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La Bible en cinq ans pour le 24 octobre 2012

La Bible de Jérusalem (fr)

Amos, Chapitre 5

II. Avertissements et menaces à Israël> 1 Lamentation sur Israël., 4 Sans conversion, point de salut., 8 Doxologie., 10 Menaces., 14 Exhortations., 16 Imminence du châtiment., 18 Le Jour de Yahvé., 21 Contre le culte extérieur.
Écoutez cette parole que je profère contre vous,
une lamentation, maison d’Israël :
Elle est tombée, elle ne se relèvera plus,
la vierge d’Israël !
Elle est étendue sur son sol,
personne pour la relever !
Car ainsi parle le Seigneur Yahvé :
la ville qui mettait en campagne mille hommes
n’en aura plus que cent,
et celle qui en mettait cent
n’en aura plus que dix, pour la maison d’Israël.
Car ainsi parle Yahvé à la maison d’Israël :
Cherchez-moi et vous vivrez !
Mais ne cherchez pas Béthel,
n’allez pas à Gilgal,
ne passez pas à Bersabée ;
car Gilgal ira en déportation
et Béthel deviendra néant.
Cherchez Yahvé et vous vivrez,
de peur qu’il ne fonde comme le feu sur la maison de Joseph,
qu’il ne dévore, et personne à Béthel pour éteindre !
Ils changent le droit en absinthe
et jettent à terre la justice.
C’est lui qui fait les Pléiades et Orion,
qui change en matin les ténèbres
épaisses
et obscurcit le jour comme la nuit ;
lui qui appelle les eaux de la mer
et les répand sur la face de la terre ;
Yahvé est son nom.
Il déchaîne la dévastation sur celui qui est fort,
et la dévastation arrive sur la citadelle.
10 Ils haïssent quiconque réprimande à la Porte,
ils abhorrent celui qui parle avec intégrité.
11 Eh bien ! puisque vous piétinez le
faible
et que vous prélevez sur lui un tribut de froment,
ces maisons en pierres de taille que vous avez bâties,
vous n’y habiterez pas ;
ces vignes délicieuses que vous avez plantées,
vous n’en boirez pas le vin.
12 Car je sais combien nombreux sont vos crimes, énormes vos péchés,
oppresseurs du juste, extorqueurs de rançons,
vous qui, à la Porte, déboutez les pauvres.
13 Voilà pourquoi l’homme avisé se tait en ce temps-ci,
car c’est un temps de malheur.
14 Recherchez le bien et non le mal,
afin que vous viviez,
et qu’ainsi Yahvé, Dieu Sabaot, soit avec vous, comme vous le dites.
15 Haïssez le mal, aimez le bien,
et faites régner le droit à la Porte ;
peut-être Yahvé, Dieu Sabaot, prendra-t-il en pitié
le reste de Joseph !
16 C’est pourquoi, ainsi parle Yahvé,
le Dieu Sabaot, le Seigneur :
Sur toutes les places il y aura des lamentations,
et dans toutes les rues, on dira « Hélas ! Hélas ! »
On convoquera le laboureur au deuil
et aux lamentations ceux qui savent gémir ;
17 dans toutes les vignes il y aura des lamentations,
car je vais passer au milieu de toi,
dit Yahvé.
18 Malheur à ceux qui soupirent après le jour de Yahvé !
Que sera-t-il pour vous, le jour de Yahvé ?
Il sera ténèbres, et non lumière.
19 Tel l’homme qui fuit devant un lion
et tombe sur un ours !
Il entre à la maison, appuie sa main au mur,
et un serpent le mord !
20 N’est-il pas ténèbres, le jour de Yahvé, et non lumière ?
Il est obscur et sans clarté !
21 Je hais, je méprise vos fêtes
et je ne puis sentir vos réunions solennelles.
22 Quand vous m’offrez des holocaustes...
vos oblations, je ne les agrée pas,
le sacrifice de vos bêtes grasses, je ne le regarde pas.
23 Écarte de moi le bruit de tes cantiques,
que je n’entende pas la musique de tes harpes !
24 Mais que le droit coule comme de l’eau,
et la justice, comme un torrent qui ne tarit pas.
25 Des sacrifices et des oblations, m’en avez-vous présentés au désert,
pendant quarante ans, maison d’Israël ?
26 Vous emporterez Sikkut, votre roi,
et l’étoile de votre dieu, Kiyyûn,
ces images que vous vous êtes fabriquées ;
27 et je vous déporterai par-delà Damas,
dit Yahvé — Dieu Sabaot est son nom.

Amos, Chapitre 6

II. Avertissements et menaces à Israël> 1 Contre la fausse sécurité des grands., 8 Le châtiment sera terrible.
Malheur à ceux qui sont tranquilles en Sion,
à ceux qui sont confiants sur la montagne de Samarie,
ces notables des prémices des nations,
à qui va la maison d’Israël.
Passez à Kalné et voyez,
de là, allez à Hamat la grande,
puis descendez à Gat des Philistins :
valent-elles mieux que ces royaumes-ci ?
Leur territoire est-il plus grand que le vôtre ?
Vous pensez reculer le jour du malheur
et vous hâtez le règne de la violence !
Couchés sur des lits d’ivoire,
vautrés sur leurs divans,
ils mangent les agneaux du troupeau
et les veaux pris à l’étable.
Ils improvisent au son de la harpe,
comme David, ils inventent des instruments de musique ;
ils boivent le vin dans de larges coupes,
ils se frottent des meilleures huiles,
mais ils ne s’affligent pas de la ruine de Joseph !
C’est pourquoi ils seront maintenant déportés, en tête des déportés,
c’en est fait de l’orgie des vautrés !
Le Seigneur Yahvé l’a juré par lui-même :
— oracle de Yahvé, Dieu Sabaot —
J’abhorre l’orgueil de Jacob,
je hais ses palais,
et je livrerai la ville et tout ce qui la remplit.
S’il reste dix hommes dans une seule maison, ils mourront.
10 Et quand un parent et un embaumeur
emporteront les ossements de la maison,
on demandera à celui qui se trouve dans la maison :
« Y en a-t-il encore avec toi ? »,
il répondra : « Non ! » et il dira : « Chut !
il n’y a plus à invoquer le nom de Yahvé. »
11 Car voici que Yahvé commande,
sous ses coups la grande maison se crevasse
et la petite se lézarde.
12 Les chevaux courent-ils sur le roc,
laboure-t-on la mer avec des bœufs,
que vous changiez le droit en poison
et le fruit de la justice en absinthe ?
13 Vous vous réjouissez à propos de Lo-Debar,
vous dites : « N’est-ce point par notre force que nous avons pris Qarnayim ? »
14 Or voici que je suscite contre vous, maison d’Israël
— oracle de Yahvé, Dieu Sabaot —
une nation qui vous opprimera
depuis l’entrée de Hamat jusqu’au torrent de la Araba.
Lire la suite:Amos, Chapitre 7
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

5:2 b) La nation est comparée à une vierge, emportée par la mort en pleine jeunesse sans avoir pu réaliser sa vocation de femme le mariage et la maternité, cf. Jg 11.39.


5:3 c) Le désastre sera grand. Si un « reste » subsiste, il indique ici l’ampleur de la catastrophe, cf. 1.8 ; 3.12, plutôt que l’espérance d’un salut, cf. Isa 4.3, qui n’est pas envisagé ici, cf. 5.2.


5:4 d) Fréquenter les sanctuaires peut bien s’appeler « chercher Dieu » cf. 5.5 ; Dt 12.5 ; 2 Ch 1.5. Mais Amos proclame que la seule authentique recherche de Dieu est celle qui cherche le bien et fuit le mal, 5.14. C’est elle qui conduit à la vie, 5.3, 6. — Dans d’autres textes de l’AT on « cherche » Dieu, on le « consulte » (verbe darash) en l’interrogeant, cf. 1 S 14.41, par un homme de Dieu, Gn 25.22 ; Ex 18.15 ; 1 S 9.9 ; 1 R 22, 8, ou encore en « cherchant la parole », 1 R 22.5 soit dans un livre, Isa 34.16, soit par l’intermédiaire d’un prophète, 1 R 22.7. Une autre expression (habituellement verbe biqqesh) indique plutôt que l’on cherche « la face », c’est-à-dire la présence de Yahvé, Os 5.15 ; 2 S 21.1 ; 1 Ch 16.11 (= Ps 105.4) ; Ps 24.6 ; 27.8, et, probablement dans le même sens, So 1.6 ; Os 3.5 ; 5.6 ; Ex 33.7, etc. Mais les deux expressions sont voisines si l’on cherche « la face » de Yahvé, c’est pour connaître sa volonté, et sa présence se manifeste souvent par ses oracles. Cette « recherche de Yahvé » est une démarche religieuse essentielle dans l’AT. Dans le NT, il faut équivalemment « chercher le Royaume », Mt 6.33.


5:5 e) Célèbre comme lieu de culte des Patriarches, Gn 21.31-33 ; 26.23-25.


5:5 f) Il y a une allitération entre le nom de Gilgal et la définition du sort qui l’attend (« ira en exil » galoh yigeleh), et un jeu de mot sur le nom de Béthel, « maison de Dieu », devenue « maison du néant » (awen , cf. Os 4.15).


5:7 g) Il faut peut-être corriger le texte et lire au lieu de « Ils changent » « Malheur à ceux qui changent », cf. 5.18 ; 6.1. En tout cas la doxologie des vv. 8-9 (qui a été ajoutée plus tard, peut-être dans un but liturgique, et qui est un fragment d’hymne comme 4.13 ; 9.5-6) sépare malencontreusement les versets 7 et 10 qui se suivaient primitivement.


5:8 h) Soit pour inonder la terre, Jb 12.15, et la ramener à l’état primitif, Ps 104.5-9, soit pour lui distribuer la pluie fécondante, Jb 36.27-28.


5:9 i) Le texte de ce v. est incertain, mais on y reconnaît le thème de l’abaissement des puissants, cf. 1 S 2.4, 7 ; Lc 1.51-52.


5:13 j) Pour ne pas être persécuté par les dirigeants sans scrupules. Ce v. est peut-être une glose.


5:14 k) Israël croit que son élection lui assure la protection inconditionnée de Yahvé, 5.18 ; 9.10 ; Mi 3.11.


5:15 l) C’est-à-dire le royaume du Nord amoindri par tous les châtiments dont Yahvé l’a frappé, 4.6-11, et va le frapper encore, 5.3. Premier emploi prophétique de la doctrine du reste sauvé. Cf. Isa 4.3. Mais alors que pour Isaïe ce salut est certain, ici il reste très hypothétique et Amos parle de ce salut avec scepticisme. Il sera plus affirmatif en 9.8-9.


5:16 m) On restitue l’ordre des mots troublé dans l’hébr. (litt. « les lamentations à ceux qui savent gémir »).


5:18 n) Israël, confiant en sa prérogative de peuple choisi, Dt 7.6, attend une intervention de Dieu qui ne peut être que favorable. Le prophète oppose, à ce Jour de Yahvé attendu, la conception prophétique du Jour de Yahvé, jour de colère, So 1.15 ; Ez 22.24 ; Lm 2.22, contre Israël endurci dans son péché ténèbres, pleurs, massacres, épouvante, 5.18-20 ; 2.16 ; 8.9-10, 13 ; Isa 2.6-21 ; Jr 30.5-7 ; So 1.14-18, cf. Jl 1.15-20 ; 2.1-11. Tous ces textes font entendre la menace d’une invasion dévastatrice (Assyriens, Chaldéens). Pendant l’Exil, le Jour de Yahvé devient objet d’espérance ; la colère de Dieu se retourne contre tous les oppresseurs d’Israël, Ab 15 Babylone, Isa 13.6, 9 ; Jr 50.27 ; 51.2 ; Lm 1.21, l’Égypte, Isa 19.16 ; Jr 46.10, 21 ; Ez 30.2, la Philistie, Jr 47.4, Édom, Isa 34.8 ; 63.4 ; ce jour marque donc la restauration d’Israël, déjà 9.11, aussi Isa 11.11 ; 12.1 ; 30.26 ; cf. Jl 3.4 ; 4.1. Après l’Exil, le Jour de Yahvé tend à devenir un « jugement » assurant le triomphe des justes et la ruine des pécheurs, Ml 3.19-23 ; Jb 21.30 ; Pr 11.4, dans une perspective nettement universaliste, Isa 26.20—27.1 ; 33.10-16. Voir enfin Mt 24.1. — Sur les signes cosmiques qui accompagnent le Jour de Yahvé, cf. 8.9.


5:21 o) Les prophètes se sont souvent insurgés contre l’hypocrisie religieuse on se croit en règle avec Dieu parce qu’on a accompli certains rites cultuels (sacrifices, jeûnes) en méprisant les préceptes les plus élémentaires de justice sociale et d’amour du prochain, 1 S 15.22 ; Isa 1.10-16 ; 29.13-14 ; 58.1-8 ; Os 6.6 ; Mi 6.5-8 ; Jr 6.20 ; Jl 2.13 ; Za 7.4-6 ; cf. Ps 40.7-9 ; 50.5-15 ; Ps 51.18-19. Les Psalmistes, en mettant l’accent sur les sentiments intérieurs qui doivent inspirer le sacrifice, obéissance, action de grâces, contrition, et le Chroniste, en insistant sur le rôle du chant liturgique, expression des dispositions de l’âme, dans le culte sacrificiel, réagiront aussi contre le formalisme du culte. Le NT donnera les formules définitives Lc 11.41-42 ; Mt 7.21 ; Jn 4.21-24.


5:22 p) Ou il manque un stique, ou le début du v. 22 est une glose inachevée.


5:23 q) Les cérémonies religieuses comportaient chants et musique, 1 S 10.5 ; 2 S 6.5, 15.


5:25 r) Amos, comme Osée, Os 2.16-17 ; 9.10, et Jérémie, Jr 2.2-3, voit donc dans les temps du désert l’époque idéale des relations de Yahvé et de son peuple, cf. Os 2.16. Les conditions de la vie nomade et la législation rudimentaire ne laissaient alors au culte qu’une faible importance, cf. Jr 7.22. On pouvait donc plaire à Yahvé avec un culte pauvre, mais sincère.


5:26 s) Sikkut, Kiyyûn ces noms de divinités babyloniennes sont vocalisés comme shiqquç « abomination, idole ». Il s’agit de Sakkut (sag-kud), le dieu Ninurta, associé à Saturne, et de Kayamanu « permanent », une des appellations de Saturne. Ces cultes astraux ont pu être introduits dans le royaume du Nord par les Araméens. L’hébr. décale « l’étoile de votre dieu » (glose possible) après « ces images ».


5:27 t) C’est-à-dire en Assyrie.


6:1 u) « à ceux qui sont tranquilles en Sion » est peut-être une relecture judéenne, cf. 3.1 ; Os 1.7.


6:1 v) Pour leur rendre hommage, chercher conseil et demander justice.


6:2 w) On comprend ce v. comme une apostrophe des notables de Samarie à ceux qui viennent les consulter vous êtes plus puissants que ces royaumes, vous n’avez rien à craindre. Mais le texte est incertain et en corrigeant le dernier stique on peut comprendre « valez-vous mieux que ces royaumes-là, votre territoire est-il plus grand que le leur ? » le déclin de ces cités servant alors de signe à Israël. Mais Kalné, cf. Isa 10.9, au nord d’Alep, ne sera prise par les Assyriens qu’en 738, Hamat sur l’Oronte en 720, et Gat en Philistie en 711.


6:3 x) Celle de l’occupation ennemie.


6:5 y) Sens incertain.


6:6 z) La fin imminente du royaume d’Israël.


6:8 a) Soit Samarie, soit n’importe quelle ville du royaume du Nord.


6:10 b) « embaumeur » en comprenant ce participe d’un verbe inusité (hapax) d’après l’araméen seraf « résine, baume ». Cf. 2 Ch 16.14.


6:10 c) Par respect religieux, ou peut-être par crainte devant le malheur dont Yahvé est l’auteur. Le passage est obscur mais le sens général est clair il décrit la catastrophe qui s’abat sur la ville et les morts qui remplissent les maisons, ainsi que la terreur qui s’empare du petit groupe des rescapés à qui revient le soin de s’occuper des cadavres.


6:12 d) Texte légèrement corrigé (en séparant différemment les mots et en changeant les voyelles). TM « est-ce qu’on laboure avec des bœufs ? » (pluriel au lieu du singulier collectif).


6:13 e) Jeu de mots sur Lo Debar signifiant « rien du tout », mis pour Lodbar (Jos 13.26 ; 2 S 9.4), identifié à Tell el-Hammé, au nord de Galaad. Qarnayim « les deux cornes » (1 M 5.26) est identifié à Sheikh es-Sa`ad, en Bashân. Ces villes faisaient partie des villes reconquises par JéroboII et son père Joas, cf. 2 R 13.25 et 14.25.


6:14 f) L’Assyrie.


6:14 g) Le torrent de la Araba n’est pas identique au torrent d’Égypte qui désigne avec l’Entrée de Hamat les limites sud et nord de la Terre promise, 1 R 8.65. Il s’agit d’un des wadis qui se jettent dans la vallée inférieure du Jourdain (la « Araba ») près de la mer Morte. Le territoire ainsi délimité est celui du royaume du Nord après les conquêtes de Jéroboam II, cf. 2 R 14.25.


Amos était berger à Teqoa, sur la lisière du désert de Juda, 1.1 ; étranger aux confréries de prophètes, il a été pris par Yahvé de derrière son troupeau et envoyé pour prophétiser à Israël, 7.14. Après un court ministère qui eut pour cadre principal le sanctuaire schismatique de Béthel, 7.10s, et s’exerça probablement aussi à Samarie, cf. 3.9 ; 4.1 ; 6.1, il fut expulsé d’Israël et revint à ses occupations premières.

Il prêche sous le règne de Jéroboam II, 783-743, époque humainement glorieuse, où le royaume du Nord s’étend et s’enrichit, mais où le luxe des grands insulte à la misère des opprimés et où la splendeur du culte masque l’absence d’une religion vraie. Avec la rudesse simple et fière et avec la richesse d’images d’un homme de la campagne, Amos condamne au nom de Dieu la vie corrompue des cités, les injustices sociales, la fausse assurance qu’on met en des rites où l’âme ne s’engage pas, 5.21-22. Yahvé, souverain Seigneur du monde, qui punit toutes les nations, 1-2, châtiera durement Israël, que son élection oblige à une plus grande justice morale, 3.2. Le « Jour de Yahvé » (l’expression vient ici pour la première fois) sera ténèbres et non lumière, 5.18s, la vengeance sera terrible, 6.8s, exercée par un peuple que Dieu appelle, 6.14, l’Assyrie qui n’est pas nommée mais qui occupe l’horizon du prophète. Toutefois Amos ouvre une petite espérance, la perspective d’un salut pour la maison de Jacob, 9.8, pour le « reste » de Joseph, 5.15 (premier emploi prophétique de ce terme). Cette profonde doctrine sur Dieu, maître universel et tout-puissant, défenseur de la justice, est exprimée avec une assurance absolue, sans que jamais le prophète ait l’air d’innover : sa nouveauté est dans la force avec laquelle il rappelle les exigences du pur Yahvisme.

Le livre nous est parvenu dans un certain désordre ; en particulier, le récit en prose, 7.10-17, qui sépare deux visions, se placerait mieux à la fin des oracles. On peut hésiter sur l’attribution à Amos lui-même de quelques courts passages. Les doxologies, 4.13 ; 5.8-9 ; 9.5-6, ont peut-être été ajoutées pour la lecture liturgique. Les courts oracles contre Tyr, Édom, 1.9-12, et Juda, 2.4-5, semblent dater de l’Exil. La discussion porte davantage sur 9.8-10 et surtout sur 9.11-15. Il n’y a pas de raison sérieuse de suspecter le premier de ces passages, mais il est vraisemblable que le second a été ajouté : on ne doit pas tirer argument des promesses de salut qu’il contient et qui, dès le début, furent un thème de la prédication des prophètes, ici Amo 5.15 et à la même époque chez Osée, mais ce qui est dit de la hutte branlante de David, de la vengeance contre Édom, d’un retour et d’un rétablissement d’Israël, suppose l’époque de l’Exil et peut être attribué, avec quelques autres retouches, à une édition deutéronomiste du livre.

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