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La Bible en cinq ans pour le 4 septembre 2017

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Rois, Chapitre 6

II. Histoire de Salomon le magnifique> 1 La bâtisse du Temple., 15 L’aménagement intérieur. Le Saint des Saints., 23 Les chérubins., 31 Les portes. La cour., 37 Les dates.
En la quatre cent quatre-vingtième année après la sortie des Israélites du pays d’Égypte, en la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, au mois de Ziv qui est le second mois, il bâtit le Temple de Yahvé.
Le Temple que le roi Salomon bâtit pour Yahvé avait soixante coudées de long, vingt de large et trente de haut.
Le Ulam devant le Hékal du Temple avait vingt coudées de long dans le sens de la largeur du Temple et dix coudées de large dans le sens de la longueur du Temple.
Il fit au Temple des fenêtres à cadres et à grilles.
Il adossa au mur du Temple une annexe autour des murs du Temple, autour du Hékal et du Debir, et il fit des étages latéraux autour.
L’annexe inférieure avait cinq coudées de large, l’intermédiaire six coudées, et la troisième sept coudées, car il avait disposé des retraits autour du Temple à l’extérieur, en sorte que cela n’était pas lié aux murs du Temple.
La construction du Temple se fit en pierres de carrière ; on n’entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer dans le Temple pendant sa construction.
L’entrée de l’étage inférieur était à l’angle droit du Temple, et par des trappes on montait à l’étage intermédiaire, et de l’intermédiaire au troisième.
Il construisit le Temple et l’acheva, et il couvrit le Temple d’un plafond à caissons de cèdre.
10 Il construisit l’annexe à tout le Temple ; elle avait cinq coudées de hauteur et elle était liée au Temple par des poutres de cèdre.
11 La parole de Yahvé fut adressée à Salomon :
12 « Quant à cette maison que tu es en train de construire, si tu marches selon mes lois, si tu accomplis mes ordonnances et si tu suis fidèlement mes commandements, alors j’accomplirai ma parole sur toi, celle que j’ai dite à ton père David,
13 et j’habiterai au milieu des Israélites et je n’abandonnerai pas mon peuple Israël. »
14 Salomon construisit le Temple et il l’acheva.
15 Il garnit de planches de cèdre la face interne des murs du Temple — depuis le sol du Temple jusqu’aux poutres du plafond, il mit un revêtement de bois à l’intérieur — et il couvrit de planches de genévrier le sol du Temple.
16 Il construisit les vingt coudées à partir du fond du Temple avec des planches de cèdre depuis le sol jusqu’aux poutres, et il fit pour le Temple le Debir, le Saint des Saints.
17 Le Temple avait quarante coudées — c’est le Hékal — devant le Debir.
18 Il y avait du cèdre à l’intérieur du Temple, sculpté d’un décor de coloquintes et de rosaces ; tout était en cèdre, aucune pierre ne paraissait.
19 Il aménagea un Debir dans le Temple, à l’intérieur, pour y placer l’arche de l’alliance de Yahvé.
20 À l’avant du Debir — qui avait vingt coudées de long, vingt coudées de large et vingt coudées de haut, et qu’il revêtit d’or fin —, il recouvrit d’or l’autel de cèdre.
21 Salomon revêtit d’or fin l’intérieur du Temple et fit passer des chaînes d’or devant le Debir qu’il revêtit d’or.
22 Tout le Temple, il le revêtit d’or, absolument tout le Temple.
23 Dans le Debir, il fit deux chérubins en bois d’olivier sauvage, de dix coudées de haut chacun.
24 Une aile du chérubin avait cinq coudées et la seconde aile du chérubin avait cinq coudées, soit dix coudées d’une extrémité à l’autre de ses ailes.
25 Le second chérubin avait aussi dix coudées : même dimension et même facture pour les deux chérubins.
26 La hauteur d’un chérubin était de dix coudées, et de même l’autre.
27 Il plaça les chérubins au milieu de la chambre intérieure ; les chérubins déployaient leurs ailes, en sorte que l’aile de l’un touchait au mur, que l’aile de l’autre touchait à l’autre mur et que leurs ailes se touchaient au milieu de la chambre, aile contre aile.
28 Et il revêtit d’or les chérubins.
29 Sur tous les murs du Temple, à l’entour, il sculpta des figures de chérubins, de palmiers et de rosaces, à l’intérieur et à l’extérieur.
30 Il couvrit d’or le plancher du Temple, à l’intérieur et à l’extérieur.
31 À l’entrée du Debir il fit des vantaux en bois d’olivier sauvage ; le linteau et les jambages à cinq retraits.
32 Et les deux vantaux en bois d’olivier sauvage, il les sculpta de figures de chérubins, de palmiers et de rosaces, qu’il revêtit d’or ; il étendit l’or en pellicule sur les chérubins et les palmiers.
33 De même, il fit à la porte du Hékal des montants en bois d’olivier sauvage, le jambage à quatre retraits,
34 deux vantaux en bois de genévrier : un vantail à deux battants pivotants, l’autre vantail à deux battants pivotants.
35 Il sculpta des chérubins, des palmiers et des rosaces, qu’il revêtit d’or ajusté sur la sculpture.
36 Il construisit le mur de la cour intérieure par trois assises de pierres de taille et une assise de madriers de cèdre.
37 En la quatrième année, au mois de Ziv, les fondations du Temple furent posées ;
38 en la onzième année, au mois de Bûl — c’est le huitième mois —, le Temple fut achevé selon tout son plan et toute son ordonnance. Il fut construit en sept ans.
Lire la suite:1 Rois, Chapitre 7
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 i) Cette date se rattache à un système chronologique qui mettait des intervalles égaux entre l’érection de la Tente au désert, la construction du Temple, d’une part, et la reconstruction après l’Exil. L’événement se situe aux environs de 960 av. J.-C.


2 j) Le temple était un bâtiment oblong comportant trois pièces en enfilade le Ulam est le Vestibule ; le Hékal , appelé plus tard le Saint, est la grande salle de culte ; le Debir , l’arrière-chambre, est la partie la plus sacrée, qu’on appellera le Saint des Saints, où repose l’arche alliance, 6.19. La différence de hauteur du Hékal et du Debir (6.2 et 10) indique que le sol du Debir était sur-élevé, formant une sorte d’estrade pour l’arche. Le Debir devait être séparé du Hékal par une cloison. Sur trois des côtés extérieurs du Temple était appuyé un bâtiment de trois étages peu élevés (6.10). Comparer la description de la Tente au désert, Ex 26 = 36, et celle du Temple futur en Ez 40-42.


4 k) Traduction incertaine.


8 l) « inférieur » d’après grec et aram. ; l’hébr. a « intermédiaire ».


9 m) Le sens des derniers mots est incertain.


16 n) « jusqu’aux poutres » (déjà v. 15) grec ; « jusqu’aux murs » hébr.


17 o) Hébr. « devant moi », incompréhensible dans ce contexte ; le mot Debir est suppléé, cf. v. 20.


20 p) Il s’agit de l’autel de l’encens, cf. Ex 30.1.


22 q) L’hébr. ajoute « et tout l’autel du Debir, il le revêtit d’or », omis par grec.


29 r) Ici, comme au v. 30, « intérieur » (restitué par conj., l’hébr. est corrompu) désigne le Debir ou « Temple intérieur », v. 27 ; « l’extérieur » s’applique, par opposition, au Hékal. Les deux vv. sont additionnels.


31 s) Sens incertain, litt. « le cinquième ». On supplée « retraits », à l’image des feuillures sur les ivoires phéniciens — ou de Samarie — dits Dame à la fenêtre.


36 t) Celle où s’élevait le Temple, par opposition à la grande cour, 7.12, qui entourait Temple et palais.


36 u) Les madriers formaient un chaînage qui assurait la stabilité du mur. La superstructure était probablement en briques.


Comme ceux de Samuel, les livres des Rois ne formaient d’abord qu’un ouvrage de la Bible hébraïque. Ils correspondent aux deux derniers livres des Règnes dans la traduction grecque et des Rois dans la Vulgate.

Ils font immédiatement suite aux livres de Samuel et 1 R 1-2 contient la fin du grand document de 2 S 9-20. Le long récit du règne de Salomon, 1 R 3-11, détaille l’excellence de sa sagesse, la splendeur de ses constructions, surtout du Temple de Jérusalem, l’étendue de ses richesses. C’est une époque glorieuse, certes, mais l’esprit conquérant du règne de David a disparu : on conserve, on organise, surtout on exploite. L’opposition entre les deux fractions du peuple se maintient et, à la mort de Salomon, en 931, le royaume se divise : les dix tribus du Nord font une sécession aggravée d’un schisme religieux, 1 R 12-13. L’histoire parallèle des deux royaumes d’Israël et de Juda se développe de 1 R 14 à 2 R 17 : c’est souvent l’histoire des luttes entre ces royaumes frères, c’est aussi celle des assauts extérieurs de l’Égypte contre Juda et des Araméens dans le Nord. Le danger devient plus pressant quand les armées assyriennes interviennent dans la région, d’abord au IXe siècle, plus fortement au VIIIe siècle, où Samarie tombe sous leurs coups en 721, cependant que Juda s’est déjà déclaré vassal. L’histoire de Juda seul se continue jusqu’à la ruine de Jérusalem en 587 dans 2 R 18-25.21. Le récit s’étend surtout sur deux règnes, celui d’Ézéchias, 2 R 18-20, et celui de Josias 2 R 22-23, marqués par un réveil national et une réforme religieuse. Les grands événements politiques sont alors l’invasion de Sennachérib sous Ézéchias en 701, en réponse au refus du tribut assyrien, et, sous Josias, la ruine de l’Assyrie et la formation de l’empire chaldéen. Juda dut se soumettre aux nouveaux maîtres de l’Orient, mais se révolta bientôt. Le châtiment ne tarda pas : en 597, les armées de Nabuchodonosor prirent Jérusalem et déportèrent une partie de ses habitants ; dix ans après, un sursaut d’indépendance amena une nouvelle intervention de Nabuchodonosor, qui s’acheva en 587 par la ruine de Jérusalem et une seconde déportation. Les Rois s’achèvent par deux courts appendices, 2 R 25.22-30.

L’ouvrage cite nommément trois de ses sources, une Histoire de Salomon, les Annales des rois d’Israël et les Annales des rois de Juda, mais il en eut d’autres : outre la fin du grand document davidique, 1 R 1-2, une description du Temple, d’origine sacerdotale, 1 R 6-7, surtout une histoire d’Élie composée vers la fin du IXe siècle et une histoire d’Élisée un peu postérieure ; ces deux histoires sont à la base des cycles d’Élie, 1 R 172 R 1, et d’Élisée, 2 R 2-13. Les récits du règne d’Ézéchias qui mettent en scène Isaïe, 2 R 18.17-20.19, proviennent des disciples de ce prophète.

Lorsque l’utilisation des sources n’y contrevient pas, les événements sont enfermés dans un cadre uniforme : chaque règne est traité pour lui-même et entièrement, le début et la fin des règnes sont marqués par des formules à peu près constantes, où ne manque jamais un jugement sur la conduite religieuse du roi. Tous les rois d’Israël sont condamnés à cause du « péché originel » de ce royaume, la fondation du sanctuaire de Béthel ; parmi les rois de Juda, huit seulement sont loués pour leur fidélité générale aux prescriptions de Yahvé. Mais cette louange est six fois restreinte par la remarque que « les hauts lieux ne disparurent pas »; seuls Ézéchias et Josias reçoivent une approbation sans réserve.

Ces jugements s’inspirent évidemment de la loi du Deutéronome sur l’unité du sanctuaire. Il y a davantage : la découverte du Deutéronome sous Josias et la réforme religieuse qu’elle inspira marquent le point culminant de toute cette histoire, et l’ouvrage entier est une démonstration de la thèse fondamentale du Deutéronome, qui est reprise dans 1 R 8 et 2 R 17 : si le peuple observe l’alliance conclue avec Dieu, il sera béni, s’il la transgresse, il sera châtié. Cette influence deutéronomiste se retrouve dans le style, chaque fois que le rédacteur développe ou commente ses sources.

Il est vraisemblable qu’une première rédaction deutéronomiste fut faite avant l’Exil, avant la mort de Josias à Megiddo en 609, et la louange décernée à ce roi, 2 R 23.25 (moins les derniers mots), serait la conclusion de l’ouvrage primitif. Une seconde édition, également deutéronomiste, fut donnée pendant l’Exil, après 562 Si on lui attribue la fin actuelle du livre, 2 R 25.22-30, un peu plus tôt si on l’arrête après le récit de la seconde déportation, 2 R 25.21, qui a l’allure d’une conclusion. Il y eut enfin quelques additions, pendant et après l’Exil.

Les livres des Rois doivent être lus dans l’esprit où ils ont été écrits, comme une histoire du salut. L’ingratitude du peuple élu, la ruine successive des deux fractions de la nation paraissent tenir en échec le plan de Dieu, mais il y a toujours pour sauvegarder l’avenir du groupe de fidèles qui n’ont pas plié le genou devant Baal, un reste de Sion qui garde l’Alliance. La stabilité des résolutions divines se manifeste dans la permanence étonnante de la lignée davidique, dépositaire des promesses messianiques, et le livre, sous sa forme dernière, se clôt sur la grâce fait à Joiakîn, comme sur l’aurore d’une rédemption.

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