Il ne venait pas à l'esprit de Pierre qu'il était capable de renier le Christ. À vue humaine, Pierre se comportait dignement et courageusement: puisqu'en accompagnant le Maître jusqu'à la maison du grand prêtre, il prenait un risque. Quant au fait qu'il se soit mis à nier le connaître, c'était une ruse clandestine ordinaire, pour laquelle il est impossible de condamner... Il est difficile de répondre à un raisonnement aussi bien construit, d'autant que, dans des situations de persécution, beaucoup de gens ont souvent agi exactement ainsi. Mais nous lisons que Pierre, se sentant coupable, pleura amèrement; cela signifie donc que, d'une certaine manière, son comportement ne correspond pas aux règles admissibles de prudence. Il ne faut pas condamner ceux qui éprouvent de la peur devant les persécuteurs, car Jésus lui-même ne condamnait pas ses disciples secrets de ne pas agir ouvertement. Mais chaque chose a son temps, comme il y a un temps pour ramasser les pierres et un temps pour les jeter. Il y a des minutes où il faut rejeter toute peur et témoigner de Celui que nous connaissons.
Le procès du Sanhédrin est précédé de moqueries et de coups; en réalité, il commence par eux. Les juges n'ont pas l'intention de chercher la vérité: la sentence est déjà prête. Mais la manière dont se déroule le procès nous montre visiblement comment se fait le choix: on peut accepter ou rejeter le témoignage du Christ sur lui-même. Chacun décide pour soi, mais ceux qui rejettent sont gênés par la présence du Christ: ils voudraient tout simplement qu'il n'existe pas. C'est pourquoi le rejet fait naître le désir de détruire, de couvrir de boue, de ne pas reconnaître la réalité même de son existence. Le désir de tuer le Christ n'est pas né ce jour-là; il existait bien avant le procès et n'a pas cessé jusqu'à aujourd'hui. Mais jusqu'à la fin des temps, il restera voué à l'échec.
