Nous avons devant nous un appel à chanter un chant nouveau, et l'on peut demander : pourquoi faut-il de nouveaux chants ? Les anciens ne suffisent-ils pas ? Sont-ils devenus moins bons ?
Bien sûr que non. Mais en composant de nouveaux chants, nous pouvons ressentir à nouveau, comme pour la première fois, ce que nous allons chanter. En exprimant nos sentiments par de nouvelles associations de mots, encore jamais entendues, nous ne nous joignons pas seulement à la confession de foi de nos grands prédécesseurs : dans la mesure de nos propres forces, même les plus modestes, nous nous efforçons aussi de confirmer que nous-mêmes sommes heureux de demeurer en unité avec le Créateur.
Un tel appel s'adresse d'abord aux hommes, ce qui est naturel ; mais nous voyons ensuite le psalmiste étendre son appel à l'allégresse à l'ensemble du monde naturel. Nous avons ici quelque chose de plus qu'une image poétique, car non seulement nos cœurs, mais l'univers tout entier doit être transformé et retrouver son unité avec le Seigneur. Ce monde aurait pu être différent si nous, les hommes, avions été dignes de ce pour quoi nous avons été créés ; mais aujourd'hui encore, beaucoup dépend de nous. Nous sommes responsables non seulement de nous-mêmes, mais de tout le monde qui nous a été confié.
