L'étiquette diplomatique a eu de tout temps ses particularités. De nos jours, il est d'usage d'exprimer ses condoléances à l'occasion de la mort du chef d'un État, si du moins des relations normales sont entretenues avec cet État. D'ailleurs, le refus du protocole diplomatique dans ce cas est proche de l'annonce d'une rupture des relations diplomatiques ; aujourd'hui, l'étape suivante devient alors le rappel des ambassadeurs.
Quelque chose de semblable se pratiquait aussi dans l'Antiquité. Mais le monde ancien ne connaissait pas les ambassades au sens moderne. On appelait alors ambassade non une représentation diplomatique comme de nos jours, mais une délégation gouvernementale envoyée dans tel ou tel pays avec tels ou tels pouvoirs. C'est une telle ambassade que David envoie au souverain d'un petit État voisin afin de lui exprimer officiellement ses condoléances à l'occasion de la mort de son père, comme il était d'usage à cette époque entre bons voisins.
Il arrivait cependant que de tels cas soient utilisés pour établir ou renforcer des relations, et parfois pour sonder le terrain en vue de les établir. Apparemment, les relations de David avec son voisin étaient tendues, et David décida de profiter de l'occasion pour détendre la situation. Désormais, tout dépendait de son voisin. Par son attitude envers les envoyés, il pouvait exprimer aussi son attitude envers David lui-même. D'ailleurs, l'étiquette diplomatique exigeait au moins un minimum de respect envers les membres des ambassades officielles, sauf bien sûr s'il s'agissait d'une déclaration de guerre.
Le respect minimal supposait à son tour une certaine étiquette, dont l'absence, ou des actes manifestement méprisants envers les membres de l'ambassade, signifiaient une rupture des relations, pouvant être suivie d'une déclaration de guerre : un tel mépris équivalait à une atteinte contre une représentation diplomatique dans le monde moderne. Or le voisin de David choisit précisément cette option, ce qui conduisit aux conséquences correspondantes, extrêmement désagréables pour lui. David, comme dirigeant, ne se distinguait pas par son agressivité, mais quand il fallait faire la guerre, il agissait toujours vite et résolument.
