Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 15 février 2003

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Jean, Chapitre 3,  vers 11-24

II. Vivre en enfants de Dieu> 11 Deuxième condition : garder les commandements, surtout celui de la charité.
11 Car tel est le message
que vous avez entendu dès le début :
nous devons nous aimer les uns les autres,
12 loin d’imiter Caïn,
qui, étant du Mauvais, égorgea son frère.
Et pourquoi l’égorgea-t-il ?
Parce que ses œuvres étaient mauvaises,
tandis que celles de son frère étaient justes.
13 Ne vous étonnez pas, frères,
si le monde vous hait.
14 Nous savons, nous, que nous sommes passés de la mort à la vie,
parce que nous aimons nos frères.
Celui qui n’aime pas demeure dans la mort.
15 Quiconque hait son frère
est un homicide ;
or vous savez qu’aucun homicide
n’a la vie éternelle demeurant en lui.
16 À ceci nous avons connu l’Amour :
celui-là a donné sa vie pour nous.
Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères.
17 Si quelqu’un, jouissant des biens de ce monde,
voit son frère dans la nécessité
et lui ferme ses entrailles,
comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ?
18 Petits enfants,
n’aimons ni de mots ni de langue,
mais en actes et en vérité.
19 À cela nous saurons que nous sommes de la vérité,
et devant lui nous apaiserons notre cœur,
20 si notre cœur venait à nous condamner,
car Dieu est plus grand que notre cœur,
et il connaît tout.
21 Bien-aimés,
si notre cœur ne nous condamne pas,
nous avons pleine assurance devant Dieu :
22 quoi que nous lui demandions,
nous le recevons de lui,
parce que nous gardons ses commandements
et que nous faisons ce qui lui est agréable.
23 Or voici son commandement :
croire au nom de son Fils Jésus Christ
et nous aimer les uns les autres
comme il nous en a donné le commandement.
24 Et celui qui garde ses commandements
demeure en Dieu et Dieu en lui ;
à ceci nous savons qu’il demeure en nous :
à l’Esprit qu’il nous a donné.
Lire la suite:1 Jean, Chapitre 4
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

12 d) L’antithèse se poursuit, jusqu’à 4.6, entre les fils de Dieu qui vivent dans la vérité et l’amour, et le monde où règnent le péché et la haine.


19 e) Var. (Vulg.) « nous savons ».


19 f) Jn donne à la « vérité », 2.4, un sens très large qui englobe foi et amour, 3.23 ; 5.1. Sont « de la vérité » ceux qui croient, 2.21-22, qui aiment, 3.18-19. Cf. 2 Jn 4-6 ; 3 Jn 3-8 ; Jn 3.21 ; 8.31 ; 18.37.


20 g) L’homme qui entend les reproches de « son cœur », de sa conscience, cf. 1 Co 4.4 ; Ep 1.18, sait que Dieu connaît tout, cf. Jn 16.30, et qu’il est Amour, 3.1 ; 4.8, qu’il est donc plus clairvoyant et plus indulgent que notre conscience. Mais la pratique de l’amour et des commandements est présupposée, vv. 23-24. — Autre traduction « et devant lui nous persuaderons notre cœur, si celui-ci venait à nous condamner, que Dieu est plus grand que notre cœur et qu’il connaît toutes choses ».


En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.

1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).

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