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La Bible pour les débutants pour le 25 août 2020

La Bible de Jérusalem (fr)

Luc, Chapitre 21,  vers 5-38

V. Ministère de Jésus à Jérusalem> 5 Discours sur la ruine de Jérusalem. Introduction., 8 Les signes précurseurs., 20 L’investissement., 25 Les catastrophes cosmiques et la Manifestation glorieuse du Fils de l’homme., 29 Parabole du figuier., 34 Veiller pour ne pas être surpris., 37 Les dernières journées de Jésus.
Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit :
« De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. »
Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite.
Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. »
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume.
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes.
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom,
13 et cela aboutira pour vous au témoignage.
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense :
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire.
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous,
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom.
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra.
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies !
20 « Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche.
21 Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ;
22 car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit.
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
« Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple.
24 Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens.
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ;
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées.
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire.
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. »
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres.
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche.
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche.
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre.
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
Lire la suite:Luc, Chapitre 22
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

5 m) En 17.22-37, Luc, suivant une de ses sources, avait traité du retour glorieux de Jésus à la fin des temps. Ici, comme Mc qu’il suit et combine avec une autre source, il traite de la ruine de Jérusalem, sans y mêler la fin du monde comme fait Mt, cf. Mt 24.1 ; 19.44.


15 n) attribue ici à Jésus l’initiative que Mt 10.20 ; Mc 13.11 ; 12.12 réservent à l’Esprit du Père (Mt) ou à l’Esprit-Saint (Mc et Lc). Cf. Ac 6.10 ; Jn 16.13-15.


20 o) Comme en 19.43-44, les expressions sont bibliques et n’ont rien d’une description faite après l’événement.


22 p) Peut-être allusion à Dn 9.26s.


24 q) Voir les soixante-dix ans de Jr 25.11 ; 29.10 ; 2 Ch 36.20-21 ; Dn 9.1-2, repris dans la prophétie des soixante-dix semaines d’années de Dn 9.24-27, chiffres symboliques et mystérieux du temps accordé par Dieu aux nations païennes pour châtier Israël coupable, après quoi celui-ci verra sa délivrance.


28 r) Ou « rédemption », terme paulinien, cf. Rm 3.24.


31 s) Non dans son stade initial, déjà inauguré, 17.21, mais dans son stade de développement et de conquête, qu’inaugurera la ruine de Jérusalem. Cf. 9.27.


35 t) Var. « car il s’abattra comme un filet ».


38 u) Le contact littéraire avec Jn 8.1-2 est évident. La péricope de la femme adultère, Jn 7.53—8.11, que tant de raisons invitent à attribuer à Luc, trouverait ici un excellent contexte.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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