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Lecture en trois ans pour le 20 juin 2019

La Bible de Jérusalem (fr)

Osée, Chapitre 11

II. Crimes et châtiment d’Israël> 1 Yahvé va venger son amour méconnu., 7 Mais Yahvé pardonne., 10 Le retour de l’exil.
Quand Israël était jeune, je l’aimai,
et d’Égypte j’appelai mon fils.
Mais plus on les appelait, plus ils s’écartaient ;
aux Baals ils sacrifiaient,
aux idoles ils brûlaient de l’encens.
Et moi j’avais appris à marcher à Éphraïm,
je le prenais par les bras,
et ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux !
Je les menais avec des attaches humaines,
avec des liens d’amour ;
j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson
tout contre leur joue,
je m’inclinais vers lui et le faisais manger.
Il ne reviendra pas au pays d’Égypte,
mais Assur sera son roi.
Puisqu’il a refusé de revenir à moi,
l’épée sévira dans ses villes,
elle anéantira ses verrous,
elle dévorera à cause de leurs desseins.
Mon peuple est cramponné à son infidélité.
On les appelle en haut,
pas un qui se relève !
Comment t’abandonnerais-je, Éphraïm,
te livrerais-je, Israël ?
Comment te traiterais-je comme Adma,
te rendrais-je semblable à Çeboyim ?
Mon cœur en moi est bouleversé,
toutes mes entrailles frémissent.
Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère,
je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm
car je suis Dieu et non pas homme,
au milieu de toi je suis le Saint,
et je ne viendrai pas avec fureur.
10 Derrière Yahvé ils marcheront,
comme un lion il rugira ;
et quand il rugira,
les fils viendront, tremblants, de l’Occident ;
11 comme un passereau ils viendront en tremblant de l’Égypte,
comme une colombe, du pays d’Assur,
et je les ferai habiter dans leurs maisons,
oracle de Yahvé.
Lire la suite:Osée, Chapitre 12
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 w) Ce chapitre est étroitement parallèle à 1-3. Après l’analogie de l’amour conjugal bafoué, voici celle de l’amour paternel méconnu. On notera cependant que dans les trois premiers chapitres du livre les enfants étaient déjà étroitement associés à la mère, 2.1, 4. Déjà tout au début, 1.2, les deux perspectives sont unies.


1 x) On a ici la première attestation du thème de l’amour de Dieu comme cause de l’élection d’Israël, doctrine qui sera abondamment développée par le Deutéronome Dt 4.37 ; 7.7-9 ; 10.15, etc. Pour Osée, la véritable histoire d’Israël commence avec la sortie d’Égypte. Tout ce passage décrit l’âge d’or du désert, cf. 2.16. De la geste des Patriarches, Osée ne semble avoir connu — ou retenu — que des traits défavorables, 12.4-5, 13.


2 y) Le sujet du verbe « appelait » n’est pas précisé ; avec une légère correction on pourrait lire « plus je les appelais, plus ils s’écartaient de moi ».


4 z) « nourrisson » `ûl conj. ; « joug » `ol hébr.


4 a) Ou « je lui tendais de la nourriture ». — Tout ce passage (vv. 3-4) montre Yahvé faisant l’éducation d’Israël enfant thème de la pédagogie divine reprise par le Deutéronome Dt 8.5-6.


5 b) Au lieu d’être captifs en Égypte ils le seront en Assyrie. Mais La situation sera identique. La contradiction avec 8.13 n’est qu’apparente.


7 c) Texte incertain. — « en haut », cf. 7.16.


8 d) Adma et Çeboyim, deux des cinq villes de la Pentapole, Gn 10.19 ; 14.2, 8 ; Dt 29.22, qui tenaient sans doute dans la tradition « élohiste » la place de Sodome et Gomorrhe dans la tradition « yahviste », Isa 1.9-10.


8 e) Le mot est très fort ; précisément celui qui est employé à propos de la destruction des cités coupables, Gn 19.25 ; Dt 29.22. Osée laisse entendre que le châtiment envisagé est comme vécu d’avance dans le cœur de Dieu. Cf. le cri de David à la mort d’Absalom, 2 S 19.1.


9 f) La transcendance de Dieu est soulignée avec force. Mais contrairement à d’autres textes plus anciens (Ex 19.2 ; 2 S 6.6-8, etc.) ou plus récents que celui-ci (Isa 6.3), elle est ici dépouillée de tout caractère terrifiant et elle s’exprime en termes d’amour. La sainteté divine se manifeste par la miséricorde qui pardonne, alors que l’homme, habituellement, laisse libre cours à la colère.


10 g) Les vv. 10-11 sont probablement une relecture plus tardive datant de l’époque de l’exil à Babylone ; ils développent dans cette perspective les idées des vv. 8-9


Originaire du royaume du Nord, Osée est le contemporain d’Amos, puisqu’il a commencé de prêcher sous Jéroboam II ; son ministère s’est prolongé sous les successeurs de ce roi ; mais il ne paraît pas qu’il ait vu la ruine de Samarie en 721. C’est en Israël une sombre période : conquêtes assyriennes de 734-732, révoltes intérieures – quatre rois sont assassinés en quinze ans –, corruption religieuse et morale.

De la vie d’Osée pendant cette période troublée, nous ne connaissons que son drame personnel, 1-3, mais celui-ci fut décisif pour son action prophétique. Le sens de ces premiers chapitres est discuté. Voici l’interprétation la plus vraisemblable : Osée avait épousé une femme qu’il aimait et qui l’a quitté, mais il a continué de l’aimer et l’a reprise après l’avoir éprouvée. L’expérience douloureuse du prophète devient un symbole de la conduite de Yahvé envers son peuple et la conscience de ce symbolisme a pu modifier la présentation des faits. Le chap. 2 fait l’application et donne en même temps la clé de tout le livre : Israël a été épousée par Yahvé, elle s’est conduite comme une femme infidèle, comme une prostituée, et a provoqué la fureur et la jalousie de son époux divin. Celui-ci l’aime toujours, il la châtiera mais pour la ramener à lui et lui rendre les joies de leur premier amour.

Avec une audace qui étonne et une passion qui bouleverse, l’âme tendre et violente d’Osée a exprimé pour la première fois les rapports de Yahvé et d’Israël dans les termes d’un mariage. Tout son message a pour thème fondamental l’amour de Dieu méconnu par son peuple. Sauf une courte idylle au désert, Israël n’a répondu aux avances de Yahvé que par la trahison. Osée s’en prend surtout aux classes dirigeantes de la société. Les rois, choisis contre la volonté de Yahvé, ont, par leur politique séculière, dégradé le peuple élu au rang des autres peuples. Les prêtres, ignorants et rapaces, conduisent le peuple à sa perte. Comme Amos, Osée condamne les injustices et les violences, mais il s’appesantit plus que lui sur l’infidélité religieuse : Yahvé est à Béthel l’objet d’un culte idolâtrique, on l’associe à Baal et à Astarté dans le culte licencieux des hauts lieux. Osée proteste contre le titre de baal, au sens de « Seigneur », que l’on donnait à Yahvé, 2.18, et il revendique pour le Dieu d’Israël l’action bienfaisante que l’on était tenté d’attribuer à Baal, dieu de la fertilité, 2.7, 10 ; Yahvé est un Dieu jaloux, qui veut avoir sans partage le cœur de ses fidèles : « Ce que je veux, c’est l’amour, non les sacrifices, la connaissance de Dieu, non les holocaustes », 6.6. Le châtiment est donc inévitable : cependant, Dieu ne châtie que pour sauver. Israël dépouillé et humilié se souviendra du temps où il était fidèle, et Yahvé accueillera son peuple repentant, qui jouira du bonheur et de la paix.

Après avoir voulu retrancher du livre toute annonce de bonheur et tout ce qui concernait Juda, la critique revient à des jugements plus modérés. Ne faire d’Osée qu’un prophète de malheur serait fausser tout son message et il est naturel que son regard se soit étendu sur le royaume voisin de Juda. Il faut cependant admettre que la collection des oracles d’Osée, rassemblée en Israël, a été recueillie en Juda et y a été l’objet d’une ou de deux révisions. Les marques de ce travail d’édition se trouvent dans le titre, 1.1, et dans certains passages, par exemple 1.7 ; 5.5 ; 6.11 ; 12.3. Le verset final, 14.10, est la réflexion d’un sage de l’époque exilique ou postexilique sur l’enseignement principal du livre et sur sa profondeur. La difficulté de son interprétation est accrue pour nous par l’état déplorable du texte hébreu, qui est l’un des plus corrompus de tout l’Ancien Testament.

Le livre d’Osée a eu des résonances profondes dans l’Ancien Testament et on retrouve son écho dans les exhortations des prophètes suivants à une religion du cœur, inspirée par l’amour de Dieu. Jérémie a été profondément influencé par lui. Il n’est pas étonnant que le Nouveau Testament cite Osée ou s’en inspire assez souvent. L’image matrimoniale des relations entre Yahvé et son peuple a été reprise par Jérémie, Ézéchiel et la seconde partie d’Isaïe. Le Nouveau Testament et la communauté issue de lui l’ont appliquée aux rapports entre Jésus et son Église. Les mystiques chrétiens l’ont étendue à toutes les âmes fidèles.

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Osée, Chapitre 12,  vers 1

II. Crimes et châtiment d’Israël> 1 Perversion religieuse et politique d’Israël.
Éphraïm m’entoure de mensonge
et la maison d’Israël de tromperie.
(Mais Juda marche encore auprès de Dieu,
il reste fidèle au Saint.)
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Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 h) Chap. difficile où s’entremêlent l’énoncé de faits contemporains et le rappel de certains épisodes de la vie des patriarches. Pour le prophète et pour ses contemporains l’ensemble des générations successives issues des patriarches était considéré comme une seule personne. Le patriarche continuait en quelque sorte à vivre dans ses descendants et ceux-ci étaient déjà présents en lui, cf. He 7.9s.


1 i) Relecture judéenne, cf. 1.7. — Le grec lit « Mais ils sont encore connus de Dieu ». Texte incertain.


Originaire du royaume du Nord, Osée est le contemporain d’Amos, puisqu’il a commencé de prêcher sous Jéroboam II ; son ministère s’est prolongé sous les successeurs de ce roi ; mais il ne paraît pas qu’il ait vu la ruine de Samarie en 721. C’est en Israël une sombre période : conquêtes assyriennes de 734-732, révoltes intérieures – quatre rois sont assassinés en quinze ans –, corruption religieuse et morale.

De la vie d’Osée pendant cette période troublée, nous ne connaissons que son drame personnel, 1-3, mais celui-ci fut décisif pour son action prophétique. Le sens de ces premiers chapitres est discuté. Voici l’interprétation la plus vraisemblable : Osée avait épousé une femme qu’il aimait et qui l’a quitté, mais il a continué de l’aimer et l’a reprise après l’avoir éprouvée. L’expérience douloureuse du prophète devient un symbole de la conduite de Yahvé envers son peuple et la conscience de ce symbolisme a pu modifier la présentation des faits. Le chap. 2 fait l’application et donne en même temps la clé de tout le livre : Israël a été épousée par Yahvé, elle s’est conduite comme une femme infidèle, comme une prostituée, et a provoqué la fureur et la jalousie de son époux divin. Celui-ci l’aime toujours, il la châtiera mais pour la ramener à lui et lui rendre les joies de leur premier amour.

Avec une audace qui étonne et une passion qui bouleverse, l’âme tendre et violente d’Osée a exprimé pour la première fois les rapports de Yahvé et d’Israël dans les termes d’un mariage. Tout son message a pour thème fondamental l’amour de Dieu méconnu par son peuple. Sauf une courte idylle au désert, Israël n’a répondu aux avances de Yahvé que par la trahison. Osée s’en prend surtout aux classes dirigeantes de la société. Les rois, choisis contre la volonté de Yahvé, ont, par leur politique séculière, dégradé le peuple élu au rang des autres peuples. Les prêtres, ignorants et rapaces, conduisent le peuple à sa perte. Comme Amos, Osée condamne les injustices et les violences, mais il s’appesantit plus que lui sur l’infidélité religieuse : Yahvé est à Béthel l’objet d’un culte idolâtrique, on l’associe à Baal et à Astarté dans le culte licencieux des hauts lieux. Osée proteste contre le titre de baal, au sens de « Seigneur », que l’on donnait à Yahvé, 2.18, et il revendique pour le Dieu d’Israël l’action bienfaisante que l’on était tenté d’attribuer à Baal, dieu de la fertilité, 2.7, 10 ; Yahvé est un Dieu jaloux, qui veut avoir sans partage le cœur de ses fidèles : « Ce que je veux, c’est l’amour, non les sacrifices, la connaissance de Dieu, non les holocaustes », 6.6. Le châtiment est donc inévitable : cependant, Dieu ne châtie que pour sauver. Israël dépouillé et humilié se souviendra du temps où il était fidèle, et Yahvé accueillera son peuple repentant, qui jouira du bonheur et de la paix.

Après avoir voulu retrancher du livre toute annonce de bonheur et tout ce qui concernait Juda, la critique revient à des jugements plus modérés. Ne faire d’Osée qu’un prophète de malheur serait fausser tout son message et il est naturel que son regard se soit étendu sur le royaume voisin de Juda. Il faut cependant admettre que la collection des oracles d’Osée, rassemblée en Israël, a été recueillie en Juda et y a été l’objet d’une ou de deux révisions. Les marques de ce travail d’édition se trouvent dans le titre, 1.1, et dans certains passages, par exemple 1.7 ; 5.5 ; 6.11 ; 12.3. Le verset final, 14.10, est la réflexion d’un sage de l’époque exilique ou postexilique sur l’enseignement principal du livre et sur sa profondeur. La difficulté de son interprétation est accrue pour nous par l’état déplorable du texte hébreu, qui est l’un des plus corrompus de tout l’Ancien Testament.

Le livre d’Osée a eu des résonances profondes dans l’Ancien Testament et on retrouve son écho dans les exhortations des prophètes suivants à une religion du cœur, inspirée par l’amour de Dieu. Jérémie a été profondément influencé par lui. Il n’est pas étonnant que le Nouveau Testament cite Osée ou s’en inspire assez souvent. L’image matrimoniale des relations entre Yahvé et son peuple a été reprise par Jérémie, Ézéchiel et la seconde partie d’Isaïe. Le Nouveau Testament et la communauté issue de lui l’ont appliquée aux rapports entre Jésus et son Église. Les mystiques chrétiens l’ont étendue à toutes les âmes fidèles.

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