La lecture d'aujourd'hui se compose de deux parties qui, à première vue, ne sont pas directement liées. La première raconte le figuier desséché (v. 18-22); la seconde rapporte l'entretien de Jésus avec les grands prêtres et les anciens dans le Temple (v. 23-32). Et pourtant il existe un lien entre ces deux événements, même s'il n'apparaît pas immédiatement.
Ce n'est pas par hasard que le récit du figuier desséché se termine par un entretien sur la foi capable, selon les paroles de Jésus, de déplacer les montagnes (v. 21-22). Manifestement, la foi n'est pas ici seulement la confiance en Dieu et en Celui que Dieu envoie dans le monde, mais aussi un certain état spirituel. Et la seconde partie du passage est justement consacrée à ce qui empêche l'homme d'acquérir et de garder cet état.
La conversation avec les grands prêtres et les anciens commence par une question déjà discutée plus d'une fois: qui a donné à Jésus l'autorité de faire ce qu'il fait (v. 23)? Jésus, comme cela s'est déjà produit, répond à une question par une question: le lavage, ou « baptême », pratiqué par Jean était-il vrai ou faux (v. 25)? Alors les interlocuteurs de Jésus se mettent à réfléchir à la réponse à lui donner (v. 25-27). Mais ce qui les préoccupe, manifestement, n'est pas la vérité du ministère de Jean, mais seulement la possibilité de sortir d'une situation délicate pour eux sans perdre la face. Finalement, comme il arrive souvent dans de tels cas, ils esquivent la réponse (v. 27).
Alors Jésus refuse lui aussi de répondre à leur question. Il n'y a là aucun jeu: avec une telle attitude, essayer d'expliquer quoi que ce soit à ces hommes serait réellement inutile. La vérité ne les intéresse pas; leur propre opinion leur importe davantage, quoi qu'ils disent de la vie spirituelle, de la pureté de la foi et d'autres choses du même genre.
La parabole des deux fils racontée par Jésus (v. 28-32) caractérise parfaitement la situation: on peut parler autant qu'on veut de foi et de vie spirituelle, mais s'il n'y a pas d'obéissance sincère à la volonté de Dieu, tout cela n'est que paroles. Et ce qui empêche l'obéissance, c'est le manque de résolution et d'intégrité intérieure.
En effet, on ne peut pas dire que les interlocuteurs de Jésus soient des hommes tout à fait incroyants. Mais leur foi n'est pas inconditionnelle; c'est une foi avec réserves et concessions. Et une telle foi vaut peu. Elle ne pourra certainement pas déplacer les montagnes. Une telle foi ne sert qu'à l'auto-consolation de ceux qui voudraient se considérer croyants sans rien sacrifier. Mais une telle foi n'a rien à voir avec le Royaume.
