Bible-Centre

Lectionnaire catholique pour le 14 novembre 2010

La Bible de Jérusalem (fr)

Malachie, Chapitre 3,  vers 19-20

13 Triomphe des justes au Jour de Yahvé.
19 Car voici : le Jour vient, brûlant comme un four. Ils seront de la paille, tous les arrogants et malfaisants ; le Jour qui arrive les embrasera — dit Yahvé Sabaot — au point qu’il ne leur laissera ni racine ni rameau.
20 Mais pour vous qui craignez mon Nom, le soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons ; vous sortirez en bondissant comme des veaux à l’engrais.
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19 s) Sur le feu au Jour de Yahvé, cf. Isa 10.16s ; 30.27 ; So 1.18 ; 3.8 ; Jr 21.14.


20 t) « justice » implique ici puisance et victoire, comme en Isa 41.2. Le titre de « Soleil de Justice », appliqué au Christ, a joué un rôle dans la formation des fêtes liturgiques de Noël et de l’Épiphanie.


20 u) Littéralement « dans ses ailes ».


Le livre dit de « Malachie » était probablement anonyme, car ce nom signifie « mon messager » et paraît être tiré de 3.1. Il se compose de six morceaux bâtis sur le même type : Yahvé, ou son prophète, lance une affirmation, qui est discutée par le peuple ou par les prêtres et qui est développée dans un discours où voisinent menaces et promesses de salut. Il y a deux grands thèmes : les fautes cultuelles des prêtres et aussi des fidèles, 1.6–2.9 et 3.6-12, le scandale des mariages mixtes et des divorces, 2.10-16. Le prophète annonce le Jour de Yahvé, qui purifiera les membres du sacerdoce, dévorera les méchants et assurera le triomphe des justes, 3.1-5, 13-21. Le passage 3.22-24 est ajouté, peut-être aussi 2 11-13.

Le contenu du livre permet de déterminer sa date : il est postérieur au rétablissement du culte dans le Temple rebâti, 515, et antérieur à l’interdiction des mariages mixtes sous Néhémie, 445, probablement assez proche de cette dernière date. L’élan qu’Aggée et Zacharie avaient donné est brisé et la communauté se laisse aller. En s’inspirant du Deutéronome, et aussi d’Ézéchiel, le prophète affirme qu’on ne se moque pas de Dieu, qui exige de son peuple religion intérieure et pureté. Il attend la venue de l’Ange de l’Alliance, préparée par un mystérieux envoyé, 3.1, dans lequel Mt 11.10, cf. Lc 7.27 et Mc 1.2, a reconnu Jean-Baptiste, le Précurseur. Cette ère messianique verra le rétablissement de l’ordre moral, 3.5, et de l’ordre cultuel, 3.4, culminant dans le sacrifice parfait offert à Dieu par toutes les nations, 1.11.

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2 Thessaloniciens, Chapitre 3,  vers 7-12

6 Mise en garde contre le désordre.
7 Car vous savez bien comment il faut nous imiter. Nous n’avons pas eu une vie désordonnée parmi vous,
8 nous ne nous sommes fait donner par personne le pain que nous mangions, mais de nuit comme de jour nous étions au travail, dans le labeur et la fatigue, pour n’être à la charge d’aucun de vous
9 non pas que nous n’en ayons le pouvoir, mais nous entendions vous proposer en nous un modèle à imiter.
10 Et puis, quand nous étions près de vous, nous vous donnions cette règle : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.
11 Or nous entendons dire qu’il en est parmi vous qui mènent une vie désordonnée, ne travaillant pas du tout mais se mêlant de tout.
12 Ceux-là, nous les invitons et engageons dans le Seigneur Jésus Christ à travailler dans le calme et à manger le pain qu’ils auront eux-mêmes gagné.
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7 v) En imitant Paul, 1 Co 4.16 ; Ga 4.12 ; Ph 3.17, les fidèles imiteront le Christ, 1 Th 1.6 ; Ph 2.5 ; cf. Mt 16.24 ; Jn 13.15 ; 1 P 2.21 :1 Jn 2.6, que lui-même imite. 1 Co 11.1. Enfin ils doivent imiter Dieu, Ep 5.1 (cf. Mt 5.48), et s’imiter les uns les autres, 1 Th 1.7 ; 2.14 ; He 6.12. À la base de cette communauté de vie, il y a le « modèle » de la doctrine. Rm 6.17, reçu par la « tradition », v. 6 ; 1 Co 11.2 ; 1 Th 2.13. Les chefs qui la transmettent doivent être eux-mêmes des « modèles », v. 9 ; Ph 3.17 ; 4.8-9 ; 1 Tm 1.16 ; 4.12 ; Tt 2.7 ; 1 P 5.3, dont on imite la foi et la vie, He 13.7.


10 w) Cette règle, qui ne vise que le refus de travailler, provient peut-être d’une parole de Jésus ou simplement d’une maxime populaire. C’est « la règle d’or du travail chrétien ».


2 Th présente de frappantes ressemblances littéraires avec 1 Th, au point que des critiques y ont vu l’œuvre d’un faussaire qui se serait inspiré de saint Paul en imitant son style. Mais on ne voit guère le motif d’un tel faux, et il est plus simple de penser que l’Apôtre lui-même, voulant corriger certains éléments mal compris de son enseignement eschatologique 1 Th 5.2, 9, a écrit cette deuxième lettre en reprenant des formules de la première. Les deux écrits ne se contredisent pas mais se complètent ; et leur authenticité est également bien attestée par l’ancienne tradition de l’Église.

Outre leur intérêt de présenter déjà en germe bien des thèmes que reprendront les épîtres ultérieures, celles-ci sont importantes surtout par leur doctrine sur l’eschatologie. En cette étape ancienne de son apostolat, la pensée de l’Apôtre apparaît toute centrée sur la résurrection du Christ et sur sa venue en gloire qui apportera le salut à ceux qui auront cru en lui, fussent-ils déjà morts, 1 Th 4.13-18. Cette venue glorieuse, il la décrit selon les traditions de l’apocalyptique juive et du christianisme primitif (discours eschatologique des Synoptiques, surtout de Mt). Conformément aux enseignements de Jésus, tantôt il insiste sur l’imminence imprévisible de cette venue qui requiert la vigilance, 1 Th 5.1-11, au point de donner l’impression que lui et eux la verront de leur vivant, 1 Th 4.17, tantôt il calme ses fidèles agités par cette perspective, en leur rappelant que le Jour n’est pas encore arrivé et doit être précédé de certains signes, 2 Th 2.1-12. Ceux-ci ne sont plus aussi clairs pour nous qu’ils devaient l’être pour les lecteurs. Il semble que Paul conçoive l’Antichrist comme un individu réservé pour la fin des temps. Quant à l’obstacle « qui le retient présentement », 2 Th 2.6, certains interprètes y ont vu l’Empire romain, d’autres la prédication évangélique, et la chose reste incertaine.

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Luc, Chapitre 21,  vers 5-19

V. Ministère de Jésus à Jérusalem> 5 Discours sur la ruine de Jérusalem. Introduction., 8 Les signes précurseurs.
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit :
6 « De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. »
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
8 Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite.
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. »
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume.
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes.
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom,
13 et cela aboutira pour vous au témoignage.
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense :
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire.
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous,
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom.
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra.
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies !
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5 m) En 17.22-37, Luc, suivant une de ses sources, avait traité du retour glorieux de Jésus à la fin des temps. Ici, comme Mc qu’il suit et combine avec une autre source, il traite de la ruine de Jérusalem, sans y mêler la fin du monde comme fait Mt, cf. Mt 24.1 ; 19.44.


15 n) attribue ici à Jésus l’initiative que Mt 10.20 ; Mc 13.11 ; 12.12 réservent à l’Esprit du Père (Mt) ou à l’Esprit-Saint (Mc et Lc). Cf. Ac 6.10 ; Jn 16.13-15.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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