Le livre de Proverbes est une sorte de commentaire sur la Torah, ou, plus exactement la réflexion sur la Torah et de la manière comment l’exécuter et l’observer. La Torah n’a jamais été pour une seule personne. Bien sûr, elle va à chaque personne, qui voudrait bâtir une vie conformément à la loi De Dieu. Et tout de même, lorsque Dieu donnait la Torah à Son peuple, Il la donnait comme une loi pour le peuple entier, et pas seulement pour des individus. Il proposait à Son peuple de se rapporter à la Torah toute la vie, pas seulement privée, mais aussi publique et d'État. Ce n'est pas étonnant que dans le livre de Proverbes nous trouvions assez souvent les aphorismes se rapportant non pas à la vie privée, mais a la vie publique ou d'État.
La justice est une notion entière et indivisible, on ne peut pas la diviser en privée et publique, c'est pourquoi le sage parle de l'élévation et de la chute des méchants, parle aussi des justes, dont le nombre se multiplie, quand s’achève le temps des méchants. On aurait bien sûr pu dire que la justice et la politique ou la justice et l'activité étatique sont des choses incompatibles, mais l'auteur du Livre de Proverbes ne trouve pas ainsi. Il est peu probable qu’il ne comprît pas qu’il n’y a pas des gens sans péché. Il voulait simplement dire que la justice tout comme la méchanceté est juste une question de choix fait dans une situation concrète, choix fait soit au profit de la Torah, et donc, de la justice, soit au profit de quelques autres raisons, — et alors il faudra oublier la justice.
Si le choix est fait par une personne influente ou haut placé, sa méchanceté devient le facteur non seulement de sa propre vie, mais aussi de la vie publique. La justice dans un tel fond peut vraiment se perdre, devenir imperceptible, car la vie publique se jette toujours plus aux yeux que la vie privé, restant très souvent cachée des yeux étrangers. Il peut même sembler que la méchanceté triomphe, et il ne reste déjà plus de places pour la justice dans le peuple, que dirige un méchant dirigeant.
Mais en réalité la justice ne disparaît nulle part, elle ne peut pas disparaître, tant qu’il reste dans le peuple, bien que dirigé par un méchant, ne serait-ce qu’un seul juste. Elle devient simplement imperceptible, et reste imperceptible jusqu'à ce qu’elle soit de nouveau réclamée. Ceci bien sûr ne peut se produire avant que le règne du méchant ne soit terminé, et alors tout se mettra de nouveau en place: la justice se manifeste au monde telle qu'elle est, et la méchanceté disparaît, comme les vapeurs du souffle de vent frais.