Quand les prophètes parlent de la parole de Dieu, ils entendent toujours quelque chose de tout à fait concret et lié à leur propre expérience spirituelle. La parole de Dieu est pour eux absolument réelle; ils entendent réellement la voix de Dieu aussi clairement que...
Quand les prophètes parlent de la parole de Dieu, ils entendent toujours quelque chose de tout à fait concret et lié à leur propre expérience spirituelle. La parole de Dieu est pour eux absolument réelle; ils entendent réellement la voix de Dieu aussi clairement que nous entendons les voix des hommes qui s'adressent à nous. Dieu parle avec les prophètes comme nous nous parlons les uns aux autres. Mais ce n'est pas tout: dans la parole de Dieu est contenu quelque chose de plus que la volonté et la révélation adressées à l'homme.
La parole est aussi pour Dieu l'instrument de Son action dans le monde. Par la parole, Dieu crée le monde; par la parole, Il le gouverne. Il peut sembler que la parole qu'entend le prophète et la parole par laquelle Dieu gouverne le monde soient deux réalités différentes, nommées de la même manière en raison des particularités de l'usage biblique, mais ce n'est tout de même pas exactement cela. Bien sûr, la révélation reçue par un homme concret n'est pas comparable à la force par laquelle Dieu crée le monde ou dirige en lui le mouvement des forces naturelles. Mais dans les deux cas, il existe aussi une ressemblance essentielle: ici comme là, il y a cette signification qui n'existe pas dans la nature et sans laquelle il n'y a pas de création.
La science qui étudie la nature (qu'il s'agisse de la nature physique ou de la nature psychique) peut trouver une réponse à la question «comment», mais elle ne cherche pas de réponses à la question «pourquoi ainsi» ou «dans quel but ainsi». Pour Dieu, précisément ces questions sont centrales. Le monde est pour Lui plein de sens et de significations: du sens comme totalité reflétant Son dessein sur le monde, et des significations comme ces buts qu'Il a fixés à tout ce qu'Il a créé, depuis l'homme jusqu'à l'étoile et au grain de sable. Or, dans notre monde, seul l'homme peut comprendre ces significations inscrites par Dieu dans les choses qu'Il a créées; et pour l'homme, les significations sont inséparables de la parole: ce n'est pas par hasard qu'avant même la chute, c'est précisément à l'homme, qui voyait alors les significations de Dieu avec une parfaite clarté, qu'a été donnée la possibilité de donner des noms («des noms») à tout ce qui l'entourait et avec quoi il devait interagir directement.
C'est pourquoi la volonté de Dieu se révèle à l'homme dans la parole, non seulement lorsqu'il s'agit d'une révélation personnelle, mais aussi lorsqu'il s'agit de la création dans son ensemble. Sans la parole, le monde est une machine, parfois soumise à l'homme, mais plus souvent hostile à lui. Avec la parole, il est le lieu de la rencontre de l'homme avec Dieu, rencontre qui fait de l'homme un participant à l'accomplissement du plan de Dieu, pourvu que l'homme lui-même le veuille.
55 An invitation to seek for spiritual blessings from Christ, whom the Father sends, Isa 55:1-5.
To come to him speedily and by repentance, Isa 55:6-7.
His grace infinite, Isa 55:8-9.
His word powerful, Isa 55:10-11.
The joy of believers, Isa 55:12-13.
55:1 Thirsteth - For the grace of God and the blessings of the gospel.This thirst implies a vehement, and active, and restless desire after it.No money - Those who are most worthless and wicked, if they do but thirst may be welcome. Buy - Procure or receive that which is freely offered.Wine and milk - All gospel - blessings; in particular, that peace and joy in the Holy Ghost, which are better than wine, and that love of God which nourishes the soul, as milk does the body.
55:2 Money - All your time, and strength, and cost. Not bread - For those things which can never nourish or satisfy you, such as worldly goods, or pleasures. Eat ye - That which is truly and solidly, and everlastingly good. In fatness - In this pleasant food of gospel - enjoyments.
55:3 An everlasting covenant - That everlasting covenant of grace and peace which I made with Abraham, and his seed. Of David - Even that covenant which was made first with Abraham, and then with David, concerning those glorious and sure blessings which God hath promised to his people, one and the chief of which was giving Christ to die for their sins. David here seems to be put for the son of David.
55:4 Behold - I have appointed, and will in due time actually give.Him - The David last mentioned, even Christ. A witness - To declare the will of God concerning the duty and salvation of men, to bear witness to truth, to confirm God's promises, and, among others, those which respect the calling of the Gentiles: to be a witness of both parties of that covenant made between God and men. The people - To all people.
55:5 Thou - Thou, O Messiah. Call - To the knowledge of thyself.Knewest not - With that special knowledge which implies approbation.Because - Because the Lord shall by many tokens, manifest himself to be thy God, and thee to be his son and faithful servant. Glorify thee - By confirming thy word with illustrious signs and miracles, and particularly by thy resurrection, and glorious ascension.
55:6 Seek - Labour to get the knowledge of God's will, and to obtain his grace and favour. While - In this day of grace, while he offers mercy and reconciliation. Near - Ready and desirous to receive you to mercy.
55:7 Return - By sincere repentance, and faith.
55:8 For - If any man injure you, especially if he do it greatly and frequently, you are slow and backward to forgive him. But I am ready to forgive all penitents, how many, and great, and numberless soever their sins be.
55:10 The snow - Which in its season contributes to the fruitfulness of the earth. Returneth not - Without effect. And bread - That it may bring forth store of bread - corn, both for mens present supplies, and for seed for the next year.
55:11 My word - My promises, concerning the pardon of the greatest sinners. Void - Without success.
55:12 Therefore - Ye shall be released from your bondage.Peace - Safely and triumphantly. Clap - There shall be a general rejoicing, so that even the senseless creatures shall seem to rejoice with you.
55:13 Instead - Whereas your land was filled with thorns and briars, as was foretold, they shall be rooted out, and it shall be planted with fir - trees and myrtle - trees, and such other trees, as are useful either for fruit or for delight. The church shall be delivered from pernicious things, and replenished with all divine graces and blessings.It - This wonderful change shall bring much honour to God. A sign - For a monument, of God's infinite power, and faithfulness, and love to his people to all succeeding generations.
1 n) Dernière exhortation à participer aux biens de la nouvelle alliance, vv. 1-5, et à se convertir pendant qu’il est encore temps, vv. 6-11. Les vv. 1-2 rappellent l’invitation au banquet de la Sagesse, Pr 9.1-6.
3 o) Sur cette alliance éternelle, 59.21 ; 61.8, qui est aussi la Nouvelle Alliance, cf. Jr 31.31. Le rappel des promesses faites à David, 2 S 7.5-16, est unique dans le Deutéro-Isaïe qui ne songe jamais à une restauration de la monarchie.
11 p) La parole de Yahvé est semblable à un messager qui ne revient qu’après avoir accompli sa mission. Elle est personnifiée, comme ailleurs la Sagesse, Pr 8.22 ; Sg 7.22, ou l’Esprit, 11.2.
12 q) Conclusion de tout le livre de la Consolation. C’est la reprise du thème du nouvel Exode joie du retour et transformation du désert en terre fertile, cf. 43.19 ; 44.3-4, etc.
Le prophète Isaïe est né aux environs de 765 av. J.-C. L’année de la mort du roi Ozias, en 740, il reçut dans le Temple de Jérusalem sa vocation prophétique, la mission d’annoncer la ruine d’Israël et de Juda en punition des infidélités du peuple, 6.1-13. Il exerça son ministère pendant quarante ans, qui furent dominés par la menace grandissante que l’Assyrie fit peser sur Israël et sur Juda. On distingue quatre périodes entre lesquelles on peut, avec plus ou moins d’assurance, répartir les oracles du prophète.
Cette participation active aux affaires de son pays fait d’Isaïe un héros national. Il est aussi un poète de génie. L’éclat de son style, la nouveauté de ses images font de lui le grand « classique » de la Bible. Ses compositions ont une force concise, une majesté, une harmonie qui ne seront plus jamais atteintes. Mais sa grandeur est d’abord religieuse. Isaïe a été marqué pour toujours par la scène de sa vocation dans le Temple, où il a eu la révélation de la transcendance de Dieu et de l’indignité de l’homme. Son idée de Dieu a quelque chose de triomphal et d’effrayant aussi : Dieu est le Saint, le Fort, le Puissant, le Roi. L’homme est un être souillé par le péché, dont Dieu demande réparation. Car Dieu exige la justice dans les relations sociales et aussi la sincérité dans le culte qu’on lui rend. Il veut qu’on soit fidèle. Isaïe est le prophète de la foi et, dans les crises graves que traverse sa nation, il demande qu’on se confie en Dieu seul : c’est l’unique chance de salut. Il sait que l’épreuve sera sévère, mais il espère qu’un « reste » sera épargné, dont le Messie sera le roi. Isaïe est le plus grand des prophètes messianiques. Le Messie qu’il annonce est un descendant de David, qui fera régner sur terre la paix et la justice et répandra la connaissance de Dieu, 2.1-5 ; 7.10-17 ; 9.1-6 ; 11.1-9 ; 28.16-17.
Un tel génie religieux a profondément marqué son époque et a fait école. On conserva ses paroles et on y ajouta. Le livre qui porte son nom est le résultat d’un long travail de composition dont il est impossible de restituer toutes les étapes. Le plan définitif rappelle celui de Jérémie (d’après le grec) et d’Ézéchiel : 1-12, oracles contre Jérusalem et Juda ; 13-23, oracles contre les nations ; 24-35, promesses. Mais ce plan n’est pas rigide ; d’autre part, l’analyse a montré que le livre ne suivait qu’imparfaitement l’ordre chronologique de la carrière d’Isaïe. Il a été formé à partir de plusieurs collections d’oracles. Certains groupements remontent au prophète lui-même, cf. 8.16 ; 30.8. Ses disciples, immédiats ou lointains, ont réuni d’autres ensembles, glosant parfois les paroles du maître ou y ajoutant. Les oracles contre les nations, groupés dans 13-23, ont accueilli des pièces postérieures, en particulier 13-14 contre Babylone (exilique). Des additions plus étendues sont : « l’Apocalypse d’Isaïe », 24-27, que son genre littéraire et sa doctrine ne permettent pas de mettre plus haut que le Ve siècle av. J.-C. ; une liturgie prophétique d’après l’Exil, 33 ; une « petite Apocalypse », 34-35, qui dépend du Second Isaïe. Enfin, on a mis en appendice le récit de l’action d’Isaïe lors de la campagne de Sennachérib, 36-39, emprunté à 2 R 18-19 avec l’insertion d’un psaume post-exilique mis dans la bouche d’Ézéchias, 38 9-20.
Le livre a reçu des additions encore plus considérables. Les chap. 40-55 ne peuvent pas être l’œuvre du prophète du VIIIe siècle. Non seulement son nom n’y est jamais mentionné, mais le cadre historique est postérieur d’environ deux siècles : Jérusalem est prise, le peuple est captif en Babylonie, Cyrus est déjà en scène et il sera l’instrument de la délivrance. Certes, la toute-puissance divine pourrait transporter un prophète dans un avenir éloigné, le couper du présent et changer ses images et ses pensées. Mais cela suppose un dédoublement de sa personnalité et un oubli de ses contemporains – vers lesquels il a été envoyé – qui sont sans exemple dans la Bible et contraires à la notion même de la prophétie, qui ne fait intervenir l’avenir que comme un enseignement pour le présent. Ces chapitres contiennent la prédication d’un anonyme, un continuateur d’Isaïe et un grand prophète comme lui, que, faute de mieux, nous appelons le Deutéro-Isaïe ou le Second Isaïe. Il a prêché en Babylonie entre les premières victoires de Cyrus, en 550 av. J.-C., qui laissaient présager la ruine de l’empire babylonien, et l’édit libérateur de 538, qui permit les premiers retours. Le recueil, sans être réellement composé, offre plus d’unité que les chap. 1-39. Il s’ouvre par l’équivalent d’un récit de vocation prophétique, 40.1-11, et il s’achève par une conclusion, 55.6-13. D’après ses premiers mots : « Consolez, consolez mon peuple », 40.1, on l’appelle le « livre de la Consolation d’Israël ».
C’est en effet son thème principal. Les oracles des chap. 1-39 étaient généralement menaçants et pleins d’allusions aux événements des règnes d’Achaz et d’Ézéchias ; ceux des chap. 40-55 sont détachés de ce contexte historique et ils sont consolants. Le jugement a été accompli par la ruine de Jérusalem, le temps de la restauration est proche. Ce sera un complet renouveau et cet aspect est souligné par l’importance donnée au thème de Dieu créateur joint à celui de Dieu sauveur. Un nouvel Exode, plus merveilleux que le premier, ramènera le peuple à une nouvelle Jérusalem, plus belle que la première. Cette distinction entre deux temps, celui des « choses passées » et celui des « choses à venir », marque le début de l’eschatologie. Par rapport au premier Isaïe, la pensée est plus théologiquement construite. Le monothéisme est affirmé doctrinalement et la vanité des faux dieux est démontrée par leur impuissance. La sagesse et la providence insondables de Dieu sont mises en relief. L’universalisme religieux s’exprime clairement pour la première fois. Ces vérités sont dites sur un ton enflammé et avec un rythme bref, qui manifestent l’urgence du salut.
Dans le livre sont enclavées quatre pièces lyriques, les « chants du Serviteur », 42.1-4 (5-9) ; 49.1-6 ; 50.4-9 (10-11) ; 52.13–53.12. Ils présentent un parfait serviteur de Yahvé, rassembleur de son peuple et lumière des nations, qui prêche la vraie foi, qui expie par sa mort les péchés du peuple et est glorifié par Dieu. Ces passages sont parmi les plus étudiés de l’Ancien Testament et l’on ne s’accorde ni sur leur origine ni sur leur signification. L’attribution des trois premiers chants au Second Isaïe reste très vraisemblable ; il est possible que le quatrième soit l’œuvre d’un de ses disciples. L’identification du Serviteur est très discutée. On y a souvent vu une figure de la communauté d’Israël, à laquelle d’autres passages du Second Isaïe donnent effectivement le titre de « serviteur ». Mais les traits individuels sont trop marqués et c’est pourquoi d’autres exégètes, qui forment actuellement la majorité, reconnaissent dans le Serviteur un personnage historique du passé ou du présent ; dans cette perspective, l’opinion la plus attrayante est celle qui identifie le Serviteur avec le Second Isaïe lui-même ; le quatrième chant aurait été ajouté après sa mort. On a combiné aussi les deux interprétations en considérant le Serviteur comme un individu incorporant les destinées de son peuple.
De toute manière, une interprétation qui se limiterait au passé ou au présent ne rend pas suffisamment compte des textes. Le Serviteur est le médiateur du salut à venir et cela justifie l’interprétation messianique qu’une partie de la tradition juive elle-même a donnée de ces passages, moins l’aspect de la souffrance. Ce sont au contraire les textes sur le Serviteur souffrant et son expiation vicaire que Jésus a retenus en les appliquant à lui-même et à sa mission, Lc 22.19-20, 37 ; Mc 10.45, et la première prédication chrétienne a reconnu en lui le Serviteur parfait annoncé par le Second Isaïe, Mt 12.17-21 ; Jn 1.29.
La dernière partie du livre, chap. 56-66, a été considérée comme l’œuvre d’un autre prophète qu’on a appelé le « Trito-Isaïe », le Troisième Isaïe. On reconnaît généralement aujourd’hui que c’est un recueil composite. Le Psaume de 63.7–64.11 paraît antérieur à la fin de l’Exil ; l’oracle de 66.1-4 est contemporain de la reconstruction du Temple vers 520 av. J.-C. La pensée et le style des chap. 60-62 les apparentent de très près au Second Isaïe. Les chap. 56-59, dans leur ensemble, peuvent dater du Ve siècle av. J.-C. Les chap. 65-66 (sauf 66.1-4), qui ont une forte saveur apocalyptique, ont été datés de l’époque grecque par certains exégètes, mais d’autres les placent au lendemain du retour de l’Exil. Prise en général, cette troisième partie du livre apparaît comme l’œuvre des continuateurs du Second Isaïe ; c’est le dernier produit de la tradition isaïenne qui a prolongé l’action du grand prophète du VIIIe siècle.
On a retrouvé dans une grotte du bord de la mer Morte un manuscrit complet d’Isaïe datant probablement du IIe siècle avant notre ère. Il s’écarte du texte massorétique par une orthographe particulière et par des variantes dont certaines sont utiles pour l’établissement du texte. Elles sont indiquées dans les notes par le sigle 1 QIsa.