’autres sujets (le divorce, 5.31-32 ; 19.1-10) dans la mesure où ils revêtent un aspect moral.

Parmi les évangélistes Matthieu se distingue aussi par son intérêt explicite pour l’Église, 16.18 ; 18.18 (deux fois). Il cherche à donner à la communauté des croyants des principes de conduite et des chefs autorisés. Ces principes sont évoqués dans les grands discours, surtout au chap. 18 qui contient des principes en vue de prendre des décisions et de résoudre des conflits : la sollicitude pour la brebis égarée et pour les petits, le pardon et l’humilité. Matthieu n’a pas le triple ministère des évêques, des presbytres et des diacres, mais il mentionne les sages ou les chefs instruits, et en particulier les apôtres, avec Pierre à leur tête, 10.2, qui participent à l’autorité de Jésus lui-même, 10.40 ; 9.8 ; il mentionne aussi les prophètes, les scribes, les sages, 10.41 ; 13.52 ; 23.34. Comme juge de dernière instance il y a Pierre, 16.19. Puisque le pouvoir, bien que nécessaire, est dangereux, les chefs ont besoin de l’humilité, 18.1-9. Matthieu ne se fait aucune illusion au sujet de l’Église. N’importe qui peut échouer (même Pierre, 26.69-75) ; les prophètes peuvent dire le faux, 7.15 ; dans l’Église saints et pécheurs sont mélangés jusqu’au dernier tri, 13.36-43 ; 22.11-14 ; 25. Néanmoins, les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle, 16.18, et elle est envoyée en mission au monde entier, 28.18-20. Le style de vie apostolique ou missionnaire est décrit en 9.36-11.1. Tout l’évangile est encadré par le formulaire selon lequel Dieu est uni avec son peuple par Jésus Christ, Mt 1.23 ; 28.18-20. Les rejetés de l’ancien Israël, 21.31-32, unis aux païens convertis, deviennent de nouveau le peuple de Dieu, 21.43. On comprend que cet évangile si complet et si bien organisé, rédigé dans une langue moins savoureuse mais plus correcte que celle de Marc, ait été reçu et utilisé par l’Église naissante avec une faveur marquée.

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