La Bible considère toute effusion de sang comme une violation très grave de la volonté de Dieu. Elle est la première manifestation concrète de la chute de l'homme et elle est funeste non seulement pour l'homme lui-même, mais aussi pour toute la création (« la voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à Moi »). Le meurtre entre dans le monde à cause du péché humain et devient la cause de la première mort humaine. Le récit de la descendance de Caïn montre que la violence sanglante grandit dans la société humaine comme une boule de neige : Lamech se vante d'avoir tué un homme pour une simple égratignure. La première alliance de Dieu avec les hommes, conclue avec Noé et sa descendance, met une barrière à l'homicide incontrôlé. Cette alliance, qui ouvre le chemin du salut de l'humanité hors du péché et de la mort, exige le renoncement à l'effusion de sang, car la vie de tout être vivant appartient à Dieu seul.
La législation du Sinaï précise la notion de meurtre et fixe certaines limites aux formes de violence qui lui sont liées. Le cinquième commandement de Moïse interdit catégoriquement le meurtre au sens pénal du terme, c'est-à-dire le fait de priver volontairement et violemment un être humain de la vie. En même temps, la législation du Sinaï distingue d'autres formes d'homicide (par imprudence, en situation de légitime défense, etc.) qui, tout en demeurant interdites, sont punies moins sévèrement que le meurtre prémédité. Selon la législation du Sinaï, le recours à la violence n'est admissible que par contrainte, comme réponse à la violence, et il doit être proportionné. L'exigence « œil pour œil et dent pour dent » marque donc un progrès notable dans le développement moral de l'humanité par rapport à la « vantardise de Lamech ». Cependant, tout en interdisant la violence ordinaire, surtout lorsqu'elle est motivée par l'intérêt, la législation du Sinaï recourt assez largement à la peine de mort, en faisant une forme sociale légalisée de meurtre. Le meurtre au cours d'opérations militaires n'est pas non plus interdit ni limité.
Cependant, peu après la conclusion de l'alliance du Sinaï, au début de l'époque prophétique (VIIIe siècle av. J.-C.), la compréhension du meurtre et l'attitude envers la violence en général changent sensiblement. Le prophète Nathan dénonce le roi David pour la mort d'Urie, bien que les actes du roi ne relèvent pas de la notion de meurtre propre à la loi de Moïse : le roi n'a pas commis lui-même le meurtre, il a seulement préparé les circonstances qui l'ont rendu possible. Pourtant, le prophète Nathan qualifie l'acte du roi de meurtre. Le premier des prophètes écrivains, le prophète Amos, annonce au début de son livre le jugement de Dieu précisément contre les formes de violence qui n'étaient pas directement interdites par la loi du Sinaï. Dans la génération qui suit Amos, Ésaïe de Jérusalem assimile l'injustice sociale et l'oppression des pauvres à l'effusion de sang. Ésaïe dit que la violence « économique » est aussi odieuse à Dieu que l'effusion de sang. Pour les autres prophètes écrivains aussi, priver quelqu'un de ses moyens d'existence ne se distingue pas du fait de le priver de la vie.
Enfin, dans le Nouveau Testament, le Seigneur élargit et approfondit encore l'interdiction du meurtre : dans le Sermon sur la montagne, Il y assimile toute colère d'un homme contre un autre. Même l'hostilité en pensée, et plus encore la haine entre les hommes, sont interdites comme des formes de meurtre. L'appel à ne pas répondre au mal par le mal, mais à vaincre le mal par le bien, rend impossible le recours même aux formes de meurtre que la loi du Sinaï avait admises. Toute effusion de sang devient, de manière générale, interdite aux disciples du Christ.
Cette position est devenue le fondement de l'attitude de l'Église chrétienne envers le meurtre. En même temps, les chrétiens ont toujours compris qu'ils vivent et agissent dans un monde imparfait, qu'ils doivent encore libérer du mal. C'est pourquoi, dans certains cas, la responsabilité du chrétien rend inévitable sa participation à des actions violentes. Néanmoins, même dans ce cas, l'effusion de sang est considérée comme un péché qui a besoin de repentir et de pardon.
8 Cependant Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. |
9 Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? |
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! |
11 Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. |
23 Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. |
24 C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois ! |
5 Mais je demanderai compte du sang de chacun de vous. J'en demanderai compte à tous les animaux et à l'homme, aux hommes entre eux, je demanderai compte de l'âme de l'homme. |
6 Qui verse le sang de l'homme, par l'homme aura son sang versé. Car à l'image de Dieu l'homme a été fait. |
7 Pour vous, soyez féconds, multipliez, pullulez sur la terre et la dominez. |
13 Tu ne tueras pas. |
12 " Quiconque frappe quelqu'un et cause sa mort sera mis à mort. |
13 S'il ne l'a pas traqué mais que Dieu l'a mis à portée de sa main, je te fixerai un lieu où il pourra se réfugier. |
14 Mais si un homme va jusqu'à en tuer un autre par ruse, tu l'arracheras même de mon autel pour qu'il soit mis à mort. |
15 Qui frappe son père ou sa mère sera mis à mort. |
19 Si un homme blesse un compatriote, comme il a fait on lui fera: |
20 fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent. Tel le dommage que l'on inflige à un homme, tel celui que l'on subit: |
21 qui frappe un animal en doit donner compensation et qui frappe un homme doit mourir. |
22 La sentence sera chez vous la même, qu'il s'agisse d'un citoyen ou d'un étranger, car je suis Yahvé votre Dieu. |
9 Pourquoi as-tu méprisé Yahvé et fait ce qui lui déplaît? Tu as frappé par l'épée Urie le Hittite, sa femme tu l'as prise pour ta femme, lui tu l'as fait périr par l'épée des Ammonites. |
6 Ainsi parle Yahvé: Pour trois crimes d'Israël et pour quatre, je l'ai décidé sans retour! Parce qu'ils vendent le juste à prix d'argent et le pauvre pour une paire de sandales; |
15 Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux; vous avez beau multiplier les prières, moi je n'écoute pas. Vos mains sont pleines de sang: |
16 lavez-vous, purifiez-vous! Otez de ma vue vos actions perverses! Cessez de faire le mal, |
17 apprenez à faire le bien! Recherchez le droit, redressez le violent! Faites droit à l'orphelin, plaidez pour la veuve! |
18 Allons! Discutons! dit Yahvé. Quand vos péchés seraient comme l'écarlate, comme neige ils blanchiront; quand ils seraient rouges comme la pourpre, comme laine ils deviendront. |
21 " Vous avez entendu qu'il a été dit aux ancêtres : Tu ne tueras point ; et si quelqu'un tue, il en répondra au tribunal. |
22 Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal ; mais s'il dit à son frère : "Crétin ! ", il en répondra au Sanhédrin ; et s'il lui dit : "Renégat ! ", il en répondra dans la géhenne de feu. |
23 Quand donc tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, |
24 laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors présente ton offrande. |
21 Car c'est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les desseins pervers: débauches, vols, meurtres, |
22 adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. |
23 Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l'homme. " . |
15 Quiconque hait son frère est un homicide; or vous savez qu'aucun homicide n'a la vie éternelle demeurant en lui. |
20 Bien plutôt, si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. |
21 Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien. |
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