Luc donne ici une définition de la plénitude de la vie chrétienne. En effet, si l'essence de cette vie est l'union avec Dieu, l'accueil de sa présence et de son action dans chacun de nos jours, où et en quoi nous a-t-il laissé cette présence et cette action? Vous direz: partout? C'est vrai, mais une telle présence est «diffuse», non personnelle, elle ne suppose pas de relations personnelles avec lui. Alors vous direz: en Jésus-Christ? Oui, car il est avec nous «tous les jours jusqu'à la fin du monde». Il est la Parole de Dieu venue dans la chair, et il demeure avec nous dans la Parole de Dieu, dans la Bible. Luc appelle cela «l'enseignement des Apôtres», parce que c'est précisément la perception apostolique de l'Ancien Testament et le témoignage apostolique sur le Christ qui sont notre Bible. Où rencontrons-nous encore le Christ? Bien sûr, dans la prière. Dans la prière qui lui est adressée, et dans la prière au Père que nous partageons avec le Fils. Il y a aussi une présence particulière du Christ dans son Corps et son Sang, dans le repas eucharistique, la «fraction du pain». Enfin, souvenons-nous des paroles de Jésus: «Toutes les fois que vous avez fait cela à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait». Il y a donc sa présence en chacune des personnes que nous rencontrons, et son action particulière en ceux qui ont «reçu l'Esprit Saint après avoir cru». C'est pourquoi la «communion», l'amour fraternel, l'entraide sont aussi une rencontre avec le Christ et l'accueil de lui dans sa vie. Prêtons attention à tous ces «canaux de communication», sans chercher à en «mettre en avant» certains au détriment des autres; essayons de vivre non pas dans le «ou bien, ou bien», mais dans le «et, et».