En poursuivant son propos sur la foi et les « œuvres de la Torah », Paul attire l’attention sur la différence essentielle entre elles : la foi repose sur les relations entre Dieu et l’homme, tandis que les « œuvres de la Torah » demeurent le fruit des seuls efforts humains. Ce n’est pas par hasard que l’apôtre rappelle aux chrétiens de Galatie que la réalité du souffle (« de l’Esprit ») de Dieu, du souffle du Royaume, s’est ouverte à eux par un acte de foi, grâce à cette confiance envers le Christ dont ils se sont montrés capables, et non par quelque « œuvre de la Torah ». Pourquoi donc, demande Paul dans une question rhétorique aux destinataires de sa lettre, vous appuyez-vous maintenant non sur cette confiance, non sur le souffle du Royaume qui vous est si familier, en un mot non sur le spirituel, mais sur des moyens purement humains, ce qu’est aux yeux de Dieu toute activité religieuse (v. 2–3) ? Et Celui qui vous a fait participer à la réalité du Royaume, qui vous a fait sentir Son souffle (« l’Esprit »), l’a-t-Il fait au moyen des « œuvres de la Torah », et non en vous appelant à la fidélité (« par l’enseignement de la foi ») (v. 5) ?
L’apôtre, peut-être pas pour la première fois, se tourne vers l’image d’Abraham : car lui, sans aucun doute, fut fidèle à Dieu, et Dieu fut avec lui ; mais il ne pouvait évidemment être question à cette époque d’aucune « œuvre de la Torah », puisque la Torah elle-même n’existait pas encore, elle ne fut révélée au peuple que bien plus tard, par Moïse. Alors d’autres aussi peuvent compter sur le fait qu’en se tournant vers Dieu et en Lui gardant fidélité, ils recevront ce qu’Abraham a reçu, devenant ses héritiers spirituels (v. 6–8). Paul ne nie pas le chemin d’une fidélité inébranlable à la Torah ; il indique seulement ce fait évident que la Torah a été donnée non comme moyen de justification devant Dieu, mais comme une sorte d’indicateur de la direction dans laquelle il faut avancer, direction où l’on ne parvient pas sans la foi (v. 9–11). Si l’on parcourait jusqu’au bout le chemin indiqué par la Torah comme il le faut, sans violer aucun des commandements, on pourrait recevoir à la fin la même vie que reçoivent ceux qui suivent le Christ (v. 12).
Mais il faut tout accomplir et jusqu’au bout, et aucun homme n’en a la force. Il ne reste qu’une chose : suivre le Christ, qui a ouvert à tous ceux qui sont prêts à Lui faire confiance ce chemin de foi qu’Abraham a parcouru (v. 13–14). Paul rappelle aux chrétiens de Galatie les fondements. Il ne leur parle pas de religion, qui en elle-même ne rapproche personne du Royaume, pas plus d’ailleurs qu’elle n’en éloigne, mais de la vie spirituelle au sens véritable du mot, où les relations des hommes avec Dieu et les uns avec les autres se révèlent les plus importantes. Des relations sans lesquelles il n’y a pas de Royaume.
