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La Bible pour les débutants pour le 29 août 2013

La Bible de Jérusalem (fr)

Luc, Chapitre 23,  vers 1-25

VI. La passion> 66 Jésus devant le Sanhédrin., 2 Jésus devant Pilate., 8 Jésus devant Hérode., 13 Jésus à nouveau devant Pilate;
Puis toute l’assemblée se leva, et ils l’amenèrent devant Pilate.
Ils se mirent alors à l’accuser, en disant : « Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ Roi. »
Pilate l’interrogea en disant : « Tu es le roi des Juifs ? » ­ « Tu le dis », lui répondit-il.
Pilate dit alors aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation. »
Mais eux d’insister en disant : « Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu’ici. »
À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.
Et s’étant assuré qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode qui se trouvait, lui aussi, à Jérusalem en ces jours-là.
Hérode, en voyant Jésus, fut tout joyeux ; car depuis assez longtemps il désirait le voir, pour ce qu’il entendait dire de lui ; et il espérait lui voir faire quelque miracle.
Il l’interrogea donc avec force paroles, mais il ne lui répondit rien.
10 Cependant les grands prêtres et les scribes se tenaient là, l’accusant avec véhémence.
11 Après l’avoir, ainsi que ses gardes, traité avec mépris et bafoué, Hérode le revêtit d’un habit splendide et le renvoya à Pilate.
12 Et, ce même jour, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant.
13 Ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, Pilate
14 leur dit : « Vous m’avez présenté cet homme comme détournant le peuple, et voici que moi je l’ai interrogé devant vous, et je n’ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l’accusez.
15 Hérode non plus d’ailleurs, puisqu’il l’a renvoyé devant nous. Vous le voyez ; cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.
16 Je le relâcherai donc, après l’avoir châtié. »
17 ...
18 Mais eux se mirent à pousser des cris tous ensemble : « À mort cet homme ! Et relâche-nous Barabbas. »
19 Ce dernier avait été jeté en prison pour une sédition survenue dans la ville et pour meurtre.
20 De nouveau Pilate, qui voulait relâcher Jésus, leur adressa la parole.
21 Mais eux répondaient en criant : « Crucifie-le ! crucifie-le ! »
22 Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort ; je le relâcherai donc, après l’avoir châtié. »
23 Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu’il fût crucifié ; et leurs clameurs gagnaient en violence.
24 Et Pilate prononça qu’il fût fait droit à leur demande.
25 Il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour sédition et meurtre, celui qu’ils réclamaient. Quant à Jésus, il le livra à leur bon plaisir.
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Notes:
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Notes sur la partie

2 r) Le récit de Lc, plus circonstancié, plus dramatique que Mc et Mt, prélude à la longue scène de Jn.


8 s) Il s’agit bien entendu d’Antipas fils d’Hérode le Grand et tétrarque de Galilée ; cf. 3.1. Une telle consultation d’une tierce personne par un magistrat romain n’a rien d’invraisemblable. La scène n’a pu être inventée à partir de Ps 2.1-2, comme le prétendent certains critiques ; ce texte est trop vague ; c’est bien plutôt son application accommodatrice, en Ac 4.27, qui exige un fait réel.


11 t) Costume de parade, comme en portaient les princes. Hérode entend se moquer des prétentions de Jésus à la royauté, v. 3.


17 u) Add. v. 17 « Mais il devait, pour la fête, leur relâcher quelqu’un », qui semble être une glose explicative, cf. Mt 27.15.


22 v) Luc, comme Jn, insiste sur le « désir (de Pilate) de relâcher Jésus », et il mentionne par trois fois la déclaration d’innocence de Jésus faite par le procurateur, cf. Jn 18.38 ; 19.4, 6.


22 w) Cf. v. 16 ne décrit pas ce châtiment, qui répond à la flagellation de Mt 27.27-31. À la différence de Mt et de Mc, il y voit, comme Jn, un châtiment préventif, antérieur à la sentence et ayant pour but de l’éviter.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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