Paul rappelle aux chrétiens de Thessalonique que, dans la vie chrétienne, doit nécessairement être présent ce que nous appellerions aujourd'hui une composante ascétique...
Paul rappelle aux chrétiens de Thessalonique que, dans la vie chrétienne, doit nécessairement être présent ce que nous appellerions aujourd'hui une composante ascétique. Il ne s'agit pas ici de mortifier la chair, comme on comprend souvent l'ascèse aujourd'hui, mais de gérer consciemment ses états spirituels, déterminant ainsi le cours et la qualité de sa vie. C'est en ce sens que l'apôtre parle de la nécessité de «garder son vase dans la sainteté et l'honneur», sans le souiller par la «fornication», que Paul comprend sans doute aussi largement que les anciens prophètes la comprenaient.
En effet, qu'est-ce que la vie du point de vue de la Bible? C'est un courant qui vient de Dieu et traverse l'homme, courant dans lequel l'homme demeure en même temps d'une manière mystérieuse, en déterminant la qualité et la direction. Dans le langage de la Bible, il s'appelle «âme», même si le mot hébreu correspondant, comme son équivalent grec, est souvent rendu par les traducteurs simplement par «vie», ce qui correspond au sens originel du terme. Seulement, il s'agit ici de la vie non comme d'un flot d'événements extérieurs à l'homme, mais comme de quelque chose qui le pénètre de l'intérieur, le remplissant de cette dynamique sans laquelle l'homme n'existe pas.
C'est cette dynamique intérieure qui s'appelle «âme» ou simplement vie, et elle inclut aussi bien l'esprit, y compris tous ces mouvements de l'âme que nous appelons supérieurs, que la nature, jusqu'à des choses «inférieures» comme, par exemple, la respiration ou la circulation du sang. Mais la qualité générale de ce courant et la prédominance en lui de la composante spirituelle ou naturelle sont déterminées par l'homme lui-même au niveau de son «moi» spirituel, ce que le langage biblique appelle le «coeur». C'est là que se produit l'autodétermination spirituelle de l'homme par sa volonté; c'est là que naissent ces intentions qui dirigent sa vie spirituelle et la vie en général.
Et c'est là aussi, dans le coeur, que s'ouvre, ou au contraire se claque, la porte par laquelle le souffle de vie de Dieu entre dans le courant de la vie de l'homme, dans son espace intérieur, et, s'il s'agit des chrétiens, le souffle du Royaume aussi. Un souffle que l'homme accueille dans la mesure où sa propre vie est consciemment orientée par lui, au moyen de ces mêmes intentions, sur le chemin des commandements donnés par Dieu, sur le chemin de la Torah intérieure. La Torah intérieure est précisément ce vase qui permet au souffle divin de vie et au souffle du Royaume de demeurer dans l'homme.
Autrement, même après avoir senti ce souffle et y avoir participé, l'homme ne pourra pas le retenir: l'action spirituelle prendra fin, l'extase cessera, et l'homme retournera de nouveau à son ancienne vie, redevenant tel qu'il était avant l'action qu'il a vécue. Le changement de l'homme n'est possible qu'avec sa propre participation active au processus, lorsque l'homme s'efforce de garder ce qu'il reçoit de Dieu en créant dans son espace intérieur le réceptacle correspondant, ce «vase» même. C'est ce que Paul rappelle aux chrétiens de Thessalonique dans sa lettre.
1 u) Paul parle « dans » (v. 1) ou « par » (v. 2) le Christ, ou encore au nom du Christ, cf. 4.15 ; 2 Th 3.6, 12. Son enseignement moral, celui même de la première catéchèse chrétienne, donne à la morale profane une valeur nouvelle en la plaçant sous le signe du Christ, Col 3.18 ; cf. Ph 4.8-9.
1 v) La prédication orale de Paul n’était pas seulement doctrinale, 1 Co 2.2, elle comportait également des directives morales, v. 11.
3 w) Le vouloir de Dieu, cf. Mt 6.10, est réalisateur de sainteté, vv. 3, 7 ; 2 Th 2.13 ; Ep 1.4. C’est Dieu qui sanctifie, 5.23 ; 1 Co 6.11 ; cf. Jn 17.17 ; Ac 20.32 ; le Christ s’est fait notre sanctification, 1 Co 1.30, l’Esprit Saint y est mêlé aussi, v. 8 ; 2 Th 2.13 ; 1 Co 6.11. Reste aux chrétiens à la mettre en œuvre, Rm 6.19. Ils sont couramment appelés les « saints », Ac 9.13.
4 x) Soit le propre corps de chacun, 5.23 ; cf. Rm 12.1 ; 1 Co 6.19, soit celui de sa femme, comme dans plusieurs textes rabbiniques et 1 P 3.7.
8 y) Ézéchiel, 36.27 ; 37.14, annonçait le don de l’Esprit au peuple messianique ; l’allusion renforce la continuité entre l’Église de Thessalonique et la communauté primitive qui a reçu ce don, Ac 2.16s, 33, 38, etc. Sur le don intérieur de l’Esprit à tout chrétien, cf. Rm 5.5.
12 z) L’existence menée par la communauté était une proclamation vécue de l’Évangile, 1.6-8 ; 1 Co 14.23, 25, 40 ; Ph 2.14-16 ; Col 4.5 ; 1 Tm 3.7.
Les premières épîtres en date sont adressées aux Thessaloniciens, que Paul a évangélisés au cours du deuxième voyage, Ac 17.1-10, de l’automne 49 au printemps 50. Obligé par les attaques des Juifs de partir pour Bérée, d’où il gagna Athènes et Corinthe, c’est sans doute de cette dernière ville, durant l’été 50, qu’il écrivit 1 Th. Silas et Timothée sont à ses côtés et les bonnes nouvelles rapportées par ce dernier d’une deuxième visite à Thessalonique sont l’occasion pour Paul d’une effusion du cœur, 1 Th 1-3, suivie d’exhortations pratiques, 1 Th 4.1-12 ; 5.12-28, entre lesquelles s’insère une réponse sur le sort des défunts et la Parousie du Christ, 1 Th 4.13–5.11. Écrite sans doute de Corinthe quelques mois plus tard (2 Th 2.15), 2 Th donne, avec d’autres exhortations pratiques, 1 ; 2 Th 2.13–3.15, de nouvelles instructions sur la date de la Parousie et les signes qui doivent la précéder, 2 Th 2.1-12.