Bible-Centre

Lectionnaire catholique pour le 4 septembre 2017

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Thessaloniciens, Chapitre 4,  vers 13-17

13 Les morts et les vivants lors de la Venue du Seigneur.
13 Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez ignorants au sujet des morts ; il ne faut pas que vous vous désoliez comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
14 Puisque nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même, ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec lui.
15 Voici en effet ce que nous avons à vous dire, sur la parole du Seigneur. Nous, les vivants, nous qui serons encore là pour l’Avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui seront endormis.
16 Car lui-même, le Seigneur, au signal donné par la voix de l’archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts qui sont dans le Christ ressusciteront en premier lieu ;
17 après quoi nous, les vivants, nous qui serons encore là, nous serons réunis à eux et emportés sur des nuées pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons avec le Seigneur toujours.
Notes:
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Notes sur la partie

13 a) Répondant à des inquiétudes ou à des doutes chez certains convertis, qui croyaient les défunts défavorisés parce qu’ils seraient absents lors de la venue du Seigneur, Paul réaffirme l’enseignement fondamental sur la résurrection des morts, afin d’affermir la foi et l’espérance de tous.


13 b) Littéralement « ceux qui se sont couchés, endormis ». L’euphémisme, très naturel, est courant dans l’AT et le NT comme chez les Grecs. De même la résurrection est un « réveil »; cf. 5.10. — Autre traduction possible de la fin du v. 14 « ceux qui se sont endormis ; par Jésus, Dieu les emmènera avec lui ».


15 c) Cette parole est difficile à préciser (bien qu’on puisse comparer Mt 24 avec les vv. 15-17). Peut-être y a-t-il simplement ici un recours à l’autorité du Seigneur, cf. Dn 7.1, 13, 16.


15 d) Ceux qui seront encore en vie au jour de la Parousie, parmi lesquels Paul se range ici par hypothèse, exprimant un espoir, mais non une certitude, cf. 5.1.


16 e) La voix, la trompette, les nuées (caractéristiques des théophanies, cf. Ex 13.22 ; 19.16) sont des traits de la littérature apocalyptique, cf. Mt 24.30s ; 2 Th 1.8.


17 f) Om. « nous qui serons encore là ».


17 g) Les morts répondront les premiers au signal, en ressuscitant. Ils seront rejoints par les survivants, et tous ensemble seront emmenés à la rencontre du Seigneur puis l’escorteront au jugement qui inaugure son règne sans fin. L’essentiel est le trait final vivre toujours avec lui, cf. 4.14 ; 5.10 ; 2 Th 2.1. C’est là le salut, la gloire, le royaume, que Jésus attribue à ceux qu’il a élus, 2.12.


Les premières épîtres en date sont adressées aux Thessaloniciens, que Paul a évangélisés au cours du deuxième voyage, Ac 17.1-10, de l’automne 49 au printemps 50. Obligé par les attaques des Juifs de partir pour Bérée, d’où il gagna Athènes et Corinthe, c’est sans doute de cette dernière ville, durant l’été 50, qu’il écrivit 1 Th. Silas et Timothée sont à ses côtés et les bonnes nouvelles rapportées par ce dernier d’une deuxième visite à Thessalonique sont l’occasion pour Paul d’une effusion du cœur, 1 Th 1-3, suivie d’exhortations pratiques, 1 Th 4.1-12 ; 5.12-28, entre lesquelles s’insère une réponse sur le sort des défunts et la Parousie du Christ, 1 Th 4.13–5.11. Écrite sans doute de Corinthe quelques mois plus tard (2 Th 2.15), 2 Th donne, avec d’autres exhortations pratiques, 1 ; 2 Th 2.13–3.15, de nouvelles instructions sur la date de la Parousie et les signes qui doivent la précéder, 2 Th 2.1-12.

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Luc, Chapitre 4,  vers 16-30

III. Ministère de Jésus en Galilée> 16 Jésus à Nazareth.
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit :
18 L’Esprit du Seigneur est sur moi,
parce qu’il m’a consacré par l’onction,
pour porter la bonne nouvelle aux pauvres.
Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance
et aux aveugles le retour à la vue,
renvoyer en liberté les opprimés
,
19 proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture. »
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche.
Et ils disaient : « N’est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? »
23 Et il leur dit : « À coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu’on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. »
24 Et il dit : « En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie.
25 « Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;
26 et ce n’est à aucune d’elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d’eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. »
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l’en précipiter.
30 Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin...
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Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

16 v) Ce récit étonne par le revirement inexpliqué de la foule, qui passe de l’admiration, v. 22a, à l’animosité, vv. 22, 28s. Cette anomalie est sans doute le résultat d’une évolution littéraire. Un premier écrit racontait une visite de synagogue avec prédication couronnée de succès, au début du ministère, cf. Mc 1.21s, à Nazareth, cf. Mt 4.13 avec Nazara comme 4.16. Ce récit a été ensuite repris, surchargé et placé plus tard dans la vie de Jésus, Mt 13.53-58 ; Mc 6.1-6, pour consigner l’incompréhension et le refus qui ont fait suite à la première faveur du peuple. De ce texte complexe, Luc a su tirer une page admirable, qu’il a maintenue au début du ministère, comme une scène inaugurale, et où il dépeint, en un raccourci symbolique, la mission de grâce de Jésus et le refus de son peuple.


16 w) Forme rare du nom de Nazareth. Cf. Mt 4.13.


16 x) Tout Juif adulte était admis, avec autorisation du chef de synagogue, à faire la lecture publique du texte sacré.


18 y) Add. « guérir ceux qui ont le cœur brisé », cf. LXX.


23 z) Ces miracles ne seront racontés, en fait, qu’après la visite à Nazareth, v. 33, etc. Voir la note sur 4.16.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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