Il existe deux variantes d'un proverbe russe : « Tiens, pauvre hère (c'est-à-dire mendiant), prends ce qui ne nous sert à rien », et « Tiens, mon Dieu... »
Il existe deux variantes d'un proverbe russe : « Tiens, pauvre hère (c'est-à-dire mendiant), prends ce qui ne nous sert à rien », et « Tiens, mon Dieu... » Les deux variantes parlent de la même chose : la réticence très répandue de personnes apparemment pieuses à sacrifier à Dieu quoi que ce soit qui ait vraiment de la valeur, car l'aumône donnée à un pauvre est elle aussi un don fait à Dieu. La Bible atteste que cette tradition de « piété » existe depuis de nombreux siècles.
Pourtant, l'authenticité de la foi ne se vérifie pas seulement par la fermeté des martyrs, mais bien plus souvent dans les petites choses de la vie quotidienne. Notre réaction spontanée à celles-ci révèle notre état réel plus sûrement que notre réaction aux événements grandioses, auxquels beaucoup essaient de se préparer longtemps à l'avance, bien avant qu'ils n'approchent. Mais, comme le dit un autre proverbe, ce n'est pas la mer qui nous noie, mais une flaque...
Le livre dit de « Malachie » était probablement anonyme, car ce nom signifie « mon messager » et paraît être tiré de 3.1. Il se compose de six morceaux bâtis sur le même type : Yahvé, ou son prophète, lance une affirmation, qui est discutée par le peuple ou par les prêtres et qui est développée dans un discours où voisinent menaces et promesses de salut. Il y a deux grands thèmes : les fautes cultuelles des prêtres et aussi des fidèles, 1.6–2.9 et 3.6-12, le scandale des mariages mixtes et des divorces, 2.10-16. Le prophète annonce le Jour de Yahvé, qui purifiera les membres du sacerdoce, dévorera les méchants et assurera le triomphe des justes, 3.1-5, 13-21. Le passage 3.22-24 est ajouté, peut-être aussi 2 11-13.
Le contenu du livre permet de déterminer sa date : il est postérieur au rétablissement du culte dans le Temple rebâti, 515, et antérieur à l’interdiction des mariages mixtes sous Néhémie, 445, probablement assez proche de cette dernière date. L’élan qu’Aggée et Zacharie avaient donné est brisé et la communauté se laisse aller. En s’inspirant du Deutéronome, et aussi d’Ézéchiel, le prophète affirme qu’on ne se moque pas de Dieu, qui exige de son peuple religion intérieure et pureté. Il attend la venue de l’Ange de l’Alliance, préparée par un mystérieux envoyé, 3.1, dans lequel Mt 11.10, cf. Lc 7.27 et Mc 1.2, a reconnu Jean-Baptiste, le Précurseur. Cette ère messianique verra le rétablissement de l’ordre moral, 3.5, et de l’ordre cultuel, 3.4, culminant dans le sacrifice parfait offert à Dieu par toutes les nations, 1.11.