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La Bible en cinq ans pour le 2 mars 2012

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Samuel, Chapitre 23

V. Suppléments> 1 Dernières paroles de David., 8 Les preux de David.
Voici les dernières paroles de David :Oracle de David, fils de Jessé,
oracle de l’homme haut placé,
de l’oint du Dieu de Jacob,
du chantre des cantiques d’Israël.
L’esprit de Yahvé s’est exprimé par moi,
sa parole est sur ma langue.
Le Dieu d’Israël a parlé,
le Rocher d’Israël m’a dit :

Celui qui gouverne les hommes avec justice
gouverne avec la crainte de Dieu.
Il est comme la lumière du matin au lever du soleil,
un matin sans nuages,
qui fait briller après la pluie le gazon de la terre.
N’en est-il pas ainsi de ma maison auprès de Dieu,
car il a établi pour moi une alliance éternelle,
réglée en tout et bien assurée ?
ne fait-il pas germer tout mon salut et tout mon plaisir ?
Mais les gens de Bélial sont tous comme l’épine qu’on rejette,
car on ne les prend pas avec la main.
L’homme qui les touche,
est chargé de fer et du bois des lances,
et ils sont brûlés, brûlés sur place.
Voici les noms des preux de David : Ishbaal le Hakmonite, chef des Trois, c’est lui qui brandit sa lance sur huit cents victimes en une seule fois.
Après lui, Éléazar fils de Dodo, l’Ahohite, l’un des trois preux. Il était avec David quand ils défièrent les Philistins ; ils se rassemblèrent pour le combat et les hommes d’Israël montèrent.
10 Il se dressa et frappa les Philistins, jusqu’à ce que sa main engourdie se crispât sur l’épée. Yahvé opéra une grande victoire, ce jour-là, et l’armée revint derrière lui, mais seulement pour détrousser.
11 Après lui Shamma, fils d’Agê, le Hararite. Les Philistins étaient rassemblés à Léhi. Il y avait là une parcelle de champ couverte de lentilles, l’armée prit la fuite devant les Philistins,
12 mais lui se posta au milieu de la parcelle, la préserva et battit les Philistins. Yahvé opéra une grande victoire.
13 Trois d’entre les Trente descendirent et vinrent, au temps de la moisson, trouver David à la grotte d’Adullam, tandis qu’une compagnie de Philistins campait dans le val des Rephaïm.
14 David était alors dans le refuge et un poste de Philistins se trouvait à Bethléem.
15 David exprima ce désir : « Qui me fera boire l’eau du puits qui est à la porte de Bethléem ! »
16 Les trois preux, s’ouvrant un passage au travers du camp philistin, tirèrent de l’eau au puits qui est à la porte de Bethléem ; ils l’emportèrent et l’offrirent à David, mais il ne voulut pas en boire et il la répandit en libation à Yahvé.
17 Il dit : « Que Yahvé me garde de faire cela ! C’est le sang des hommes qui sont allés risquer leur vie ! » Il ne voulut donc pas boire. Voilà ce qu’ont fait ces trois preux.
18 Abishaï, frère de Joab et fils de Çeruya, était chef des Trois. C’est lui qui brandit sa lance sur trois cents victimes et se fit un nom parmi les Trois.
19 Il fut plus illustre que les Trois et devint leur chef, mais il n’arriva pas au rang des Trois.
20 Benayahu, fils de Yehoyada, fils d’un homme vaillant, prodigue en exploits, originaire de Qabçéel, c’est lui qui abattit les deux héros de Moab, et c’est lui qui descendit et abattit le lion dans la citerne, un jour de neige.
21 C’est lui aussi qui abattit un Égyptien qui avait une belle apparence. L’Égyptien avait en main une lance, mais il descendit contre lui avec un bâton, arracha la lance de la main de l’Égyptien et tua celui-ci avec sa propre lance.
22 Voilà ce qu’accomplit Benayahu fils de Yehoyada, et il se fit un nom parmi les trois preux.
23 Il fut plus illustre que les Trente, mais il ne fut pas compté parmi les Trois ; David le mit à la tête de sa garde personnelle.
24 Asahel, frère de Joab, faisait partie des Trente.
Elhanân fils de Dodo, de Bethléem.
25 Shamma, le Harodite.
Éliqa, le Harodite.
26 Héleç, le Paltite.
Ira, fils d’Iqqèsh, le Téqoïte.
27 Abiézer, l’Anatotite.
Sabeni, le Hushatite.
28 Çalmôn, l’Ahohite.
Mahraï, le Netophatite.
29 Héleb, fils de Baana, le Netophatite.
Ittaï, fils de Ribaï, de Gibéa des fils de Benjamin.
30 Benayahu, le Piratonite.
Hiddaï, des Torrents de Gaash.
31 Abi-Albôn, le Arbatite.
Azmavèt, le Barhumite.
32 Élyahba, le Shaalbonite.
Yashèn, le Gunite.
Yehonatân,
33 fils de Shamma, le Hararite.
Ahiâm, fils de Sharar, l’Ararite.
34 Éliphélèt, fils d’Ahasbaï, fils du Maakatite.
Éliam, fils d’Ahitophel, le Gilonite.
35 Hèçraï, le Karmélite.
Paaraï, l’Arabite.
36 Yigéal, fils de Natân, de Çoba.
Bani, le Gadite.
37 Céleq, l’Ammonite.
Nahraï, le Béérotite, écuyer de Joab fils de Çeruya.
38 Ira, le Yitrite.
Gareb, le Yitrite.
39 Urie, le Hittite.
En tout trente-sept.
Lire la suite:2 Samuel, Chapitre 24
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 m) Comme à Jacob, Gn 49, et à Moïse, Dt 33, on a attribué à David des « dernières paroles ». La traduction de ce poème est parfois incertaine. Le poème peut dater du début de l’époque monarchique, mais le testament de David, 1 R 2.5-9, est plus proche de l’histoire.


8 n) Cette section faisait suite au chap. 21. Elle rassemble vv. 8-12, des notices sur les Trois, qui sont des guerriers hors pair ; vv. 13-17, un épisode des guerres philistines, introduit ici parce qu’il met en action « trois » héros ; vv. 18-24, des notices sur Abishaï, Benayahu et probablement sur Asahel (voir la note au v. 24) ; vv. 24-39, une liste des Trente.


8 o) La lecture « Ishbaal le Hakmonite » s’appuie sur le grec. « Brandit sa lance », cf. v. 18. L’hébr. semble avoir ici un nom propre « Adinô le Eçnite ». Ici et dans la suite du texte, l’hébr. offre des variantes pour les noms propres si on le compare avec les versions et Ch. Enfin il est difficile de savoir ce que représente le groupe des Trois et le mot lui-même pourrait être traduit autrement.


13 p) Le texte joue sur le nombre « trois », mais l’hébr. et les versions lisent parfois « trente », ce qui explique les incertitudes de la traduction.


18 q) « Trois », hébr., mais cf. v. 23.


20 r) Le mot ariel, traduit ici par « héros », signifie « lion de Dieu ».


24 s) Les « Trente » constituaient un corps de guerriers d’élite qui n’est mentionné qu’ici. C’étaient sans doute les meilleurs des compagnons de David. La liste des « Trente » commence avec Elhanân et Asahel y est rattaché de manière secondaire.


27 t) « Sabeni », grec. L’hébr. lit. « Mibunaï ».


32 u) Restitution incertaine d’un texte hébr. mal transmis.


39 v) Calcul rédactionnel qui paraît additionner les Trente (vv. 24-39) + Joab (mentionné v. 37) + Abishaï, Benayahu, Asahel (vv. 18-24a) + les Trois (vv. 8-12).


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.142 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

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