S'adressant aux chrétiens de Thessalonique, Paul dit qu'ils ont reçu le témoignage de lui-même et de ses compagnons comme parole de Dieu, et non simplement comme la prédication ordinaire de prédicateurs ordinaires...
S'adressant aux chrétiens de Thessalonique, Paul dit qu'ils ont reçu le témoignage de lui-même et de ses compagnons comme parole de Dieu, et non simplement comme la prédication ordinaire de prédicateurs ordinaires. Bien sûr, tout prédicateur religieux parle de sa prédication comme de la parole de Dieu. Parfois cela implique la prédication d'un enseignement vrai, venant de Dieu et établi par Dieu; parfois le prédicateur prétend à une révélation directe qu'il reçoit, selon ses propres paroles, immédiatement de Dieu. Parmi les prédicateurs religieux, on rencontre réellement l'un et l'autre. Mais le témoignage du chrétien au sujet du Christ et du Royaume n'est pas une prédication religieuse.
Avant tout, c'est le témoignage de cette vie nouvelle, de la vie avec le Christ dans son Royaume, qui s'est ouverte au témoin. À certains égards, bien sûr, un tel témoignage rappelle cette forme de prédication religieuse où le prédicateur reçoit une certaine révélation directement de Dieu et la raconte aux autres, comme le faisaient, par exemple, les prophètes d'Israël, qui témoignaient de ce que Dieu leur révélait.
Une telle prédication peut aussi dépasser le cadre proprement religieux, le cadre d'un enseignement religieux: car la révélation vivante n'entre souvent dans aucun cadre religieux. Mais même un tel témoignage suppose seulement la nécessité de communiquer quelque chose aux auditeurs, de leur transmettre quelque chose d'important, qui peut changer leur vie spirituelle s'ils prennent en considération ce qui est dit et en tirent les conclusions appropriées. Cependant, les conclusions elles-mêmes et le changement de vie relèvent entièrement de la responsabilité de celui qui a entendu.
Comme Dieu l'a dit à l'un des grands prophètes d'Israël, Ézéchiel: témoigne auprès de chacun, car si tu ne témoignes pas au pécheur qu'il pèche devant Dieu, je te demanderai compte du péché qu'il a commis; mais si tu témoignes, je lui en demanderai compte à lui-même. Le témoignage est absolument important, mais chacun décide lui-même comment y répondre. Avec le Christ et avec le Royaume, il n'en va pas ainsi. Ici, le «savoir sur», le savoir théorique, le savoir «en principe» et «en général» ne donne rien. Le témoignage au sujet du Christ et du Royaume n'a de sens que lorsque l'homme accueille ce qui est dit précisément comme une révélation de Dieu, exigeant une réponse immédiate, ici et maintenant.
Cela se comprend: car le véritable témoignage chrétien place toujours l'homme devant Dieu, en lui ouvrant la présence de Dieu. Une présence à laquelle on peut s'ouvrir ou que l'on peut rejeter. Le prophète raconte ce que Dieu veut transmettre par lui aux autres; le témoin du Christ ne fait que conduire l'homme au Christ, comme s'il le Lui présentait, puis laisse celui qu'il a présenté seul à seul avec Celui à qui il l'a présenté.
C'est alors que commence l'essentiel: la communion directe de l'homme avec le Christ, sans intermédiaires et sans traducteurs. L'expérience d'une telle communion est précisément l'expérience de la vie chrétienne proprement dite, qui ouvre à l'homme le Royaume et lui donne la possibilité, à son tour, de devenir témoin pour les autres. Un témoin qui conduira encore quelqu'un au Christ, puis se retirera de même, en lui donnant la possibilité de cette même rencontre personnelle avec le Christ qui lui a été accordée à lui-même.
13 j) Cette seconde action de grâces, 1.2-10, a été considérée comme le début d’une lettre indépendante, qui se terminait à l’origine en 4.2 ; en effet, 3.11—4.2 a les caractéristiques d’une conclusion et fait double emploi avec 5.23-28. Certains croient voir dans les vv. 13-16 une interpolation, mais les raisons avancées ne sont pas convaincantes.
13 k) Description concentrée de la tradition apostolique. La parole est d’abord « reçue », 4.1 ; 2 Th 3.6 ; 1 Co 11.23 ; 15.1, 3 ; Ga 1.9 ; Ph 4.9 ; Col 2.6, c’est-à-dire entendue, Rm 10.17 ; Ep 1.13 ; Ac 15.7 ; etc., puis, pénétrant jusqu’au cœur, cf. Rm 10.8-10, elle y est « accueillie », 1.6 ; 2 Th 2.10 ; 2 Co 11.4 ; Ac 8.14, etc. ; Mc 4.20, c’est-à-dire que l’auditeur reconnaît que Dieu parle par son envoyé, 4.1s ; 2 Co 3.5 ; 13.3.
13 l) Ou peut-être « est rendue active », Dieu agissant par sa parole dans les croyants, cf. 1.8 ; 2 Th 3.1 ; He 4.12.
14 m) La sévérité des vv. 15-16 (qui relient le Jésus de l’histoire au Jésus de la foi) reflète les polémiques primitives de Jérusalem, Mt 5.12 ; 21.33-46 ; 23.29-37 ; Ac 2.23 ; elle est causée par l’acharnement de la Synagogue à entraver la prédication de Paul chez les païens, v. 16 ; cf. Ph 3.2-3 ; Ac 13.5. Cependant Paul ne s’en prend qu’aux adversaires directs de sa mission. Il rappellera souvent les grandeurs du peuple élu et complétera, en d’autres contextes, le présent tableau cf. Rm 9:-11 ; Ga 4.21-31. Il n’épargnera pas ses efforts pour resserrer l’unité entre les chrétiens venus du paganisme et ceux qui sont nés d’Israël, cf. 1 Co 16.1 ; Ep 2.11-22.
15 n) C’est ici le seul endroit où Paul désigne nommément les responsables de la mort de Jésus.
16 o) Add. « de Dieu ».
Les premières épîtres en date sont adressées aux Thessaloniciens, que Paul a évangélisés au cours du deuxième voyage, Ac 17.1-10, de l’automne 49 au printemps 50. Obligé par les attaques des Juifs de partir pour Bérée, d’où il gagna Athènes et Corinthe, c’est sans doute de cette dernière ville, durant l’été 50, qu’il écrivit 1 Th. Silas et Timothée sont à ses côtés et les bonnes nouvelles rapportées par ce dernier d’une deuxième visite à Thessalonique sont l’occasion pour Paul d’une effusion du cœur, 1 Th 1-3, suivie d’exhortations pratiques, 1 Th 4.1-12 ; 5.12-28, entre lesquelles s’insère une réponse sur le sort des défunts et la Parousie du Christ, 1 Th 4.13–5.11. Écrite sans doute de Corinthe quelques mois plus tard (2 Th 2.15), 2 Th donne, avec d’autres exhortations pratiques, 1 ; 2 Th 2.13–3.15, de nouvelles instructions sur la date de la Parousie et les signes qui doivent la précéder, 2 Th 2.1-12.