Dans l'Antiquité, la lèpre était considérée comme une maladie terrible, incurable et très contagieuse. Le lépreux devenait un exclu ; il était impur et n'avait pas le droit d'entrer dans les villes et les villages. Même sur la route, il devait...
Dans l'Antiquité, la lèpre était considérée comme une maladie terrible, incurable et très contagieuse. Le lépreux devenait un exclu ; il était impur et n'avait pas le droit d'entrer dans les villes et les villages. Même sur la route, il devait signaler sa présence, afin de ne pas toucher par hasard une personne, ni même un objet. Tout ce que touchait le lépreux devenait également impur. Et voici qu'un tel homme vient à Jésus et tombe à genoux devant Lui. « Si Tu veux, Tu peux me purifier », dit-il.
Cet homme avait sans doute rencontré bien des fois des gens qui précisément ne voulaient pas avoir affaire à lui, ne voulaient pas seulement lui parler, mais même se trouver près de lui. C'est pourquoi le geste du Christ paraît si bouleversant. Il aurait pu simplement dire : « Je le veux, sois purifié ». Mais, en plus de Sa volonté de guérir, Il manifeste aussi Sa miséricorde. Comme l'écrit l'évangéliste, « pris de compassion » (« ému de miséricorde » dans la traduction synodale), le Christ étendit la main et toucha le lépreux. Celui qu'aucune main humaine n'avait touché depuis de nombreuses années ! La miséricorde du Christ se trouve dirigée non seulement vers la chair, mais aussi vers le cœur de cet homme.
Et pourtant le Seigneur n'abolit ni ne viole la loi de Moïse, comme Lui-même l'a dit plus d'une fois. C'est pourquoi Il ordonne sévèrement au lépreux d'accomplir tout ce que la loi prescrit à celui qui a été guéri de la lèpre. Le verbe employé par l'évangéliste, outre le sens de « parler sévèrement », a aussi celui de « gronder » et de « s'affliger ». Peut-être l'évangéliste avait-il en vue non seulement la sévérité, mais aussi une demande émue et douloureuse. Les paroles du Seigneur tiennent au fait que, si le lépreux guéri commençait à raconter le miracle, les Juifs incrédules considéreraient le Christ comme souillé, impur. L'évangéliste rapporte que c'est bien ce qui arriva, et qu'après cela le Christ ne pouvait plus entrer dans la ville.
Voilà le tableau qui se présente à nous aujourd'hui : le contact infiniment miséricordieux de Jésus et la trahison d'un homme qui n'a pas accompli une demande si simple.