Pourquoi escalader la clôture si la porte est ouverte? Peut-être par crainte d'être refoulé à la porte; mais alors, même après l'avoir « escaladée », on vous demandera de partir. Ou peut-être par espièglerie, comme dans l'enfance, lorsque...
Pourquoi escalader la clôture si la porte est ouverte? Peut-être par crainte d'être refoulé à la porte; mais alors, même après l'avoir « escaladée », on vous demandera de partir. Ou peut-être par espièglerie, comme dans l'enfance, lorsqu'on aimait passer par la fenêtre pour ne pas respecter des règles de conduite devenues lassantes. Mais l'espièglerie n'a pas sa place ici: il est question de choses extrêmement sérieuses.
Derrière le refus du Christ se cache habituellement le désir de se passer de lui, ainsi que la conviction présomptueuse que nos propres forces suffisent pour mener une vie juste. Si l'on succombe à la tentation de l'autosuffisance, on risque de ne pas remarquer que ce qui paraissait être « nos propres forces et nos propres moyens » n'est en réalité ni à nous, ni même une force, mais une illusion soufflée par une source trouble.
C'est pourquoi, si sévères que puissent paraître les paroles sur les voleurs et les brigands venus auparavant — et elles peuvent aussi s'appliquer à beaucoup de ceux qui sont venus après —, elles sont justes. Les chefs et les faux prophètes pour lesquels les hommes ne sont qu'un moyen de réaliser leurs propres projets ne cessent de les envoyer à la mort, et l'on n'en voit pas encore la fin.
Mais le bon berger ne conduit pas le troupeau pour le tondre et l'égorger, mais pour le mener vers de bons pâturages. Toute comparaison a ses limites, y compris celle des hommes avec un troupeau; mais n'oublions pas que chacun de nous est unique pour le Bon Pasteur et qu'il connaît chacun par son nom.