Bible-Centre

La Bible pour les débutants pour le 8 juillet 2020

La Bible de Jérusalem (fr)

Luc, Chapitre 1,  vers 1-25

1 Prologue., I. Naissance et vie cachée de Jean-Baptiste et de Jésus> 5 Annonce de la naissance de Jean-Baptiste.
Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole,
j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé exactement de tout depuis les origines d’en écrire pour toi l’exposé suivi, excellent Théophile,
pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus.
Il y eut aux jours d’Hérode, roi de Judée, un prêtre du nom de Zacharie, de la classe d’Abia, et il avait pour femme une descendante d’Aaron, dont le nom était Élisabeth.
Tous deux étaient justes devant Dieu, et ils suivaient, irréprochables, tous les commandements et observances du Seigneur.
Mais ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Élisabeth était stérile et que tous deux étaient avancés en âge.
Or il advint, comme il remplissait devant Dieu les fonctions sacerdotales au tour de sa classe,
qu’il fut, suivant la coutume sacerdotale, désigné par le sort pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y brûler l’encens.
10 Et toute la multitude du peuple était en prière, dehors, à l’heure de l’encens.
11 Alors lui apparut l’Ange du Seigneur, debout à droite de l’autel de l’encens.
12 À cette vue, Zacharie fut troublé et la crainte fondit sur lui.
13 Mais l’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée ; ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jean.
14 Tu auras joie et allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance.
15 Car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira ni vin ni boisson forte ; il sera rempli d’Esprit Saint dès le sein de sa mère
16 et il ramènera de nombreux fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu.
17 Il marchera devant lui avec l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé. »
18 Zacharie dit à l’ange : « À quoi connaîtrai-je cela ? Car moi je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. »
19 Et l’ange lui répondit : « Moi je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle.
20 Et voici que tu vas être réduit au silence et sans pouvoir parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, lesquelles s’accompliront en leur temps. »
21 Le peuple cependant attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attardât dans le sanctuaire.
22 Mais quand il sortit, il ne pouvait leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Pour lui, il leur faisait des signes et demeurait muet.
23 Et il advint, quand ses jours de service furent accomplis, qu’il s’en retourna chez lui.
24 Quelque temps après, sa femme Élisabeth conçut, et elle se tenait cachée cinq mois durant.
25 « Voilà donc, disait-elle, ce qu’a fait pour moi le Seigneur, au temps où il lui a plu d’enlever mon opprobre parmi les hommes ! »
Lire la suite:Luc, Chapitre 1
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 a) Ce prologue, de vocabulaire choisi et de style périodique, ressemble à ceux des historiens de l’époque hellénistique.


1 b) Emphatique il faut entendre « plusieurs ». Sur ces récits connus de Luc et utilisés par lui, voir l’Introduction.


4 c) Ou, peut-être, « des renseignements qui te sont parvenus ». Dans ce cas, Théophile ne serait pas un chrétien que l’on veut confirmer dans sa foi, mais un haut fonctionnaire qu’il s’agit de renseigner.


5 d) Jusqu’au chap. 3, Luc adopte le grec sémitisant des Septante. Les allusions et réminiscences bibliques sont nombreuses. L’ensemble est de couleur archaïque. Luc restitue l’atmosphère du milieu des « pauvres », cf. So 2.3, où vivaient ses personnages et où il a sans doute puisé l’essentiel de son information. dispose en diptyque les récits concernant la naissance et l’enfance de Jean et celle de Jésus. Il raconte celles-ci du point de vue de Marie, tandis que Mt les racontait du point de vue de Joseph.


8 e) Chaque « classe » assurait le service durant une semaine, cf. 1 Ch 24.19 ; 2 Ch 23.8.


9 f) Cet office consistait à renouveler la braise et les parfums sur l’autel de l’encens qui se trouvait devant le Saint des Saints, cf. Ex 30.6-8. L’encensement avait lieu avant le sacrifice du matin et après celui du soir.


12 g) Luc note volontiers les manifestations de crainte religieuse : 1.29-30, 65 ; 2.9-10 ; 4.36 ; 5.8-10, 26 ; 7.16 ; 8.25, 35-37, 56 ; 9.34, 43 ; 24.37 ; Ac 2.43 ; 3.10 ; 5.5, 11 ; 10.4 ; 19.17. Cf. Ex 20.20 ; Dt 6.2 ; Pr 1.7.


13 h) Ce nom signifie « Yahvé est favorable ».


14 i) Les chap. 1-2 baignent dans une atmosphère de joie 1.28, 46, 58 ; 2.10. Cf. 10.17, 20s ; 13.17 ; 15.7, 32 ; 19.6, 37 ; 24.41, 52 ; Ac 2.46 ; Ph 1.4.


15 j) Ces paroles s’inspirent de plusieurs textes de l’AT, en particulier du statut du nazir , cf. Nb 6.1.


15 k) Chez Luc cette expression ne signifie pas une plénitude de grâce sanctifiante, mais un don de prophétie qui fait parler de façon inspirée : 1.41, 67 ; Ac 2.4 ; 4.8, 31 ; 7.55 ; 9.17 ; 13.9. Ce don se manifestera chez Jean dès le sein de sa mère, par un tressaillement prophétique, 1.44.


17 l) D’après Ml 3.23, on pensait que le retour d’Élie devait précéder et préparer le Jour de Yahvé. Jean-Baptiste sera « l’Élie qui doit venir », cf. Mt 17.10-13 ; 9.30.


18 m) Zacharie demande un « signe », cf. Gn 15.8 ; Jg 6.17 ; Isa 7.11 ; 38.7. Mais il reste sceptique.


19 n) Première apparition d’un verbe cher à Luc dix fois dans l’évangile, quinze fois dans les Actes, le plus souvent à propos de la Bonne Nouvelle ou « Évangile » du Royaume ; voir Mc 1.1 ; Ac 5.42 ; Ga 1.6.


22 o) Pour prononcer la bénédiction d’usage.


25 p) La stérilité était tenue pour un déshonneur, Gn 30.23 ; 1 S 1.5-8, et même pour un châtiment, 2 S 6.23 ; Os 9.11.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.