Le texte du psaume que le Seigneur nous cite aujourd'hui est étonnant par sa puissance prophétique. On peine à croire qu'une telle chose ait pu être...
Le texte du psaume que le Seigneur nous cite aujourd'hui est étonnant par sa puissance prophétique. On peine à croire qu'une telle chose ait pu exister pre factum, avant que l'essence tri-hypostatique de Dieu nous soit révélée. C'est pourquoi, bien sûr, les adversaires du christianisme ont toujours tenté de réfuter le fait qu'il s'agissait d'une prophétie, tant elle est forte.
Pour cette raison, Jean Chrysostome, dans ses homélies sur les psaumes, accueille précisément ses auditeurs par l'apologétique lorsqu'il est question du psaume 109. Voici ce qu'il écrit. « Lorsque nous affirmons que cela est clairement dit du Christ, les Juifs ne l'acceptent pas, mais inventent autre chose ». Il énumère ensuite les variantes proposées pour désigner l'interlocuteur de Dieu : Abraham, Zorobabel ou même tout le peuple. Le saint réfute toutes ces versions avec beaucoup d'émotion. « Est-il fondé de rapporter à Abraham les paroles : Du sein, avant l'aurore, je T'ai engendré » ? Comment peut-on les rapporter aussi à David, ou à Zorobabel, ou au peuple ? Ce qui est dit ici dépasse la nature humaine ». De plus, il est ici question d'une « Personne ayant un sacerdoce extraordinaire et admirable : Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédek ». Mais ensuite « ils disent : « Comment admets-tu un autre Seigneur, quand l'Écriture dit clairement : « Le Seigneur ton Dieu. Le Seigneur est un, et tu Le serviras Lui seul, et il n'y a pas de Dieu hors de Lui » (Dt 4:35, 6:13). Mais pour qui, dis-moi, cela a-t-il été dit ? Principalement à cause de ton ignorance, Juif. Pourquoi rien de semblable n'a-t-il été dit ni à Abraham, ni à Isaac, ni à Jacob, ni à Moïse, mais à toi seul, lorsque, sorti d'Égypte, tu t'es fait un veau ? ».
Mais nous savons bien que nous confessons le monothéisme. Bien sûr, pour l'homme de notre siècle, il est beaucoup plus simple que pour l'homme du temps de Jean Chrysostome de comprendre cette contradiction visible. Nous comprenons qu'une communion inter-hypostatique est possible, car elle nous a été manifestée par le Christ. Mais, en même temps, l'unité n'est pas rompue. Bien plus, nous sommes nous-mêmes appelés à réaliser cette même unité, une unité indivise et sans confusion. « Comme Toi, Père, Tu es en moi et moi en Toi, qu'eux aussi soient un en nous » (Jn 17:21).